La paroisse de Gujan avant la Révolution (2)

La paroisse de Gujan avant la Révolution

 

Deuxième partie

La vie économique et sociale

 

LIMITES ET ASPECT GÉNÉRAL DE LÀ PAROISSE

La paroisse était limitée au nord par la petite mer de Buch, au sud par la Paroisse de Sanguinet en Born, à l’est par la Paroisse du Teich, dépendant jusqu’en 1735 du Seigneur de Certes, puis après cette date du captal de Buch, à l’ouest par les Paroisses de La Teste et de Cazaux.

Le rivage est à peine plus élevé que le niveau des hautes marées et remonte en pente très faible vers le sud. Les 3 et 4 mars 1783, « un grand reflux d’eau salée submergea tout le jardin de la cure, y compris le cuvier, avec toutes tes vignes et les maisons de Mestras les plus près du Bassin ».1 (E. Supp. 1458)

Entre le rivage et « lou camin de Bourdéou » qui passait au sud, au large des hameaux, s’étendait la zone cultivée : champs, prés et surtout vignes. Il y avait quelques boqueteaux de pins. Au-delà, c’était la lande plate jusqu’à Sanguinet, ter­rain de parcours des troupeaux de moutons, les chevaux et les vaches allant plutôt dans les prés salés. La lande était rase, car elle était incinérée périodiquement pour faciliter la pousse de l’herbe. Rien n’arrêtait la vue que le lointain clocher de Sanguinet et les toits de quelques parcs. Parfois, par un effet d’optique, les toits de ces parcs paraissaient se hausser sur l’horizon et les bergers disaient : « Lous parcs se miralhen ». L’été, une sorte de mirage donnait l’impression que les toîts dansaient et les bergers disaient : « Lou diabble que danse sous parcs »2.

Ces parcs étaient des bergeries où l’on rentrait les trou­peaux la nuit de crainte des loups et pour avoir le fumier indis­pensable aux cultures, en quantité insuffisante du reste, et auquel on suppléait par « lou coup » que l’on ramassait dans les prés salés.3

Par les hivers pluvieux, le lac de Cazaux débordait et ses eaux, jointes aux eaux de ruissellement de la lande, transfor­maient celle-ci en un marécage et menaçaient les cultures et les habitations. Pour se protéger des eaux descendant du sud, les habitants de Gujan et ceux de La Teste creusèrent une craste commune ou « baneyre » qui, partant des dunes de La Teste pour aboutir à l’Eyre, coupait la pente perpen­diculairement et collectait les eaux. Elle existe toujours et est toujours utile. Elle ne suffisait pas, du reste, à elle seule, à assainir le sol. Il fallait tout un réseau de crastes dont l’en­tretien créa toujours des difficultés. Une supplique non datée, mais qui ne peut avoir été rédigée qu’entre 1743 et 1757, puis­qu’elle est adressée au marquis de Tourny, lequel ne fut inten­dant de la Généralité de Bordeaux que durant cette période, signale que les crastes publiques et particulières ne sont plus entretenues, « ce qui cause un préjudice notable à toute la paroisse, duquel on ne s’est que trop resenty l’année dernière, qui est l’unique cause qu’il n’y a presque pas eu de récoltes, à cause du séjour que les eaux pluviales ont fait dans les terres ensemencées et les terres complantées en vignes, faute d’avoir leur cours libre ». Cette supplique était signée : Daney, syndic, Duboscq, procureur fiscal, Dutruch, Cameleyre, Duvigneau, Dumoulin, Daisson, Dumur, Dehillotte, Duvignac, Bosmaurin, Jean Daney, Lagarde et Borman (?). (A.D. C 1850)

La supplique précitée faisait état dans la paroisse de « cinq petits quartiers ». C’étaient comme aujourd’hui :

1° Mestras, le quartier des marins dont le nom signifie l’en­droit où il y a des « mestres » (comprenons des « maîtres de barque ») ;

2° Gujan, dit le Bourg, bien que plus petit que Mestras, mais le Bourg parce qu’il y avait l’église ;

3° La Ruade ainsi nommée parce que ses maisons étaient disposées le long d’un chemin conduisant à Cazaux et à Sanguinet, à la manière des maisons des villes le long d’une rue ;

4° Meyran, nom qui vient probablement du gascon : meyram, le bétail ; ce quartier à l’origine aurait été celui où il y avait le plus de bestiaux ;

5° La Hume qui n’était presque rien (4), le nom lui-même étant celui du ruisseau séparant la paroisse de Gujan de celle de La Teste, « Hume » voulant dire fumée, vapeur, peut-être le brouillard montant du ruisseau.

