Gabelous en Pays de Buch (3.3)

MICHEL BOYÉ

GABELOUS EN PAYS DE BUCH

(1790-1914)

BASSIN ET OCÉAN SOUS SURVEILLANCE

 

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TROISIÈME PARTIE

À LA DÉCOUVERTE DES HOMMES

 

CHAPITRE III

LES OFFICIERS DES BRIGADES

 

I. CONTRÔLE ET CAPITAINERIE DE CERTES

Rappel :

Créé vers 1810, le contrôle des brigades de Certes devint officiellement une capitainerie en 1839. Sa suppression fut décidée en 1851 à l’occasion de la création de la capitainerie d’Arès et de la re-création de la capitainerie de La Teste-de-Buch. Cette décision fut effective en 1852.

De nombreuses lacunes ne permettent malheureusement pas de dresser la liste exhaustive de tous les contrôleurs (puis capitaines) qui ont été en poste à Certes. Il convient de préciser, avant de présenter ceux qui ont pu être identifiés, trois points particuliers touchant au personnel des brigades des douanes qui représenta pendant longtemps les 9/10 des agents :

– le recrutement, qui s’opérait au niveau de la direction régionale, découlait d’“ un examen sur titres des candidatures, les recommandations étant très largement prises en considération ” (190) (pour le Pays de Buch qui nous intéresse les interventions émanaient souvent du maire de La Teste et plus souvent encore de l’archevêché de Bordeaux !) ;

– la carrière commençait “ obligatoirement par le grade le plus modeste, c’est-à-dire celui de simple préposé des douanes [ou de matelot, ou de cavalier], soit à l’issue d’une espèce de noviciat en qualité de demi-soldier, soit après plusieurs années de service dans l’armée ” (191°. Jusqu’à la réforme de 1833, le niveau hiérarchique supérieur fut celui de sous -lieutenant (qui fut alors transformé en sous-brigadier) ; venaient ensuite le lieutenant (brigadier), le lieutenant d’ordre ou principal (sous-lieutenant puis lieutenant), enfin le contrôleur de brigades, chargé de contrôler et de coordonner l’activité de tous les postes de son arrondissement. C’est en 1839, on l’a dit précédement, que le titre de “ contrôleur de brigade ” fut remplacé par celui de “ capitaine ”.

Peuvent donc être cités parmi les contrôleurs (ou capitaines) de Certes :

Joseph Montenoise, le premier titulaire (192), né le 22 mars 1769 à Eyssou (Doubs) que l’on trouve préposé à Bordeaux en l’an VII, contrôleur domicilié à Audenge en 1814 et pour lequel on ne connaît pas les successeurs immédiats ;

Bertrand Lafond, né le 11 mai 1796 à Vieux-Boucau (Landes). Recruté comme préposé à Hasparren le 1er janvier 1815, promu sous-lieutenant (sous-brigadier) à Egoin (direction de Bayonne) le 1er août 1818, lieutenant (brigadier) à Bedous le 1er avril 1819, lieutenant d’ordre à Rives (direction de Belley) le 1er juin 1827, lieutenant principal au Boulou le 1er janvier 1832, Lafond fut muté dans la direction de Bordeaux le 1er janvier 1833 ; promu contrôleur et affecté aux Genêts le 1er décembre 1834, il passa à Certes le 1er décembre 1835. Bertrand Lafond prit ensuite en charge le contrôle de Royan le 1er juin 1837 ;

– le contrôleur des brigades François Gufflet, vraisemblablement arrivé à Certes en juin 1837 et admis à la retraite le 1er octobre 1846 ;

Mathieu Paloc, né le 29 août 1805 à Bordeaux et dont toute la carrière se déroula dans la direction de Bordeaux. Matelot à Caverne (1er novembre 1821) – son père, contrôleur des brigades ayant fait valoir à la veille de la naissance de son huitième enfant, “ sa forte constitution ” pour arracher un recrutement hors normes -, sous lieutenant à Talmont le 1er août 1824, lieutenant maritime à Laclarisse le 1er octobre 1828, lieutenant à Lormont le 1er décembre 1832, lieutenant d’ordre à Soulac le 1er décembre 1834, Paloc fut nommé capitaine d’embarcation (il s’agissait de la goélette Le Charles) au Verdon le 1er juillet 1838 ; promu capitaine et affecté à Biscarrosse le 1er juillet 1843, il passa à Blaye puis aux Genêts le 1er juin 1846 avant d’être affecté, le 1er octobre 1846, à Certes, “ résidence excessivement malsaine, qui expos(ait) aux fièvres des marais ”. Mathieu Paloc sollicita donc son changement pour Cubzac ou Blaye … et il obtint, par décision du 29 mars 1851, La Teste qu’il rejoignit – les sources divergent – soit en juillet 1851, soit en octobre 1852.

           Si la capitainerie de Certes disparaissait alors, la surveillance des marais salants imposa de maintenir sur place une lieutenance. Furent successivement nommés à sa tête :

Raymond Caralp, né le 26 juin 1799 à Baudeilhan (Ariège). Entré dans les douanes le 1er mai 1823, Caralp avait obtenu sa promotion au grade de lieutenant en même temps que son affectation à Certes le 1er octobre 1848 ; titulaire d’une médaille d’honneur en récompense d’un sauvetage et de la croix de Chevalier de l’Ordre espagnol de Marie-Isabelle-Louise, Raymond Caralp avait su intéresser à sa carrière le cardinal archevêque de Bordeaux : le 27 juillet 1852 Mgr Ferdinand Donnet le recommandait pour une promotion – qui intervint le 14 octobre 1852 – et récidivait le 27 janvier 1853 pour obtenir à son protégé “ une autre résidence, celle qu’il occupait étant très malsaine et fatale à sa santé ”. En fait, Caralp dut attendre le 1er novembre 1862 … pour être, tout simplement, mis à la retraite !

 – Louis-Joseph Lafon, qui devait achever son périple dans les brigades à Certes, du 1er novembre 1862 au 31 décembre 1863, avant d’être versé dans les bureaux et maintenu sur place comme receveur de Certes (voir supra) ;

Pierre Espagne, né le 1er janvier 1815 à Barsac (Gironde), recruté comme préposé le 4 janvier 1843. Toute sa carrière se déroula dans les brigades de la direction de Bordeaux : sous-brigadier à Soulac (1er août 1848), dégradé (préposé) le 1er août 1850 et affecté à saint-Nicolas, sous-brigadier à Saint-Nicolas le 1er septembre 1852, brigadier à Montalivet le 1er août 1857, lieutenant de 3ème classe au Ferret (1er janvier 1862). Pierre Espagne fut enfin affecté le 1er janvier 1864 à Certes, où il mourut le 12 septembre 1867 “ après 31 ans, 6 mois, 18 jours de services de douanes ou militaires, laissant une veuve ayant droit à pension ” ;

Paul, Philippe, Louis Bidegain, né le 26 janvier 1822 à Arrens (Hautes-Pyrénées). Recruté comme demi-soldier à Arrens le 6 février 1840, titularisé après son retour de l’armée comme préposé à La Moulinette (direction de La Rochelle) le 1er septembre 1848, passé dans la direction de Bordeaux le 1er septembre 1849, sous-brigadier à Soulac le 1er novembre 1850, muté à plusieurs reprises, brigadier à Soulac le 1er avril 1855, Bidegain fut obligé d’aller chercher ses galons de lieutenant à Crouzet (direction de Besançon) le 1er juin 1869 ; son retour en Gironde, à Libourne, eut lieu en novembre 1865. Paul Bidegain, promu lieutenant de 2ème classe au Ferret le 1er avril 1867, fut affecté à Certes le 1er octobre 1867 avant d’aller terminer sa carrière à Royan (1er octobre 1868 – 1er août 1870) ;

Louis, Calixte, Hyacinthe, Ernest Lafond, né le 14 octobre 1821 à Urdos (Basses-Pyrénées). D’abord recruté comme matelot à Royan le 11 novembre 1839, démissionnaire le 5 juin 1841, réadmis comme préposé à Richard le 6 octobre 1842, sous-brigadier à Soulac le 1er mars 1843, brigadier au Gurp le 1er décembre 1844, Lafond fut promu lieutenant au Ferret le 1er octobre 1855, puis muté à Bordeaux, Le Verdon et Royan, avant de revenir sur le Bassin d’Arcachon, le 1er octobre 1868 ; il fut nommé plus précisément à Certes où il prit sa retraite le 1er octobre 1871 … retraite qu’il avait pourtant sollicitée mais en vain pour le 1er janvier 1871 avec, au préalable, un congé de trois mois “ pour attendre l’admission et pour chercher à se caser ” !

Désiré, Henri Kieffer, né le 22 janvier 1842 à La Barre de Monts (Vendée) ; admis au surnumérariat à Nantes le 1er décembre 1861, titularisécomme commis à Careil le 1er octobre 1863, Kieffer, après une promotion au grade de commis principal obtenue à Saint-Nazaire le 1er août 1870, opta pour le service actif et fut affecté à Certes le 1er octobre 1871 … pour trois mois seulement, puisqu’il rejoignit la direction de Nantes le 1er janvier 1872 ;

Jean-Sylvain Sentilhes, né le 25 mai 1825 à Castelvieilh (hautes-Pyrénées) ; recruté comme préposé au Huga le 1er octobre 1847, il ne quitta jamais la direction de Bordeaux : sous-brigadier à Lafosse (1er août 1850), brigadier aux Genêts (1er juillet 1855), brigadier maritime à Mortagne (1er avril 1857), promu lieutenant de 3ème classe au Ferret (1er octobre 1987), Sentilhes fut affecté à Certes le 1er janvier 1872.

Le 25 mai 1882, l’activité des marais salants déclinant de plus en plus, la Direction Générale des Douanes décidait de supprimer la lieutenance de Certes et de la remplacer par une lieutenance … à Audenge !

