Familles du Pays de Buch : les Dignac

FAMILLES DU PAYS DE BUCH : LES DIGNAC

 

Les archives de la Marine, qu’il s’agisse des registres de l’Inscription Maritime1 ou du fonds de l’Amirauté de Guienne2, ainsi que les registres paroissiaux, font apparaître à La Teste-de-Buch, surtout dans la seconde moi­tié du XVIIIe siècle, une deuxième famille largement tournée vers les activités maritimes – charpentiers (calfats et de marine), maîtres de pariage, maîtres au petit ou au grand cabotage – : les Dignac.

L’étude qui suit, après celle consacrée aux Baleste-Baillon3, fournit une nouvelle fois l’occasion, après de multiples contrôles effectués à Rochefort, d’exploiter la riche documentation rassemblée par André Rebsomen et conservée à la Bibliothèque Municipale d’Arcachon, et de présenter des documents inédits.

Au risque de décevoir quelques-uns de nos lecteurs, une double remarque préliminaire s’impose : la masse des données recueillies sur les Dignac n’a pu être intégralement exploitée, en raison notamment de l’imprécision ou des lacunes des registres d’état civil eux-mêmes ; chronologiquement, les bornes retenues sont les suivantes : milieu du XVIIe siècle / premières années du XIXe siècle.

 

INTRODUCTION : LES DIGNAC À LA TESTE-DE-BUCH

Le premier registre d’état civil de La Teste date de 1661 ; quant aux archives notariales, sur la période antérieure (1577 à 1660), elles sont très incomplètes. Aussi citerons-nous les hypothèses d’Alain d’Anglade avec toutes les réserves d’usage : « Tout porte à croire qu’il faille retrouver l’origine (de la famille Dignac) près d’Andernos, autour du village Ignac ou Dignac. Ce dernier, jadis érigé en baronnie, fut par la suite rattaché à Lège dont il ne constitue plus aujourd’hui qu’un quartier. Une branche de cette famille se serait fixée au moins dès le XVe siècle en Dordogne et, après avoir embrassé la religion réformée, serait redevenue girondine à la suite des persécutions religieuses particulièrement violentes en Dordogne à la fin du XVIe siècle »4.

Quoi qu’il en soit, « le quinzième octobre dudit an mil six cens soixante deux, ont fiancé et promis en face de notre mère (la) Ste Eglise de s’épouser par parolles (…) Jean Dignac veuf de feue Marie de Laville d’une part et Andrée de Laville veufve de feu Jean Dumetge tous habitans de cette paroisse », ce qui fut chose faite le 16 janvier 16635.

Ainsi apparaît la famille Dignac dans les registres paroissiaux testerins. Toujours selon Alain d’Anglade, ce Jean Dignac serait le fils aîné de Jean Dignac qui, pour épouser en 1619 Marie de Baleste, aurait abjuré « devant nostre très saincte mère l’Esglise la religion prétendue réformée »6.

Ce qui est plus sûr, c’est que les tout premiers registres testerins conservent, sur la période 1662-1692 avec d’amples détails, le souvenir de cinq couples (sur la vingtaine répertoriée), dont la parenté est certaine, sinon facilement déduite, et dont une des composantes porte le patronyme Dignac :

– Jeanne Dignac, mariée le 7 novembre 1669 à La Teste avec Jean Dumetge7 dit Chounemoine, fils de Louis Dumetge, dit Pinon (ou Pinart)8 et de feue Marie Labouat ;

– Arnaud Dignac dit Bauden (ou Baudeu) né vers 1640, fiancé le 14 avril 1670 à La Teste avec Marguerite Laville, fille de Jean Laville et de Jeanne Cravey ;

– Guillaume (Guilhem) Dignac, fiancé le 20 avril 1670 à La Teste avec Marguerite Daycard, fille de feu Michel Daycard, dit Mouret (?), et de Catherine Daubric ;

– Géraud (ou Guiraud) Dignac dit Gaston9, fiancé le 1er juin 1670 avec Catherine Desbordes, fille de Nicolas Desbordes et de Marguerite Gayet ;

– enfin, Jean Dignac dit Bauden, marié le 22 janvier 1682 à La Teste avec Marie Moureau, fille de Jean Moureau, dit Rive10.

