Bulletin n° 167 de février 2016

Bulletin de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch

n° 167 de février 2016

Bull 167Au sommaire

Éditorial – Le Bulletin nouveau est arrivé ! 1 (Armelle Bonin-Kerdon et Madeleine Dessales)

Certains trouvaient les anciens bulletins démodés… d’autres en ont la nostalgie. Depuis le premier numéro de la SHAA refondée en 1972, le Bulletin a en réalité sans cesse évolué, dans sa composition et son contenu, et dans sa présentation. En 1982, sa couverture fut illustrée en fond symbolique par une carte ancienne du Pays de Buch. En 2010, il fut doté d’un nouveau format, et sa couverture reçut une photo en couleurs. Enfin, trente-deux pages couleur furent introduites à partir de l’édition de novembre 2014.

Il nous a semblé qu’il restait à notre (votre !) Bulletin à gagner en clarté et en lisibilité. À l’initiative de notre vice-président, Olivier de Marliave, et en collaboration avec des membres du conseil d’administration et surtout avec nos maquettistes bénévoles, une nouvelle « mouture » a été proposée, pour lui donner un coup de jeune. Le comité de lecture et le conseil d’administration ont validé ce projet pour une mise en application dès 2016.

En bref, il nous est apparu nécessaire de « moderniser » notre Bulletin. Néanmoins, vous constaterez que les modifications apportées ne visent pas à être « révolutionnaires » et restent dans l’esprit de la ligne éditoriale que vous appréciez et qui fait sa réputation. Lire la suite dans le Bulletin.

Noël Courtaigne (1948-2015) 3 (Dominique Chevallier)

Noël Courtaigne nous a quittés le 18 novembre à la suite d’une longue maladie. Amoureux d’Arcachon depuis sa petite enfance, il a beaucoup œuvré pour notre Société historique.

Il naît à Versailles le 19 janvier 1948, en même temps que son jumeau Thierry. Ce sont les sixième et septième enfants d’une fratrie qui en comptera bientôt huit. Six garçons et deux filles. La famille habite une grande demeure à quelques mètres du château et tout près de la salle du Jeu de Paume, un lieu de mémoire prédestiné pour susciter une vocation de passionné de la chose historique. Pour le jeune Noël, le grand moment de l’année, ce sont les vacances d’été à L’Alma, villa du front de mer d’Arcachon que ses grands-parents avaient achetée peu avant la guerre. Nouveau clin d’œil de l’Histoire : c’est dans cette villa, appartenant alors à la maréchale de Saint-Arnaud, que Napoléon III avait été reçu lors de sa première visite en octobre 1859 à la toute jeune cité. Noël s’attache profondément à Arcachon et il n’aura de cesse, tout au long de sa vie, d’y revenir pour son plus grand bonheur. Lire la suite dans le Bulletin.

Les hauts fourneaux et la métallurgie en Pays de Buch au XIXe siècle (II) 5 (Jean Perroteau)

Le deuxième volet de l’article sur la sidérurgie en Pays de Buch au XIXe siècle aborde les différents sites sur lesquels des installations de hauts fourneaux ont été construites.

Les forges en Pays de Buch – Chaque haut fourneau du Pays de Buch a son histoire – depuis sa création jusqu’à sa fermeture – que l’on retrouve en parcourant les dossiers des Archives départementales et nationales.

Le recensement et les caractéristiques des sites métallurgiques présentés ci-après, débutent par le sud du Pays de Buch en remontant vers le nord, ce qui correspond sensiblement aux périodes d’implantation des établissements, liée à la recherche du minerai et du combustible.

Le déplacement des maîtres de forges évolue aussi du sud vers le nord, Léon Brothier de Castelnau de Mesmes à Gujan ; installé à Lugos, Gustave Gignoux s’établit à Biganos puis à Lège, à la même période que son cousin Charles Capdeville qui arrive à Lacanau après son échec à Gujan.

Nota : les reconstitutions des sites présentées ci-dessous correspondent aux plans de demande d’installation mais pour beaucoup d’entre eux, le projet évoluera durant les travaux, la performance de la force hydraulique étant une des raisons. Lire la suite dans le Bulletin.

L’énigme des lévriers de Gabriele D’Annunzio 23 (Olivier de Marliave)

Cette lettre de la main de Gabriele D’Annunzio figurait dans une exposition consacrée à la « divine marquise » Casati, au palais Fortuny de Venise. Elle est doublement intéressante car la missive, non datée, comporte en en-tête la mention des « Chenils de Saint-Dominique, au Moulleau-Arcachon-Gironde ». Ensuite, sa destinataire a été une des plus extravagantes femmes de l’entre-deux guerres.