Jean-Sylvain Sentilhes fut donc, à compter du 1er juillet 1882, le premier lieutenant d’Audenge (il y prit sa retraite le 1er juin 1885) ;

Lui succéda :

Jean Mathieu, né le 27 janvier 1835 à Audenge. Recruté comme matelot à Bourg le 1er mars 1854, préposé à Ambès le 1er février 1855, sous-brigadier à Saint-Nicolas le 1er septembre 1858, brigadier au Grand-Crohot le 1er novembre 1864, Mathieu fut promu lieutenant de 3ème classe à La Maréchalle le 1er janvier 1876 ; il fut affecté à Audenge le 1er juillet 1885, puis muté le 31 décembre 1886 à Bordeaux, où il prit sa retraite le 1er septembre 1891. Déjà titulaire d’une médaille d’honneur pour un acte de dévouement accompli à Blaye le 21 août 1857, Jean Mathieu fut autorisé le 26 mai 1887 “ à porter les insignes de Chevalier de l’Ordre du Buste du Libérateur du Venezuela ”.

Quant à la lieutenance d’Audenge, elle avait été purement et simplement supprimée le 31 décembre 1886 lors du départ de Jean Mathieu pour Bordeaux.

 

II. CONTRÔLE ET CAPITAINERIE DE LA TESTE

Rappel :

La création de la capitainerie de La Teste-de-Buch, en 1851, concrétisait en fait la résurgence de la capitainerie générale qui existait sous l’Ancien Régime, dans l’organisation de la Ferme Générale (193) ; supprimée en 1790, cette capitainerie générale avait été reconstituée sous la forme d’un contrôle des brigades dirigé par le contrôleur Porget de 1797 à 1810 ( ?).

Furent donc capitaines à La Teste-de-Buch de 1851/1852 au 31 décembre 1904, date de la translation à Arcachon :

Mathieu Paloc, dernier capitaine de Certes qui resta à La Teste jusqu’à la date de sa mise à la retraite le 1er juin 1866 ; il n’avait pu obtenir Blaye de préférence à La Teste, “ résidence qui a(vait) ses exigences, l’affluence de monde dans la belle saison y rendant la vie très chère ”, si bien qu’un officier “ pour y être d’une manière normale et conforme s’y trouv(ait) gêné ” ;

Jean-François, Prosper Bordage, né le 26 juin 1811 à Landorthe (Haute-Garonne). Recruté comme préposé à La Teste le 1er octobre 1854, sous-brigadier à Soulac le 1er juin 1836, brigadier au Gurp le 1er avril 1840, Bordage fut promu lieutenant de 3ème classe à Champagné (direction de La Rochelle) le 1er juillet 1846, lieutenant de 2ème classe à Macau (1er novembre 1849) et de 1ère classe à Bordeaux (1er novembre 1852) ; il fit ses débuts de capitaine à Arès le 1er janvier 1858 avant d’être appelé, le 1er juin 1866, à La Teste où il fut retraité le 1er janvier 1874 ;

Jean Fouet, né le 16 avril 1820 à La Teste-de-Buch. Entré dans les douanes comme préposé au Verdon le 11 novembre 1840, sous-brigadier à Soulac (14 mars 1843), brigadier au Huga (1er septembre 1846), Fouet fut promu lieutenant à Saint-Vivien le 1er août 1866, puis capitaine à Cazaux le 1er janvier 1862. Passé à Arès le 1er juin 1866, il était de retour à La Teste le 1er janvier 1874, avant d’être muté le 1er janvier 1879 à Bordeauxoù il prit sa retraite le 1er avril 1881 : “ d’un physique avantageux et ayant de l’instruction ”, Jean Fouet avait brillamment suivi les traces de son père, brigadier des douanes qui avait péri noyé, en service sur le Bassin d’Arcachon, avec deux de ses camarades le 3 janvier 1828. (194)

Thomas, Ferdinand Goudineau, né le 14 août 1828 à Mortagne (Charente-Inférieure). Recruté comme matelot aux Queyries le 1er juillet 1847, préposé à Lormont le 1er mai 1850, sous-brigadierau Truc Blanc le 1er janvier 1852, brigadier au Grand-Crohot le 1er avril 1857, Goudineau fut promu lieutenant à Beauvoir-sur-Mer (direction de Napoléon-Vendée) le 1er novembre 1865 ; passé par les directions de Nantes et de Bordeaux avant de prendre ses galons de capitaine à Bourgneuf le 1er mai 1873, il fut muté à Saint-Vivien le 1er novembre 1876, puis à Blaye le 1er janvier 1877, enfin le 1er janvier 1879 à La Teste où il termina sa carrière le 1er septembre 1887 ;

Bertrand, François, Victor, Casimir Sansuc, né le 4 mars 1848 à Salau (Ariège). Entré dans les douanes comme préposé à Lafosse le 1er novembre 1869, revenu dans la même résidence pour sa promotion de sous-brigadier le 1er février 1872, brigadier à Certes le 1er janvier 1876, Sansuc fut promu lieutenant à Saint-Nazaire le 1er janvier 1879 mais affecté à Beauvoir ; Bertrand Sansuc réintégra la direction de Bordeaux le 1er septembre 1872, à Vendays, passa à Bordeaux et fut nommé à La Teste le 1er janvier 1888 ;

Succéda à Bertrand Sansuc à la tête de la capitainerie d’Arcachon :

Pierre Aris-Brousou, né le 19 mars 1859 à Montaut (Basses-Pyrénées. Cet ancien maréchal des logis d’artillerie de marine débuta comme préposé à Planard (direction de Lille) le 1er avril 1887, avant d’être en poste à Cysoing. Aris-Brosou fut ensuite promu sous-brigadier à Monchin le 1er janvier 1890, brigadier à Planard le 1er avril 1891, avant d’être muté à Deulement le 1er janvier 1892. Passé sous-lieutenant le 1er juillet 1893 et affecté au Havre, il obtint Arreau le 1er mai 1894, où il gagna ses galons de lieutenant le 1er mars 1896 ; nommé capitaine à Isola (direction de Nice) le 1er mars 1903, il fut donc appelé à Arcachon le 1er juin 1906.

Le capitaine d’Arcachon fut épaulé, à partir du 1er décembre 1908, par un lieutenant, en l’occurrence :

Isidore, Etienne, Jean, François Lagrange, né le 7 février 1860 à Siguer (Ariège). Lagrange fut recruté comme préposé à Prats-de-Mollo le 1er février 1881, et muté à Bourg-Madame le 1er janvier 1886 après avoir effectué son service militaire au 141è de ligne ; sous-brigadier à Cerbère le 1er février 1889, puis à Seix, il obtint sa promotion au grade de brigadier à Arles le 1er mars 1892. Passé à Portet-d’Aspet le 1er juin 1892, il fut promu sous-lieutenant à Saint-Bonnet (Gironde) le 1er avril 1895. Muté à sa demande à Libourne le 1er juin 1895, il y gagna ses galons de lieutenant le 1er octobre 1897. Il fut muté à Bordeaux le 1er octobre 1908 et appelé le 1er décembre 1908 à Arcachon, où il devait prendre sa retraite le 1er juin 1915.

Avant la re-création de la capitainerie de La Teste en 1851/1852, le service actif était regroupé en une lieutenance dont ne sont vraiment connus que les derniers titulaires :

François-Joseph Delaunay, lieutenant principal en 1819 ;

Félix Dunême, lieutenant principal en 1826 ;

Guillaume, Vincent, Désiré Badré ;

Bernard, Solon Lalesque, né le 28 juin 1798 à Parentis-en-Born. Recruté comme préposé à Goulée le 1er mai 1822 avec la bénédiction de son frère lieutenant (brigadier) à Saint-Paul et de son oncle Jean-Baptiste Marsillon Lalesque, maire de La Teste. Sous-lieutenant (sous-brigadier) à Lafosse le 1er décembre 1823, lieutenant (brigadier) à Gastes le 1er avril 1825, muté à La Teste le 1er juillet 1830, Bernard Lalesque fut promu lieutenant d’ordre à Lafosse le 1er juin 1837, puis lieutenant de 3ème classe à Goulée le 17 février 1839 ; passé à Certes sur sa demande le 1er juin 1840, il fut affecté enfin, le 1er juillet 1843, à La Teste où il fut admis à la retraite le 1er mai 1848 ;

Michel Bossy, né le 8 février 1815 à Saint-Palais de Phiolin (Charente-Inférieure). Préposé à La Chapelle d’Ambès le 10 mars 1837, sous-brigadier à Brault le 6 janvier 1838, brigadier sur place le 1er mai 1838, Bossy fut promu lieutenant au Grand-Crohot le 1er juin 1846, muté à Certes le 1er octobre 1846, puis à La Teste le 1er octobre 1848 ; Michel Bossy quitta La Teste le 1er février 1850 pour By, avant d’être affecté dans la direction de Perpignan le 1er juillet 1852 ;

– enfin, Pierre, Ernest Tenet, né le 4 juillet 1811 à Bordeaux, qui avait fait ses débuts comme préposé à Trévignon (direction de Brest) le 1er novembre 1843. Sous-brigadier ambulant à Morlaix le 1er mai 1844, brigadier ambulant à Plounéourtrèz le 1er août 1844, brigadier à Brest le 1er janvier 1846, Tenet fut promu lieutenant à Argenton le 1er septembre 1847 ; passé dans la direction de Bordeaux, il fut affecté à La Teste le 1er février 1850. Son poste étant supprimé, Pierre Tenet fut appelé à Bordeaux le 1er avril 1851.

 

  1. CAPITAINERIE DE BISCARROSSE

Rappel :

La capitainerie de Biscarrosse est issue de la translation de la capitainerie de Sainte-Eulalie, vraisemblablement créée pendant la Restauration et rayée de la carte douanière le 1er janvier 1831. A son tour, le 1er octobre 1843, la capitainerie de Biscarrosse fut supprimée et remplacée par la capitainerie de Cazaux. L’opération inverse fut réalisée le 1er novembre 1867 : Biscarrosse reprit son rang aux lieu et place de Cazaux, avant d’être transformée en une lieutenance indépendante en 1880.

