Bulletin n° 157 d’août 2013

Bull 157

La Société historique régale ses lecteurs…

Bulletin n° 157
de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch.
(août 2013)

Aperçu du sommaire.

L’album des Visions japonaises du Bordelais Jean-Paul Alaux

(1875-1955) est l’une des œuvres les plus originales exécutées en deux siècles sur le Bassin d’Arcachon par un « enfant du pays ». C’est aussi l’une des plus réputées, bien qu’elle ne soit jamais montrée au public dans son intégralité. L’honorable Société historique d’Arcachon lève enfin ce paradoxe en publiant dans son dernier Bulletin une étude approfondie et bien documentée due à Christel Haffner Lance, historienne de l’art. L’auteur dévoile les circonstances de sa création et décrypte pour nous les douze estampes qui composent le recueil, toutes reproduites en couleurs, pour la première fois depuis sa parution en 1920. Ainsi découvrons-nous la source d’inspiration de l’artiste : depuis la fin du xixe siècle, le japonisme a bouleversé les canons esthétiques occidentaux et Jean-Paul Alaux, architecte humaniste « hanté » par les estampes d’Hokusai et d’Hiroshige, s’en empare avec talent pour créer, juste avant la Grande Guerre, des compositions qui ravissent aujourd’hui notre regard. D’une exquise délicatesse et d’une belle harmonie chromatique, parfois aussi empreintes d’humour, elles érigent le Bassin d’Arcachon en véritable paradis, coloré, lumineux, calme et poétique. Cette interprétation « exotique » nous donne à partager le bonheur et l’enthousiasme inconditionnel de Jean-Paul Alaux, qui écrit : « Arcachon résume tous les pays du monde ! » L’historienne continue de nous captiver sur les peintres qui ont œuvré autour de la petite mer de Buch, levant progressivement le voile sur un aspect encore trop méconnu. Un événement éditorial, complètement inédit, qui saura être apprécié des amateurs d’art comme des amoureux du Bassin, à la fois plaisant, instructif et accessible.

Christel Haffner Lance, « Les Visions japonaises de Jean-Paul Alaux : une curiosité arcachonnaise », dans Bulletin de la Société historique et archéologique d’Arcachon, n° 157, juillet 2013, p. 3-30 (30 illustrations).

Romaine Brooks et gabriele D’Annunzio

(Dominique Chevallier)

L’année 2013marque le 150e anniversaire de la naissance de Gabriele D’Annunzio qui est né le 12 mars 1863 à Pescara, dans les Abruzzes. Arcachon est lié intimement à la vie du grand poète italien. C’est en effet au Moulleau qu’il vint se retirer de juillet 1910 à avril 1915 et qu’il écrivit quelques-unes de ses plus belles œuvres.

Plusieurs articles sur D’Annunzio seront publiés cette année dans notre Bulletin. Le premier de ces articles retrace les relations qu’il eut avec la portraitiste américaine Romaine Brooks (1874-1970), celle qui le fit venir à Arcachon. Leur séjour commun au Moulleau se situe au cours de l’été 1910, peu après leur rencontre. Ils y apprirent à se connaître et à s’apprivoiser et ce fut le début d’une longue amitié qui durera jusqu’à la mort en 1938 de D’Annunzio.

C’est au cours d’un voyage de ses parents en Italie que naît à Romele 1ermai 1874 Béatrice-Romaine Goddard. La famille est plutôt cosmopolite et assez peu conformiste. La mère, Ella Waterman (1840-1902), est une riche héritière qui vit entre ses maisons de Philadelphie et de New-York et l’Europe où elle aime se rendre. La fortune familiale est récente : le père d’Ella, Isaac Waterman Jr,a acheté et exploité des mines d’argent et d’or et ses affaires ont vite prospéré. Le major Henry Goddard, père de Romaine, vient d’une famille plus modeste mais non moins brillante.

Romaine est la dernière de la fratrie, après son frère Henry Saint-Mar, de sept ans son aîné, et sa sœur Marie-Aimée. Au moment de sa naissance, ses parents sont au bord de la rupture : le major Goddard, qui est alcoolique, reproche à son épouse sa trop grande excentricité et il quitte bientôt le domicile conjugal. À l’humiliation du départ de son mari, Ella Goddard voit s’ajouter le souci de la santé de son fils. Henry Saint-Mar est un enfant d’une grande fragilité mentale et son état ne cessera d’empirer. Tout l’amour, toute l’attention de la mère se reporteront sur le malheureux garçon, adulé et couvé, qui s’enfonce peu à peu dans la folie. Réfugiée dans le spiritisme et entourée de médiums, Ella vit maintenant entre le visible et l’invisible.

