Gabelous en pays de Buch (3.1 & 3.2)

MICHEL BOYÉ

GABELOUS EN PAYS DE BUCH

(1790-1914)

BASSIN ET OCÉAN SOUS SURVEILLANCE

 

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TROISIÈME PARTIE

À LA DÉCOUVERTE DES HOMMES

 

CHAPITRE PREMIER

LES INSPECTEURS (OU SOUS-INSPECTEURS)

DE LA TESTE-DE-BUCH (170)

 

Sur la période étudiée et même au-delà, au cours du XXè siècle, la division des douanes françaises en deux services distincts – le service des brigades et le service des bureaux – s’efface au niveau du corps d’inspection qui se situe “ immédiatement au dessous des directeurs ” et “ constitue la pépinière de la haute administration ” (171). En effet, il incombait aux inspecteurs ou aux sous-inspecteurs, hommes de terrain qui avaient débuté dans l’administration soit comme surnuméraires (dans les bureaux), soit comme demi-soldiers (dans les brigades), de contrôler aussi fréquemment que possible, au cours de leurs tournées, l’activité de chaque poste et de chaque recette de leur circonscription territoriale.

Tous les titulaires de l’inspection de La Teste (ou, pour certaines périodes, de la sous-inspection) n’ont pu être identifiés avec certitude. A noter même qu’un document manuscrit, conservé au Musée des Douanes, rattache les bureaux de La Teste et de Certes ainsi que le contrôle des brigades de Certes à un sous-inspecteur du nom de Desrives en poste à Cubzac ! Il s’agit manifestement d’une erreur.

 

I – LES TITULAIRES DE L’INSPECTION

A partir de 1812, les données sont plus complètes et plus fiables. C’est ainsi que l’on trouve :

M. de Montcheuil, sous-inspecteur nommé en 1812 et muté disciplinairement à Brest, on l’a vu, en juin 1815,

Jean-François Besnard (sous-inspecteur en 1823),

M. Petit-Labat (inspecteur en 1833).

Apparaissent ensuite :

François Louis Antoine de Sicart d’Alougny, né le 12 avril 1778 à Villefranche (Pyrénées-Orientales). Après avoir servi de 1798 à 1805 dans l’artillerie puis les chasseurs à cheval, Sicart d’Alougny était entré dans les brigades des douanes et était passé dans les bureaux le 4 mai 1820 en tant que receveur principal à Saint-Jean Pied de Port ; il termina sa carrière comme inspecteur à La Teste où il séjourna du 1er avril 1834 au 1er juillet 1845 ;

Joseph Victor David, né le 11 octobre 1802 à Remiremont (Vosges). Joseph David avait débuté comme commis aux expéditions à Pontarlier le 1er novembre 1823 et fit preuve d’un « zèle éclairé, de dévouement, de sollicitude, d’activité », tout en ayant l’instruction désirable et une conduite honorable » ; il n’en fallait pas plus pour qu’il accédât au grade d’inspecteur à La Teste le 1er juillet 1845 avant d’être muté à Prades le 1er décembre 1847 ;

Edmond Adolphe Bonard, né le 28 juillet 1802 à Dunkerque, surnuméraire le 16 août 1820, auquel son « zèle et sa bonne volonté » permirent en 1847 de passer de la sous-inspection de Pauillac à l’inspection de La Teste qu’il quitta pour Morteau le 1er octobre 1849 ;

Jean-Jacques Lafontan, né le 22 septembre 1801 à Bagnères de Luchon. Recruté comme matelot en juin 1820 sur la patache de Lecou (direction de Bayonne), Lafontan sut gravir avec ténacité les échelons de la hiérarchie douanière et se vit récompensé par une affectation à La Teste en tant que « sous-inspecteur faisant fonctions d’inspecteur » ; le 16 septembre 1852, il était promu inspecteur sur place et s’imaginait attendant la retraite sur les bords du Bassin d’Arcachon. Hélas pour lui ! Ses démêlés avec l’abbé Mouls, curé de Notre-Dame d’Arcachon, et avec Lamarque de Plaisance, pour quelques temps encore maire de La Teste, allaient le contraindre à demander sa mutation, qu’il obtint pour Ustaritz le 1er novembre 1855 (172) ;

Jules Pontallié, né le 14 juillet 1807 à Rennes. Entré dans les douanes comme surnuméraire à Lorient le 23 décembre 1826, Pontallié se vit qualifié de « verbeux et d’écrivassier » par l’un de ses supérieurs, ce qui ne l’empêcha nullement de faire carrière et d’être appelé à prendre la succession de Jean-Jacques Lafontan. Jean Paloc, dans ses Mémoires (173), trace de Jules Pontallié un portrait au vitriol ; il est vrai que le mémorialiste avait eu à souffrir du comportement de l’inspecteur de La Teste. Mais il ne fut pas le seul. Le capitaine de Cazaux, Honoré Faurou, devait garder un cuisant souvenir du séjour testerin de Jules Pontallié que les pensionnaires de la caserne de La Sally virent, sans le moindre regret (174), partir pour Boulogne, le 1er mars 1866 ;

Charles Auguste Ducatel, né le 29 novembre 1824 à Paris, où il débuta d’ailleurs comme surnuméraire le 18 juillet 1845. Passé dans le service des brigades en qualité de lieutenant le 1er juillet 1853, le capitaine Ducatel fut promu sous-inspecteur le 1er mai 1860 ; c’est à ce grade qu’il dut d’être muté à La Teste le 1er avril 1866. Il y attendit patiemment l’heure de la retraite, qu’il manqua ne jamais atteindre en passant par-dessus bord de la nacelle du poste du Moueng le 9 mai 1876 ; avec le souvenir d’un bain forcé, il se retira à Paris le 1er juin 1877 ;

Alfred d’Allaret-Solier, né le 7 juin 1835 au village Les Vieux Habitants (Guadeloupe). Admis comme surnuméraire le 1er juillet 1854 à Toulon, titularisé visiteur à Calvi le 1er janvier 1856, d’Allaret-Solier partit gagner ses galons de sous-inspecteur à Oran le 1er juillet 1876. Un an plus tard, il était appelé à La Teste ; promu inspecteur, il rejoignit Pontarlier le 1er mars 1886 ;

Jules Isidore Théophile Masseron, né le 10 janvier 1849 à Nantes, où il eut le privilège d’accomplir les dix premières années de sa carrière (1857-1877) et qu’il quitta pour Le Havre le 1er janvier 1878 avec le grade de vérificateur. Arrivé à La Teste comme sous-inspecteur divisionnaire le 1er avril 1886, il n’eut de cesse de quitter cette résidence. Il fut l’artisan du transfert du bureau des douanes de La Teste dans la cité rivale d’Arcachon, si bien que les Testerins apprirent sans déplaisir son départ pour Châtillon de Michaille le 1er février 1887 (175) ;

Léopold Henri Lhôtellerie, né le 16 juillet 1847 à Abbeville. Lhotellerie avait servi dans les brigades du 1er avril 1866, date à laquelle il avait été engagé comme matelot à Bordeaux, au 31 décembre 1884 (il était alors capitaine à Saint-Servan). Promu sous-inspecteur divisionnaire à Martigues, la résidence de La Teste lui fut proposée à la suite de la promotion « précipitée » de Jules Masseron ; Léopold Lhôtellerie semble avoir pris son temps puisqu’il débarqua sur les bords du Bassin le 1er août 1887. Il se retrouva rapidement dans le même état d’esprit que son prédécesseur et obtint que l’inspecteur de La Teste résidât à Bordeaux à compter du 1er avril 1889. Il quitta la sous-inspection testerine pour Briançon, où il était nommé comme inspecteur divisionnaire, le 1er septembre 1895 ;