Première certitude : Jeanne Dignac, Arnaud Dignac et Guillaume Dignac sont frères et sœur. Les fiançailles donnent en effet leur filiation : ce sont les enfants de Guillaume Dignac, dit Bauden, et de Jeanne Dalis, dont le contrat de mariage daté de 1642 et découvert par M. Pier­re Labat, permet en outre de savoir que Jeanne Dalis est la fille d’Arnaud Dalis et de Jeanne Daisson.

Deuxième certitude : Géraud Dignac, dit Gaston, est le fils de Gaston Dignac, dit d’Anne, et de Magdeleine Bouzats (décédée à l’âge de cinquante ans le 10 décembre 1672 à La Teste). Gaston Dignac est, de toute évidence, à l’origine d’un surnom que l’on retrouvera jusqu’à la fin du XVIIIe siècle ; la première mention semble être celle du 2 mai 1684, à La Teste, à l’occasion du mariage de Jean Dignac, dit Gaston, avec Thoumine Villeneuve, de Gujan.

Troisième (quasi) certitude : en s’appuyant sur la transmission familiale des chaffres, selon toute vraisemblance, Jean Dignac, dit Bauden, époux de Marie Moureau, est le quatrième enfant du couple Guillaume Dignac / Jeanne Dalis.

Sachant qu’apparaissent entre 1710 et 1720 deux nouveaux surnoms distinctifs, trois branches seront donc analysées : les Dignac issus de Bauden, les Dignac issus de Gaston et les Dignac issus de Mendetes et de Joffre.

 

LES DIGNAC ISSUS DE GUILLAUME, DIT BAUDEN

De Jeanne Dignac, mariée à Jean Dumetge, on connaît deux enfants : Jeanne Dumetge, née le 20 septembre 1670 à La Teste, et dont la marraine fut sa grand-mère maternelle Jeanne Dalis, et Jean Dumetge, né le 5 octobre 1685. Plus conséquente, du moins à travers les archives subsistantes, fut la postérité de ses trois frères.

 La descendance d’Arnaud Dignac, dit Bauden

De son mariage avec Marguerite Laville, Arnaud Di­gnac, qui devait décéder à La Teste le 2 mars 1690, eut au moins six enfants dont la destinée ou les alliances n’ont pu être intégralement déterminées :

– Marguerite Dignac, née le 12 avril 1671 (parrain : Jean Dignac qui signe Dignacq), qui épousa Jean Dupon11,

– Jean Dignac, né le 4 décembre 1672 (parrain : Jean Dumetge, vraisemblablement l’oncle, et marraine : Louise Dignac),

– Jeanne Dignac, née le 3 février 1675 et décédée le 13 décembre 1678, âgée de « trois ans »,

– Louis Dignac, né le 16 août 1677, dont le parrain fut Louis Dumetge12 (s’agit-il de son grand-oncle ?),

– Jeanne Dignac, née le 26 juillet 1680, d’abord mariée à un nommé Taffard, et remariée le 5 février 1715 à La Teste avec le résinier Guiraud Moyzès13, fils de feu Guiraud Moyzès et de Marie Tronquet,

– Jeanne Dignac, mariée à Pierre Dulau, tonnelier14.

L’un (au moins) des deux fils d’Arnaud Dignac convola en justes noces puisque, lors de la signature du contrat de mariage de Jeanne Dignac et de Guiraud Moyzès, devant Me Taffard, le 26 décembre 1714, aux côtés des beaux-frères Jean Dupon et Pierre Dulau et de la sœur Jeanne, était présente une nièce : Marguerite Dignac.

