Armontel, amoureux du Bassin

ARMONTEL, AMOUREUX DU BASSIN

 

Du théâtre ambulant familial aux feuilletons de télévision, en passant par les courts-métrages muets de Max Linder et les films des réalisateurs français les plus renommés, Roland Armontel (1901-1980) a traversé la presque totalité du 20e siècle. Il a tenu quelques 300 rôles au théâtre et quelques 220 rôles au cinéma. Il repose au cimetière d’Arcachon, ville qu’il chérissait où nous avons eu le plaisir de rencontrer son épouse, Claudette, pour parler de son mari, grand comédien discret qui a côtoyé les plus grands.

Armontel 1945

État civil

N° 82 – 21 décembre – Magnin Auguste Louis

Aujourd’hui vingt-un décembre mil neuf cent un, à trois heures du soir, en l’hôtel de ville, devant nous Sauquet Wladimir, maire, faisant les fonctions d’officier de l’état civil de la commune de Vimoutiers, chef-lieu de canton, arrondissement d’Argentan, département de l’Orne, est comparu Buchenet Auguste Jean, âgé de trente-huit ans, directeur de théâtre, de passage à Vimoutiers où il est domicilié place de la Halle aux Blés, lequel nous a déclaré que Rouaix Irma Julie, sa nièce, âgée de vingt-sept ans, artiste dramatique, domiciliée également en cette commune, place de la Halle aux Blés, avec sa mère, épouse de Magnin Vincent, âgé de 39 ans, artiste dramatique, domicilié au Tonkin, est accouchée en cette commune au domicile de sa mère, ce jourd’hui à quatre heures et demie du matin, d’un enfant de sexe masculin, qui nous a été présenté et auquel ont été donnés les prénoms de Auguste Louis, les dites déclarations et présentations ont été faites en présence des sieurs Darel Charles Émile, âgé de soixante-six ans, caissier, et Germond Frédéric louis, âgé de quarante-sept ans, garde-champêtre , domiciliés en cette commune et nous avons du tout rédigé acte que les déclarants et les témoins ont signé avec nous, lecture faite.

Mentions marginales :

–  Deux mariages.

–  Décédé à Paris (15e), le 8 mars 19801

 

Étymologie

Magnin est peut-être un diminutif de Magne (latin Magnus = grand), qui fut un nom de baptême très courant au moyen âge. Si cette origine était avérée, elle conviendrait au héros de cet article qui mesurait 1,75 m.

Magnin serait plutôt une variante de Maignan, qui désignait un chaudronnier et étameur ambulant. Selon les régions, celui-ci est appelé Kessler (en Alsace), Magnien (en Bourgogne), Magnan ou Maignan dans la France méridinale, d’où tous les Meignan, Meignien, Magnin, Magnan(t), Maignan(t), Lemaignan…1

Ce nom est fréquent dans la région lyonnaise : Le plus grand nombre de porteurs de ce patronyme se retrouve dans l’ordre décroissant en Haute-Savoie, dans le Rhône, dans le Doubs et en Savoie. Viennent ensuite Loire, Isère, Jura, Saône-et-Loire, Ain et Haute-Saône.

Sur une période de 100 ans (1891-1990) nous ne relevons qui 5 naissances de MAGNIN dans le département de l’Orne.

Notre héros prit donc Armontel comme pseudonyme. Son épouse pense que ce dernier lui vient de son grand-père, comédien ambulant.

Sur la période de 100 ans déjà évoquée, l’INSEE ne relève en France aucune naissance Armontel, aucune naissance Armontel, on relève seulement 4 naissances Armont localisées à Paris.

Rouaix, nom de sa mère, est un patronyme qui se rencontre essentiellement dans la région Midi-Pyrénées en Ariège et Haute-Garonne.

