Divagation des chiens en 1792

PLAINTE AU SUJET DE LA DIVAGATION DES CHIENS ADRESSÉE PAR MEYNIÉ AÎNÉ AUX OFFICIERS MUNICIPAUX DE LA TESTE DE BUCH

 

Votre sagesse, l’intérêt et la sûreté des habitants vous ont fait rendre dans le mois dernier une Ordonnance à laquelle tout bon citoyen applaudit, les circons­tances la nécessitant ; vers ce temps, des chiens enragés ravageoit nos environs et avaient même pénétré dans l’enceinte de cette paroisse et mordu plusieurs autres chiens.

Toujours occupés de l’intérêt de vos concitoyens vous rendites cette sage ordonnance, qui portait en substance que tout particulier ayant des chiens les tiendrait enfermés pendant l’espace de quarante jours et que si avant ce terme il en parraissoit dans les rues, (il était) permis à toute personne de les tuer, qu’à l’avenir les chiens dogues ne pourroient vaguer dans l’intérieur du pays que muse­lés, sans quoi il était aussi permis de faire feu dessus, et vous eûtes la sage pré­voyance de rendre les propriétaires responsables des événements qui pourraient résulter en cas d’infraction à votre Ordonnance.

Le mépris qu’en fait M. Daisson Fillette, les désagréments et les dengers auxquels sont exposés les habitants, plus particulièrement ses voisins, en laissant libres et sans muséle ses deux chiens dogues, me font réclamer de votre justice, Messieurs, d’après les faits que je vais avoir l’honneur de vous exposer, que vous ordonniez à M. Daisson Fillette de fermer dès aujourd’hui ses deux chiens, de les museler ou de les tuer, et faute par lui de faire, que vous veuillez commétre une homme pour y procéder à ses dépens, qu’il soit en outre condamné, d’après les dommages que ses chiens ont pu causer et pour avoir contrevenu à votre ordonnance, à une amande telle que vous la jugeriez.

Voici les faits desquels j’offre les preuves : M. Havet fut attaqué devant chez M. Peyejehan jeune et il alloit être mordu s’il ne se fut trouvé armé d’un bâton.

M. Portié l’a été aussi ; il en fut quitte pour un très grand déchiré à sa culotte.

Pierre Jouan, passant devant chez Daisson, fut pris à la cuisse ; heureuse­ment qu’il ce trouva dans la poche de sa culote une tabatière, qui empêcha que la dent du chien put pénétrer à la chair. M. Francon a perdu un petit chien pagneul qui fut écorché depuis les reins jusqu’au cou. Mon chien a été mordu à plusieurs reprises et, jeudy dernier, il étoit dévoré sans le secours de quelques personnes qui l’ottèrent des dents du chien.

L’intérêt publiq commande assés à vos âmes, Messieurs, pour que la jus­tice, que je solicite de vous, ne soit prompte.

La Teste, ce 8 septembre 1792, 4eme année de la liberté.

Meynié aîné

(Archives Départementales 4 L157)

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