La descendance de Guilhem Dignac

Du couple Guilhem Dignac / Marguerite Daycard, sept enfants ont pu être répertoriés :

– Isabeau Dignac, née le 7 août 1671 (parrain Jean Dignac) et décédée le 6 août 1686 à La Teste,

– Jean Dignac, né en octobre 1672 et décédé le 5 décembre, âgé de deux mois,

– Marguerite Dignac, née le 6 mars 1674, 

– Pierre Dignac, né le 18 août 1675 (marraine Jeanne Dignac),

– Marie Dignac, née le 29 août 1677 (marraine Marie Desbordes),

– Etienne Dignac, né le 26 juillet 1683 et décédé le 7 dé­cembre 168615,

– Guilhem Dignac, né le 12 octobre 1685, à La Teste, comme ses frères et sœurs.

Compte tenu des règles qui présidaient autrefois à la désignation des parrains et marraine, il convient de remarquer qu’au baptême du 29 août 1677, la marraine se trouve être Marie Desbordes (patronyme quelquefois orthogra­phié Peybordes) ; celle-ci est de toute évidence la belle-sœur ou la nièce par alliance de Géraud Dignac, dit Gaston, ce qui laisse supposer une proche parenté entre deux des branches Dignac, qui font l’objet de cette étude.

La descendance de Jean Dignac, dit Bauden

Le couple Jean Dignac – Marie Moureau eut, semble-t-il, sept enfants :

– Jeanne, née le 14 décembre 1682 à La Teste,

– Jean, né le 17 septembre 1684 à La Teste et décédé le 7 janvier 1687 (étaient présents à ses obsèques Guiraud et Jean Dignac),

– Jean Dignac, né le 17 octobre 1686 à La Teste,

– Vincent,donné par A. d’Anglade « né en 1692 »16, mais l’acte ne figure pas dans la série GG des archives municipales de La Teste,

– Marie, née le 8 février 1703 à La Teste,

– Pierre, dont la date de naissance n’est pas connue, et qui épousa Jeanne Moyzès dont il eut (au moins) Pierre Dignac né le 11 octobre 1726,

– enfin un autre Jean17 dont l’acte de baptême n’a pu être retrouvé.

L’un des deux Jean Dignac était surnommé Mouret (le basané) et transmit son chaffre à ses fils. Nous nous intéresserons plus particulièrement à sa postérité. Il épousa vraisemblablement en 1723 (le contrat de mariage passé par devant Me Taffard est en effet du 14 mars 1723) Jean­ne Daisson, fille du menuisier Jean Daisson et de Jeanne Peyjehan18. Dans le contrat de mariage, Jean Dignac Mou­ret est présenté comme « charpentier de haute futaie »19 ; pour la Marine, il est repris comme charpentier calfat.

De son mariage avec Jeanne Daisson, il eut sept enfants :

– Jean, né en décembre 172520,

– Anne, née vers 1726/1727, fiancée le 14 février et mariée le 22 février 1751 à La Teste avec le forgeron Bertrand Dubos21, décédée le 14 novembre 1791,

– Marie Dignac, qui épousa le 19 novembre 1754 à La Teste le charpentier Charles Larrègue22,

– Pierre Dignac, dit Mouret, qui suit § a,

– Jean Dignac, dit Mouret, qui suit § b,

– Jean Dignac, né le 29 juillet 1738,

– Nicolas Dignac, qui suit § c.

Jean Dignac Mouret mourut vraisemblablement au cours des dernières semaines de 1753 ou début 1754 ; son testament est daté du 2 octobre 1753.

a) Les enfants de Pierre Dignac Mouret

Après des fiançailles célébrées le 17 avril 1763, le charpentier Pierre Dignac Mouret se maria le 18 mai à La Teste avec la veuve de Pierre Merle, Marie Baudens, fille de Jean Baudens et de Catherine Lagarde. Le couple aurait eu quatre enfants :

– les jumeaux Jean et Nicolas Dignac, nés le 7 août 1764 (Jean mourut le 11 juin 1774),

– Jean Dignac, né le 27 janvier 1766,

– et Pierre Dignac, né le 20 janvier 1768.