La présence d’un écu, sur la gauche de cette lettre, intrigue également. Il s’agit visiblement d’un blason héraldique, tenant à la fois du sigle de la phalange espagnole et de l’emblème olympique. Malheureusement, les mots figurant sur le bandeau central restent illisibles… Le texte de cette missive ne nous éclaire pas beaucoup sur la nature des rapports entre l’écrivain et Luisa Casati (1881-1957), pourtant liés par une amitié intellectuelle, amoureuse puis spirituelle. Il s’agit de la réception au Moulleau d’un « cadeau de Raffinée », des livres dont la « Psyché » de Jean de La Fontaine, comprenez « Les amours de Psyché et de Cupidon » parue en 1669. L’ouvrage qui comble D’Annunzio était la troisième édition de ce titre parue chez P. Didot Jeune, en date de 1791. Lire la suite dans le Bulletin.

À propos de deux caricatures de D’Annunzio 28 (Dominique Chevallier)

Un adhérent de la Société historique que nous remercions chaleureusement nous a fait parvenir deux portraits-charges aquarellés représentant Gabriele D’Annunzio au printemps 1910. Ces œuvres sont de Ferdinand Bac (1859-1952), l’un des grands caricaturistes de la Belle Époque.

Ferdinand-Sigismond Bach, dit Ferdinand Bac, était un petit cousin germain de Napoléon III, car son père était fils illégitime de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. À ce titre, il avait été élevé en marge de la cour du Second Empire. Tout au long des quelque soixante-dix ans de son activité professionnelle, il fut tour à tour ou simultanément écrivain, illustrateur, caricaturiste, décorateur, peintre, ferronnier, paysagiste et lithographe. Il s’imposa rapidement comme l’un des meilleurs caricaturistes de son temps, au même titre notamment que Jean-Louis Forain ou Caran d’Ache. Écrivain prolifique, il est l’auteur de nombreux ouvrages littéraires et artistiques ainsi que de mémoires. Lire la suite dans le Bulletin.

Jules Caron (1806-1881) premier peintre arcachonnais (I)  31 (Christel Haffner Lance)

Quelle impulsion le Parisien Jules Caron a-t-il cédé en partant s’installer à Bordeaux ? Pourquoi et dans quelles circonstances s’est-il décidé en 1851 à venir habiter Arcachon, avant même la naissance de la commune ? Une opportunité professionnelle ? Un mariage ? Quelque amitié ? Une acquisition immobilière ? L’attraction des « bains de mer », désormais fameux ? Les perspectives d’une vie « calme » et « reposante », « avec l’agrément d’une société intime et choisie », dans un environnement « riant », « pittoresque » et « salubre », promis à un avenir florissant ? Il n’a malheureusement laissé aucune trace écrite, aucun témoignage autobiographique, rien d’autre que quelques œuvres qui, parallèlement à l’exploration des événements historiques locaux, des bribes éparses, en lien avec son nom, son activité, son entourage, livrent plusieurs indices. De là sont apparus des recoupements, de possibles rapprochements, de nouvelles interrogations et autant d’hypothèses, dont nous proposons aujourd’hui de dégager les premiers jalons.

Le peintre François Jules Caron est né à Paris le 14 février 1806. Doit-on le confondre avec « M. Jules Caron, jeune artiste […] pris pour commander la 2e compagnie du régiment improvisé » sur la place de l’Odéon, à Paris, lors de la Révolution de Juillet ? Lire la suite dans le Bulletin.

L’huître du sud contre l’huître du nord (1920-1940) 50 (Claude Perreaud)

Le bassin d’Arcachon, ce tout identitaire, est encore de nos jours divisé en deux zones d’influence, aux intérêts parfois divergents : les nordistes et les sudistes. Si aucune guerre de sécession ne les a pas mis face à face dans un affrontement guerrier fratricide, l’entente ne fut pas toujours cordiale, en un temps où les sudistes avaient le quasi-monopole de l’Ostrea edulis, l’huître plate, et les nordistes la Crassostrea angulata, l’huître creuse portugaise.

Il n’est pas question, ici, de retracer l’historique de l’ostréiculture arcachonnaise, mais de présenter une crise de l’huître dans les années 1920-1940, consécutive à la fois d’une pénurie du naissain et de stock d’huîtres marchandes et aux intérêts antagonistes des ostréiculteurs du Nord et du Sud.

Le 20 juin 1921, paraît un décret concernant la culture et la commercialisation des huîtres portugaises :

« Sur le rapport du Ministre des Travaux publics, vu la loi du 9 janvier 1852 sur la pêche maritime côtière, vu le décret du 30 mai 1889, concernant la vente, l’achat, le transfert et le colportage des huîtres ; vu le décret du 27 janvier 1914, relatif à l’entrée et au dépôt des huîtres portugaises dans les établissements de pêche du Bassin d’Arcachon ; vu les arrêtés des 13 février et 16 mars 1918 fixant une ligne séparative des zones réservées respectivement à la culture exclusive de 1’huître indigène et à celle de 1’huître portugaise… Lire la suite dans le Bulletin.

Arrimec, une maison en bois du Cap Ferret – Première partie – L’urbanisation du Cap Ferret 69 (Marie-Christine Rouxel)

Le Cap Ferret, appelé parfois Cap d’Arcachon, est l’extrémité de la longue flèche de sable rehaussée de petites dunes, qui s’étend au nord du Bassin.