 

Un enfant de la balle

Durant l’hiver 1901, un théâtre forain vint installer ses tréteaux place de la Halle aux Blés, à Vimoutiers, chef-lieu de canton de l’Orne, au sud de Lisieux, au cœur du Pays d’Auge, patrie de Charlotte Corday et du camembert.

C’était un des théâtres ambulants les plus connus de l’époque et il visitait les villes, grandes et petites, de la Normandie, de la région parisienne et surtout du Massif Central, s’arrêtant trois ou quatre mois dans chaque ville et jouant tout son répertoire, qui comportait beaucoup d’opérettes (Miss Helyett, Les Cloches de Corneville, La Mascotte, et autres Mousquetaires au Couvent), des mélodrames (La Porteuse de Pain, Les Deux Orphelines, Roger-la-Honte, etc.).

Ce genre de théâtre, peu à peu tué par le cinéma, devait subsister jusqu’à la dernière guerre avec, par exemple, le très luxueux Théâtre Delamare, et ses loges à l’italienne, ou le plus populaire Théâtre Mario. Celui qui s’était installé à Vimoutiers portait, sur le chapiteau assez imposant qui servait d’entrée, le nom de Théâtre des Variétés, et son propriétaire se nommait Auguste Buchenet, un homme d’une belle carrure qui approchait de la quarantaine, l’aîné de sept garçons et de sept filles, tous dans le théâtre.

Le soir du 20 décembre, on jouait La Fille du Tambour-Major, et le public Vimonastérien, friand de théâtre à cette époque, avait applaudi les airs d’Offenbach, mais la nièce de Buchenet, Irma Julie Magnin, âgée de 27 ans qui tenait le principal rôle féminin n’était pas à son aise car elle était dans un état de grossesse avancé, si avancé qu’après la représentation, elle fut prise des douleurs de l’enfantement et n’eut même pas le temps ou la force de changer de vêtement et c’est revêtue de son costume de scène qu’à quatre heures et demie du matin, elle mit au monde un superbe garçon de onze livres, qui reçut les prénoms d’Auguste Louis. Le père, Vincent Magnin, était absent. Il se trouvait alors bien loin de Vimoutiers, étant en tournée au Tonkin. Auguste Magnin devait devenir un excellent artiste de théâtre et de cinéma sous le pseudonyme de Roland Armontel et surtout d’Armontel tout court.2

On trouve dans certaines biographies3 que Armontel se nommait Auguste Buchenet. Il apparaît à la lecture de son acte de naissance qu’il se nommait bien Magnin. Par contre, l’acte ne désigne pas formellement le père de l’enfant. Même si l’époux de sa mère était absent depuis plusieurs mois, il était légal de donner à l’enfant le nom de Magnin. Pourquoi cette erreur ? Lecture de l’acte un peu trop rapide ? Hypoythèse que le père biologique soit un homme de la famille Buchenet ?

Madame Armontel précise que son mari n’a jamais connu son père, que sa mère était originaire de la région lyonnaise, et qu’il n’avait ni frère ni soeur.

 

Comédien de théâtre

Son grand-père, un artiste comique, possédait trois théâtres ambulants comme le dira Armontel à Jacques Renoux dans une interview parue dans Télérama (16/06/1975). Il en garda un, donna le second à son fils Auguste Buchenet et le troisième à Irma Rouaix (ou Ruaux), épouse Magnin, la mère de Roland Armontel. Car le père de celui-ci n’allait pas tarder à abandonner complètement sa femme et son fils et c’est l’oncle Buchenet qui éleva l’enfant.

Le jeune Auguste avait d’ailleurs débuté de très bonne heure sur les planches. Quatre jours après sa naissance, c’était Noël et les cloches de la toute nouvelle église Notre-Dame de Vimoutiers carillonnaient. Les théâtres forains avaient l’habitude à l’occasion du vendredi-saint de donner la Passion, et, pour Noël, un tableau représentant la nativité du Christ.