La carrière du « capitaine de barque »23 Jean Dignac, né en 1766, est relativement bien connue24. Matelot à l’âge de douze ans, il savait lire et écrire. En 1783, il est embarqué à Bordeaux sur le Bien-Aimé, puis, à partir du 20 juin 1784, sur la Martinique. En 1785-1786, il navigue au petit cabotage, en 1787, « au commerce », de 1788 à 1791, de nouveau au cabotage. Ce long apprentissage lui permet d’être reçu maître au petit cabotage le 19 mai 1791. En 1792, il commande le Saint-Jean d’Arcachon, propriété de la veuve Duman mais, quelques jours à peine après son mariage à La Teste le 9 mars 1793 avec Catherine Videau25, il a le malheur d’être coulé le 30 mars par un corsaire anglais « près de la Baleine » : pris par les Anglais, il est cependant renvoyé à La Teste. Il prend alors le commandement du brick Le Modeste d’Arcasson, qui appartient à Peyjehan jeune.

En 1796, il commande la chaloupe La Pauline, avant de devenir associé avec Quincarnaud, propriétaire en 1798 du Désir de Paix. Veuf le 14 mai 1799, il se remarie avec sa jeune belle-sœur Marie Videau26 le 30 thermidor an VII. En 1802, il est à la barre de La Marie dont l’armateur est Lévêque fils ; en 1803, il achète, avec Peyjehan, La Marie qui est, sous le nom d’Aimable Julie, transformée en chasse-marée et avec laquelle il se livre à la pêche au peugue. En 1805, il commande La Geneviève qui lui appartient et avec laquelle il disparaît le 8 brumaire an XIV devant le Fort de la Roquette27.

Il laissait deux jeunes enfants :

– Jean Dignac, qui épousa à La Teste, le 21 septembre 1826, Marguerite Castéra, fille de Jean Castéra et de Cathe­rine Dejean,

et Geneviève Dignac, qui se maria le 23 juillet 1827, à La Teste, avec Pierre Pichard, fils de Pierre Pichard et de Jeanne Lestage.

b) les enfants de Jean Dignac Mouret

Né le 20 juillet 1735 à La Teste si l’on en croit les registres de l’Amirauté28, Jean Dignac Mouret, maître de barque, épousa en 1765 (les fiançailles furent célébrées à La Teste le 22 septembre au lendemain du contrat de mariage) Marie Baleste-Baillon, fille de Guillaume Baleste-Baillon et de Jeanne Deslix.

Le couple eut au moins neuf enfants29 :

– Jean Dignac, né le 20 juin 1766 et décédé le 7 novembre de la même année,

– Marie Dignac, née le 8 septembre 1767 et décédée le 27 juin 1768,

– Nicolas Dignac, né le 19 septembre 1768 et décédé le 3 janvier 1778,

– Pierre Dignac, né le 17 août 1770

– Marie Dignac, née le 5 février 1772,

– Jean Dignac, né le 20 décembre 1773 et décédé le 25 jan­vier 1774,

– Pierre-Edmond Dignac, né le 20 novembre 1775 dont postérité,

– Jean Dignac, né le 7 janvier 1777 et décédé le 8 janvier 1777,

– François-Xavier, né le 2 décembre 1778.

Pour des raisons qui nous échappent, Alain d’Anglade a bâti, sur la personne de Jean Dignac Mouret, ce qu’il faut bien appeler la légende du corsaire Jean Dignac, qui se serait illustré contre les Anglais de 1780 à l’an IX ! En effet, plusieurs documents conservés dans les services d’archives publics, permettent de réduire à néant cette thèse.

Tout d’abord, le recensement de l’an IV : à la rubri­que n° 21 de la « section de la By » (Labié), il est expressément indiqué que Marie Baleste, âgée de 55 ans, cultivatrice, née à La Teste, est « veuve » et que vivent avec elle ses deux fils : Pierre Dignac, âgé de 20 ans, secrétaire de l’administration, et François Dignac, âgé de 14 ans, marin30.

Les registres de la Marine, dépouillés par André Rebsomen, confirment en tous points ces données : ils précisent que Jean Dignac Mouret est décédé le 10 mai 1781 à Donville, diocèse de Coutances, « retour des prisons d’Angleterre », ayant été pris commandant la barque La Vertu31.