Remarque étant faite que l’on ne connaît pas le premier titulaire du poste (1831-1833), furent capitaines à Biscarrosse :

a) pour la période 1833-1843 –

Charles Durdez, né le 3 août 1798. Entré dans les douanes comme préposé à Marsilly (Charente-Maritime) le 1er mai 1815, sous-lieutenant (sous-brigadier) à La Gentière le 1er septembre 1818, lieutenant (brigadier) à Saint-Michel le 1er avril 1819, il fut nommé lieutenant ambulant à Talmont le 1er janvier 1821, lieutenant d’ordre à Châlons (direction de La Rochelle) le 1er mai 1827, lieutenant principal à Brechat (direction de Saint-Malo) le 1er janvier 1833. Promu capitaine le 1er mai 1834, Charles Durdez fut affecté à Biscarrosse où il demeura jusqu’au 1er décembre 1835 ; il prit alors en charge le contrôle des brigades d’Aiguillon (direction de La Rochelle) ;

Jules, Claude Lefrançois, né le 30 juin 1799 à Caen. Recruté comme préposé à Saint-Paul (direction de Grenoble) le 1er juin 1814, sous-lieutenant (sous-brigadier) à Auran le 1er août 1815, passé dans la direction de Lorient le 1er juin 1816, lieutenant (brigadier) le 1er septembre 1817, il fut nommé lieutenant d’ordre à Port-Navalo le 1er janvier 1831, promu lieutenant et affecté dans la direction de La Rochelle le 1er mars 1833 ; Jules Lefrançois fut apprécié par ses supérieurs rochelais, le directeur Blutel n’hésitant pas écrire : “ homme de cœur et d’exécution, d’une volonté ferme, vif, alerte, ardent, plein de zèle et de dévouement, par son intelligence et son instruction doit parvenir promptement au contrôle des brigades. Conviendrait également à un emploi de bureau et ferait même par sa rédaction facile et son amour du travail un bon commis de direction. A besoin d’être connu pour être bien apprécié ; ayant passé 15 ans de sa vie sur mer, laisse peut-être à désirer des formes plus douces et une franchise moins rude ; ce sont des qualités qu’un séjour à terre lui feront abandonner rapidement ”. Lieutenant principal aux Sables d’Olonne le 1er juin 1835, Lefrançois fut muté comme capitaine à Biscarrosse le 1er décembre 1835 ; il arriva recommandé par M. Blutel à son collègue de Kolly comme bon employé et comme son parent. Ce ne fut pas suffisant pour lui éviter, le 1er septembre 1836, un blâme du directeur de Bordeaux à la suite “ d’une affaire Deycard ” dont on ne sait rien sinon que l’agent Deycard démissionna. Jugeant la sanction imméritée, Lefrançois chercha à quitter la direction de Bordeaux et, vraisemblablement avec l’appui de M. Blutel, obtint sa mutation le 1er mai 1837 comme contrôleur des brigades à Cap-Breton ;

Isidore, François, Bonaventure Mestres, né le 1er novembre 1800 à La Tour de Carol (Pyrénées-Orientales). D’abord préposé aux Sables d’Olonne (1er novembre 1816), Mestres fut nommé sous-lieutenant (sous-brigadier) au bassin de La Rochelle le 1er novembre 1818, lieutenant (brigadier) à La Moulinette le 1er août 1819, sous-lieutenant à Saint-Nadeau le 1er janvier 1824, lieutenant à Saint-Fort le 1er novembre 1826, lieutenant d’ordre à Loix le 1er avril 1832 et lieutenant principal à Granville le 1er décembre 1835 ; Isidore Mestres quitta la direction de Cherbourg pour celle de Bordeaux le 1er août 1837 et fut affecté aussitôt à Biscarrosse. Il y resta jusqu’au 1er novembre 1838, appelé alors dans la direction de Montpellier ;

Jacques Larroque, né le 1er novembre 1797 à Bordeaux. Cet ancien officier d’infanterie admis comme sous-lieutenant (sous-brigadier) à Soulac le1er juin 1828, fut nommé lieutenant (brigadier) à Bordeaux le 1er septembre 1829, lieutenant d’ordres à Saillagouse le 1er janvier 1834, lieutenant principal à Bordeaux le 1er décembre 1835, avant d’être promu capitaine à Biscarrosse le 1er novembre 1838 ; Jacques Larroque fut ensuite affecté à Baïgorry le 1er avril 1839 ;

Jean-Baptiste Parrenin, né le 22 juillet 1796 à Narbier (Doubs). Il avait débuté dans la direction de Digne comme préposé à Arvenets le 1er août 1820 et avait été nommé sous-brigadier à Chamelaye le 1er janvier 1821, brigadier à Barcelonnette le 1er juillet 1821 et, après être passé dans la direction de Bayonne, lieutenant d’ordre à Issor le 1er janvier 1832 ; lieutenant principal à Anhaux (Basses-Pyrénées) le 1er décembre 1835, Parrenin avait été promu capitaine à Biscarrosse le 1er avril 1839 avant d’être affecté dans la direction de Marseille le 1er juin 1840 ;

Prosper, Armand-Marie Jourdan, né le 3 mai 1805, frappé de congestion en novembre 1842 alors qu’il effectuait un contrôle dans sa capitainerie de Biscarrosse et mis à la retraite courant 1843 ;

Mathieu Paloc, né le 29 août 1805 à Bordeaux, capitaine par interim de novembre 1842 au 1er juillet 1843, date à laquelle il fut officiellement promu au grade de capitaine ; il devait quitter Biscarrosse deux mois plus tard, le 1er septembre, pour rejoindre Blaye ;

Joseph, Roch, Célestin Oraison, né le 6 avril 1796 à Marseille. Recruté comme matelot à Arles (1er décembre 1815), nommé préposé (1er juillet 1816), puis sous-lieutenant (sous-brigadier) sur place le 1er octobre de la même année, lieutenant (brigadier à La Gacholle le 1er août 1818, il fut promu sous-lieutenant à Marseille le 1er avril 1821, lieutenant à Martigues le 1er mars 1824 et lieutenant d’ordres à Sormioux le 1er février 1831 ; élevé au grade de capitaine de patache à Marseille 1er avril 1836, lieutenant principal à La Ciotat le 1er novembre 1836, Joseph Oraison passa dans la direction de Bordeaux (aux Chartrons) le 1er juin 1839 et fut donc affecté à Biscarrosse le 1er septembre 1843 ; un mois plus tard, ils transférait le siège de sa capitainerie à Cazaux.

b) période 1867-1880 –

Louis, Simon, Joseph Nogier, né le 22 décembre 1816 à Obernay (Bas-Rhin). Ancien militaire admis au surnumérariat au Perthus le 16 décembre 1842, il fut titularisé receveur au Pont de Sigale (Alpes-Maritimes) le 1er novembre 1844 ; passé dans le service des brigades, affecté dans la direction de Bordeaux, Louis Nogier fut promu capitaine à Arès le 1er juin 1866 et désigné en fait pour la capitainerie de Cazaux, dont il transféra le siège à Biscarrosse le 1er novembre 1867. Il abandonna cette dernière capitainerie pour celle de Saint-Michel en l’Herm (direction de La Rochelle) le 1er décembre 1868 ;

Pierre, Adolphe Cayrey, né le 30 octobre 1823 à Nestalas (hautes-Pyrénées) ; il faisait, “ à la suite d’une disgrâce ”, le chemin inverse, quittant Saint-Michel en l’Herm et “ ses marais infects ravagés par les fièvres ” pour Biscarrosse et ses solitudes sahariennes : “ pour voir le factionnaire le plus rapproché – devait-il écrire – et revenir chez moi, j’ai un parcours de 24 kilomètres à travers les sables mouvants. Pour aller au Sud et à Mimizan, 64 kilomètres et toujours dans le sable ”. Le 16 août 1870, Pierre Cayrey se portait volontaire “ si de nouvelles levées dans les cadres de Douane (étaient) effectuées pour repousser l’invasion prussienne ” ; il ne fut pas appelé. Le 18 décembre 1875, l’inspecteur Ducatel se préoccupait du sort du capitaine de Biscarrosse : “ M. Cayrey exerce depuis sept ans les fonctions de capitaine à la côte dans une des subdivisions les plus périlleuses de la direction (…). Cet officier est fatigué, usé par un travail dépassant ses forces et peu en rapport avec son âge. Sa bonne volonté le soutient encore, mais sa vigueur décline… ”. M. Ducatel souhaitait donc pour son capitaine “ une division moins laborieuse ” ou que fût provoquée “ son admission à la retraite ” : il fut écouté et Pierre Cayrey fut mis à la retraite le 1er juillet 1876 ;

Joseph, Adolphe Dalmond, né le 7 avril 1831 à Caylus (Tarn-et-Garonne). Entré dans les douanes comme préposé à Pauillac le 1er janvier 1859, sous-brigadier à Soulac le 1er janvier 1860, brigadier à Lafosse le 1er avril 1861, il avait été promu lieutenant au Verdon le 1er avril 1867, puis lieutenant à Bordeaux le 1er mars 1870. Elevé au grade de capitaine le 1er juillet 1876, Dalmond fut affecté alors à Biscarrosse qu’il quitta le 1er janvier 1877 pour Mortagne ;

Simon Dalbos, né le 12 août 1834 à La Teste-de-Buch. Recruté comme préposé aux Genêts le 1er août 1857, sous-brigadier à Lafosse le 1er mai 1859, brigadier à Brault le 1er mars 1861, il fut promu lieutenant à Maubert le 1er avril 1868 mais affecté en fait à Pauillac ; Simon Dalbos dut aller chercher ses galons de capitaine dans la direction de Nantes, à Bourgneuf le 1er mai 1876. Il fit alors intervenir un “ ancien vice-président du Conseil Général de la Gironde ”, qui plus est employeur de sa tante pendant “ plus de vingt années ”, Auguste Lalesque, qui sollicita son retour dans la direction de Bordeaux, suggérant même la capitainerie d’Arès : et c’est ainsi que Simon Dalbos obtint Biscarrosse le 1er janvier 1877. Mais il dut retourner dans la direction de Nantes, à Pornic, le 1er juillet 1878, à la suite du déclassement de la capitainerie de Biscarrosse en lieutenance indépendante.