Jean-Charles Balot, né le 3 janvier 1853 à Florange (Moselle). D’abord surnuméraire à Belfort (1er juillet 1875) avant d’entamer le cursus habituel des agents des bureaux (commis, contrôleur, vérificateur), Balot fut promu sous-inspecteur à Cerbère le 1er septembre 1893 puis sous-inspecteur divisionnaire à La Teste, « avec résidence à Bordeaux », le 1er janvier 1900. Le séjour girondin de Jean-Charles Balot fut pour le moins rapide, puisqu’un poste d’inspecteur l’attendait à Perpignan le 1er novembre 1900 ;

Jules, Antoine, Léon, Fossat, né le 22 juin 1863 à Bayonne, ancré dans la direction de Bordeaux – plus précisément à l’Hôtel des Douanes – de son surnumérariat (15 juin 1883) à sa promotion comme sous-chef de bureau à la Direction Générale des Douanes le 1er mai 1907. Entre-temps, il fut nommé premier commis faisant fonction de sous-inspecteur divisionnaire à La Teste le 1er novembre 1900, sous-inspecteur divisionnaire à La Teste le 1er novembre 1902 pour un mois seulement. Jules Fossat devait terminer sa brillante carrière comme directeur à Bayonne (1916-1927) ;

Noël Jay, né le 17 juin 1863 à Saint-Michel (Savoie). Il avait été recruté comme préposé demi-solde à Larche le 1er novembre 1881 avant d’être admis au surnumérariat à Modane le 1er avril 1882 ; après vingt ans de services, Jay était muté de Cerbère à Bordeaux (La Teste) comme vérificateur faisant fonctions de sous-inspecteur divisionnaire le 1er novembre 1902. Promu sous-inspecteur mais maintenu sur place, le 1er février 1904, Noël Jay abandonnait la sous-inspection testerine ;

Henry Macaire Muller, né le 2 janvier 1859 à Waldwistroff (Meurthe et Moselle). Muller avait servi vingt-cinq ans dans les brigades puisqu’il avait débuté comme préposé le 1er avril 1879 à Lesmenils (direction de Nancy) et se trouvait muté à Bordeaux (La Teste) le 1er février 1904 comme capitaine faisant les fonctions de sous-inspecteur divisionnaire. Les rares qualités d’Henry Muller lui valurent d’être promu sur place sous-inspecteur divisionnaire le 1er mars 1905, puis inspecteur divisionnaire le 1er juillet 1908. Il fut muté comme inspecteur principal à Orchies le 1er juin 1912.

 

II – LES MÉSAVENTURES DE TROIS INSPECTEURS

Le 15 avril 1854, un décret impérial avait érigé en succursale la chapelle d’Arcachon dont l’abbé Mouls fut nommé desservant. En août 1854, l’archevêque de Bordeaux Mgr Ferdinand Donnet vint en visite à La Teste et à Arcachon où il fut accueilli par un détachement de douaniers en armes, venus de tous les postes de l’inspection de La Teste. Une procession nautique fut organisée en l’honneur de la Vierge, dont la statue prit place sur la tillole de la Douane. La cérémonie religieuse terminée, malgré l’assurance donnée par l’abbé Mouls d’un “ repas militaire ”, les gabelous durent rentrer le ventre vide. L’inspecteur Lafontan en fut ulcéré.

 

a) Pas de tillole pour Notre-Dame d’Arcachon ?

L’année suivante, le 7 août, l’abbé Mouls reprit contact avec Lafontan pour étudier une nouvelle contribution douanière à la fête religieuse qu’il entendait célébrer le 12. Il se présenta au Moueng, accompagné par Alphonse Lamarque de Plaisance, alors maire de La Teste et futur maire d’Arcachon. Sans ménagement, après avoir rappelé comment ses hommes avaient été traités l’année précédente, Lafontan refusa de mettre à la disposition de ses interlocuteurs une embarcation et des marins pour porter la Vierge lors de la procession nautique.

Par contre, par courrier du 10 août, l’inspecteur se faisait un plaisir d’annoncer au curé Mouls que les douaniers se trouveraient sous les armes à l‘arrivée de l’Archevêque à la chapelle Saint-Ferdinand et qu’une embarcation serait disponible pour transporter le préfet, M. de Mentque, et le commissaire général. Lamarque de Plaisance n’apprécia pas. Il circonvint le préfet qui, dès son arrivée au presbytère de Notre-Dame, le 12, prévint Lafontan que les autorités locales avaient pourvu à son transport sur le Bassin.

L’inspecteur, qui n’en était pas à son premier affrontement avec le maire de La Teste et qui avait jugé opportun de faire un rapport à son directeur Léon Amé sur ses difficultés arcachonnaises, comprit qu’il était préférable pour lui de changer d’air ; d’autant plus que M. Amé lui faisait remarquer qu’“ il y a certaines choses dont on ne doit point parler aux parties intéressées ” et qu’il n’aurait jamais dû reprocher à l’abbé Mouls “ de n’avoir pas fait servir aux préposés un repas assez abondant ” !

Le 13 août, Lafontan demandait sa mutation à l’inspection d’Ustaritz, regrettant de ne pouvoir “ rester plus longtemps dans une localité où ses intentions sont si faussement interprétées ”. Appuyé par Léon Amé, qui n’oubliait pas ses origines bayonnaises, mais aussi par un administrateur, Pierre Barbier sous les ordres duquel il avait servi naguère, Jean-Jacques Lafontan obtint sans difficultés de quitter les bords du Bassin pour ses Pyrénées natales. (176)

 

b) un cavalier audacieux –

Son successeur Jules Pontallié, plus respectueux des convenances, noua d’excellentes relations avec les notables testerins ; il devait marier son fils, en 1868, avec l’une des filles du docteur Jean Hameau. Par contre, il n’assimila jamais les contraintes géographiques du Pays de Buch. Inspectant ses services à cheval, il manqua plus d’une fois de se noyer, si l’on en croit Jean Paloc.

“ … Un jour, écrit notre mémorialiste, [M. Pontallié] s’engagea imprudemment, quoiqu’averti du danger auquel il s’exposait, sur l’étroite plage du Sabloney, dans le Bassin d’Arcachon, et faillit être submergé par la marée montante. Il ne put se tirer de ce mauvais pas qu’en gravissant à quatre pattes une haute dune à pic.

“ Une autre fois, il voulut traverser à gué la petite rivière la Leyre, qui avait débordé ; un berger chercha à l’en dissuader, mais il ne l’écouta pas et lança son cheval dans l’eau, dont le courant était très rapide. La bête tomba dans un trou profond et fit un violent effort pour se relever. L’inspecteur heurta brusquement de l’aine le pommeau de la selle et contracta du coup deux hernies inguinales. Il se serait d’ailleurs bel et bien noyé si le berger, qui était resté sur la berge, perché sur ses hautes échasses, n’était entré dans l’eau et ne lui avait tendu un long bâton, au moyen duquel il put ramener à terre cheval et cavalier… ” (177).