Le bébé de quatre jours fut déposé dans la crèche et fit ainsi ses débuts sur scène dans le rôle de l’enfant Jésus. Malheureusement ses pleurs intempestifs risquant de troubler le spectacle, son oncle le fit ramener dans les coulisses.

Dès qu’il sut parler, son oncle le fit interpréter des petits rôles. Il joua les enfants, voire les fillettes telles que Cosette dans Les Misérables, et comme il avait une jolie voix, on lui fit chanter l’opérette.

« J’ai été dressé par des gens sensationnels », a dit Armontel plus tard. Ceux qui étaient au théâtre ambulant depuis 12-14 ans avaient un métier énorme. À ce moment-là, il fallait avoir à son répertoire une trentaine de pièces et d’opérettes. On changeait de spectacle chaque soir. On faisait aussi des reprises, bien sûr : La Dame aux Camélias, ou Madame Sans-Gêne qui étaient de gros succès.

Un jour qu’il interprétait à Bruxelles Arsène Lupin dans la pièce de Francis de Croisset et Maurice Leblanc, André Brûlé qui avait créé le rôle en 1908 à l’Athénée se trouvait dans la salle et fut fort intéressé par la façon qu’Armontel, qui n’avait alors que vingt ans, jouait le rôle et l’incita à tenter sa chance à Paris. Ce fut assez difficile au début puis il fut désigné par Louis Verneuil pour le remplacement dans Pile ou Face, pièce dont la principale interprète était Elvire Popesco. Celle-ci se montra enchantée de son nouveau partenaire et décida de le conserver. Engagé par Max Maurey au Théâtre des Variétés (l’établissement de l’oncle Buchenet s’appelait de même), Armontel joua avec les grandes vedettes qu’étaient Elvire Pospesco, André Lefaur, Alerme, Pierre Larquey.

Armontel devint un acteur de théâtre très recherché, il créa 129 pièces et interpréta 300 rôles sur la scène. C’est ainsi qu’il tint pendant quatre ans le rôle de Topaze lors d’une reprise de la pièce de Marcel Pagnol.

Pendant l’occupation, il assura la direction du Théâtre de Paris où il fit représenter Mon bébé, Trois, Six, Neuf, Monsieur mon Mari et bien d’autres pièces à succès.

 

Principaux rôles de Roland Armontel à la scène : Le Maître de Forges, L’Arlésienne, Madame sans-Gêne, La Gamine, Le voyage de Monsieur Perichon, La Passion, Florestan 1er, prince de Monaco (1934, livret de Sacha Guitry), La Mascotte, Bichon, Le Guéridon Empire, Fric-frac, Mon Bébé (avec Suzy Prim), La Tendre aventurière (avec Elvire Popesco), Destination inconnue, Le Train pour Venise, Ces Dames aux chapeaux verts, Topaze (de Marcel Pagnol), Trois, six, neuf (avec Suzy Prim), Messieurs mon mari (avec Simone Renan), Feu d’artifice (avec Marie Marquet et Suzy Delair), Voulez-vous jouer avec moâ (avec Arletty et Pierre Brasseur), Ombre chère (de Jacques Deval, avec Nathalie Nattier), Tire au flan, La Bonne Soupe, (de Félicien Marceau, jouée 200 fois, avec marie Bell et Jeanne Moreau), Nekrassov, Faut marier maman (Théâtre de Paris, création 15 septembre 1950, avec Denise Grey), Le Petit arpent du bon Dieu, Pif-paf (avec Simone Renan), Le Dixième homme, Mon Mari du Vésinet, De Doux dingues, La Petite Hutte, Demandez Vicky (Théâtre des Nouveautés, 1965, avec Dany Robin).