La lieutenance indépendante de Biscarrosse (1878-1912) eut pour titulaires :

Jean Tripota, né le 15 juillet 1844 à Bordeaux. Entré dans les douanes comme préposé à Soulac le 1er août 1864, sous-brigadier à La Garonne le 1er novembre 1865, brigadier à Brault le 1er novembre 1868, Tripota fut promu lieutenant indépendant à Biscarrosse le 1er juillet 1878 ; il passa ensuite à Vendays le 1er ocotobre 1880 ;

– Henri, Hippolyte Rocher, né le 14 février 1844 à Mortagne (Charente-Inférieure). Recruté comme préposé au Bec d’Ambès le 1er septembre 1872, sous-brigadier au Verdon le 1er septembre 1873, brigadier à Branly ( ?) dans la capitainerie de Blaye le 1er avril 1875, il était passé brigadier maritime à Mortagne le 1er juillet 1876, avant d’être promu lieutenant indépendant le 1er octobre 1880 et affecté à Biscarrosse ; il quitta cette résidence le 1er juin 1884 pour Arès ;

Jean-Marie Pène, né le 5 septembre 1846 à Arrens (Hautes-Pyrénées). Recruté comme demi-soldier à Siquez (direction de Tarbes) le 1er février 1865, muté à Gèdre le 1er février 1866, Pène fut titularisé préposé à Auzat le 1er octobre 1867 ; Passé à la Joliette (Marseille), il fut promu sous-brigadier au Cap-Brun le 1er avril 1872 (décision semble-t-il rapportée puisqu’on le retrouve préposé à la Joliette le 1er mai 1872). Nommé (enfin) sous-brigadier à Marseille le 1er septembre 1875, puis brigadier à Houpplines (direction de Lille) le 1er juillet 1878, il fut successivement affecté à Pont-Rouge, Halluin et Tourcoing, avant d’être promu lieutenant à Liessies (direction de Valenciennes) le 1er février 1882. D’abord muté au Verdon le 1er avril 1883, il fut donc appelé le 1er juin 1884 à Biscarrosse qu’il quitta le 1er juillet 1888 pour Blaye où il devait prendre sa retraite le 1er novembre 1903 ;

François, Jean-Marie Cétran, né le 6 juin 1852 à Vieux-Boucau et attaché à la direction de Bayonne qui l’avait admis comme préposé à la Chambre d’Amour le 1er septembre 1872, puis aux Landes dépendant de la direction de Bordeaux. Sous-brigadier à Anhaux le 1er octobre 1878, brigadier à Estérinçuby (Basses-Pyrénées) le 1er juin 1884, François Cétran était passé dans la direction de Bordeaux (195) avec sa promotion au grade de sous-lieutenant indépendant le 1er juillet 1888 et son affectation à Biscarrosse ; il y prit sa retraite le 1er février 1901, après avoir été promu sur place lieutenant indépendant le 1er juillet 1891 ;

Dominique Vitti, né le 22 décembre 1867 à Asco (Corse). Il avait commencé sa carrière comme préposé à Théoule (Alpes-Maritimes) ; sous-brigadier au Cap-Nègre le 1er mai 1895, brigadier à Sainte-Claire le 1er novembre 1897, Vitti vint chercher ses galons de sous-lieutenant indépendant à Biscarrosse le 1er février 1901. Promu lieutenant sur place le 1er novembre 1904, il fut rétrogradé, “ par mesure disciplinaire ”, sous-lieutenant le 1er février 1905 et muté à La Barre de Monts (Vendée) ;

– Joseph Gramont, né le 20 avril 1868 à Soustons (Landes). Engagé comme préposé à Biriatou le 1er décembre 1893, sous-brigadier à Hendaye-gare le 1er juillet 1898, brigadier à Béhobie le 1er mai 1900, il fut promu sous-lieutenant le 1er décembre 1903 à La Barre de Monts ; Joseph Gramont permuta donc avec Dominique Vitti qu’il remplaça à Biscarrosse le 1er février 1905. Promu lieutenant indépendant sur place le 1er août 1906, il quitta les Landes pour Bordeaux le 1er février 1912.

Entre-temps, une réorganisation de l’inspection “ Bordeaux-La Teste ” était intervenue en 1908 : un lieutenant avait été affecté à Arcachon pour épauler le capitaine, si bien que le 1er juillet 1911 Joseph Gramont fut rattaché à la capitainerie d’Arcachon. La lieutenance indépendante de Biscarrosse, dès lors en suspens, ne survécut pas à son départ en février 1912.

 

IV. CONTRÔLE ET CAPITAINERIE DES GENETS

 Rappel :

La capitainerie des Genêts a été créée le 1er décembre 1834 : il s’agissait, selon toute vraisemblance, de la translation de la capitainerie d’Hourtin, instaurée vers 1812 avec pour premier titulaire Paulin Cretté. Cette création de la capitainerie des Genêts concrétisait un élargissement de la compétence territoriale de l’inspection de La Teste.

Sa suppression en mars 1870 correspondit à un nouveau découpage dans l’organisation des brigades de la direction de Bordeaux ; les brigades médocaines jusqu’alors rattachées à la division de La Teste dépendirent désormais de la capitainerie de Vendays.

Furent capitaines aux Genêts :

Bertrand Lafond, né le 11 mai 1796 à Vieux-Boucau. Il fut le premier titulaire du contrôle des brigades des Genêts, du 1er décembre 1834 au 1er décembre 1835, date à laquelle il fut affecté à Certes.

Pierre Isaac Seguin, dont on ne connaît que peu de choses.

François Ganipel qui, suite aux graves événements de 1843 – le pillage du Pacific – allait terminer sa carrière “ à un emploi de bureau ”, puisqu’il fut versé dans le service sédentaire dès le 1er avril 1844 ;

Auguste Bénoni Bachelet, né le 5 décembre 1801 à Basse-Indre (Loire-Inférieure). Recruté comme préposé à demi-solde à Soubise le 1er mai 1818, préposé à Saint-Gilles le 1er novembre 1820, sous-lieutenant (sous-brigadier) sur place le 1er novembre 1822, lieutenant (brigadier) à La Fenêtre le 1er juillet 1823, il fut nommé lieutenant d’ordres à Fouras le 1er octobre 1832 et muté de la direction de La Rochelle à celle de Lorient le 1er novembre 1842 à l’occasion de sa promotion comme capitaine à Surzur ; Auguste Bachelet fut donc appelé aux Genêts le 1er avril 1844. Il quitta la direction de Bordeaux pour Saint-Gilles le 1er juin 1846 avec les regrets de la hiérarchie : “ Arrivé bien noté de la direction de Lorient, M. Bachelet a servi avec zèle, intelligence, fermeté et dévouement en se conduisant très bien. Etait un bon capitaine ” ;

Mathieu Paloc, né le 29 août 1805 à Bordeaux qui, à l’instar de Bertrand Lafond, devait quitter les Genêts pour Certes le 1er ocotobre 1846 ;

Louis-Napoléon Chéret, né le 7 juin 1805 à Avignon. Il devait accomplir pratiquement toute sa carrière dans la direction de Bordeaux : recruté comme préposé à Braud le 1er octobre 1833, sous-brigadier à Lormont le 16 janvier 1834, brigadier à Trompeloup le 1er juillet 1834, lieutenant de patache au Verdon le 1er juillet 1838, lieutenant d’ordres à Lafosse le 1er novembre 1838 ; promu capitaine le 1er juin 1846, Louis-Napoléon Chéret fut affecté à Cazaux, pour quelques mois, puisqu’il rejoignit les Genêts le 1er octobre 1846 avant de revenir … à Cazaux le 1er février 1850 ;

Charles Latour, né le 26 août 1810 à Seintein (Ariège). Il était entré dans les douanes comme préposé à Bagnères le 1er janvier 1834, sous-brigadier à Richard le 1er octobre 1835, brigadier à Certes le 1er mai 1837, promu lieutenant à Lafosse le 1er septembre 1843 ; son affectation aux Chartrons le 1er octobre 1846 faillit remettre en cause sa carrière : en avril 1848 une lettre adressée au Ministre de l’Intérieur accusa cet ancien professeur “ de manifester des sentiment politiques hostiles au gouvernement de la République ”. La hiérarchie douanière bordelaise sut démonter cette dénonciation calomnieuse. Charles Latour fut affecté à Cazaux le 1er mai 1849 avant d’être appelé aux Genêts qu’il quitta le 1er avril 1851 pour la capitainerie d’Arès nouvellement créée ;

Louis, Bernard, Alexandre Gié, né le 21 juin 1812 à Paris. Admis au surnumérariat au Bureau Central le 19 novembre 1839, titularisé comme receveur à Espelette le 1er novembre 1841, visiteur à Béhobie le 1er août 1842, de nouveau receveur à Larrau le 1er mars 1845, vérificateur à Ainhoa le 1er janvier 1847, il passa dans le service des brigades avec le grade de lieutenant le 1er avril 1848 ; Louis Gié fut d’abord affecté à Briscous, puis à Bordeaux le 1er juillet 1849 avant d’être appelé aux Genêts où il prit ses galons de capitaine. En juillet 1855, il demanda à quitter cette résidence, à la suite de commérages et “ d’un libelle diffamatoire ” adressé à l’inspecteur de La Teste et mettant en cause son épouse ; il obtint satisfaction avec une mutation à Blaye le 1er mars 1856 ;