S’agissant de cette dernière unité qui, selon A. d’Anglade, faisait partie avec le vaisseau Le Galand (40 ton­neaux) et la chaloupe La Marie (36 tonneaux) de l’armement de Jean Dignac Mouret depuis 1775-1777, sa mention dans le Rôle d’armement au cabotage pour la période 1780 à 1789 ne laisse aucun doute sur le destin tragique de Jean Dignac en 1781. En effet, elle ne figure pas au titre de l’année 1781 alors qu’elle est reprise pour l’année 1780 sous le numéro 27 : « La barque La Vertu du port de 36 tonneaux, tirant d’eau chargée 6 pieds et non chargée 4 pieds, appartenant à Jean Dignac et consorts, armée à La Teste de Buch le 9 octobre 1780 sous le commandement de Jean Dignac dit Mouret pour aller à Rochefort. Jean Di­gnac dit Mouret, de La Teste, 44 ans, 2 matelots, un novice et un mousse ». Mieux, on sait par un autre registre que La Vertu, construite à Redon en 1776, a été prise par les Anglais, avec son équipage, le 12 mars 1781 au travers de Penmarch32.

La disparition tragique de Jean Dignac Mouret en 1781 rend plus compréhensible l’indication, en 1813, « qu’il est décédé depuis très longtemps sans pouvoir préciser ni l’époque, ni le lieu du décès ».

La vie de Jean Dignac Mouret, sans être aussi glorieuse qu’a pu l’imaginer Alain d’Anglade, fut en réalité une vie courageuse de maître au cabotage. « Garçon, de taille moyenne, châtain »33, il fut reçu d’abord maître au petit cabotage le 26 juillet 1760, ensuite (quelques mois après son mariage) maître au grand cabotage le 30 juin 1766. Pour ce dernier passage, il avait « été examiné (…) par deux anciens capitaines de navires de ce département nommés Louis Laclotte et Antoine Jusselain ».

Le Registre pour servir à l’enregistrement des officiers, mariniers et matelots du quartier de La Teste de Buch, pour la période 1764 à 1775, nous apprend qu’avant sa dernière réception, il a accompli « trois campagnes pour le Roy, la dernière en 1762 ». Ce que confirment les Registres de l’Amirauté : envoyé dès l’âge de 21 ans en qualité de simple matelot sur le Dauphin Royal commandé par Monsieur Dartubie, capitaine de vaisseau, il y reste neuf mois et quinze jours pendant les années 1757-1758. Puis il embarque sur le vaisseau Le Soleil Royal, commandé par le chevalier de Conflans, chef d’escadre, pendant cinq mois treize jours de l’année 1759 et sur le Saint-Michel, commandé par Monsieur de Lézardais, pendant treize mois, des années 1761 et 1762. Entre deux campagnes, il avait continué à naviguer sur des barques testerines à destination de « Redon, Marans, etc.. pendant 48 mois 6 jours des années 1751-52-53-54-55-58-59 et 60 et en qualité de maître au petit cabotage sur les chaloupes et chasse-marées nommés La Providence, Les trois amis et La Marie à destination de Bayonne, Redon, Quimper et Auray pendant 27 mois des années 1760-61-63-64-65 et 1766 »34.

Le 19 octobre 1766, il était procédé au partage entre les trois frères Dignac : Pierre dit Mouret, Jean dit Mouret et Nicolas ; l’aîné Jean, comme le benjamin prénommé Jean lui aussi, étaient donc décédés35.

De son mariage avec Marie Baleste-Baillon, décédée à l’âge de quatre-vingt-trois ans le 19 novembre 1819, Jean Dignac Mouret n’eut donc que deux fils qui lui survécurent : Pierre-Edmond et François-Xavier. Ce dernier n’eut pas de postérité. Le registre matricule des officiers, mariniers et matelots, pour la période de l’an XII à 1816, nous éclaire à ce sujet : « François Dignac, dit Amoureux, né à La Teste le 2 décembre 1778, taille moyenne, cheveux châtains, fils de feu Jean, capitaine, et de Marie Baleste-Baillon, de­meure à La Teste. Prisonnier en Angleterre en l’an XII pris sur la frégate La Franchise. Son frère a reçu une lettre dans laquelle il est dit que François Dignac, dit Amoureux, est mort à Stapleton, le 3 avril 1807 »36.