 Armontel 10 minutes d'Alibi 1974

Roland Armontel dans 10 minutes d’alibi en 1974

 

Comédien de cinéma

Tout jeune, Armontel avait aussi tâté du cinéma et dès avant 1914 avait joué des rôles d’enfants dans des films du Girondin Max Linder, mais ce n’est qu’après la grande Guerre qu’à l’âge de 24 ans, en 1925, il débuta véritablement dans un film intitulé Touchons du Bois. Le cinéma parlant le fit mieux connaître, Maurice Tourneur l’engagea pour tourner dans Les Gaîtés de l’escadron d’après Courteline, avec Raimu, Fernandel et Jean Gabin.

On le vit dans de nombreux rôles dont l’un des plus marquants fut sans doute celui du malchanceux Célestin dans Le Silence est d’or, tourné en 1947 par René Clair et que l’on peut revoir périodiquement à la télévision. Célestin était ce comédien qu’on voyait entre deux tournées en province et qui avait confié sa fille madeleine (Marcelle Derrin) à Émile (Maurice Chevalier). Il joua admirablement ce rôle et fut loué par la critique unanime. Il y chante « Le Petit bout de la lorgnette« . On le vit dans bien d’autres films, L’Idiot de Georges Lampin, aux côtés de Gérard Philippe, La Maison sous la mer où il tenait le rôle d’un mineur, L’Éternel conflit où il était un clown, Occupe toi d’Amélie de Claude Autant-Lara avec Danielle Darrieux, Les Amants de Vérone d’André Cayatte où il incarnait le trouble et tortueux Bianchini, Clochemerle dont il fut Tafardel, l’instituteur, La Dame aux camélias, Les Tricheurs… Il fut curé (Sur un Arbre perché), général (Occupe-toi d’Amélie), jamais toutefois en vedette. On le vit aussi dans des personnages tragiques comme dans l’otage de Jéricho. Là aussi, il fut toujours cantonné au second plan, jamais son talent ne fut vraiment reconnu.4

Il excellait dans les rôles de composition, car il était une sorte de Fregoli, modifiant son apparence physique avec une grande virtuosité.5

Comme l’écrivait le Minotaure dans L’Écran Français du 31 mai 1949, sa propension à se grimer et à interpréter toutes sortes de rôles faisait qu’on le reconnaissait difficilement d’un film à l’autre :

« Il y a un petit drame : ses rôles l’obligent à ne jamais se ressembler. Mais c’est son métier et il s’est fait une raison. Il sait depuis des années que la lutte est quotidienne. Les cachets, il faut les diviser par deux : on ne travaille pas plus de six mois sur douze. Et on s’estime tout de même satisfait de son sort, avec le cœur un peu serré, quand on connaît des tas de copains qui ont une gueule et du talent et qui sont dans la misère« .

Lisons ce qu’en pensait Denise Grey, sa partenaire dans Faut marier Maman : « Armontel avait énormément de talent. C’était un deuxième Victor Boucher. Un type formidable. On pouvait lui faire un seul reproche : sur scène, il passait son temps à raconter des histoires qui n’avaient rien à voir avec la pièce. Il ne faut pas faire cela. Si un texte est bon, il faut le dire, un point c’est tout.

Un jour, je lui dis :- « Roland, tu as tort de faire cela, tu alourdis tes scènes, tu n’as pourtant pas besoin de ça pour faire rire ». Il n’y a rien eu à faire, il a continué de plus belle. Un jour, il a fait une telle scène… en scène que je l’ai prévenu – Ne recommence pas, sinon je te laisse terminer l’acte et je ne reviendrai qu’après l’entracte. Le lendemain, il refait son numéro. Je sors et je ne reviens pas. À partir de ce moment, il a respecté le texte … »6

À lui aussi, il arriva de connaître des moments difficiles et de courir après le cachet, mais il ne songea jamais à abandonner ce métier dans lequel et pour lequel il était né.