Jean Tripota, né le 22 septembre 1816 à Pauillac. Entré comme mousse pour servir dans le marais du Verdon le 1er février 1833, matelot sur la goélette Le Charles le 1er novembre 1834, préposé à Soulac le 1er octobre 1836, sous-brigadier dans le même poste le 1er juillet 1838, brigadier au Gurp le 21 mai 1839, il fut nommé brigadier maritime à Pauillac le 1er janvier 1840 ; promu lieutenant au Verdon le 1er avril 1844, Jean Tripota accéda au grade de capitaine aux Genêts le 1er mars 1856. “ Chevalier de l’Ordre Impérial de la Légion d’Honneur et de l’Ordre Royal de l’Aigle Rouge de Prusse, titres purement honorifiques que (lui avaient) valu les nombreux traits de courage et de dévouement faits durant (s)a carrière administrative ”, il ne se plut guère – lui aussi – aux Genêts ; Jean Tripota ne manqua pas d’interpeller le directeur des douanes de Bordeaux : des promesses ne lui avaient-elles pas été faites “ d’une meilleure résidence, à l’occasion des naufrages de la Ville de Grenade et du Teutonia ” qui lui avaient permis de se faire remarquer ? Il fut appelé à Blaye le 1er janvier 1862 ;

Honoré Fourou (alias Faurou), né le 17 mai 1812 à Saint-Béat (Haute-Garonne). Recruté comme préposé à Lahourcade le 1er novembre 1834, sous-brigadier à Saint-Vivien le 1er mai 1837, brigadier au Gurp le 1er juin 1839, il avait été promu lieutenant au Grand-Crohot le 1er octobre 1846 ; après être passé à Lafosse et Bordeaux, le 1er mai 1859, Honoré Fourou fut élevé au grade de capitaine et affecté à Cazaux où il s’attira les foudres de l’inspecteur Pontallié à la suite de l’accident survenu au garde forestier Courrège. Fourou fut donc envoyé au purgatoire aux Genêts du 1er janvier 1862 au 1er novembre 1865 ;

François Duprat, né le 26 septembre 1818 à Soulac. Engagé comme mousse au Verdon le 1er novembre 1834, matelot sur place le 1er octobre 1836, préposé à Pauillac le 1er octobre 1839, sous-brigadier à Soulac le 1er janvier 1840, il était passé à By, Trompeloup et Bordeaux avant d’être promu brigadier de nouveau à Soulac le 1er décembre 1841 ; François Duprat accéda à la lieutenance le 1er janvier 1852 au Verdon où il commanda la goélette le Léopard. Il vint prendre ses galons de capitaine aux Genêts, capitainerie dont il fut chargé de transférer le siège à Vendays le 1er mars 1870. C’est dans cette dernière résidence qu’il prit sa retraite le 1er novembre 1874.

À la suite du pillage du Pacific, on l’a vu plus haut, la capitainerie des Genêts fut renforcée dès 1843 par une lieutenance implantée au Grand-Crohot. Cette structure ne devait pas survivre à la réorganisation de 1851 qui vit notamment la constitution de la capitainerie d’Arès : la lieutenance du Grand-Crohot fut purement et simplement transférée au Cap-Ferret.

Se succédèrent donc au Grand-Crohot de 1843 à 1851 :

François Cazésus, né le 26 janvier 1804 à Bordeaux. Entré dans les douanes comme préposé à Lahourcade le 1er janvier 1831, sous-lieutenant (sous-brigadier) à Soulac le 1er janvier 1833, brigadier aux Chartrons le 1er mars 1836, il fut promu lieutenant au Grand-Crohot le 1er décembre 1843. S’il apprécia cette promotion, François Cazésus ne fut guère enthousiasmé par la solitude du Grand-Crohot au point de promettre à l’inspecteur de La Teste “ de redoubler de zèle ” s’il pouvait obtenir Certes … ce qui advint le 1er juillet 1845 ;

Victor, Maurice, Magué, né le 25 avril 1818 à La Flotte en Ré. Initialement admis comme préposé au Château d’Oléron le 1er juillet 1838, sous-brigadier à Arceau le 1er décembre 1839, passé dans la direction de Bordeaux et affecté aux Queyries le 1er août 1840, il fut nommé brigadier à Lafosse le 21 mars 1841 avant de se retrouver lieutenant au Grand-Crohot le 1er juillet 1845. Considéré par ses chefs comme “ un suhet d’élite ”, “ méritant un avancement exceptionnel ”, Victor Magué quitta les Genêts au bout de trois mois pour Certes ; il poursuivit son ascension dans la hiérarchie douanière, passant capitaine à Bordeaux le 1er juillet 1852, sous-inspecteur à Douarnenez le 1er avril 1859, tremplin qui lui permit de terminer sa carrière comme directeur des douanes à Nice (1880-1885) ;

Jean Mas, né le 9 juillet 1810 à Carcassonne. Entré dans les douanes comme préposé à Saint-Palais sur Mer (1er mai 1838), sous-brigadier à Saint-Seurin (Charente-Maritime) le 1er juillet 1838 “ à titre de récompense ”, brigadier à La Maréchalle le 1er avril 1840, il suivit les traces de ses deux prédécesseurs en passant par le Grand-Crohot où il fut donc promu lieutenant (1er octobre 1845) et qu’il quitta pour Certes (1er juin 1846) ;

Michel Bossy, né le 8 février 1815 à Saint-Palais de Phiolin, dont les débuts ont été évoqués plus haut. Il ne resta au Grand-Crohot que quatre mois et imita Cazésus et Mas puisqu’il fut affecté le 1er octobre 1846 à Certes. Sa santé avait-elle été fragilisée par le séjour rapide sur la côte océane ? Ou Certes était-elle une résidence vraiment insalubre ? Quelques semaines après son arrivée, Michel Bossy tomba malade. “ L’état valétudinaire de cet officier ne pouvant être attribué qu’à l’insalubrité de sa résidence et à l’impossibilité d’y obtenir une parfaite guérison, j’ai autorisé M. Bossy à rester dans sa famille ”, écrivait en décembre 1846 l’inspecteur de La Teste ;

Honoré Fourou, cité plus haut puisqu’il fut en 1862 nommé capitaine aux Genêts ;

François, Marie-Joseph, Louis Favin, né le 4 novembre 1815 à Béziers. Recruté comme préposé à Pont-Louis (direction de Montpellier), il fut nommé sous-brigadier à Roquemaure, le 1er octobre 1837, brigadier à Désirade le 1er avril 1840. “ Joli sujet, fait pour avancer. Il a de l’instruction, de l’intelligence, du zèle et de l’éducation ”, écrivait alors le directeur de Montpellier M. de Saint-Quentin. Muté dans la direction de Bordeaux et promu au grade de lieutenant le 1er décembre 1843, François Favin fut affecté d’abord à Goulée, puis à Lafosse (1er janvier 1844) avant d’arriver au Grand-Crohot le 1er juin 1847. Il y demeura jusqu’au 1er octobre 1848.

Jacques Lézaud, né le 21 décembre 1793 à L’Étang des Connores, près de Limoges. Il avait débuté comme préposé à Marans le 1er mai 1823, fut ensuite sous-lieutenant (sous-brigadier) à Puygravault (Charente-Maritime) le 1er février 1824, lieutenant (brigadier) aux Minimes le 1er août 1824, lieutenant d’ordre à Fouras le 1er mai 1825, lieutenant principal à Saint-Gorgon (Doubs) le 1er janvier 1827, puis à Sedan le 1er août 1829. Jacques Lézaud avait gagné ses galons de capitaine le 1er mai 1834 à Marennes : il avait ensuite servi à Tancarville avant d’être affecté au Pouliguen. Son passage dans la direction de Nantes lui fut fatal : il fut “ rayé des cadres le 14 juillet 1847 à la suite d’actes de mauvaise gestion ”. Lézaud fut cependant réadmis au rang de lieutenant le 1er octobre 1848, d’où son affectation au Grand-Crohot qu’il quitta le 1er novembre 1849 pour prendre sa retraite ;

Louis Robert de Beauchamp, né le 24 novembre 1822 à Vannes. Recruté comme préposé à Quinzième (direction de Montpellier) le 1er décembre 1842, sous-brigadier au salin de Villeneuve le 1er juillet 1843, brigadier à Pinette Madame le 1er juillet 1844, il vint chercher ses galons de lieutenant au Grand-Crohot le 1er novembre 1849. Officier “ actif, intelligent et dévoué ”, Robert de Beauchamp fut chargé de transférer le 1er avril 1851 la lieutenance du Grand-Crohot au Ferret.

Il en assura la gestion jusqu’au 1er août 1852, date à laquelle il fut muté à Yainville (Seine-Maritime).

Lui succédèrent à la tête de la lieutenance du Ferret :

Jean-Bernard Boé, né le 3 juin 1811 à Vielle (Hautes-Pyrénées). Entré dans les douanes comme préposé dans la direction de Saint-Gaudens le 1er février 1832, sous-brigadier à Génos (Hautes-Pyrénées) le 1er mai 1838, brigadier à Tramazaïgues le 1er octobre 1845, il obtenait sa promotion au grade de lieutenant le 1er août 1852 au Ferret. Jean-Bernard Boé resta sur la presqu’île jusqu’au 1er octobre 1855 ;

Louis, Calixte, Hyacinthe, Ernest Lafond, né le 14 octobre 1821 à Urdos (Basses-Pyrénées), dont la carrière a été retracée plus haut, lieutenant au Ferret du 1er octobre 1855 au 31 juillet 1858 ;

Antoine Salles, né le 25 août 1819 à Rouède (Haute-Garonne). Préposé à Lafosse le 1er juin 1842, sous-brigadier à Vieux-Soulac le 1er mai 1846, brigadier à Cazaux le 1er février 1849, il fut promu lieutenant et affecté au Ferret le 1er août 1858 ; Antoine Salles fut ensuite muté à Pauillac le 1er juin 1861 ;

Pierre Espagne, né le 1er janvier 1815 à Barsac, déjà cité, en poste au Ferret du 1er juin 1861 au 31 décembre 1863 ;

