Histoire de Taussat

Histoire de Taussat

par Pierre Labat

Taussatcouv

2e édition, revue et augmentée – 16 cm x 24 cm – Couleur – 96 pages

ISBN : 978-2-9545607-6-2 – Prix 10 €

Avant-propos – Cet ouvrage se propose de reprendre dans son intégralité la publication de l’histoire de Taussat écrite par Pierre Labat, avec quelques actualisations apportées par Alain de Neuville.
Nous remercions tout particulièrement Madame Françoise Labat qui nous a confié les documents originaux de feu Pierre Labat, publiés dans cet ouvrage.
Pierre Labat écrit en 1996 qu’il « dédie ces recherches à la mémoire de Daniel et Berthe Labat, mes grands-parents, et de René Labat, mon oncle ».
L’histoire de Taussat est, à l’origine, publiée sous la forme de trois articles dans les bulletins de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch (SHAA) n° 86, 87 et 88 (1995-1996) destinés aux abonnés et lecteurs de la société historique. Il ne faut donc pas être surpris, à la lecture, des références faites par Pierre Labat à des articles parus dans d’autres bulletins.
Cette réédition, reprend donc celle très complète de 1996 pour répondre à une demande de nos lecteurs et pour rendre hommage à cet immense chercheur de l’histoire du Nord Bassin.

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Taussat, l’un des quatre villages avec Lanton, Cassy et Blagon, formant la commune de Lanton, est d’origine très ancienne mais sa création en tant que station balnéaire remonte à 1856. L’urbanisation de Taussat a été lente ; elle s’est accélérée vers 1890, avant de se stabiliser vers 1900. Elle s’est entièrement terminée dans la période 1960, mais offre cependant quelques possibilités d’extension nouvelle.
Le développement de Cassy, qui resta pendant des siècles un minuscule village de pêcheurs, a démarré vers 1925 et se poursuit vivement vers l’est et le nord dans la forêt.
Le vieux village de Lanton endormi si longtemps s’est réveillé depuis les années 1970. Son développement est également rapide.
Comme tous les villages de la côte est du Bassin, de Biganos à Lège, Taussat est limité au sud et au nord par deux ruisseaux : la Berle de Cassy au sud, le ruisseau de Mauret au nord qui fait la séparation entre Lanton et Andernos. Dans la lande, vers le nord-est, Taussat était limité par une craste artificielle.
La côte de Taussat avait, jusqu’au siècle dernier, deux aspects : au sud du vieux port la côte était plate et couverte de prés salés qui s’étendaient jusqu’à Cassy, sinon au-delà. La côte nord jusqu’à Andernos était beaucoup plus sableuse, frangée de dunes assez basses de sable blanc.
Le village s’est formé sur cette côte. Entre ces deux parties du rivage existait jadis et même encore une dépression où coulait une craste et qui a été aménagée en port de pêche en 1878.
Le port de plaisance moderne a été creusé dans une autre dépression, en limite de Mauret, où s’écoulait le ruisseau de Mauret.
Les plages de Cassy, Taussat, Andernos, Arès sont étroites : dix à quinze mètres au plus. Au-delà commencent les crassats. Il est toujours très imprudent de s’aventurer sur la vase molle des crassats en dehors du lit des petits esteys qui conduisent aux grands chenaux.
Le village de Taussat s’est construit entre la route départementale de Facture à Arès et le Bassin. Quelques rares maisons longent le côté est de la route. La plus grande partie du domaine, à l’est de la route, n’a été lotie que récemment. Elle demeure en forêt et c’est par là seulement qu’une dernière extension de Taussat peut être entreprise.
Taussat est un ancien domaine agricole de très lointaine origine. Il s’étendait sur 365 hectares. Il était couvert de bois de chênes avec des pins, terres en culture, pâturages et landes. Au milieu du domaine, il y avait les bâtiments agricoles et la Ferme où logeait le fermier du domaine. En de très courtes périodes, la Ferme, ou plutôt la maison de maître, fut occupée par le propriétaire qui était généralement un étranger au pays. La Ferme était située au milieu de la zone dite aujourd’hui lotissement sauvage, à peu de distance de l’ancienne gare de Taussat.
Taussat était surtout une forêt, une des trois forêts de Lanton, les deux autres étant le bois de Renet aussi peuplé de chênes mais surtout de pins qui étaient gemmés et le bois de Lanton situé loin dans la lande en direction de Blagon. Les anciennes cartes, dont celle de Belleyme, précisent l’emplacement et l’étendue des bois de Taussat et de Renet.
L’ancienneté de ces forêts, la nature de leur boisement, expliquent, semble-t-il, les noms même de Taussat et de Cassy. Taussat paraît en effet dérivé du nom du chêne tauzin et le nom de Cassy du nom casse qui désigne aussi le chêne ou un lieu couvert de chênes. L’ancien plan cadastral désigne du nom de « Casse de Cassy » la partie de Cassy située près de Taussat.
Les noms de Taussat et Cassy apparaissent pour la première fois dans les plus anciens textes connus, Les comptes de l’Archevêque de Bordeaux.
Ces comptes énumèrent les sommes dues par les tenanciers de l’archevêque ; ce sont :
en 1235, Arnaldus de Case et Guillelmo de Ullmo qui doivent des cens et exporles pour Casse et Taussat ;
en 1237, Pétrus de Ullmo junior et Guillelmo de Ullmo uxor Raymondi Mathéi ;
en 1278, les mêmes personnages, tout au moins la même famille ;
en 1380, Gaillard Castetis et Ayquem Ullmo.
Or, nous savons que, dès 1235, le prieur de Comprian est tenu de verser à l’archevêque trois subsides pour la dîme de Casse et Taussat, puisqu’en effet l’église de Lanton est une dépendance du Prieuré de Comprian.
Le versement des cens et exporles signifie bien que l’archevêque est le propriétaire du domaine exploité par les familles Castet et Ullmo. Taussat était terre roturière et le resta jusqu’à la Révolution, indépendamment des qualités de ses propriétaires successifs. Au milieu du XVIIIe siècle, le seigneur de Certes avait envisagé d’anoblir la terre de Taussat, mais le projet resta sans suite.
Après avoir noté les mentions de Taussat et Cassy dans les textes du Moyen Âge, nous entrons, à la fin du XVIe siècle, dans l’histoire de Taussat que nous connaissons de façon continue et précise.
L’histoire de ce domaine agricole ne peut être que l’histoire de ses propriétaires successifs.
De la fin du XVIe siècle au milieu du XIXe siècle où apparaissent les premiers lotissements, sept familles ou personnages ont possédé Taussat :
Pierre Damanieu Capitaine de Certes, décédé en 1617 ;
Catherine Damanieu, sa fille (1617-1679) ;
les Portepain de Lasalle du Ciron (1671-1764), les enfants et descendants de Catherine Damanieu ;
le captal de Buch François Alain Amanieu de Ruat (1765-1767) ;
le colonel Michel Gérard de Pélissier (1767-1779) ;
Charles Lemoyne (1779-1793) ;
Étienne Anglas Feydieu (1793-1830) ;
Jacques Le Cousturier de Courcy, dont la famille possède toujours quelques hectares de Taussat.

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