Max Baumann nous raconte que «  formée de sables accumulés par le courant dominant nord-sud et véhiculés par le vent, la presqu’île ne dépassait pas Bélisaire au dix-septième siècle. Une presqu’île apparemment inhospitalière pourtant âprement convoitée pour ses richesses, la chasse, la pêche et la possibilité de s’emparer de ce que la mer rejetait ».

L’État charge la Forêt domaniale de Lège et Garonne d’y planter des pins et les dunes blanches sont ensemencées en 1866-1867. Les pins se développent bien dans la partie nord mais mal dans la partie sud. Entre l’érosion marine et la progression du sable, ce territoire est difficile à gérer et l’État cherche à s’en débarrasser.

Premières ventes de terrains – Avant même les débuts de ces plantations, les lois de 1860 et 1863 autorisent l’aliénation des terrains domaniaux. Des parcelles de la forêt domaniale de Lège et Garonne sont mises en vente en 1863 et acquises aux enchères publiques par Léon Lesca et son frère Frédéric, qui se trouvent ainsi propriétaires de Claouey à Bélisaire (excepté à Petit Piquey la propriété de la famille Paulhac). Lire la suite dans le Bulletin.

L’histoire des Damanieu de Ruat 83 (Pierre Labat)

Dans cet article qu’il avait prévu de publier, Pierre Labat a fait le point sur l’histoire des Damanieu de Ruat en complétant ses articles déjà parus.

Nous remercions Mme Françoise Labat de nous avoir communiqué ses recherches.

L’histoire de cette famille Damanieu, en Pays de Buch, s’étend sur plus de deux siècles. Elle débute en 1619 par l’achat de la baronnie d’Audenge par un marchand de bestiaux et se termine en 1845 par la vente des terres et troupeaux à un maître de forges.

Au tout début du XVIIe siècle, le domaine de Ruat (château, terres, champs, pâturages, prés salés, landes et forêts, métairies) et les fiefs qui lui sont rattachés (Tagon, Artiguemale, Mistre…) sont la propriété des Castéja qui ont occupé à plusieurs reprises les fonctions de capitaine du château de La Teste. En vertu du testament (20 janvier 1585) de Jean Castéja, dernier de sa lignée, Ruat passe vers 1610 à son épouse Isabeau de Gassie, puis à une parente, Surienne de Gassie qui le met en vente en 1628.

Le 6 avril, Jean Castaing dit « Le Broy », marchand du Teich qui s’est beaucoup enrichi dans le commerce des bestiaux et qui, à la fin de l’année 1619, a déjà acheté la baronnie d’Audenge, se porte acquéreur du château de Ruat, des domaines et des fiefs qui en dépendent. Lire la suite dans le Bulletin.

Le bassin d’Arcachon à travers la Revue des deux Mondes, à la fin du XIXe siècle 91 (Jacques Leblois)

Si la Revue des deux Mondes, célèbre publication du XIXe siècle encore vivante de nos jours, était plutôt consacrée à la littérature avec des signatures prestigieuses comme celles de Balzac, Sainte-Beuve, Alexandre Dumas, George Sand, Renan, Taine, sa vocation première la portait également sur des études de géographie et d’histoire. Créée en 1829, son titre initial Revue des deux Mondes, recueil de la politique, de l’administration et des mœurs, devient en janvier 1830, Revue des deux Mondes. Journal des voyages, de l’administration et des mœurs chez les différents peuples du globe ou archives géographiques et historiques du XIXe siècle ; rédigée par une société de savants, de voyageurs et de littérateurs français et étrangers. Le lectorat visé se situe dans la bourgeoisie éclairée et les articles publiés, quelques soient leurs sujets, écrits par des auteurs reconnus, sont d’un excellent niveau.

Politiquement, la revue est conservatrice. Plutôt libérale (dans sa définition du XIXe siècle) sous la monarchie de juillet, d’obédience orléaniste, elle peut être considérée comme opposante modérée au second Empire. Les Buloz père et fils en sont les premiers directeurs de 1831 à 1893, auxquels succède Ferdinand Brunetière jusqu’en 1906. Ce dernier (1849-1906), célèbre critique littéraire, joue un rôle important dans l’histoire de la littérature, tant dans ses écrits personnels que dans la revue même. Il a également entraîné la Revue des deux Mondes dans l’affaire Dreyfus, dans le camp des antidreyfusards, pour des motivations plus politiques qu’antisémites. Lire la suite dans le Bulletin.

Rubriques :

– Revue des revues (Olivier de Marliave) 103

– Courrier des lecteurs :

– Rectificatif à l’article sur le Monument aux Morts d’Audenge,
BSHAA n° 166 p. 64 (Raphaël Vialard) 105

– Rectificatif et complément à l’article sur les conseillers généraux,
BSHAA n° 166 p. 91 (Alain Espinasseau et Michel Boyé) 105

– Anniversaire, il y a 60 ans… (Olivier de Marliave) 109

– Vie de la Société (Aimé Nouailhas) 109

– Agenda (Aimé Nouailhas) 112

 

 

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