Nicolas Bettus, né le 30 mars 1828 à La Teste-de-Buch. Entré dans les douanes comme matelot à Pauillac le 17 août 1846, préposé à Certes le 1er octobre 1848, sous-brigadier à Saint-Nicolas le 1er janvier 1851, brigadier à Montalivet le 1er janvier 1855, il fut promu lieutenant et affecté au Ferret le 1er janvier 1864 ; Nicolas Bettus changea de lieutenance le 1er octobre 1867 ;

Jean-Sylvain Sentilhes, né le 25 mai 1826 à Castelvieilh (Hautes-Pyrénées), qui, après avoir gagné ses galons de lieutenant au Ferret, fut le dernier titulaire de la lieutenance de Certes (1er janvier 1872) et le premier titulaire de la lieutenance d’Audenge, le 1er janvier 1882 (voir supra) ;

François, Auguste Cabié, né le 21 mars 1822 à Conflens (Ariège). Admis comme préposé demi-solde à Luzenac (direction de Toulouse) le 1er août 1842, préposé à Luz (Hautes-Pyrénées) le 1er mai 1843, sous-brigadier à Salau le 1er juin 1849, brigadier à Lascoux le 1er mai 1853, il avait été nommé brigadier ambulant à Cierp le 1er juillet 1859, puis promu lieutenant à Ercé le 1er octobre 1863 ; François Cabié, après avoir servi dans les directions de Vannes et de Perpignan, obtint la direction de Bordeaux et fut affecté au Ferret du 1er janvier 1872 au 1er février 1873. Il devait s’y distinguer lors du naufrage du navire espagnol le Cebellos, en organisant “ avec un dévouement et un courage dignes d’être recommandés ” le sauvetage de tout l’équipage et ensuite celui du navire : le roi d’Espagne lui conféra à cette occasion la décoration de l’Ordre du Mérite Naval et le Ministre de la Marine et des Colonies lui accorda une médaille de 1ère classe en argent. Son zèle, en la circonstance, l’obligea à différer de quelques jours son départ pour Maubert ;

Pierre Guichet, né le 13 août 1828 à La Garnache (Vendée). Recruté préposé à Cahouette le 1er juin 1850, passé dans la direction de Napoléon-Vendée le 1er novembre 1852, sous-brigadier au Fresne le 1er octobre 1854, brigadier à Jard le 1er novembre 1859, il fut promu lieutenant à La Claie le 1er août 1864 ; Pierre Guichet fut ensuite muté dans la direction de Bordeaux et affecté à Maubert le 1er novembre 1868 : il y prit la 2ème classe de son grade avant d’être envoyé au Ferret le 1er février 1873. Il y mourut quelques mois plus tard, le 25 octobre 1873 ;

Louis, Bertrand, Auguste Soulé, né le 7 février 1833 à Vieille-Aure (Hautes-Pyrénées). Recruté comme demi-soldier à Azet (Hautes-Pyrénées) le 1er août 1852, préposé à L’Hospitalet le 1er mars 1853, sous-brigadier à Auzat (Ariège) le 1er avril 1860, brigadier à Seintein le 1er octobre 1868, Louis Soulé fut promu lieutenant à l’occasion de son affectation au Ferret le 1er novembre 1873. Il devait rester sur cette penthière côtière jusqu’au 1er avril 1875 ;

Arnaud, Joseph Cazaux, né le 4 mai 1835 à Bordeaux. Initialement engagé comme matelot à demi-solde à Bordeaux le 1er mars 1852, matelot le 1er juillet 1853, préposé le 1er août 1855, sous-brigadier au Truc-Blanc le 1er avril 1857, il fut nommé brigadier aux Genêts le 1er mai 1859. Passé le 1er septembre 1859 à Cazaux – où il fit la connaissance de sa future épouse, la fille du capitaine Fourou -, il fut muté le 1er novembre 1862 à Bordeaux, où sa carrière allait basculer. “ Pendant près de deux ans (1867-1868), (il osa) prêter son concours à un commerce de liquides et s’associer à des intérêts opposés à ceux qu’il était chargé de protéger ” (196) ; l’affaire , il est vrai, ne fut découverte qu’en 1875 à la suite d’une intervention de la veuve de l’importateur de tafias que Cazaux avait “ aidé ”. Le 18 mars, la Direction Générale décida que Cazaux, alors lieutenant de 1ère classe à Bordeaux, serait rétrogradé à la 3ème classe et “ envoyé sur les lignes ”. L’intervention de son père, ancien douanier et garde-magasin à la retraite, de son épouse (fille de douanier), la mansuétude du directeur Denelle et, peut-être aussi, les protections dont il bénéficiait évitèrent donc la révocation à Cazaux qui fut ainsi affecté au Ferret le 1er avril 1875. Il est vrai que quelques jours auparavant, le 21 mars, le curé de Talmont avait insisté auprès du directeur de Bordeaux pour que Cazaux – qu’il accusait d’une tentative de viol sur la personne d’une de ses nièces en 1871 – ne fût pas affecté dans sa paroisse !… Le 24 février 1877, le maire de La Teste Auguste Lalesque n’hésitait pas à appeler l’attention du directeur de Bordeaux sur le lieutenant du Ferret : “ Le lieutenant Cazaux, actuellement attaché au poste du Ferret, est un de mes parents par alliance. Au service de votre administration depuis longtemps (il a fourni carrière assez longue pour arriver à la retraite dans une quinzaine de mois), sa conduite fut iréprochable jusques il y a quelques années, époque à laquelle il mérita la révocation ; mais la bienveillance de ses supérieurs voulut la transformer en une perte de grade et en un exil sur la côte… ” Et de demander que Cazaux pût remonter à la 2ème classe de son grade avant sa retraite. Assurance fut donnée à Auguste Lalesque que “ ne serait pas perdu de vue l’intérêt qu’il portait à son parent et qu’il en serait tenu compte le moment venu ”. De fait, Cazaux passa à la 2ème classe le 1er novembre 1877 et à la première le 1er janvier 1879.

Lorsqu’il prit sa retraite le 1er juillet 1880, la lieutenance du Ferret fut supprimée.

 

V. CAPITAINERIE DE CAZAUX

Rappel :

La capitainerie de Cazaux résulte de la translation au 1er octobre 1843 de la capitainerie de Biscarrosse ; cette dernière fut purement et simplement recrée le 1er novembre 1867… lors de la suppression de la capitainerie de Cazaux.

La capitainerie de Cazaux, sur son quart de siècle d’existence, vit se succéder à sa tête une dizaine d’officiers :

Joseph, Roch, Célestin Oraison, né le 6 avril 1796 à Marseille. Après avoir transféré le siège de sa capitainerie de Biscarrosse à Cazaux, il eut à assurer la translation du poste de Gastes à La Saly (197). Joseph Oraison quitta Cazaux pour Boisvieil (direction de Marseille) le 1er octobre 1845 ;

Maurice, François Robert, né le 6 octobre 1799 à Laval. Recruté comme préposé à Soulac le 1er mai 1826, sous-lieutenant (sous-brigadier) à Soulac le 1er août 1827, nommé lieutenant (brigadier) à Saint-Vivien le 1er juillet 1830, lieutenant maritime à Pauillac le 1er novembre 1831, brigadier ambulabnt aux Chartrons le 1er décembre 1834, il fut promu lieutenant de patache au Verdon le 1er juin 1837, passa à Soulac le 1er juillet 1838 et fut nommé lieutenant de 3ème classe à Soulac en février 1839 ; après plusieurs mutations, c’est à Cazaux qu’il vint décrocher ses galons de capitaine le 1er octobre 1845, avant de gagner Blaye le 1er juin 1846. Nommé par la suite capitaine à Mortagne le 1er septembre 1848, il revint le 1er mai 1849 à Blaye où il prit sa retraite le 1er mars 1856 ;

Louis-Napoléon Chéret, né le 7 juin 1805 à Avignon. Comme indiqué plus haut, il ne fut affecté à Cazaux, une première fois, que pour quelques mois, puisqu’il rejoignit les Genêts le 1er octobre 1846 avant de revenir … à Cazaux le 1er février 1850 ;

Amable, Placide, Henry Lubais, né le 9 janvier 1802 à Val de La Haye (Seine-Inférieure). Entré dans les douanes comme préposé à Saint-Valéry en Caux le 1er juillet 1820, il fut nommé sous-brigadier à Dieppe le 1er février 1824, brigadier à Saint-Valéry en Caux le 1er mai 1828, avant d’être promu lieutenant le 1er juin 1833 et de passer alors dans la direction de Strasbourg ; il revint vers son Ouest natal, à Jumièges (direction de Rouen) le 1er novembre 1839, passa à Fécamp et retourna dans la direction d’Abbeville, au Tréport le 1er mai 1842. Quelques jours avant sa promotion au grade de lieutenant de 1ère classe et son départ pour Bordeaux, le directeur d’Abbeville Jacques Boucher de Perthes – qui n’était pas encore le Père de la Préhistoire – écrivait de son subordonné : “  Bonne conduite, bonne tenue ; ne manque pas d’intelligence et d’instruction. Caractère doux et honnête mais susceptible ”. Promu capitaine à Cazaux le 1er octobre 1846, Amable Lubais devait solliciter, fin 1848, son changement de résidence : non seulement, il souffrait depuis plusieurs mois de fièvres intermittentes, mais “ la côte de Cazaux a(avait) été si fatale à la sante de (sa) femme et de (son) enfant qu’ils se trouvaient “ en traitement à La Teste ” ; il obtint, le 1er mai 1849, le poste de Mortagne où il prit sa retraite le 1er janvier 1852 ;

Charles Latour, né le 26 août 1810 à Seintein (Ariège). Ainsi qu’il a été dit plus haut, il fut affecté à Cazaux le 1er mai 1849 avant d’être appelé aux Genêts le 1er février 1850 ;

Louis-Napoléon Chéret, né le 7 juin 1805 à Avignon, de retour à Cazaux jusqu’au 31 octobre 1851 ; il quitta la Gironde pour le Boulou (direction de Perpignan) ;