 

c) un bain forcé –

Pareille mésaventure, dans un contexte cependant différent, arriva au Moueng, quelques années plus tard, à Charles Ducatel – l’inspecteur anti-ostréiculteur -, peu de jours avant de prendre sa retraite. Le 5 mai 1876, il faisait “ ses adieux à la gare de La Teste ” à son directeur Alfred Pinchon, mais il oubliait de lui “ demander les commissions particulières qu’il (pourrait) avoir à faire à Paris et dont (il se) chargerait très volontiers ”. Pour réparer cet oubli, le 12 mai 1876, il lui écrivait et en profitait pour lui raconter un accident que “ Dieu soit loué ! ” il pouvait encore raconter lui-même… en peu de mots.

“ Il y a quatre jours, rentrant de tournée dans une de nos nacelles, j’ai voulu profiter de l’instant où l’équipage changeait d’amure pour me lever de mon siège. La brise était violente, la mer houleuse ; à peine étais-je debout qu’une lame, prenant l’embarcation en travers, me précipitait par-dessus bord, en moins de temps que je n’en mets à l’écrire et sans qu’il y ait eu de la faute de personne. Par bonheur, le patron Constant qui se trouvait à mon côté eut le temps et surtout la présence d’esprit de me saisir par un pied et de prescrire aux matelots Allard et Robert les manoeuvres nécessaires pour me retirer de la mer sans faire chavirer l’embarcation. Toujours est-il que je suis resté environ deux minutes la tête et le corps plongés dans la mer, avalant passablement d’eau sans néanmoins perdre connaissance et j’ai pu seconder activement les braves qui opéraient mon sauvetage.

“ Fort heureusement encore pour votre serviteur, une réaction de chaleur s’est de suite opérée dès ma sortie de l’eau et bien qu’il m’ait fallu près d’une heure avant de retirer chez moi mes habits mouillés, je n’ai, jusqu’à présent, ressenti de ce bain forcé qu’une grande lassitude et quelques recrudescences de rhumatismes.

“ Voilà, mon Directeur, l’exposé d’un incident que je considère comme personnel et inhérent au métier et dès lors me paraissant point de nature à être porté officiellement à votre connaissance, bien qu’il ait été rapporté sur le registre de travail de la brigade du Moueng ” (178).

Ainsi, à vingt années d’écart, la tillole des douanes du Moueng avait-elle frustré un inspecteur d’une fin de carrière sur les bords du Bassin d’Arcachon et avait-elle failli priver un de ses successeurs d’une retraite bien méritée.

 

CHAPITRE II

LES RECEVEURS DES DOUANES

DU PAYS DE BUCH

 

I. LE BUREAU DES DOUANES DE LA TESTE

Rappel :

Issu du bureau des traites de la Ferme Générale, installé non sans difficultés en 1639 (179), le bureau des douanes de La Teste fut une recette principale sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire ; déclassé à la fin des années 1860, il fut transféré à Arcachon le 1er janvier 1887 (180).

Sauf exception – c’est-à-dire la reconversion d’employés des brigades en employés des bureaux, les receveurs et les commis qui exercèrent leurs fonctions à La Teste-de-Buch ont débuté leur carrière par le surnumérariat (181), progressant ensuite dans la hiérarchie et, pour certains d’entre eux, gravissant même tous les échelons jusqu’à accéder au grade de directeur !

La plupart des receveurs de La Teste-de-Buch nous sont connus :

Jacques Etienne Jean Havet, ancien receveur des fermes et entreposeur du tabac, né à Rouen le 25 novembre 1745 ; maintenu à son poste en 1791 lors de la mise en place de la Régie des Douanes Nationales, Havet avait été muté en 180. comme receveur principal à Marennes, puis admis à la retraite en 1809 (182);

Etienne Bourdey, connu grâce à l’état civil testerin puisqu’il est repris comme “ témoin ”, à plusieurs reprises, lors d’événements familiaux touchant ses subordonnés ;

Antoine César Lafon, identifié dans les mêmes conditions que son prédécesseur, décédé en activité, à La Teste le 29 mai 1840, à l’âge de 53 ans ;

Jacques Tricard, né le 1er juillet 1795 à Montargis (Loiret). Entré dans les brigades des douanes en 1815 (service actif), Tricard fut versé ensuite dans les bureaux ; ce changement d’orientation lui permit d’obtenir la recette principale de La Teste où il fut retraité en 1866, date à laquelle il se retira à Mestras (183) ;

André Eugène Gaëtan Wargnier, né le 30 novembre 1832 à Clermont (Oise). Wargnier, qui avait débuté comme surnuméraire à Paris le 1er juin 1855, avait été titularisé commis à Granville le 1er janvier 1857. Il passa à Blaye et Pauillac avant d’être nommé receveur à La Teste le 1er mars 1866 ; il fut promu vérificateur à Marennes le 1er novembre 1869 ;

Henry Charles Benjamin Le Roux, né le 28 février 1833 à Mont-L’Evêque (Calvados). Admis au surnumérariat au Havre le 1er novembre 1852, titularisé receveur au Fret (direction de Brest) le 1er janvier 1854, Le Roux fut déplacé dans la direction de Bordeaux avec sa mutation au grade de vérificateur à Libourne le 1er octobre 1866 ; arrivé à La Teste le 1er novembre 1869, il y décédait prématurément le 15 novembre au soir ;

Louis Joseph Lafon (voir infra) avait quitté la recette de Certes le 1er août 1865 pour la fabrique de soude de Caudéran où, de commis, il passa commis principal le 1er juillet 1869 ; affecté à La Teste le 1er décembre 1869, il y attendit patiemment la retraite qui sonna pour lui le 1er octobre 1882 ;

Louis Théophile Lalanne, né le 26 janvier 1827 à Bordeaux fit toute sa carrière dans les bureaux : surnuméraire à Bordeaux le 1er février 1852, receveur à Gavarnie le 1er août 1853, commis de 2ème classe à Blaye, Libourne et Bordeaux (1853-1855), promu commis de 1ère classe à Dunkerque le 1er novembre 1856, réaffecté à Bordeaux le 1er février 1860, vérificateur à Libourne le 1er septembre 1864, commis principal à Bordeaux le 1er février 1865, receveur à Pauillac le 1er juin 1881 ; il termina son périple par une mutation le 1er octobre 1882 à La Teste où il fut retraité le 1er novembre 1883 ;

Michel Léon Amade, né le 2 mars 1828 à Montaut (Gers). Cet ancien des brigades, dans lesquelles il avait débuté comme préposé à Mortagne le 1er novembre 1854, ne quitta jamais la direction de Bordeaux, : il gagna ses galons de sous-brigadier le 1er avril 1857 à Mortagne, où il revint après un séjour à Blaye, et ceux de brigadier à Lafosse le 1er octobre 1862 ; versé dans le service sédentaire en tant que commis à Blaye le 1er novembre 1872, promu receveur particulier à Mortagne le 1er avril 1874, il était passé par Royan (1er avril 1874) avant d’arriver à La Teste le 1er décembre 1883. Il ne semble pas avoir apprécié cette résidence et mit à profit la possibilité de permutation pour être affecté à Pauillac le 1er juin 1884 ;

Bernard Richard Nadaud, né le 18 septembre 1855 à Blaye. Surnuméraire à Bordeaux le 1er janvier 1896 mais licencié « pour mauvaise santé » le 1er juillet, il avait été réadmis au surnumérariat le 1er novembre 1896 et titularisé à Charente le 1er mai 1877. Alors qu’il avait été affecté dans sa ville natale le 1er août 1877, il dut rejoindre à nouveau Charente le 1er juin 1883 à l’occasion de sa promotion au grade de commis principal, ce qui, semble-t-il, ne lui convint guère puisqu’il se fit aussitôt recommander pour l’emploi de receveur à La Teste. Interrogé par la direction générale à ce sujet, le directeur de Bordeaux convint en effet que M. Lalanne avait été proposé pour la retraite mais, ajoutait-il, « la recette de La Teste où les opérations sont peu nombreuses et peu compliquées a été réservée jusqu’ici à d’anciens agents qui, fatigués par de longs services, ne pouvaient exercer avec fruit des fonctions plus actives ». Bernard Nadaud dut donc attendre son tour ; le 1er mars 1884, il était nommé receveur à Pauillac, et trois mois plus tard obtenait La Teste dont il allait être le dernier receveur, puisque la translation du bureau de La Teste à Arcachon intervint le 1er janvier 1887.