 Armontel Arcachon v 1970 2 Armontel Arcachon v 1970

Amusement devant l’objectif du photographe sur la plage d’Arcachon, vers 1970

Principaux rôles d’Armontel à l’écran – Dans l’ordre : Titre – Réalisateur – Année – Observations – (rôle tenu)

  • Courts métragesMax Linder
  • Les gaietés de l’escadronMaurice Tourneur – 1932 – D’après Georges Courteline, avec Raimu, Fernandel, Jean Gabin – (Barchetti)
  • Miss CatastropheDimitri Kirsanov – 1956 – Avec Sophie Desmarets, Philippe Nicaud – (Eugène)
  • Quelle sacrée soiréeRobert Vernay – 1956 – Avec Dora Doll, Rellys – (James)
  • Tahiti ou la joie de vivreBernard Borderie – 1956 – Avec Georges de Caunes – (Rédacteur en chef)
  • Les Misérables – Raymond Bernard – 1933 – D’après Victor Hugo, avec Harry Baur, Marguerite Moreno
  • Touchons du bois – Maurice Champreux – 1933 – Avec Armand Bernard – (Jacques de Saint – Preux)
  • Dédé – René Guissart – 1934 – D’après l’opérette de Villemetz et Cristiné, avec Danielle Darrieux, Albert Préjean
  • La Dame aux camélias – Fernand Rivers – 1934 – D’après Alexandre Dumas, avec Yvonne Printemps, Pierre Fresnay – (Gaston)
  • Prison de femmes – Roger Richebé – 1938 – Avec Viviane Romance, Francis Carco
  • Le Déserteur – Léonide Moguy – 1939 – Avec Jean-Pierre Aumont
  • Battement de cœur – Henri Decoin – 1939 – Avec Danielle Darrieux, Claude Dauphin
  • Mam’zelle Bonaparte – Maurice Tourneur – 1941 – Avec Edwige Feuillère, Raymond Rouleau       – (Arsène)
  • Premier rendez – vous – Henri Decoin – 1941
  • Félicie Nanteuil – Yves Allégret – 1942 –
  • La Symphonie fantastique – Christian-Jaque – 1942 – Musique Hector Berlioz, avec Renée Saint-Cyr, Jean–Louis Barrault – (Eugène Delacroix)
  • Les Petites du quai aux Fleurs – Marc Allégret – 1943 – Avec Odette Joyeux, Danièle Delorme – (Le professeur)
  • La Boîte aux rêves – Yves Allégret – 1943 – Avec Vivianne Romance, Simone Signoret – (Amédée)
  • Florence est folle – Georges Lacombe – 1944 – Avec Annie Ducaux, André Luguet – (Professeur Wonder)
  • Jéricho – Henri Calef – 1945 – Avec Nadine Alari, Pierre Brasseur – (Muscat)
  • L’Idiot – Georges Lampin – 1946 – D’après Dostoïevski, avec Edwige Feuillère, Marguerite Moréno, Gérard Philippe – (L’ivrogne)
  • Les Chouans – Henri Calef – 1946 – D’Après Honoré de Balzac, avec Madeleine Robinson, Jean Marais – (Beau Pied)
  • L’Arche de Noé – Henry Jacques – 1946 – Avec Pierre Brasseur – (Verneuil)
  • La Maison sous la mer – Henri Calef – 1946 – D’après Paul Vialar, avec Viviane Romance, Anouk Aimée – (Dial)
  • Les Trois cousines – Jacques Daniel – Norman – 1946 – Avec Lysiane Rey, Rellys – (Sainte – Lucie)
  • Clochemerle – Pierre Chenal – 1947 – D’après Gabriel Chevallier – (L’instituteur Tafardel)