Pierre-Evariste Jousset, né le 6 octobre 1807 à Montendre (Charente-Inférieure). Ses services antérieurs au 1er juillet 1840 n’ont pu être retrouvés – la feuille de signalement qui aurait dû se trouver dans son dossier ayant disparu. Lieutenant de 3ème classe à bord de la goélette le Charles depuis le 1er juillet 1840, il avait servi successivement à Soulac, Lafosse, Mortagne et Libourne avant d’être promu capitaine à Cazaux le 1er novembre 1851 ; il retrouva Mortagne le 1er janvier 1852 et y prit sa retraite le 1er mai 1859 ;

Victor, Fulgence Farjenel, né le 9 janvier 1807 à La Rochelle. Admis dans les douanes comme cavalier le 1er octobre 1826, préposé à Périgny le 1er novembre 1827, sous-brigadier à La Rochelle le 1er septembre 1831, brigadier au Brault le 1er mai 1833, il avait obtenu ses galons de lieutenant le 1er septembre 1842 avant de passer dans la direction de Bordeaux le 1er septembre 1846, emportant l’appréciation suivante de la hiérarchie rochelaise : “ Education ordinaire, tenue soignée, belle représentation, caractère doux, conciliant, réservé. A fait une partie de ses classes, écrit et calcule assez bien ; il a de l’activité, du zèle et de la conduite. Est fils d’un ancien capitaine de vaisseau de la marine royale ”. Affecté à Cazaux le 1er janvier 1852, il obtint, le 1er mai 1859, sa mutation pour Cubzac où il fut retraité le 1er mars 1866 ;

Honoré Fourou (alias Faurou (198)), né le 17 mai 1812 à Saint-Béat (Haute-Garonne). C’est avec sa promotion au grade de capitaine qu’il fut – pour son malheur – affecté le 1er mai 1859 à Cazaux, sous les ordres directs de l’inspecteur Pontallié. L’accident dont fut victime en juillet 1864 le au garde forestier Courrège allait avoir de fâcheuses conséquences pour le capitaine Fourou ;

Jean Fouet, né le 16 avril 1820 à La Teste-de-Buch, dont la carrièe a été retracée plus haut. Il fut affecté comme capitaine à Cazaux le 1er janvier 1862 avant de passer à Arès le 1er juin 1866 ;

Louis, Simon, Joseph Nogier, né le 22 décembre 1816 à Obernay (Bas-Rhin). Comme souligné supra, c’est lui qui, promu capitaine à Arès le 1er juin 1866, fut désigné en fait pour la capitainerie de Cazaux, dont il transféra le siège à Biscarrosse le 1er novembre 1867.

 

VI. CAPITAINERIE D’ARÈS

Rappel :

La capitainerie d’Arès fut créée en 1851 lors de la suppression de la capitainerie de Certes. Elle fut supprimée à son tour début 1884 pour être, d’abord, remplacée par une lieutenance indépendante, puis par une sous-lieutenance.

À la capitainerie d’Arès furent rattachées, dès leur création, les lieutenances de Certes et du Cap-Ferret, précédemment analysées.

Furent capitaines à Arès :

Charles Latour, né le 26 août 1810 à Seintein (Ariège) et déjà évoqué. Muté des Genêts à Arès le 1er avril1851, il demeura dans la capitainerie qu’il avait été chargé d’installer jusqu’au 1er janvier 1858 ; à cette date, il fut affecté à Blaye avant de passer à Lormont où il prit sa retraite le 1er juillet 1869 ;

Jean-François, Prosper Bordage, né le 26 juin 1811 à Landorthe (Haute-Garonne), rencontré plus haut, puisqu’il quitta Arès le 1er juin 1866 pour la capitainerie de La Teste ;

Jean Fouet, né le 16 avril 1820 à La Teste, qui suivit le même chemin et passa d’Arès à La Teste le 1er janvier 1874 (voir supra) ; au cours de son séjour arésien, Jean Fouet fut soupçonné d’avoir été à l’origine d’un article paru dans La Gironde du 26 janvier 1871 sous le titre On nous écrit d’Arès le 23 janvier 1871, ainsi conçu : “ On cherche partout des officiers éprouvés pour commander nos troupes en campagne, et on laisse dans l’inaction des hommes qu’un long service et l’habitude de la discipline devraient désigner tout spécialement. Pour ne citer qu’un seul exemple, à Arès (canton d’Audenge) un capitaine des douanes, M. F…, a, dès nos premiers désastres, offert généreusement son sabre à la patrie ; il reste néanmoins dans un poste peu important, où un simple brigadier de douanes pourrait aisément le remplacer. Si on prenait cette dernière mesure, ce capitaine expérimenté pourrait être placé à la tête d’une compagnie de marche ainsi qu’il en a manifesté le désir. Bon nombre d’officiers de douane se trouvent sans doute dans le même cas ” ; avec humour, le sous-inspecteur Ducatel, qui penchait pour une plaisanterie “ de quelque loustic villageois ”, conclut : “ il n’y a aucun cas à en faire, et si l’auteur n’a pas de moyen plus efficace pour renforcer les armées françaises, notre cause est bien tout à fait perdue ”. Et elle le fut ….

Jean-Baptiste Lafont, né le 11 mai 1824 à Melles (Haute-Garonne). Titularisé le 1er novembre 1848, il fut promu capitaine le 1er juillet 1870, après un cursus administratif mal connu ; bien que souffrant “ d’accès de fièvre paludéenne contractée en Vendée ”, il fut affecté à Arès. Le 12 février 1876, le directeur de Bordeaux ne pouvait que prendre prétexte de “ la cachexie paludéenne avec engorgement des viscères abdominaux ” dont était atteint le malheureux Lafont pour suggérer sa mise à la retraite qui intervint le 1er mai 1876 ;

Jean Lerdon, né le 30 août 1830 à Licq-Atherey (Basses-Pyrénées). Recruté comme demi-soldier à Larreau le 1er août 1849, préposé à Saint-Engrace le 1er novembre 1851, sous-brigadier à Biriatou le 1er mai 1854, il fut nommé brigadier à Bassaboure le 1er mai 1856, brigadier ambulant à Talais le 1er novembre 1862. Promu lieutenant au Verdon le 1er février 1868, puis capitaine à Concarneau le 1er janvier 1874, il revint dans la direction de Bordeaux avec son affectation à Arès, qu’il laissa le 1er avril 1878 pour gagner la capitainerie de Saint-Vivien où il mourut le 22 novembre 1881 ;

Auguste, Amédée Prévot, né le 23 novembre 1826 à Any Martin Rieux (Aisne). Recruté comme préposé à Richard le 1er mai 1851, sous-brigadier au Gressiet le 1er octobre 1853, brigadier à Cazaux le 1er mars 1856, il fut promu lieutenant au Verdon le 1er novembre 1865 ; muté à Bordeaux le 1er septembre 1871, il accéda au grade de capitaine à Vendays le 1er novembre 1874, avant de poursuivre le 1er avril 1878 à Arès. Auguste Prévot y fut retraité le 1er mars 1884, alors que son état de santé se détériorait malgré “ une médication énergique prodiguée par M. Clément, son médecin ” ; il décéda à Arès le 12 juillet 1885 : il avait été le dernier capitaine à Arès.

La capitainerie fut remplacée par une lieutenance dont le premier titulaire fut nommé le 1er juin 1884. Se succédèrent sur le poste jusqu’à sa suppression en 1908 :

Henri, Hippolyte Rocher, né le 14 février 1844 à Mortagne (Charente-Inférieure). Il passa donc de Biscarrosse à Arès, avant de gagner Bordeaux le 1er juin 1885 ; Théodore Dalis ainsi que M. Boucaut, député des Landes, étaient en effet intervenue, courant 1883, pour que Henri Rocher quittât Biscarrosse, “ un séjour sûrement agréable mais (où) il a(vait) un service tellement pénible ” ;

Alexandre Ville, né le 4 février 1844 à Banat (Ariège). Entré dans les douanes comme préposé à Soulac (1er février 1870), sous-brigadier à Lafosse (1er mai 1872), brigadier au même poste après plusieurs mutations (1er janvier 1877), versé commis à Bordeaux (1er mars 1884), il avait été promu sous-lieutenant à Arès le 1er juin 1885 ; Alexandre Ville abandonna “ la sous-lieutenance ” le 1er janvier 1888 pour Bordeaux où il obtint ses galons de lieutenant le 1er septembre 1888 ;

Martin Omont, né le 23 octobre 1850 à Montfarville (Manche). Recruté comme préposé dans la direction de Caen le 1er janvier 1872, sous-brigadier à Gouberville (Manche) le 1er juillet 1876, brigadier le 1er janvier 1883, il fut promu le 1er septembre 1888 sous-lieutenant à Arès, qu’il quitta pour Lagrange le 1er avril 1889 ;

Jean-Yves Domalin, né le 18 novembre 1855 à Etables (Côtes-du-Nord). Admis comme préposé à Sainte-Anne (Ille-et-Vilaine) le 1er novembre 1877, sous-brigadier à Hillion (Côtes-du-Nord) le 1er janvier 1879, brigadier à Ploumanach le 1er octobre 1881, il passa dans la direction de Bordeaux et fut promu lieutenant à Lagrange le 1er septembre 1888. Domalin fut affecté à Arès le 1er avril 1889 avant de regagner Brest le 1er septembre 1889 ;

Constant, Aimé Brun, né le 7 février 1851 à Saint-Sornin (Vendée). Recruté préposé au Brault (Charente-Inférieure) le 1er janvier 1877, passé sous-brigadier à Marennes (1er février 1879), brigadier à Chatrenac (1er juin 1882), il fut promu sous-lieutenant à Brest le 1er février 1886, avant d’être affecté à Arès le 1er septembre 1889 ; élevé sur place au grade de lieutenant le 1er mars 1890, Constant Brun quitta le ciel arésien pour Bordeaux le 1er juin 1891 ;