Tant que le bureau de La Teste fut classé « recette principale », le receveur était épaulé par un commis. Parmi ceux qui occupèrent cette fonction d’adjoint, ont été répertoriés les titulaires des années 1844 à 1866 :

Charles Louis Vandal, né le 25 août 1822 à Boulogne sur Mer. Surnuméraire à Bordeaux puis à Paris (du mois de novembre 1841 au 30 juin 1843), titularisé visiteur à Carentan le 1er juillet 1843, promu commis à Bordeaux le 1er août 1843, il fut affecté le 1er juin 1844 à La Teste, qu’il quitta pour Blancmisseron le 1er juillet 1846 ;

Rigobert Félix Leblanc (voir infra) ; cet ancien receveur à Gujan, immédiatement déplacé disciplinairement à Bordeaux le 1er juin 1844, obtint donc deux ans plus tard, le 1er juillet 1846, un poste à La Teste, mais le 6 février 1849, alors qu’il était sur le point de retrouver ses fonctions à Gujan, il était victime d’un accident mortel sur la chaussée d’Eyrac;

Jean Jules Deneux, né le 31 mars 1824 à Saint-Martin de Ré. Préposé demi-solde le 1er octobre 1842 puis préposé le 1er avril 1844 dans la direction de La Rochelle, Jules Deneux fut admis au surnumérariat à Libourne le 2 décembre 1846, puis à Bordeaux le 1er février 1847 avant d’être titularisé commis à La Teste le 1er mars 1849 ; il fut ensuite affecté à Bordeaux le 1er février 1852 (il devait gravir quelques échelons de la hiérarchie douanière et terminer receveur à Royan où il prit sa retraite le 1er janvier 1878) ;

Louis Augustin Edmond Bourdaud, né le 21 avril 1829 à La Teste, héritier d’une des grandes familles testerines, les Taffard (son père Jacques Frédéric Bourdaud, lieutenant des douanes avait en effet épousé le 11 décembre 1825 Marie-Julie Taffard) ; surnuméraire à Bordeaux le 1er août 1849, pressenti pour être titularisé visiteur à Certes le 1er février 1852 mais la décision avait été rapportée, Bourdaud avait été muté comme commis à La Teste. Il resta peu de temps dans sa ville natale et rejoignit Bordeaux le 1er décembre 1852 ; sa carrière ultérieure devait se ressentir de sa santé fragile et une longue maladie qui l’atteignit en 1871 lui laissa « une infirmité qui le priv(a) à peu près complètement de l’usage d’une jambe et l’oblige(a) à marcher avec une béquille » ;

Pierre Marie Emile Châteauneuf avait effectué ses débuts douaniers d’abord à Cette, ensuite à Certes (voir infra) ; il fut donc muté à La Teste le 1er décembre 1852, avant d’être appelé à Bordeaux le 1er mars 1853 (il fut ensuite receveur subordonné à Lafosse à compter du 1er avril 1854) ;

Elie Joseph Louis Arthur Trigant de Beaumont, né le 4 mars 1832 à Bonzac (Gironde) ; surnuméraire à Bordeaux depuis le 1er septembre 1851, Trigant de Beaumont vint chercher sa titularisation à La Teste avant de poursuivre sa carrière à Bordeaux dès le 1er février 1854 … puis de démissionner le 21 juin 1857 ;

Dominique Alexandre de Tastes, né le 5 novembre 1832 à Bordeaux, où il effectua son surnumérariat à partir du 1er novembre 1852 ; titularisé lui aussi à La Teste qu’il quitta au bout de deux mois pour Bordeaux (1er avril 1854), Alexandre de Tastes fut muté à Paris le 1er novembre 1855, en route pour une brillante carrière qu’il acheva au grade de directeur d’abord à Dunkerque (1884), puis au Havre (1887) ;

Bernard Alexandre Deneits, né le 10 juin 1833 à Auch ; cet autre brillant sujet, surnuméraire à Nantes (1er juillet 1852), titularisé à Bordeaux (1er mars 1853), receveur à Gavarnie (1er septembre 1853), fut donc appelé à La Teste où il sembla se plaire plus que ses prédécesseurs immédiats puisqu’il y séjourna jusqu’au 1er novembre 1855 ; il poursuivit sa carrière à Bordeaux, Libourne, Nice, Paris et fut détaché au Mexique de1863 à 1867. Il termina directeur à Boulogne (1884), puis à Perpignan (1885) ;

Jean Félix Ribadieu, né le 17 avril 1832 au château de Bascous (Gers). Cet ancien élève de l’Ecole Militaire de Saint-Cyr ; surnuméraire le 31 août 1853, fut titularisé receveur à Locmariaquer le 1er avril 1855, et muté en tant que commis à La Teste … qu’il abandonna quatre mois plus tard, le 1er mars 1856, pour Bordeaux ;

Gustave Pontallié, né le 27 juin 1835 à Orléans. Surnuméraire à Nantes le 1er juillet 1854, titularisé visiteur à Saint-Gilles le 1er janvier 1856, il fut muté à La Teste … où son père, inspecteur, « sévissait » ; la situation dut paraître, à la longue, pour le moins “ extraordinaire ” à la hiérarchie bordelaise qui appela Gustave Pontallié à Bordeaux le 1er février 1858. Ce séjour de près de deux ans, suivi de fréquentes apparitions au domicile paternel – grâce au train (184) -, allait trouver sa consécration dans un mariage : quelques jours avant de rejoindre son poste de vérificateur à Wissembourg, Gustave Pontallié épousait, en septembre 1868, Hélène, la fille du défunt docteur Jean Hameau, naguère maire de La Teste-de-Buch ;

Pierre Gustave Muret de Bort, né le 16 janvier 1834 à Limoges ; surnuméraire à Paris le 1er août 1856, il fut titularisé à La Teste où la douane ne l’enthousiasma guère si bien qu’il démissionna … pour entrer au Ministère de l’Intérieur le 25 juin 1858 ;

Marie-Raymond Gustave Duroy, né le 7 avril 1836 à Bordeaux, où il effectua son surnumérariat à partir du 1er novembre 1856. Titularisé comme receveur à Vicq le 1er mai 1858, il fut appelé aussitôt après à La Teste qu’il quitta le 1er août 1859 pour Bordeaux ; lui aussi devait démissionner, le 30 octobre 1867 ;

Charles Joseph Bartro, né le 7 juillet 1837 à Laruns. Fils de douanier recruté comme matelot à demi-solde le 1er novembre 1854 à Cette, préposé à demi-solde puis matelot avant d’être admis au surnumérariat à Montpellier le 1er juin 1856 ; Bartro fut titularisé receveur à Gèdre (direction de Tarbes), avant d’être appelé le 1er août 1859 à La Teste. De santé fragile, « frappé d’épuisement par suite d’un catarrhe pulmonaire chronique », le nouveau commis testerin fit intervenir son père, dès juillet 1860, pour obtenir un poste dans la direction de Marseille ; en vain. Il mourut à La Teste le 19 décembre 1862 ;

– enfin, Guillaume Daisson, né le 29 mars 1839 à Gujan ; surnuméraire à Bordeaux le 1er septembre 1860, titularisé receveur à l’Abervach, Daisson fut muté à La Teste le 1er janvier 1863. Au départ du receveur principal Tricard, début 1866, il fut nommé commis de 2ème classe attaché au service des sucres à Sermaize, dans la Marne.