  • Rocambole – Jacques de Baroncelli – 1947 – D’après Ponson du Terrail, avec Sophie Desmarets, Pierre Brasseur
  • Le Dolmen tragique – Léon Mathot – 1947 – Avec Paulette Dubost – (Inspecteur Pauc)
  • Éternel conflit – Geoges Lampin – 1947 – Avec Annabella, Mary Morgan – (Robert)
  • Le Silence est d’or – René Clair – 1947 – Avec Dany Robin, Maurice Chevalier – (Célestin)
  • Émile l’Africain – Robert Vernay – 1947 – Avec Noëlle Norman, Fernandel – (Dibier)
  • Le Mannequin assassiné – Pierre de Hérein – 1947 – Avec Blanchette Brunoy, Anne Vernon
  • Par la Fenêtre – Gilles Grangier – 1947 – Avec Suzy Delair, Bourvil – (Sabourdin)
  • La bataille du feu – Maurice de Canonge – 1948 – Avec Nicole Maurey, Pierre Larquey – (Michel Bonnard)
  • Le Sorcier du ciel – Marcel Blistène – 1948 – Avec Jandeline, Dora Doll – (Le sacristain)
  • La Vie est un rêve – Jacques Séverac – 1948 – Avec Suzy Carrier – (M. Brignolet)
  • L’Ange rouge – Daniel – Normand – 1948
  • Fantomas contre Fantomas – Robert Vernay – 1948
  • Les Amants de Vérone – André Cayatte – 1948 – Avec Anouk Aimée, Martine Carol – (Blanchini)
  • Occupe – toi d’Amélie – Claude Autant-Lara – 1949 – Avec Danielle Darrieux, Jean Desailly, présenté à Cannes, prix pour le décor – (Le général Koschnadieff)
  • Plus de vacances pour le Bon Dieu – Robert Vernay – 1949 – Avec Laurence Aubray – (Michel-Angel)
  • Véronique – Robert Vernay – 1949 – D’après l’opérette, avec Giselle Pascal – (Loustot)
  • Le Martyr de Bougival – Jean Loubignac – 1949 – Avec Jeanne Fusier-Gir – (Le juge d’instruction)
  • La danseuse de Marrakech – Léon Mathot – 1949 – Avec Siren Adjemova – (Le général)
  • Sans tambour ni trompette – Roger Blanc – 1949 – Avec Gaby Morlay
  • La Belle image – Claude Heymann – 1950 – Avec Françoise Christophe, Suzanne Flon – (Le pharmacien)
  • Clara de Montargis – Henri Decoin – 1950 – Avec Ludmilla Tchérina, – (L’ivrogne)
  • Le gang des tractions arrière – Jean Loubignac – 1950 – Avec Liliane Bert, Jean Parédès – (Pluchet)
  • Minne l’ingénue libertine – Jacqueline Audry – 1950 – Avec Danielle Delorme, Jean Tissier – (L’oncle Paul)
  • Bouquet de joie – Maurice Cam – 1951 – Avec Charles Trenet – (Le gendarme)
  • Le Chevalier sans loi – 1951
  • Monsieur Leguignon, lampiste – Maurice Labro – 1951 – Avec Yves Deniaud – (M. Maltestu)
  • La Demoiselle et son revenant – Marc Allégret – 1951 – Avec Robert Dhéry – (Le pharmacien)
  • Le Passage de Vénus – Maurice Gleize – 1951 – Avec Blanchette Brunoy, Pierre Larquey – (Gustave Biquois)
  • Tambour battant – Georges Combret – 1952 – Avec Jacques Hélian et son orchestre – (Albert Gambier)
  • Deux de l’escadrille – Maurice Labro – 1952