 

LE SEIGNEUR ET LES HABITANTS

La paroisse de Gujan, avec les paroisses de La Teste et de Cazaux, constituait une seigneurie, appelée captalat de Buch. Le siège de la Juridiction du captalat était à La Teste où le seigneur avait son château, qui ne fut jamais qu’une forteresse et où il n’habita qu’occasionnellement .

Le Rôle des impositions pour le vingtième (année 1757) nous donne de Gujan au XVIIIe siècle l’intéressante descrip­tion suivante : « Gujan est une paroisse à trois quarts de lieue de La Teste, au bord du Bassin d’Arcachon. Un ruisseau formé par les eaux pluviales la traverse, passe près de l’église et va se jeter dans le Bassin… Les terres situées à l’ouest, au-delà du ruisseau, du côté de La Teste sont sablonneuses. Il ne s’y sème que du seigle. Celles situées à l’est, au quartier appelé Mestras sont propres à faire venir du froment.

« Il y a peu de pins. Ils sont situés au sud, en allant dans les landes… Il y a beaucoup de vignes. Le vin n’est pas d’une aussi bonne qualité qu’à La Teste ; il se consomme dans le pays. Les bourgeois de La Teste jouissent d’un tiers des pos­sessions de cette paroisse.

« Il n’y a que deux métairies ; une, à deux paires de bœufs, appartient à M. le chevalier de Caupos et l’autre, très mauvaise, à M. de Caupos-Lavie…

« Il ne se recueille pas ordinairement de froment au-delà de la consommation des habitants et il ne se recueille pas assez de seigle. Ils en achètent dans la paroisse du Teich, située à un quart de lieue sur le bord de la rivière de Leyre…

« Il n’y a point de commerce. Les habitants sont presque tous pêcheurs. M. de Ruat, conseiller à la Grand’Chambre du Parlement de Bordeaux, est seigneur de cette paroisse. Son château est situé à un quart de lieue dans la paroisse du Teich.

« Il y a plusieurs troupeaux de brebis. Le produit est de peu de conséquence pour les agneaux, mais le fumier sert pour l’engrais des terres et la plupart n’en ont que dans cette vue.

Il y avait des abeilles, mais elles ont essuyé le même sort qu’à La Teste par les grandes chaleurs… » (A.D. C. 3052)

Il ressort de ce rapport que l’élevage n’était qu’une res­source d’appoint et que les cultures de céréales étaient insuffisantes pour les besoins des habitants. Comme on le verra, ceux-ci vivaient de la pêche d’abord, de la viticulture ensuite.

Les professions, d’après le rôle du vingtième de 1757, se répartissaient comme suit :

Marins 69 – Laboureurs 10 – Résiniers 8 – Meuniers 6 – Vignerons 5 – Bouviers 4 – Voituriers 4 – Marchands 3 – Forgerons 2 – Praticiens 2 (les sieurs Bernard et Pierre Baleste-Marichon) – Menuisiers 2 – Tailleurs d’habits 2 – Chirurgiens 2 (Caupos et Bertrand Baleste dit le Parisien) – Tonnelier 1 – Charron 1 – Maçon 1 – Matelot 1 – Brassier 1 – Marchand voiturier 1 – Boucher 1 – Vacher 1 – Poisson­nier 1 (Daussy, dit Miquelon) – Cordonnier 1 – Marchand drapier 1.

Il y avait deux sacristains : Gérard Daney, dit Monie, et Jean Daney.

 

LA PÊCHE

« À Gujan — écrivait en 1725, de Rostan, commissaire des classes à La Teste — Il y a sept chaloupes qui font la pesche du péougue5 l’hiver. Il y a plus de matelots qu’à La Teste et de très beaux corps. » (A.H.G. Tome année 1935)

Dans son rapport du 18 septembre 1727, Le Masson du Parc, commissaire ordinaire de la Marine, inspecteur général des pesches du poisson de mer, note à propos des pêcheurs du Bassin d’Arcachon : « …ceux de la terre de Gujan doivent être regardés comme les grands pescheurs tant de la Grande que de la Petite mer.

« Au quartier de Meyran, il y a deux grandes chaloupes pour la pesche du péougue ; il n’y a que les pêcheurs de mer qui commencent à prendre un rôle et un congé pour faire la pesche dans la saison, les autres qui se servent de tilloles comme ceux de La Teste ne prennent jamais aucune expédi­tion. Il y a aussi 18 pinasses.

« À Mestras, il y a sept chaloupes pour le péougue.