 

II. LE BUREAU DES DOUANES DE CERTES

Rappel :

Créé en 1806 lors de l’établissement de l’impôt sur le sel (loi de finances du 24 avril 1806), avec un effectif fixé initialement à un agent – le receveur (185), le bureau des douanes de Certes fut servi à partir de 1812 par deux agents (un receveur et un visiteur) ; il devait être supprimé le 1er avril 1889.

Si les deux premiers receveurs de Certes sont connus (186) – il s’agit des sieurs Tardy (1806-1811) et Déus (1812-1814), leurs successeurs immédiats n’ont pu être identifiés.

Par contre les agents qui furent titulaires de la recette de Certes pendant la seconde moitié du XIXème siècle figurent dans les archives de la direction de Bordeaux, actuellement conservées aux Archives Départementales de la Gironde. Ce furent :

André Sébastien Planche, né le 24 août 1793, décédé en activité à Certes (?) début 1852 ;

François Théophile Drouault, né le 21 mai 1804 à Bordeaux, qui avait débuté comme préposé à Lafosse le 15 avril 1826, gravi les échelons jusqu’au grade de lieutenant de 2ème classe, obtenu à La Ciotat le 1er juin 1839 pour démissionner quelques mois plus tard (4 septembre). Vraisemblablement pour raisons de santé. En effet, réintégré comme commis à Saint-Martin de Ré le 1er mars 1840, il est déclaré « atteint d’affections nerveuses qui paraissent lui occasionner de vives souffrances et le rendent sombre et peu communicatif », si bien qu’il fut licencié pour cause de maladie le 1er août 1850. De nouveau réadmis dans les douanes, il fut affecté le 1er avril 1852 à Certes qu’il quitta pour Bordeaux le 30 juin 1857 ;

Jean Casaux, né le 28 novembre 1821 à Etsaut (Basses-Pyrénées) ; après son surnumérariat à Bayonne (25 novembre 1842 – 30 juin 1844), Casaux fut muté dans la direction de Toulouse comme receveur à Siguer (Ariège) puis obtint le 1er août 1850 le grade de commis de première classe à Argelès tout en se faisant remarquer par “ son caractère ” (mauvais ?) ; passé dans la direction de Bordeaux un an plus tard, il devint receveur à Certes le 1er juillet 1857. Contracta-t-il quelque fièvre ? Il mourut le 10 octobre 1857 à l’hôpital militaire de Bordeaux ;

Jean-Jacques Louis Paul de Chasteigner, né le 6 mai 1827 à Bordeaux. Entré dans les douanes sur les instances de son vicomte de père, « chef d’escadron en retraite » et admis au surnumérariat en juin 1846 ; de Chasteigner, titularisé à Bordeaux le 1er janvier 1848, était commis de première classe lorsqu’il fut muté à Certes le 1er novembre 1857. Trois mois plus tard, il était promu vérificateur à Libourne, puis commis principal à Bordeaux le 1er août 1859. Il devait démissionner le 1er mars 1862 ;

Jean Paloc, dit Lucius, né le 20 février 1857 à Soulac ; recruté comme matelot le 1er mars 1855 avant d’accéder au surnumérariat à La Teste le 1er octobre 1856, Paloc obtint sa titularisation le 1er février 1858 comme receveur à Certes. Fils de douanier, il savait les vertus de la patience : il attendit le 10 avril 1860 pour « demander son changement dans une « grande Douane », Bordeaux en l’occurrence pour « travailler sérieusement à (son) instruction douanière ». Appuyé par le receveur principal de La Teste mais aussi par l’inspecteur Pontallié qui jugeait « qu’un jeune homme ne peut que perdre l’habitude du travail en restant à Certes », Jean Paloc fut promu commis à Bordeaux … le 1er avril 1862, ce qui lui ouvrit les portes d’une brillante carrière. Il accéda en effet à la tête des directions de Chambéry (1889) et de La Rochelle (1896) ;

Eugène Jean-Jacques Furey Lafontan, né le 16 janvier 1839 à Capbreton ; il avait commencé son cursus douanier comme préposé à Espelette le 1er février 1859 avant d’opter pour les bureaux et d’être admis comme surnuméraire à Bayonne le 1er mai 1860 ; appelé à prendre la succession de Jean Paloc à Certes, Eugène Lafontan fut muté à Bordeaux, comme commis le 1er janvier 1864 et démissionna le 7 mai 1867 ;

Louis-Joseph Lafon, né le 1er octobre 1820 à Capbreton – comme son prédécesseur – ; après avoir débuté comme préposé à Olhette (direction de Bayonne) le 1er octobre 1847, Lafon avait gagné ses galons de sous-officier et d’officier dans les directions de Bordeaux et de Napoléon-Vendée. Promu lieutenant de deuxième classe à Certes le 1er novembre 1862, Louis-Joseph Lafon avait été victime d’un accident le 25 août 1863 alors qu’il « vérifiait les factionnaires placés sur la ligne des marais salants » : il était tombé comme foudroyé sur la digue dite de Terre Blanche. Secouru par deux de ses agents, il avait été soigné par le docteur Certain Mesple d’Audenge, puis par le médecin des douanes M. Sémiac. Pour ces éminents praticiens, les accidents renouvelés du lieutenant « pouvaient résulter des fièvres intermittentes dont cet officier avait été atteint sur les marais salants (de Vendée et de Certes), des veillées et des courses pénibles exigées par son service ». Lafon dut donc quitter le service actif pour passer dans celui des bureaux ; c’est ainsi qu’il fut nommé sur place receveur le 1er janvier 1864. Il quitta Certes pour Bordeaux, après sa promotion au grade de commis, le 1er août 1865 ;

Pierre Lapierre, né le 1er mars 1812 à Meschers (Charente-Inférieure) ; engagé comme mousse sur la goélette le Charles, attachée au Verdon, le 1er septembre 1827, Lapierre avait poursuivi sa carrière dans les brigades maritimes des bords de la Gironde jusqu’au 30 avril 1854 – il était alors brigadier à Blaye. Versé alors dans les bureaux, il avait été nommé receveur à La Maréchale ; alors qu’il avait été pressenti pour le poste de Gujan le 1er août 1865, la décision avait été rapportée. Pierre Lapierre fut affecté à Certes où il prit sa retraite le 1er janvier 1876 ;