Pierre-Edmond Dignac, quant à lui, secrétaire de l’administration (municipale) en l’an IV, épousa le 12 mai 1813 à La Teste-de-Buch Anne-Élisabeth Daisson, fille de Pier­re-Auguste Daisson et de Marie Bestaven : il est alors gref­fier de la justice de paix. Sa descendance a fait l’objet de nombreux articles dans le bulletin de la Société.

c) les enfants de Nicolas Dignac

Né le 8 août 1742 à La Teste, le charpentier Nicolas Dignac (dispensé du chaffre Mouret) se maria en 1765 / 1766 avec Marie Maignet (le contrat de mariage fut passé le 21 septembre 1765).

De cette union, naquirent quatre enfants :

– Marie, née le 25 juillet 1769 et décédée le 6 septembre 1779,

– Marie, née le 29 mai 1771 et décédée le 9 juillet 1771,

– Jean, né le 13 septembre 1773,

– et Jeanne, née le 25 novembre 1776 et décédée le 16 juin 1780.

Marie Maignet est décédée le 22 octobre 1785 à La Teste.

(à suivre)

Michel BOYÉ

 

Avec le concours du Cercle généalogique du Pays de Buch et du Bassin d’Arcachon et les contributions de MM. Robert Aufan et Pierre Labat.

 

NOTES

 

1. Actuellement conservés au Service Historique de la Marine à Rochefort.

2. A.D. Gironde, série B.

3. Voir Bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon (B.S.H.A.A.) n° 66, p. 22 à 34.

4. Alain d’Anglade, Notes sur le corsaire Jean Dignac de La Teste-de-Buch au XVIIIe siècle, Bordeaux, 1968 et Étude généalogique sur la famille Dignac.

5. A.M. La Teste-de-Buch, registres paroissiaux.

6. A. d’Anglade, ouvrage cité, p. 1.

7. Les fiançailles avaient été célébrées le 28 octobre 1669 à La Teste.

8. Ce chaffre figure sur l’acte de baptême de son fils Jean, en date du 5 octobre 1685.

9. Chaffre porté sur l’acte de baptême de sa fille Jeanne, daté du 14 sep­tembre 1685.

10. Il est à noter que le 5 août 1669 furent célébrées à La Teste les fian­çailles de Jean de Moureau dit Rivet, charpentier, veuf de Jeanne de Seres (?) avec Jeanne Duprat, veuve de Jean de Bouyer ; peut-on en déduire que les beaux-parents de Jean Dignac, dit Bauden, étaient Jean Moureau et feue Jeanne de Seres ?

11. Veuf, Jean Dupon se remaria le 26 octobre 1728 à La Teste avec Marie Ménagey.

12. On trouve dans les registres testerins le décès d’un Louis Dumetge à la date du 30 juin 1687, à l’âge de 55 ans.

13. D’où Jean Moyzès né le 21 juin 1716 à La Teste.

14. De ce couple, on connaît cinq enfants : Marie Dulau, fiancée le 20 décembre 1733 et mariée le 19 janvier 1734 avec le marinier Guillaume Mauvin, de Carcans, fils de feu Guillaume Mauvin et de Peyronne Moureau ; Marie Dulau, fiancée le 24 juin et mariée le 11 juillet 1734 avec le marinier Jean Priou, fils de feu Michel Priou et de Marie Du­prat ; Vincent Dulau, marinier, fiancé le 14 août et marié le 30 août 1735 avec Marie Lapeyre, veuve de Pierre Pascuau ; Jeanne Dulau, née le 31 novembre 1715 à La Teste, fiancée le 16 septembre et mariée le 23 octo­bre 1736 avec Raymond Maleyran, de Lacanau, fils d’Arnaud Maleyran et Marie Vignau ; enfin, autre Jeanne Dulau, mariée le 20 mai 1742 avec Gérard Moyzès, fils de Jean Moyzès et de feue Marie Taffard.

