Bulletin n° 166 de novembre 2015

Bulletin de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch

n° 166 de novembre 2015

Bull 166Au sommaire

Éditorial – Çà déménage ! (Armelle Bonin-Kerdon & Madeleine Dessales) – 2 pages.

Non, ne craignez rien, ce n’est pas une lubie soudaine qui atteindrait le mental de la Société historique…, mais une obligation qui lui est faite de changer son siège de local. En effet, la municipalité d’Arcachon, qui, comme vous le savez, a l’amabilité de l’abriter gracieusement, a de grands projets pour une future Maison des associations, qu’elle souhaite réimplanter dans un autre lieu. Un projet intégrateur permettant de relier étroitement médiathèque, service des Archives et Société historique, pourra se concrétiser dans un avenir à moyen terme et donner à cette dernière les moyens de travailler en synergie avec ses plus proches partenaires.

Dans une phase intermédiaire, il est nécessaire de rationaliser l’usage de l’actuelle Maison des associations, afin de limiter au minimum les investissements requis pour son maintien en tant qu’établissement ouvert au public. C’est ainsi qu’en janvier prochain, les accès aux 2e et 3e étages du bâtiment du cours Tartas seront condamnés, et les bureaux afférents fermés, dont celui de la Société historique.

Afin d’assurer la pérennité du siège de la Société historique, la municipalité d’Arcachon a proposé une solution pratique et logique, que nous avons immédiatement plébiscitée. En effet, une salle du 1er étage lui sera affectée, la salle 12, qui a l’avantage d’être plus grande que nos deux locaux actuels (plus de 50 m2) et de se situer au même niveau que la bibliothèque, qui abrite pour le moment une partie des Archives municipales. Le déménagement se fera donc à l’intérieur du même bâtiment, ce qui le rend plus aisé, d’autant que les cartons seront fournis par la Mairie, ainsi qu’une aide technique. Lire la suite dans le Bulletin.

Histoire du patronage des Jeunes du Captalat (Jacques Passicousset) – 16 pages.

Création des patronages catholiques – Les premiers patronages paroissiaux destinés à l’éducation des jeunes gens sont créés à Marseille le 18 mai 1804.

Vers 1820, l’idée est reprise et développée au sein des différentes congrégations religieuses comme les Frères des écoles chrétiennes, les Salésiens de Jean Bosco, les Religieux de saint Vincent de Paul de Frédéric Ozanam, le Tiers-ordre dominicain puis bien plus tard au début du XXe siècle les Fils de la charité, qui au départ sont des œuvres catholiques destinées à l’instruction de la jeunesse défavorisée.

Paul Michaux (Metz, 16 novembre 1854 – Paris, 21 novembre 1923), après le déménagement de sa famille en 1870, conséquence de la défaite, adhère à un patronage parisien et fait des études de médecine. Après son internat et sa thèse, il devient chirurgien dans différents hôpitaux de la région parisienne.

Ses convictions morales et religieuses l’amènent à instaurer dans les patronages une pratique de la gymnastique destinée à former des patriotes chrétiens. Mais, dès 1874, il incite ces institutions à compléter leurs formations par une préparation militaire, ce qui ne plaît pas à tout le monde.

En 1898, il crée une fédération sportive, l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA). Plusieurs patronages font partie de cette fédération qui devient en 1899 l’Union des Sociétés de Gymnastique et d’Instruction Militaire des Patronages et Œuvres de Jeunesse de France (USGIMPOJF).

Pour prendre en compte l’apparition du football, du cross-country, du tir et de la natation, cette fédération prend, en l’année 1901, le nom de Fédération des Sociétés Catholiques de Gymnastique (FSCG) et, en 1903, est déclarée Fédération de Gymnastique Sportive des Patronages de France (FGSPF). Lire la suite dans le Bulletin.

Notre-Dame des Passes, la Notre-Dame de la Garde d’Arcachon (Armelle Bonin-Kerdon) – 16 pages.