Prosper, Yves-Marie Chanvril, né le 29 mars 1856 à La Motte (Côtes-du-Nord). Engagé dans les douanes comme préposé à Angoulins (Charente-Inférieure) le 1er janvier 1878, sous-brigadier à La Cayenne le 1er février 1883, brigadier à Brouage le 1er avril 1887, il fut promu sous-lieutenant indépendant à Macau le 1er août 1890 (décision rapportée) et passé le même jour sous-lieutenant à Saint-Bonnet, puis à Arès le 1er juin 1891 ; le 1er mai 1893, Prosper Chanvril était nommé lieutenant à Arès qu’il laissait le 1er décembre 1894 pour Bordeaux ;

Alexis-Eugène Luc, né le 9 avril 1858 à Arras. Recruté comme préposé à Grimaud (Var) le 1er décembre 1892, sous-brigadier à L’Hospitalet le 1er septembre 1888, brigadier à Salles (Hautes-Pyrénées) le 1er février 1891, il passa avec le grade de sous-lieutenant à L’Enceinte (direction de Marseille) le 1er juillet 1893, avant d’être affecté à Arès le 1er décembre 1894 ; Alexis-Eugène Luc fut promu lieutenant sur place le 1er janvier 1896 avant d’être muté comme lieutenant indépendant à Royan le 1er janvier 1897 ;

Edouard, Auguste Vaugrande, né le23 juillet 1866 à Jard-sur-Mer (Vendée). Entré dans les douanes comme préposé dans la direction de Caen le 1er avril 1887, sous-brigadier au Rozel (Manche) le 1er octobre 1891, brigadier à Brévands (Manche) le 1er juillet 1893, il fut promu sous-lieutenant le 1er janvier 1897 et affecté à Arès, qu’il quitta pour Pont-l’Abbé le 1er mars 1898 ;

Alexandre, Pierre Mont, né le 8 juin 1853 à … (Charente-Inférieure). Il avait débuté comme préposé à Fontbedeau (direction de La Rochelle) le 1er octobre 1878 ; sous-brigadier à La Perrotine le 1er décembre 1880, brigadier à Luzac (Charente-Inférieure) le 1er avril 1835, il fut promu sous-lieutenant à Bedous le 1er mai 1888, élevé au grade de lieutenant à Béhobie le 1er juillet 1891. Affecté à Lecumberry (Basses-Pyrénées) le 1er septembre 1893, il arriva à Arès le 1er mars 1898 ; Alexandre Mont – pour des raisons ignorées – fut retraité le 1er avril 1906 par mesure disciplinaire ;

Arsène, Léopold, Brénislas Konarski, né le 29 novembre 1869 à Luxeuil (Haute-Saône). Recruté comme préposé aux Etraches (direction de Besançon) le 1er mai 1892, sous-brigadier à Chaux de Gilley (Doubs) le 1er avril 1894, brigadier aux Gras (Doubs) le 1er février 1897, il fut promu sous-lieutenant à Saint-Maurice (direction d’Epinal) le 1er mars 1901 et lieutenant à Lecumberry le 1er novembre 1904. Arsène Konarski quitta le Pays Basque pour Arès le 1er mars 1906 ; à la suite de la réorganisation du 1er juillet 1908, supprimant la lieutenance arésienne, il gagna le 1er octobre 1908 Arcachon où il épaula le capitaine Aris-Brosou pendant deux mois. Il fut ensuite muté à Bordeaux le 1er décembre 1908.

 

CONCLUSION

Au terme de cette étude synthétique, inévitablement partielle mais aussi malheureusement incomplète – puisque la reconstitution de tous les postes, un temps envisagée pour dresser un tableau humain aussi complet que possible, n’a pu être menée à bien -, il convient de ne pas oublier deux caractéristiques qui ont marqué le siècle d’or de la Douane en Pays de Buch :

– tout d’abord, l’importance sociale de la forte présence douanière autour du Bassin d’Arcachon et en bordure de l’Océan.

– en second lieu, le rôle… culturel des gabelous.

La Douane a accueilli, dans les rangs de ses brigades notamment, de nombreux paysans bougès et surtout landais et, dans sa marine, un nombre non négligeable de matelots du Bassin ; tout en leur imposant des conditions de vie difficiles pour ne pas dire dures, tenant au fonctionnement du service, à la discipline (199), au casernement, elle leur permit d’abord de survivre, puis de vivre et, tout compte fait, d’envisager, sinon pour eux du moins pour leurs fils, des possibilités d’ascension sociale.

Nous avons entrevu aussi que des familles de notables locaux n’hésitèrent pas à inciter leurs rejetons à faire acte de candidature pour le surnumérariat. (200) Elles furent cependant peu nombreuses. Peut-être par manque de moyens ? Peut-être aussi les jeunes bourgeois du pays n’avaient-ils pas une formation de base suffisante pour envisager de faire carrière dans les bureaux… si l’on en croit un témoin digne de foi, le conseiller municipal Sémiac !

Dans les communes où ils étaient implantés, les douaniers furent par ailleurs ceux par qui arrivaient « les dernières nouvelles » ; ceux que l’on interrogeaient pour en savoir plus, y compris de manière officielle, comme on l’a indiqué avec les statistiques du port de La Teste fournies par l’inspecteur Sicart d’Alougny ; ceux que l’on mettait volontiers en cause lors des élections : ainsi, en 1861, le lieutenant de Certes fut-il accusé d’avoir « rangé en colonne » ses hommes pour aller voter en faveur d’Alphonse de Lamarque de Plaisance et lui permettre d’enlever le siège de conseiller général du canton d’Audenge ! (201)

Les gabelous, et Jean Paloc a écrit à ce sujet des pages savoureuses, participaient aux cérémonies officielles du 1er janvier et du 15 août (sous le Second Empire, il s’agissait de la Saint Napoléon érigée au rang de Fête Nationale), à la Fête-Dieu, aux processions nautiques arcachonnaises chères à l’abbé Mouls et à Mgr Donnet.

Ils furent pendant des décennies les auxiliaires zélés d’une société savante, la Société Linnéenne de Bordeaux, dont le président, fils d’un directeur des douanes de Bordeaux, était un ancien inspecteur des douanes. Charles Desmoulins (202), puisque c’est de lui qu’il s’agit, et dont le correspondant testerin était le pharmacien Chantelat, passionné comme lui de botanique et de zoologie, ne put que se féliciter des cueillettes et des récoltes des gabelous à Cazaux, sur la côte océane et dans la forêt testerine : une partie de l’Herbier que sa veuve offrit au Jardin Botanique de Bordeaux, est constituée de leurs trouvailles.

Mais le concours de la Douane ne s’arrêtait pas là. A propos de la fête linnéenne du 27 juin 1839, à La Teste, Desmoulins écrivit : « On s’était embarqué à 6 heures du matin sur le bateau de la Douane où M. Dejean, lieutenant principal, avait bien voulu donner passage aux amateurs » (203) qui souhaitaient rejoindre le Cap-Ferret. L’opération fut renouvelée un an plus tard, puis en 1844, mais cette fois avec l’assentiment de « M. Lalesque, lieutenant des douanes ».

Enfin, des officiers des douanes, rares il est vrai, prenaient la plume. Hors des frontières du Pays de Buch, certains sont passés à la postérité : le capitaine Vildieu pour ses Considérations sur la pêche côtière, publiées en 1849 (204), le capitaine Saint-Jours pour ses travaux sur le littoral landais.

Qui nous dira le nom du capitaine en poste à Sainte-Eulalie sous la Restauration ? Certes, la Société Linnéenne, chère à Charles Desmoulins, conserve aujourd’hui encore précieusement son Mémoire sur le Pin et ses Productions, rédigé en 1818 et publié plus loin, mais il ne nous a pas été donné de pouvoir l’identifier.

Espérons aussi que des descendants de gabelous exhumeront de leurs archives familiales, états de services, documents et clichés qui ont fait défaut jusqu’à présent, pour mieux connaître le passé douanier du Pays de Buch.

 

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NOTES

(190) J. Clinquart, La Douane sous la Restauration…, p. 181.

(191) Ibid., p. 283.

(192) Musée des Douanes, Fonds Leducq.

(193) M. Boyé, Les Fermes du Roy à La Teste-de-Buch au début des années 1780, dans B.S.H.A.A. n° 25 (3ème trimestre 1980, p. 1 à 7.

(194) Voir 1ère partie (Chapitre II).

(195) Il fut un “ collaborateur ” bénévole de son compatriote le capitaine Bernard Saint-Jours (voir M. Boyé, Le capitaine Saint-Jours [1844-1938], un douanier landais à l’Académie de Bordeaux, dans Les Landes entre tradition et écologie, F.H.S.O., 1996, p. 315 à 334).

(196) Jean Paloc, Souvenirs d’un directeur des douanes, 1997

(197) M. Boyé, 1843-1867 – La Douane à Cazaux, dans B.S.H.A.A. n° 53 (3ème trim. 1987), p. 16 à 27.

(198) Cet officier crut jusqu’à l’âge de 60 ans qu’il s’appelait Faurou alors qu’à l’état civil il était repris sous le nom de Fourou !

(199) Une stricte discipline régit jusqu’au début des années 1930 la vie professionnelle mais aussi la vie privée des douaniers des brigades : le mariage tout d’abord (recrutés célibataires, ils devaient demander à leurs supérieurs l’autorisation de se marier), leurs conditions de vie ensuite (leurs déplacements étaient contrôlés, leurs dépenses de santé aussi !).

(200) A côté des Sémiac, Daisson et Bourdaud évoqués, parmi les surnuméraires qui débutèrent hors du Pays de Buch, citons les Daisson, Bénazet, Bézian et Baleste.

(201) A.D. Gironde, 3M 311.

(202) Pour mieux connaître ce personnage, voir le catalogue du Musée des Douanes, Charles Desmoulins : artiste, savant et douanier, Bordeaux, 1987.

(203) L’Ami des Champs, année 1839, p. 436.

(204) Michel Mollat (sous la dir. de), Histoire des pêches maritimes en France, 1987, p. 245.

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