15. Présents aux obsèques Jean (oncle ?) et Guilhem Dignac (père ?).

16. Notes dactylographiées communiquées par M. Denis Blanchard-Dignac.

17. En effet, le contrat de mariage de Jean Dignac, dit Mouret, précise qu’il avait pour témoins : son frère Jean Dignac, sa sœur Marie Dignac, sa belle-sœur Jeanne Moyzès, son oncle Jean Moureau, dit Ribet et sa tan­te Marie Moureau.

18. Jean Daisson avait épousé le 7 février 1696 à La Teste Jeanne Peyjehan. Veuf, il se remaria avec Anne Baleste. Ce que confirme le contrat de mariage du 14 mars 1723 qui donne Anne Baleste, « marâtre » de Jean­ne Daisson, par ailleurs assistée de : Marie, Jean et Marianne Daisson, ses frère et sœurs, de Pierre Taffard, son oncle, et de Catherine Taf­fard, sa cousine.

19. Cette profession est reprise à l’occasion de l’accord passé le 25 avril 1751, devant Me Eymericq, entre Bertrand Baleste-Marichon et « Jean Dignac dit Mouret, maître charpentier de haute futaie, héritier de sa mère Marie Moureau Ribet veuve ».

20. Acte détérioré sur lequel figure: «…décembre 1725, Jean Dignac fils de … et Jeanne Daisson ».

21. Fils de Jean Dubos et de Catherine Duprat.

22. Fils de Jean Larrègue et d’Élisabeth Rouillan.

23. Profession mentionnée sur la publication de mariage du 24 février 1793.

24. A.M. Arcachon, fonds Rebsomen.

25. Fille du négociant Jean Videau et de Catherine Bouzats, née le 1er sep­tembre 1771 à La Teste.

26. Née le 3 octobre 1777 à La Teste.

27. Sa veuve se remaria le 3 mars 1813 avec Pierre Pomade, notaire impérial à Audenge, né à Parentis le 18 septembre 1780, fils d’Étienne Po­made, négociant, et de Charlotte Fondeviolle.

28. Cette naissance en 1735 pose problème : aucun acte ne figure sur les registres paroissiaux de La Teste à la date en question. N’y aurait-il pas eu une erreur de transcription (du curé ou du scribe de l’Amirau­té) ? Jean Dignac Mouret ne serait-il pas né le 29 juillet 1738 (acte retrouvé), le couple Jean Dignac / Jeanne Daisson n’ayant que deux fils prénommés Jean et non trois ?

29. Vivaient, à la même époque à La Teste, deux couples Jean Dignac / Marie Baleste-Baillon, si bien que trois naissances sont difficiles à af­fecter : celles de Jean Dignac, né le 2 février 1780 et décédé le 10 juin 1781, de Jean Dignac né le 2 avril 1781 et décédé le 26 avril 1781, de Marie Dignac née le 29 mai 1781 et décédée le 23 août 1782.

31. A.D. Gironde, 4 L.

31. Registre (…) des capitaines, maîtres ou patrons, bâtiments et gens de mer hors des classes de service du quartier de La Teste de Buch (1776 à 1787).

32. A.M. Arcachon, fonds Rebsomen, Vaisseaux et autres bâtiments, n° 37.

33. A.M. Arcachon, fonds Rebsomen, Registre pour servir à l’enregistrement des officiers, mariniers et matelots du quartier de La Teste, 1750 à 1761, n° 122.

34. A.D. Gironde, 6 B 29 (Fo 168).

35. Preuve supplémentaire du sérieux avec lequel étaient tenus les Registres de la Marine, entre 1750 et 1761, Jean dit Mouret est dit « 3ème fils de Jean Dignac et de Jeanne Daisson » alors qu’entre 1764 et 1775 il est présenté comme le « 2ème fils ». Jean Dignac aîné, en 1725, est donc décédé entre 1761 et 1764.

36. A.M. Arcachon, fonds Rebsomen.

Extrait du Bulletin n° 96 du 2e trimestre 1998 de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch.

La suite de cet article est à lire dans les bulletins 97 et 98 toujours disponibles à la vente.

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