À la faveur du cent cinquantième anniversaire en 2014 du quartier du Moulleau et de sa chapelle qui en constitue en quelque sorte le noyau fondateur, il a paru intéressant d’esquisser une histoire de Notre-Dame des Passes en la regardant comme une archive patrimoniale à décrypter. Si on en croit l’abbé Sabatier qui s’attribue la paternité de cette dénomination maritime dans les « Nouveaux mélanges » publiés en 1866 à Bordeaux, quelques-uns des marins présents à l’inauguration de la nouvelle chapelle en 1864 effectuent eux-mêmes une comparaison avec l’église marseillaise consacrée la même année. Il leur prête l’exclamation suivante, prononcée, dit-il, avec « une satisfaction marquée » : « Nous aurons aussi une Notre-Dame de la Garde ! »

Nous pouvons nous inspirer de la déclaration de ces marins pour conduire notre raisonnement : en effet, outre le rapprochement chronologique (Notre-Dame de la Garde de Marseille est aussi consacrée en 1864), on peut d’emblée déceler des similitudes de site, de signification, et de style néo-romano-byzantin, style à la fois historiciste et orientalisant prisé sous le Second Empire. Par ailleurs, la chapelle Notre-Dame des Passes est un exemple original à observer comme illustration de la lutte entre l’Église et l’État au début du vingtième siècle. Cet aspect sera l’objet de notre deuxième partie.

La chapelle des marins des dominicains – La première ressemblance avec Notre-Dame de la Garde est celle du site choisi, c’est-à-dire une éminence – sableuse ici – au bord de la mer. L’étymologie du terme « Moulleau » ou « Moullo » est gasconne, et renverrait à l’idée d’un monticule sur ce lieu-dit qui figure déjà sur les cartes de l’Ancien régime (parfois sous la forme de « Montleau » « montlaour » « mont des lauriers» ?). Lire la suite dans le Bulletin.

Les hauts fourneaux et la métallurgie en Pays de Buch au XIXe siècle (I) (Jean Perroteau) – 20 pages.

En France, quelques sites de hauts fourneaux, encore conservés, sont classés monuments historiques car ils sont un symbole fort du patrimoine industriel de la France des siècles passés. À l’aube du XIXe siècle, les sites proches de la Charente et de la Dordogne sont en exploitation alors que les sites landais existent déjà et qu’apparaissent seulement les sites girondins. L’ensemble de ces sites se situent, du point de vue technologique, très en retard de ceux de l’Est et du Centre de la France.

Cet article inventorie les sites du Pays de Buch possédant un haut fourneau au XIXe siècle en précisant leurs caractéristiques et les procédés utilisés. Il évoque seulement quelques données géologiques utiles à la compréhension et ne développe pas les lois de la métallurgie.

Comment fonctionne un fourneau, ses évolutions – Durant la période comprise entre 1700 avant notre ère et le XVIIIe siècle, le fer est obtenu selon deux procédés. Le procédé le plus ancien est la réduction dite « directe » du minerai dans un bas fourneau, la hauteur pouvant aller jusqu’à 1,80 m. La température de réduction, inférieure à 1 250°C, ne permet pas d’atteindre le point de fusion du métal ; ainsi le produit obtenu se présente à l’état pâteux et contient de nombreuses scories. Une opération de raffinage est nécessaire pour les éliminer afin d’obtenir un métal homogène faiblement carburé (teneur en carbone), des objets utilitaires peuvent alors être fabriqués après cinglage et forgeage. Lire la suite dans le Bulletin.

Histoire, composition et signification du monument aux morts d’Audenge (Jean Labassat) – 14 pages.

Le 8 juin 1919, le conseil municipal, sous la mandature d’Armand Duvigneau, décide de faire ériger un monument aux morts en l’honneur des soldats d’Audenge disparus lors du conflit de 1914 – 1918.

Cette délibération est approuvée par décret du 8 juillet 1919, signé par le président de la République Raymond Poincaré.

Le monument est implanté dans l’allée centrale du jardin public, à proximité de la mairie, ce qui est un emplacement classique près du bâtiment symbole de la république, et bien en vue, pour qu’on puisse l’admirer et s’imprégner de sa signification d’objet de culte civique. Sa réalisation fut confiée aux Marbreries générales de Paris, sous la surveillance de Marcel Ormières, architecte communal. Il avait en effet été choisi sur le catalogue proposé par cette entreprise (fig. 2).

Le monument, de 4,30 m sur 4,00 m, et mesurant 7,20 m de hauteur, est posé sur une base à quatre degrés supportant un dé avec corniche sculptée, afin de mettre en valeur la scène qu’il représente. Celle-ci est plaquée au-devant d’un obélisque formé d’une pyramide tronquée à base carrée et d’un pyramidion à son sommet. Le matériau utilisé est du granit bleu taillé de Lanhélin (carrière de Bretagne). Le granit avec sa dureté est choisi pour symboliser l’éternité d’un monument érigé en souvenir des soldats morts pour la patrie (inscription pro patria), souvenir censé être immortel aux yeux des descendants. Lire la suite dans le Bulletin.

La salle des fêtes du Teich – Salle publique (Raymond Lafargue) – 17 pages.