  • La Caraque blonde – Jacqueline Audry – 1952 – Avec Tilda Thamar – (Roux)
  • Quitte ou double – Robert Vernay – 1952 – Avec Line Renaud, Zappy Max – (Le père de Marie)
  • Mourez, nous ferons le reste – Christian Stengel – 1953 – Avec Magali Noël, Roger Nicolas – (Le curé)
  • Piédalu député – Jean Loubignac – 1953 – Avec Ded Rysel – (Vardivol)
  • Razzia sur la chnouf – Henri Decoin – 1955 – Avec Magali Noël, Jean Gabin, Lino Ventura – (Birot : Armontel convaincant en chimiste besogneux)
  • Ces Sacrées vacances – Robert Vernay – 1955 – Avec Sophie Desmarets, Pierre Destailles
  • Don Juan – John Berry – 1955 – Avec Carmen Sevilla, Fernandel – (Le gouverneur)
  • L’Affaire des Poissons – Henri Decoin – 1955 – avec Danielle Darrieux, Paul Meurisse – (L’aveugle)
  • Le Feu aux poudres – Henri Decoin – 1956 – Avec Françoise Fabian, Raymond Pellegrin – (Antoine)
  • Honoré de Marseille – Maurice Régamey – 1956 – Avec Fernandel, Rellys
  • Quatre pas dans les nuages – 1956
  • Ni vu ni connu – Yves Robert – 1957 – Avec Louis de Funès – (Léon de Chaville)
  • Sénéchal le magnifique – Jean Boyer – 1957 – Avec Fernandel – (Carlini)
  • Trois jours à vivre – Gilles Grangier – 1957 – Avec Jeanne Moreau, Daniel Gélin – (Alexandre Bérimont)
  • Drôles de phénomènes – Robert Vernay – 1958 – Avec Sophie Desmarets, Philippe Clay
  • L’Increvable – Jean Boyer – 1958 – Avec Line Renaud, Darry Cowl, Francis Blanche – (Pivois)
  • Nuits de Pigalle – Georges Jaffé – 1958 – Avec Yves Deniaud – (Arsène)
  • Les Tricheurs – Marcel Carné – 1958 – Avec Andréa Parisy, Jacques Charrier – (Le chirurgien)
  • Tête folle – Robert Vernay – 1959 – Avec Annie Cordy, Jean Richard – (Cormont)
  • Le Diable et les Dix Commandements – Julien Duvivier – 1962 – Avec Danielle Darrieux, Alain Delon – (M. Mercier)
  • Un Chien dans un jeu de quilles – Fabien Collin – 1962 – Avec Elke Sommer, Sophie Daumier – (Le père)
  • La Foire aux Cancres – Louis Daquin – 1963 – D’après Jean – Charles, avec Sophie Desmarets, Dominique Paturel – (M. Greuzer)
  • Maigret voit rouge – Gilles Grangier – 1963 – D’après Georges Simenon, avec Françoise Fabian, Jean Gabin – (Docteur Fezin)
  • Paris brûle – t – il ? – René Clément – 1965 – D’après Lapierre et Collins, avec Leslie Caron, Jean – Paul Belmondo
  • Béru et ces dames – Guy Lefranc – 1968 – d’après Frédéric Dard, avec Gérard Barray, Jean Richard – (Chef de la police)
  • Et qu’çà saute – Guy Lefranc – 1969 – Avec Amarande, Henri Salavador – (Carlos Enriquez)
  • L’Homme aux Chats – Henri Glaeser – 1969 – Présenté à Cannes, Armontel tout seul avec des chats
  • Sur un Arbre perché – Serge Korber – 1970 – Avec Géraldine Chaplin, Louis de Funès – (Le père Jean-Marie)