Lire la suite dans le Bulletin

Résistance à l’impôt et à la corvée à La Teste au XVIIe siècle

(Patrick Faure)

Le long combat, patiemment poursuivi, des Testerins contre leur seigneur pour obtenir et défendre la concession et le maintien de droits d’usage dans la « montagne » de La Teste témoigne, de leur part, d’une conscience aiguë de leurs intérêts et d’un capital de détermination et de persévérance à la hauteur de l’enjeu. Soumis à l’autorité de grands seigneurs absentéistes qui se parent glorieusement de leur titre de captal mais ne viennent jamais ou très rarement dans leur seigneurie, les Testerins ont réussi à faire abandonner, en leur faveur, une partie de leurs prérogatives, au terme d’un patient travail d’usure et moyennant le paiement de redevances dont ils remettent aussi sans cesse le taux en question.

Ces conquêtes que d’aucuns peuvent prendre pour des victoires, ont-elles poussé les habitants à une espèce de surenchère et les ont-elles enhardis au point de leur faire oublier toute mesure ? Deux incidents, survenus au XVIIe siècle, semblent indiquer que le poids des charges leur est devenu excessif et qu’en tout état de cause, ils le supportent de plus en plus difficilement. Las, alors que le premier de ces épisodes tourne à l’avantage des habitants, le deuxième les met aux prises avec des agents du pouvoir royal qui disposent de moyens de coercition et n’hésitent pas à les employer non sans une certaine brutalité. Dans ces deux affaires, apparaissent sur le devant de la scène des personnages qui jouent un rôle clé et dont la présence symbolise à elle seule la toute puissance de l’autorité monarchique. Ces collecteurs d’impôt, choisis, à tour de rôle, dans la population et que leur fonction place entre le marteau et l’enclume, n’agissent pas seulement en tant que derniers maillons de l’administration fiscale mais, également, en tant que représentants et guides de la communauté.

À ce titre, ils peuvent être amenés à prendre des initiatives, notamment en matière d’entretien des chemins, qui sont diversement appréciées des autres habitants. Une présentation du système fiscal et du rôle dévolu aux collecteurs, infimes délégataires du pouvoir royal, est donc nécessaire et permettra de mieux comprendre les causes du mécontentement qui entraînentpar deux fois la population à attirer sur elle l’attention et les rigueurs de l’autorité.

Lire la suite dans le Bulletin.

Christian Célerier et « l’énergie de demain » en 1979 au Cap-Ferret

(Jacques Clémens)

Suite à notre précédent article sur Pierre Saugnac, je remercie M. Christian Célerier pour m’avoir permis de consulter ses archives personnelles et aussi pour les informations qu‘il m‘a livrées en juillet 2011. Christian Célerier a participé au 1er Salon des Inventeurs à Dax, dans la catégorie « énergie de demain » en 1984 (Sud-Ouest, 19e édition, 5 avril 1984, Salon des Inventeurs, p.3, avec photo de son capteur solaire). Il a reçu alors la coupe du Syndicat d’Initiative. Il a aussi participé au second concours en 1986 (Sud-Ouest, 19e édition, 16 avril 1986, p. 3, même photo).

Ce goût pour les inventions remonte à sa jeunesse. Né le 14 juillet 1930 au Bouscat, passionné de physique, il écoute en 1942-1943 la radio de Londres avec un poste à galène muni d’une antenne à la surface du sol, équipée de poulies. Après son stage à l’École d’apprentissage maritime de Bordeaux en 1946, à 16 ans, il navigue avec la marine marchande qu’il quitte comme maître d’équipage en 1959.

Il devient alors négociant en timbres-poste de collection. La crise pétrolière de 1973 est le déclic pour ses recherches sur le capteur solaire. C’est alors que commencent ses travaux sur les économies d’énergie par le solaire avec l’obtention d’un brevet et aussi sur les moteurs à combustion interne réalisant une application sur un moteur diesel.

Lire la suite dans le Bulletin

Charles Grelinger (1873-1942), un compositeur néerlandais à Arcachon

(Michel Boyé)

À la fin de la « saison d’été » 1902, car il n’y eut pas de « saison d’hiver » 1902-1903, l’administration des Casinos municipaux d’Arcachon, vraisemblablement informée par le compositeur et chef d’orchestre Eugène Bastin de son prochain engagement au Casino d’une autre station balnéaire (peut-être Royan) pour l’été 1903, ou soucieuse de renouvellement, dut se mettre en quête d’une nouvelle baguette pour diriger les futurs musiciens « arcachonnais ».