Le 3 juillet 1925, Louis Beynel, conseiller municipal, lance l’idée d’une harmonie au Teich, suite à des contacts pris avec Julien Fraiche, directeur de la société musicale de Gujan-Mestras. L’idée est acceptée et le 22 novembre de cette même année, le conseil décide la création de l’école municipale de musique. Il précise qu’elle sera ouverte à tous les jeunes gens qui désirent profiter de l’enseignement musical et à tous les musiciens expérimentés qui voudraient prêter leur concours. Il est également prévu toutes les mesures utiles à son bon fonctionnement et le lieu des cours dans une des salles de l’école enfantine (la salle de jeu).

À ce moment-là, il est aussi évidemment question de créer une salle des fêtes. Le 8 juin 1929, le conseil décide que l’offre de Pierre ­Herreyre, propriétaire cultivateur, de son ­local de Jeangard ne peut convenir pour la salle des fêtes. La proposition d’Élie Villetorte, conseiller municipal, de l’édifier sur l’avenue de la gare est rejetée. Jean Plantey et Jean Cammas sont d’avis de l’élever au fond de la place publique. Après discussion entre tous les membres du conseil présents, il est décidé que celle-ci serait mieux située à cet endroit, de l’avis même de l’architecte. Raoul Grenier, conseiller municipal, émet le souhait que plusieurs architectes soient appelés à faire des propositions.

Le 3 janvier 1931, à l’unanimité, le conseil décide de construire la salle des fêtes. C’est le projet de l’architecte Roger Roy qui est retenu. Localisée dans le fond de la place publique, face à la route, elle aura une façade en pierre à la demande du conseiller et adjoint, Fernand Seurin. Lire la suite dans le Bulletin.

Cocteau et Radiguet sous le soleil de Piquey (Denis Blanchard-Dignac) – 9 pages.

Cette période culturelle concerne une partie des étés 1920, 1921 et 1923 ; elle est à mettre en parallèle avec « la période du Lavandou-Carqueiranne », dans le Midi méditerranéen (Var), pour les printemps 1921, printemps-été 1922 et printemps 1923. Ces périodes complémentaires – océan et Méditerranée – s’inscrivent dans un processus créatif de quatre ans, qualifié par Jean Cocteau « d’années miraculeuses ». Quatre années de création intense où fut récoltée une incroyable moisson d’œuvres. Quoique Jean Cocteau ait découvert la presqu’île du Cap Ferret durant l’été 1917, à l’instigation du peintre cubiste André Lhote et de son épouse Marguerite, la période des « vacances studieuses » débute le 12 août 1920 pour s’achever le 4 octobre 1923, deux mois avant le décès de Raymond Radiguet, survenu le 12 décembre à Paris.

La première partie de cet article vise à reconstituer le calendrier des séjours effectués à l’hôtel Chantecler, la seconde partie étant consacrée à l’inventaire des œuvres écrites à Piquey, en totalité ou partiellement.

Au fil des étés à l’hôtel Chantecler – L’ancienne pension Brice d’avant la guerre de 14 – 18, « l’hôtel en planches que j’aime » selon Cocteau, s’appelle désormais ­Chantecler. Ayant poussé à nommer la villégiature du nom de l’ouvrage mythique d’Edmond Rostand, Cocteau fait aussi allusion à son patronyme « Coq-tôt », ainsi qu’à la revue d’expression libre, Le Coq, créée avec Radiguet le 6 mars 1920. Les séjours à l’hôtel Chantecler s’effectuèrent en trois temps. Lire la suite dans le Bulletin.

Les conseillers généraux du Pays de Buch (1800-1906) – Notices biographiques (IV) – Le canton de La Teste-de-Buch (1848-1906) (Madeleine Dessales) – 6 pages.

La quatrième et dernière partie de l’enquête sur les conseillers généraux de cette période se propose de présenter les fiches biographiques de ceux du canton de La Teste-de-Buch de 1848 à 1906, grâce aux informations collectées en très grande partie par Michel Boyé.

Jean DUMORA dit Jean-Baptiste ou DUMORA jeun – Fils de Jérôme Dumora (Biganos, 14 juillet 1778- id., 17 février 1848), lieutenant des douanes puis entrepreneur, conseiller municipal de Biganos, et de Jeanne Laroche (Biganos, 14 août 1772 – id., 3 mars 1830), mariés le 8 thermidor an V [26 juillet 1797] à Biganos, Dumora jeune, naît le 6 juin 1906 à Biganos. Il est le frère de Jean Dumora, dit Dumora ainé (Biganos, 1800, Biganos, 1855), conseiller général du canton d’Audenge de 1848 à 1852.