Martin Camontès, né le 24 mars 1826 à Audenge. Après avoir servi dans de multiples brigades de la direction de Bordeaux depuis ses débuts de matelot à Pauillac (1er juillet 1845) jusqu’à sa promotion au grade de brigadier – toujours à Pauillac, le 1er novembre 1865 ; Camontès était passé dans le service sédentaire ; il avait été nommé commis à Libourne le 1er août 1874 et accueillit avec satisfaction son retour au pays natal. Ce qui ne l’empêcha pas, le 3 avril 1877, de solliciter l’intercession du premier commis (chef des bureaux) de la direction de Bordeaux pour obtenir du directeur une augmentation de 300 francs, en faisant valoir ses sept ans de service militaire, ses vingt-cinq ans passés dans les douanes et ses « deux médailles de sauvetage de France et de Prusse » : il obtint satisfaction et, les origines audengeoises de son épouse confortant les siennes, ne voulut plus quitter Certes où sonna l’heure de sa retraite le 1er mars 1887 ;

André Ferrat, né le 16 septembre 1832 à Lafosse (Gironde). Recruté comme préposé au Huga le 1er août 1854, Ferrat gravit les premiers échelons du service actif en passant de poste en poste, obtenant le grade de sous-brigadier à Soulac le 1er octobre 1860, celui de brigadier à Lège le 1er avril 1867. Le 1er janvier 1878, versé dans les bureaux, il devenait receveur à Mortagne, puis le 1er septembre 1883 au Verdon, où vint le cueillir son affectation à Certes qu’il ferma le 30 mars 1889, avant de gagner Gujan dont il allait être aussi le dernier receveur.

De 1812 au 30 novembre 1852 (date de la suppression du poste), un visiteur épaula le receveur de Certes dont le déclassement en receveur particulier fut officialisé avec l’affectation de Jean Casaux le 1er juillet 1857. Le premier visiteur fut un nommé F. Garat ; ensuite ne sont connus que les visiteurs des dix dernières années :

Jean Benays (admis à la retraite le 1er novembre 1843) ;

Gabriel Alexandre Adolphe de Parabère, né le 8 octobre 1820 à Paimboeuf, affecté le 1er novembre 1843 à Certes, où il mourut le 25 mars 1845 ;

Louis Jules Arnaud de Sauvecanne, né le 26 mai 1816 à Lorgues (Var) ; il délaissa Certes pour Libourne le 1er juillet 1846 et devait refuser, le 12 juin 1849, d’y retourner, « le séjour des marais salants étant funeste à (sa) santé », renonçant ainsi à 200 francs d’augmentation ;

Pierre Léopold Chotard, né le 18 mai 1820 à Burie (Charente-Inférieure) ; malgré une tentative de suicide en juin 1847 et « les fièvres du pays dont il était atteint », Chotard ne consentit à quitter Certes qu’à la condition d’obtenir un poste avec une augmentation de 200 francs, ce qui lui fut accordé le 1er septembre 1849 avec la recette subordonnée de Lafosse ;

Jean-Baptiste Paul Ruel, né le 23 juin 1828 à Paris, qui fut titularisé, après son surnumérariat, le 1er septembre 1849 à Certes et passa commis à Libourne le 1er décembre de la même année ;

Pierre Melchior Marie Gustave Sentenac, né le 3 octobre 1826 à Saint-Girons (Ariège) ; surnuméraire depuis le 17 octobre 1846, il fut titularisé à Certes qu’il quitta pour un poste de commis à Pointe-à-Pitre le 1er janvier 1851 ;

Pierre Edmond Achille Cozic de Pénanguer, né le 18 juillet 1827 à Bordeaux ; après son surnumérariat à Bordeaux (1er août 1846) et sa titularisation comme receveur à La Colle St Michel (direction de Digne) le 1er février 1849, il fut affecté à Certes où il exerça pendant treize mois, avant d’être promu commis à Bordeaux le 1er février 1852 ;

Henry de Parabère, né le 6 octobre 1828 à Paimboeuf ; lui aussi surnuméraire à Blaye, depuis le 1er décembre 1849, il vint chercher sa titularisation à Certes le 1er février 1852, avant d’être muté comme receveur à Meschers le 1er juin 1852 ;

Charles Jolly, né le 17 octobre 1828 à Commercy (Meuse) ; surnuméraire à Rouen (1er mars 1850), puis à Metz (1er décembre 1850), il fut titularisé à Certes qu’il abandonna au bout d’un mois, le 1er juillet 1852 ;

– enfin, Pierre Marie Emile Châteauneuf, né le 30 juin 1828 à Cette ; surnuméraire à Montpellier (1er mai 1850), il exerça comme visiteur à Certes du 1er juillet au 30 novembre 1852, et fut affecté alors à La Teste comme commis.

 

III. LE BUREAU DES DOUANES DE GUJAN

Rappel :

Créé en 1838 pour contrôler l’entrepôt « de sel des marais d’Audenge, Certes et Lanton », le bureau des douanes de Gujan fut supprimé en 1904 (187).

Furent receveurs à Gujan :

Pierre Frédéric Jules Déus, né au Château d’Oléron le 1er juillet 1815, entré dans les douanes comme surnuméraire à Montmédy le 27 mars 1834, titularisé comme commis dans la direction de Metz le 1er septembre 1836 et appelé à inaugurer le bureau de Gujan le 1er juillet 1838. Pierre Déus fut ensuite muté le 1er juin 1839, à Bordeaux où il devait terminer sa carrière au grade de contrôleur principal le 1er février 1884, après avoir servi dans les directions de Vannes et de Saint-Brieuc ;

Rigobert Félix Leblanc, né à Signy-le Petit (Ardennes) le 7 avril 1789, recruté comme préposé à Staveren (direction de Groningue) le 20 juillet 1812. Ses débuts dans les brigades furent pour le moins cahotiques : il fut renvoyé « pour inconduite » le 10 octobre 1814 et réadmis le 1er janvier 1815. Il reprit sa carrière, se fit remarquer en 1830, alors qu’il était lieutenant (brigadier) à La Hourcade, en s’opposant avec trois de ses hommes « à huit individus armés de bâtons qui s’étaient portés en plein jour sur les marais de Charmail dans le but d’y enlever des sels de vive force ». Versé dans le service des bureaux et appelé à succéder à Pierre Déus, Rigobert Leblanc, fut accusé en 1844 d’avoir des intérêts dans des entreprises locales et, surtout, de vendre du bois à la Compagnie Industrielle et Agricole d’Arcachon. Pour aggraver son cas, il avait contracté des emprunts auprès des saleurs qu’il était chargé de contrôler.. Leblanc fut déplacé à Bordeaux le 1er juin 1844 (voir supra) ;

Jean-Baptiste Croiselle, né le 26 mai 1786 au Havre – lors de sa mise à la retraite, il prétendit être né le 19 novembre 1780. Entré dans les douanes comme préposé le 1er juin 1815, Croiselle fit toute sa carrière dans la direction de Bordeaux, accédant au grade de lieutenant (brigadier) à Soulac en 1822, puis à Blaye ; en 1832, « très sourd et ne convenant plus aux brigades », il fut versé dans les bureaux et muté en tant que visiteur au Verdon, puis à La Teste en février 1835. Afin de lui permettre d’alléger son lourd fardeau de dettes, la direction de Bordeaux accepta de lui confier la recette de Gujan le 1er juin 1844 en espérant qu’il pourrait ainsi améliorer sa situation matérielle et rembourser ses multiples créanciers, testerins notamment. Ce qu’il fit fort heureusement. Mieux, il se plut tant et si bien à Gujan que lorsque sonna pour lui l’heure de la retraite, en 1848, il ne voulut pas cesser son activité. Il fallut l’y contraindre ; il fut mis à la retraite, non sans difficultés, le 1er décembre 1848 (188).