Son choix se porta sur Charles Grelinger, alors domicilié à Paris, 3 rue Lagrange. Les mélomanes en furent informés par l’Avenir d’Arcachon du 19 avril 1903 : « M. Charles Grelinger […] est nommé Directeur-artistique des Casinos Municipaux d’Arcachon. M. Grelinger est un jeune compositeur dont le talent original a su obtenir déjà de nombreux succès à Paris et à l’Étranger… ». Suivaient l’énumération de quelques-unes de ses œuvres et un bref aperçu de son parcours. Le rédacteur concluait en lui souhaitant « la bienvenue […], assuré que ses qualités artistiques donneront un nouveau relief à nos saisons estivales et hivernales, garantie du brillant essor que va prendre notre station ».

L’Avenir d’Arcachon du 10 mai 1903 dévoile les principaux acteurs de l’imposante organisation mise en place par Charles Grelinger et « l’administrateur secrétaire-général » Maurice Delacour, domicilié « place Tartas à Arcachon », pour la saison d’été 1903 du « Casino municipal et château Deganne », dont l’ouverture avait été fixée au 12 juillet !

Lire la suite dans le Bulletin

Document : acte capitulaire des habitants du Captalat en 1573

(Patrick Faure)

Le 1erfévrier 1573, les « manants et habitants » de La Teste et Gujan, inquiets d’être laissés sans protection, se tournent vers leur seigneur pour lui demander de désigner un nouveau capitaine du château. Le précédent capitaine, Gaston de Castetja, sieur de Ruat, est décédé trois ans plus tôt et son successeur n’est toujours pas nommé. La supplique des habitants est remise au procureur d’office, seul représentant présent de l’autorité seigneuriale, qui s’engage simplement à la faire parvenir à son destinataire sans préjuger de la réponse qui lui sera éventuellement apportée. Pour s’éviter de trop grandes dépenses d’entretien, les « pétitionnaires » souhaitent la nomination d’un homme de qualité, originaire du captalat ou de ses environs immédiats et ils avancent le nom du fils du défunt capitaine, Jean de Castetja, bien que son père n’ait pas rempli les devoirs de sa charge avec toute l’assiduité nécessaire. Pour arriver plus sûrement à leurs fins et intéresser le captal à leur cause, ils imputent, à la vacance de l’autorité, les déprédations commises dans la forêt du captalat qui est source de revenus non seulement pour les « ayant pins » et les usagers mais aussi pour le seigneur lui-même grâce au « gemmayre », la redevance qu’il perçoit sur les produits résineux. Ils ne seront qu’à moitié entendus car, si le captal fait droit à leur demande d’avoir de nouveau un chef qui puisse les protéger, il investit un de ses familiers, François de Lafont, écuyer, qui ne fera que de fugitives apparitions à La Teste et constituera, pour les habitants, une charge financière plus importante que ne l’eut été un autochtone.

Lire la suite dans le Bulletin

Drame au large du Cap-Ferret, le Latécoère F-WANU ne répond plus (suite)

(Patrick Boyer & Jean-Michel Mormone)

À l’origine, le journal ci-après faisait partie intégrante de l’article paru dans le bulletin 156 de la Société. Cet article devait être publié plus tard dans son intégralité. La disparition de l’un des auteurs et le désir de la Société historique de lui rendre hommage associé au délai de publication a nécessité de scinder en deux le document original. Le lecteur doit donc se reporter au bulletin précédent pour connaitre les premiers éléments de l’accident de l’hydravion géant Latécoère 631-03 le 28 mars 1950 au large du Cap-Ferret.

Journal des recherches et de l’enquête – Nous allons tenter de retracer au jour le jour les recherches effectuées sur l’épave, l’enquête sur l’accident et les suites qui en découlent. Nous avons pris le parti pour ces recherches d’utiliser les informations que le grand public à l’époque peut avoir à chaud, ainsi que celles auxquelles peuvent avoir dans les mêmes conditions les différentes composantes de l’enquête. Pour ceci nous nous appuyons sur plusieurs documents : les archives de la Société nationale de sauvetage en mer, celles du journal Sud-Ouest, les archives de la Marine et notamment les documents concernant les messages départs et arrivées du sémaphore du Cap-Ferret ainsi que le registre des mouvements en mer, les archives photographiques de la maison Mouls d’Arcachon, les documents de l’enquête, enfin le carnet de notes personnelles de Marcel Moine, ingénieur en chef de la Société Latécoère qui a collaboré avec la mission d’enquête et dirigé les recherches sur l’épave.

Lire la suite dans le Bulletin.

Courrier des lecteurs.

Vie de la Société

(Aimé Nouailhas)

 

 

 

Les commentaires sont clos.