 Armontel Homme aux Chats

Armontel dans l’Homme aux Chats, présenté à Cannes en 1969

 

Comédien de télévision, artiste complet

La télévision allait lui apporter d’autres débouchés. On le vit souvent dans l’émission de Pierre Sabbagh, Au Théâtre ce soir, interprète de nombreux rôles du théâtre de boulevard dans des succès comme Trésor Party, les Enfants d’Édouard ou Les Petites Têtes. Il tint aussi des rôles importants dans des feuilletons télévisés comme Les Zingari où il était le directeur d’un petit cirque ambulant et L’Homme qui revient de loin, tiré du roman de Gaston Leroux où il tenait le rôle de Saint-Firmin.

Mais il avait bien d’autres cordes à son arc, on le vit faire un tour de chant avec Maurice Chevalier, il fut clown dans un cirque, joua même au théâtre lyrique, Carmen de Bizet ou La Chauve-souris de Johann Strauss. Il fit la mise en scène de plusieurs pièces.

On trouve son nom sur un disque 78 tours gravé chez Columbia (n° BF 11) où il interprète Jean de la Lune de Marcel Achard et compagnie de Michel Simon.

Les Santons de Provence, sur un disque 33 tours, rapportent chaque année à son épouse, quelques centimes d’euros

Madame Claudette Armontel, qui habite à Arcachon, nous a beaucoup parlé de son époux. Elle nous a montré d’épais albums de photographies, des coupures de journaux qui témoignent d’une vie bien remplie.

Presque chaque semaine, une chaîne de télévision hertzienne, câblée ou satellitaire diffuse un film où on peut voir Roland Armontel. C’est normal, il en a tourné 220 ! Beaucoup de ceux-ci sont disponibles à la vente en cassettes vidéo ou DVD.

Si on tape Armontel dans un moteur de recherches sur Internet, on obtient environ 900 réponses.

Il habitait 15 rue de Javel à Paris (15e).

Dans le privé, c’était un homme affable, courtois, plein d’esprit, fréquentant peu les milieux artistes. « Tous plus fous les uns que les autres ! » aimait-il à répéter. Il ne cherchait pas à ce qu’on parle de lui, ne voulait surtout pas défrayer la chronique. Il n’invitait pas ses collègues comédiens chez lui.

Il occupait son temps libre à construire des maquettes d’avions de la guerre 1914-1918.

Le 18 octobre 1962, il fut nommé officier de l’Éducation Artistique.

 Armontel 1962

Roland Armontel en 1962

Il avait conservé beaucoup d’affection pour sa région natale et y revenait souvent mais c’est Arcachon dont le couple tomba sous le charme qui les accueillit chaque été à partir de 1955 dans des villas de location différentes pendant le mois de juillet.

Lors de tournées, Armontel est venu jouer plusieurs fois à Arcachon. Madame Armontel se souvient d’avoir accompagné son mari qui donnait Ombre chère sur la scène de l’ancien Olympia. Peut-être est-ce de cette époque que date cet autographe aimablement communiqué par le Docteur Robert Fleury, ancien maire d’Arcachon

 Armontel signature v 1950-1955

  En 1980, lorsqu’il mourut, il venait de signer un contrat et il tournait un film Jean sans Terre, sous la réalisation de Gilles Grangier, film qui dut être interrompu.

Terrassé par une attaque, il décéda moins de deux semaines plus tard, à l’hôpital, le samedi 8 mars. Il avait 79 ans, mais il était demeuré un homme svelte, élégant, faisant l’admiration de ses proches.

Il laisse le souvenir d’un des plus probes artisans du cinéma et du théâtre.

Roland Armontel n’a pas eu d’enfant.

La salle des fêtes de Vimoutiers dans l’Orne, sa ville natale, porte maintenant son nom.

Il repose au cimetière d’Arcachon en bordure de l’allée N, carré 35

Aimé NOUAILHAS

 

Toutes les photos ont été aimablement prêtées par Madame Claudette Armontel que nous remercions pour son accueil et son amabilité.

 NOTES

1. Jean-Louis Beaucarnot, Les noms de famille et leurs secrets (Éditions Robert Laffont, Paris, 1988)

2. Maurice Dubourg, La Vie à Vimoutiers N°17 année 1981

3. Par exemple Dictionnaire international des acteurs de cinéma par Charles Dureau, La Mascara France, Paris, 2002 – ISBN 2-914237-09-X

4. Dictionnaire du Cinéma

5. L’Encyclopédie du Cinéma par Roger Boussinot, Bordas, Paris, 1980 – ISBN 2-04-010603-0

6. Entretien paru dans le N° 41 d’Opérette

 Extrait du Bulletin n° 128 de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du pays de Buch.

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