Henry Louis François Léonard de Navailles, né à Dumes (Landes) le 9 avril 1824, surnuméraire à Lorient le 22 mai 1846 avant d’être titularisé commis le 1er septembre 1847, puis muté à Libourne le 1er février 1848 ; bachelier ès lettres, Henry de Navailles prit en charge le bureau de Gujan jusqu’à sa démission des douanes le 18 juillet 1851 ;

Adrien Tournier, né le 12 août 1824 à Vicdessos (Ariège), lui aussi entré dans les douanes par le surnumérariat effectué à Bayonne dès le 27 octobre 1847 et titularisé comme receveur à Gujan le 1er août 1851. Il alla chercher ses galons de commis à Bordeaux le 1er octobre 1852 ;

Pierre Aimé Petit, né le 24 février 1826 à Rouen où il débuta comme surnuméraire le 1er septembre 1850 et qu’il regagna comme commis le 1er décembre 1852 après un passage-éclair (deux mois) à Gujan ;

Léonard Auguste Martin, né le 19 février 1828 à Briquebosq (Manche), qui partagea son surnumérariat entamé le 1er février 1851 entre Calais et Paris et obtint sa titularisation à Gujan le 1er décembre 1852 ; il dut se plaire sur les bords du Bassin puisqu’il ne s’éloigna que le 31 décembre 1855 pour rejoindre La Cabanasse (Pyrénées-Orientales) ;

Ulysse Jean-Dorothée Blersy, né le 29 juin 1834 à Toulouse, qui aurait dû à Gujan mettre un terme à son surnumérariat commencé à Tarbes le 1er juin 1854, fut en réalité affecté à Lafosse ; promis à un brillant avenir, il mourut prématurément à Libourne le 21 février 1857 ;

Jean-Pierre Hours, né le 16 janvier 1817 à Ogenne (Basses-Pyrénées), qui n’avait jamais quitté le direction de Bordeaux depuis ses débuts comme préposé au Verdon le 16 février 1837 jusqu’à son versement dans les bureaux au poste de receveur à Gujan ; promu commis le 1er avril 1857, il partit pour Bordeaux et fut admis à la retraite le 1er novembre 1864 ;

Charles Marcel Alceste Avezac-Lavigne, né le 25 mai 1835 à Lorient, dont le surnumérariat effectué à Bordeaux du 1er janvier 1855 au 30 septembre 1856 lui avait fait apprécier la Gironde ; il passa à Gujan comme un météore (1er avril 1857 – 31 août 1857) avant de poursuivre fort honorablement sa carrière puisqu’il prit sa retraite à Bordeaux, au grade de sous-inspecteur, le 1er janvier 1900 ;

Jean-Clément Sémiac, né le 7 juillet 1836 à La Teste, qui était entré dans la carrière douanière comme matelot au Ferret le 1er août 1854 ; admis au surnumérariat, dans sa ville natale, le 1er mai 1855, Sémiac avait été titularisé comme receveur à Larmobaden (direction de Vannes). Affecté ensuite à Gujan, il obtint sa promotion au grade de commis le 1er avril 1862 et fut muté à Bordeaux. Démissionnaire le 31 mars 1863, suite « à une injustice criante de l’Administration » aux dires de Jean Paloc, Jean-Clément Sémiac reprit ses études et devait s’installer comme pharmacien à La Teste ;

Ernest Félix Pierre Pélissier, né le 21 octobre 1839 à Bordeaux, où il fit son surnumérariat dès le 1er juillet 1860 avant d’être titularisé à Gujan. Nommé commis à Bordeaux le 1er avril 1863, il devait lui aussi démissionner le 30 janvier 1875 ;

Jean Pomade, né le 9 août 1820 à Parentis-en-Born, qui s’était initié à la douane comme préposé dans la solitude de la Pointe Sud à partir du 7 décembre 1841, après avoir renoncé à la lustrine de clerc de notaire ; il effectua toute sa carrière dans la direction de Bordeaux, plus particulièrement dans l’inspection de La Teste : Biscarrosse, Certes, Les Genêts, Cazaux, Arès, La Teste jalonnent ses états de services. Alors qu’il était brigadier à Certes, le 1er avril 1857, il était muté, à sa demande, « sur un poste de ville », à La Bastide, bon tremplin pour passer le 1er août 1863 à Gujan. C’est là qu’il prit sa retraite le 1er septembre 1885 ;

Jean Bagoyhar, né le 5 février 1851 à Larrau (Basses-Pyrénées), dont les débuts s’effectuèrent dans les brigades, exclusivement dans la direction de Bordeaux puisqu’il passa de préposé (1er juin 1873) à brigadier (1er juin 1884) en exerçant son activité à Lafosse, Pauillac, Bordeaux, Richard, Lormont et le Moueng ; versé dans les bureaux avec sa promotion de receveur à Gujan, il quitta les saleurs de Mestras le 1er avril 1889, muté qu’il était à Bordeaux au grade de commis ;

André Ferrat – le dernier receveur de Certes -, qui ne devait rester à Gujan que treize mois puisqu’il fut muté à Blaye, commis, le 1er mai 1890, en attendant d’obtenir la recette d’Arcachon ;

Victor Lavedan, né le 11 décembre 1838 – l’année de la création du bureau de Gujan -, à Gez (Hautes-Pyrénées), qui avait accompli tous ses services dans les brigades de la direction de Bordeaux depuis son entrée en fonctions comme préposé à Lafosse (1er avril 1867) à sa mise à la retraite le 1er mai 1890, alors qu’il était brigadier à Bordeaux. Au départ d’André Ferrat, la recette de Gujan avait tellement décliné qu’elle avait été transformée en recette-buraliste, qui avait été confiée au retraité Victor Lavedan qui ne put empêcher la suppression de son emploi le 1er juillet 1904.

 

IV. LE BUREAU DES DOUANES D’ARCACHON

Rappel :

L’actuel bureau des douanes d’Arcachon résulte de la translation le 1er janvier 1887 du bureau des douanes de La Teste. Auparavant cependant, du 1er juillet 1862 au 1er octobre 1865, une recette particulière avait été implantée à Arcachon, “ suite à la translation du bureau de Maubert ”.

 

Les premiers receveurs “ arcachonnais ” avaient pour nom :

a) période 1862-1865 –

François, Emmanuel, Gabriel Desmier, né le 19 novembre 1839 à Hautefaye (Dordogne). Surnuméraire à Bordeaux le 1er mars 1860, titularisé receveur particulier à Maubert le 1er mars 1862 – poste transféré à Arcachon le 1er juillet 1862 -, Desmier dut patienter quelque peu pour être muté à Bordeaux comme commis le 1er juin 1863 (189) ;

Paul, Jean-Marie Leclercq, né le 11 mai 1838 à Mont-de-Marsan. Surnuméraire à Chambéry le 1er avril 1861, puis à Bordeaux le 1er février 1862, Leclercq fut titularisé à Careil (direction de Nantes) en tant que commis avant d’être muté à Arcachon ; il logea alors chez M. Thomas qui tenait un café “ situé en face du poste du Moueng ” et dont la fille allait épouser le sous-brigadier Bagat, qui démissionna alors pour s’installer pâtissier. Promu commis à Bordeaux le 1er octobre 1865, Paul Leclercq continua à fréquenter, quand il venait en villégiature à Arcachon, le café Thomas ; début 1868, il fut accusé par l’ex-douanier Bagat de “ mettre le désordre et la désunion dans (s)on ménage par ses propos mensongers ” : émoi à la direction de Bordeaux qui invita “ l’accusé ” à éviter “ à l’avenir tout rapprochement avec la famille Bagat ” ! Paul Leclercq mourut à Bordeaux le 7 juillet 1883.