Il épouse Jeanne Célina Nougueret le 15 mai 1832 à Bordeaux.

De ce mariage, trois enfants sont nés[1] :

Marie Thérèse Clotilde, née le 18 février 1835 à Sainte-Croix-du-Mont, célibataire, décédée le 17 septembre 1865 à La Teste ;

Jeanne Marie Julienne Noëly, née le 8 septembre 1837 à Sainte-Croix-du-Mont, mariée le 19 septembre 1853 à La Teste avec Pierre Édouard Lalanne (1824-1889), médecin… Lire la suite dans le Bulletin.

Textes et documents :

Relation d’un voyage de Bordeaux à La Teste-de-Buch en 1822 par Pierre Bernardau – 9 pages.

Quoique ce voyage ait été aussi court par sa durée que par son terme, j’ai cru devoir en conserver une relation, parce qu’elle fait connaître un pays dont l’aspect unique mérite d’être décrit et qu’on n’en a pas une idée exacte, même lorsqu’on le dépeint dans toute sa laideur. Il est éminemment curieux par les singularités qu’il offre sous tous les rapports et qui ne ressemblent à rien de ce qui peut étonner ailleurs. Ceux qui ne l’ont pas vu taxeront d’exagération ce que je vais dire. Cependant mon récit ne contient que l’exacte vérité : car je n’ai pas le droit d’user du privilège des voyageurs qui arrivent de loin.

On peut dire qu’à peine on a perdu de vue les clochers de Bordeaux, on entre dans les oasis de l’Afrique, comme en trouvèrent les juifs, lorsqu’ils eurent franchi la mer Rouge. En effet, la nature devient graduellement plus sauvage à mesure qu’on s’éloigne de Pessac (c’est le nom de la première commune en sortant de Bordeaux). On y recueille le vin de Haut-Brion, cité par les amateurs, comme un des quatre Pères de l’Église gastronomique…

Une heure après avoir quitté le bourg de cette commune, toute trace de culture disparaît ; la vue ne découvre ni arbres, ni cabanes, ni animaux ; les oiseaux y sont d’autant plus rares que la terre ne leur offre aucune graine, même spontanée, pour se nourrir. La seule chose qui rappelle ici l’industrie humaine est une large route qu’on parcourt pendant sept lieues de landes… Lire la suite dans le Bulletin.

La Chanson des enfants du Pays de Buch par Gilbert Sore – (une page)

Sur l’air de L’Ode à la Joie – Neuvième symphonie de Beethoven

Mes yeux ouverts sur ma marge

De la mer, de la forêt,

Mes poumons au vent du large

Cadencent le mascaret ;

[Leur rythme emprunte la force

Double du flux, du reflux

Et fait lever dans mon torse

L’élan des pins résolus.] (bis) Lire la suite dans le Bulletin.

Revue des revues (Olivier de Marliave) – 2 pages.

   Le Bulletin de la Société de Borda (n° 518) entre en correspondance avec l’actualité de cette fin d’année, à travers un article sur « Tempêtes et érosion marine dans les Landes : des phénomènes inédits ou récurrents ? ». L’auteur confronte la présentation médiatique des tempêtes de l’hiver 2013/2014 avec la réalité météorologique et climatique sur laquelle travaillent les scientifiques. Il aboutit à des conclusions nuancées, parfois éloignées des propos catastrophistes courants dans l’opinion publique où l’on confond souvent météorologie et climat.

   La même livraison comporte une étude, « L’échassier à la Une », sur l’image des tchancaïres dans la presse au XIXe siècle et le rôle de l’illustrateur Paul Kaufmann qui a popularisé des aspects de l’ancienne vie landaise. Lire la suite dans le Bulletin.

À propos de la prétendue « lâcheté » des régiments méridionaux en 1914-1918 (Bernard Bazoin) – (3 pages)

Bernard Bazoin nous adresse sa réaction après la lecture de la « Revue des revues » de notre dernier Bulletin, dans laquelle nous faisions référence au Bulletin de la société archéologique du Gers, à propos du comportement contesté de certaines unités d’origine méridionale.

Des faits similaires ont pu être constatés dans bon nombre de corps d’armée lors du premier conflit mondial, l’appartenance géographique de certains régiments étant prétexte à brimades et humiliations. L’incident que j’ai découvert en recherchant des renseignements sur l’un des morts pour la France dont le nom figure sur divers monuments commémoratifs du Teich – le capitaine de Fontenilliat – est d’une toute autre nature puisque ayant eu alors un retentissement national. Lire la suite dans le Bulletin.

Vie de la Société (Aimé Nouailhas) – 5 pages.

 

 


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