 

b) période 1887-1914 –

Bernard, Richard Nadaud, qui réalisa la translation du 1er janvier 1887 et qui quitta Arcachon pour l’entrepôt spécial de pétrole de Furt le 1er décembre 1890 – vraisemblablement à la suite d’une intervention en sa faveur ;

André Ferrat qui avait présidé successivement à la fermeture des bureaux de Certes et de Gujan ; promu commis à Blaye le 1er mai 1890, muté à Bordeaux le 1er août 1890, Ferrat fut nommé le 1er décembre à Arcachon où il prit sa retraite le 1er août 1896 ;

Marie-Jacques, Paulin, Camille Saige, né le 31 janvier 1857 à La Réole ; admis comme surnuméraire à Bordeaux le 1er août 1878, titularisé commis à Calais le 1er août 1879, muté à Blaye le 1er mai 1880, il démissionna pour raison de santé le 5 juillet 1888 après diverses affectations. Camille Saige fut réintégré dans les douanes le 1er août 1889 et nommé commis à Avricourt, revint à Bordeaux (bureau Queyries-Bastide) le 1er juin 1891 ; promu commis principal le 1er juillet 1895, il fut nommé receveur à Arcachon le 1er août 1896 et resta sur les bords du Bassin deux ans, puisqu’il fut affecté à Bordeaux le 1er août 1898 ;

Joseph, Alexandre Richard, né le 18 février 1862 à Sospel (Alpes-Maritimes) ; surnuméraire à Montpellier le 1er février 1882, titularisé commis à Cette le 1er janvier 1883, muté à Hendaye le 1er janvier 1888 après “ avoir satisfait à la loi militaire ”, expatrié en Indochine où il fut promu contrôleur adjoint le 1er juillet 1892, il revint à Cette en tant que commis principal le 1er mars 1893 pour être aussitôt mis en disponibilité pour un mois. Joseph Richardreprit son service alors à Cerbère, exerça les fonctions de vérificateur adjoint dès le 1er décembre 1893 sur place, puis à Bastia, avant d’obtenir son affectation à Arcachon où il fut d’abord receveur ; puis, à la suite de la réorganisation du 1er juillet 1908, il fut nommé receveur particulier jusqu’au 1er juillet 1909 ;

Charles, Jules, Edmond Fleyssac, né le 22 mai 1850 à Soudaine-Lavinadière (Corrèze), ex sous-officier de l’armée recruté comme receveur à Berck le 1er mai 1896 ; commis à Condé le 1er mai 1897, commis principal à Calais le 1er mai 1905, receveur subordonné à Bouin (direction de La Rochelle) le 1er juillet 1908, Charles Fleyssac arriva à Arcachon bien évidemment le 1er juillet 1909, puis rejoignit Bordeaux le 1er août 1910 ;

Eugène, Albert, Jules Roussel né le 18 août 1872 à Saint-Pierre (Saint-Pierre et Miquelon). D’abord recruté comme préposé à Bourges le 1er octobre 1892, admis au surnumérariat à Paris le 1er janvier 1893, Eugène Roussel fut titularisé, le service militaire accompli, comme commis à Halluin le 1er mai 1894 ; après diverses affectations et des séjours en Côte d’Ivoire et en Algérie, il fut nommé receveur à Rougemont le Château (direction d’Epinal) le 1er avril 1901, promu commis principal à Paris le 1er novembre 1904, contrôleur adjoint le 1er juillet 1908, contrôleur le 1er juin 1909, avant d’être affecté à Arcachon. Il mourut, en activité, le 30 juillet 1914 à Montry (Seine-et-Marne) où il séjournait pour affaires.

 

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NOTES

(170) À partir de 1889, l’inspecteur de La Teste résida à Bordeaux.

(171) J. Clinquart, La Douane sous la Restauration …, p. 254.

(172) Voir plus loin : Les mésaventures de trois inspecteurs.

(173) Jean Paloc, ouvrage cité, p. 32 à 43.

(174) M. Boyé, La Douane à Cazaux dans B.S.H.A.A. n° 53 (3ème trimestre 1987), déjà cité.

(175) D’après Jean Paloc, ouvrage cité, p. 113, Jules Masseron fut révoqué par le gouvernement Tirard car une de ses cartes de visite avait été retrouvée dans les papiers du général Boulanger, en fuite en Belgique.

(176) Pour connaître les détails de cet épisode, voir M. Boyé, Quand la Douane avait des tilloles, dans B.S.H.A.A. n° 67 (1er trim. 1991), p. 31 à 42.

(177) J. Paloc, ouvrage cité, p. 35-36.

(178) M. Boyé, Quand la Douane avait des tilloles, article cité.

(179) Le 3 février 1639, les trésoriers de France en Guyenne, Etienne Richon et Jean Tortaly, accompagnés d’un greffier et d’agents de la Ferme, partirent de Bordeaux pour installer un bureau à La Teste-de-Buch. Le lendemain, ils se heurtaient à la population, essuyaient quelques coups d’arquebuse et rebroussaient chemin. Un document de 1641 nous apprend cependant que “ le bureau de La Teste de Buche (…) ne s’est estably qu’avecq de grands fraiz et après le chatiement d’une sédition ” ; il était donc devenu une réalité. Voir catalogue du Musée des Douanes Gabelle, Gabelous,1990.

(180) Pour connaître les détails de ce transfert, voir M. Boyé, Il y a cent ans : la Douane à Arcachon, dans B.S.H.A.A. n° 51 (1er trimestre 1987), p. 11 à 22.

(181) Les surnuméraires (fonctionnaires en surnombre par rapport aux effectifs budgétaires) ne percevaient aucune rémunération, le temps de leur formation (en général trois ans) ; ce système favorisait bien évidemment les jeunes gens issus des milieux favorisés, notamment du milieu douanier.

(182) Gilles Mesnil, Douaniers mis à la retraite sous l’Empire, p. 194 et 198 et état civil de La Teste-de-Buch et J. Ragot, La Franc-Maçonnerie à La Teste à la fin du XVIIIème siècle, dans B.S.H.A.A. n° 66 (4ème trimestre 1990), p. 3 à 7.

(183) J. Paloc, ouvrage cité, p. 57 à 59.

(184) La ligne Bordeaux-La Teste fut inaugurée en 1841, et prolongée jusqu’à Arcachon en 1857.

(185) V. Magnien, Dictionnaire de la législation des droits de douane, Paris, 1807 (Etat par ordre topographique des bureaux de douane).

(186) Musée des Douanes, fonds Leducq.

(187) M. Boyé, 1838-1904 : le bureau des douanes de Gujan, dans B.S.H.A.A. n° 55 (1er trimestre 1988), p. 10 à 24.

(188) Ibid.

(189) Une intervention du préfet de la Gironde, le 15 novembre 1862 en faveur de Desmier, ne semble pas avoir eu, du moins dans l’immédiat, les résultats escomptés.

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