« À Gujan, il n’y a aucune chaloupe pour faire la pescheen hyverà la Grande mer. Les pêcheurs de Gujan ont 9 pinasses, ils font la pesche des huîtres, des moules et de toutes autres espèces de coquillages que l’on trouve en abon­dance sur les fonds qui découvrent toutes les marées et sur­tout durant les vives eaux de Téquinoxe »6.

Ce que ne dit pas Le Masson du Parc, c’est que les Mestrassais, « péougayres » (pêcheurs en haute mer), mépri­saient les Gujanais, « charouayres » (ramasseurs de moules).

Dans son Mémoire sur la situation de la subdélégation de Bordeaux, du 25 juillet 1743, le subdélégue Thomas de Sorlis insiste sur le plus grand nombre de matelots dans la paroisse de Gujan que dans celle de La Teste :

« Les deux paroisses de La Teste et de Gujan — écrit-il — sont sur le bord du Bassin de Notre-Dame d’Arcachon. il y a de la vigne dont les vins se consomment sur les lieux, des terres à seigle, des préries, des bois de pins à résine, beaucoup de landes et beaucoup de bestiaux. Il y a dans ces deux paroisses, mais plus à Gujan qu’à La Teste, des mate­lots qui vont en mer avec des chaloupes pour la pesche et c’est ce qui procure le poisson de mer à Bordeaux où on la porte de ces deux paroisses par terre avec des chevaux et autres bestes de somme… » (A.D. C.264)

À cette époque, il n’était pas question d’ostréiculture, mais les huîtres « peschées » étaient exportées cependant assez loin, comme en témoigne le naufrage, le 19 février 1720, d’une chaloupe qui portait des huîtres à Bayonne. (A.D. E. Supp. 1456)

Les naufrages étaient fréquents. L’avocat Dubois-Martin, dans son Mémoire pour la Communauté des Bougés ou Pêcheurs des Côtes de La Teste ou Captalat de Buch en Guyenne, fait état de 18 naufrages en treize ans :

1767, naufrage de 4 chaloupes de 13 hommes.

1769, naufrage de 3 chaloupes de 13 hommes (cinq autres perdent leurs filets.)

1770, naufrage de 2 chaloupes de 13 hommes (Deux autres perdent leurs agrès et apparaux.)

1772, naufrage de 4 chaloupes de 13 hommes (Cinq autres perdent leurs filets.)

1777, naufrage de 5 chaloupes de 13 hommes (13 hommes rescapés.)

1780, 10 chaloupes perdent leurs fiiets7.

Les équipages des cinq chaloupes disparues en décem­bre 1777 étaient composés uniquement de Gujanais. Le 6 jan­vier 1778, l’Intendant de Guienne Dupré de St-Maur écrivait au ministre Necker : « …Dans la seule paroisse de Gujan, située sur la Côte d’Arcachon, ce triste événement a enlevé 51 habi­tants dont les familles se trouvent par ce moyen dénuées de toutes ressources. J’ai cru qu’il serait conforme à vos inten­tions de venir à leur secours. En conséquence, sur les fonds que vous avez mis à ma disposition pour distribuer des sou­lagements dans la disette dont ma Généralité est affligée, j’ai fait remettre au curé de Gujan une somme de mille livres pour être employée par ses soins, de concert avec le seigneur des lieux, à procurer des subsistances à ces familles désolées. »

L’état de la répartition des 1.000 livres est adressé à Necker le 17 mars. Il répond le 9 avril : « J’ai vu avec satis­faction que vous avez tenu à ce que ces secours fussent dis­tribués à chacun de ceux qui étaient dans le cas d’y prétendre dans la proportion de leurs besoins. »

Le 29 janvier, le curé Vignes remerciait l’Intendant au nom de ses paroissiens : « Ils se souviendront à jamais de la liberté de votre grandeur d’âme qu’il n’avait jamais mé­connue, quoique dans bien d’autres occasions, ils avaient eu de pareilles disgrâces. Je ne cesserai de mon côté de leur rappeler vos bienfaits et de continuer avec moy leurs prières pour votre conservation et tout ce qui vous intéresse… »

Le 3 février, l’Intendant écrivait au curé : « J’ai reçu. Monsieur, la lettre par laquelle vous me témoignez votre sen­sibilité sur le secours que j’ai cru devoir accorder aux familles de votre paroisse qui ont à regretter les hommes précieux que les naufrages leur ont enlevé. Mon intention est de leur pro­curer aussi du soulagement sur leurs impositions, c’est pour­quoi je vous prie de m’envoyer un état qui contienne les arti­cles de la taille et de la capitation de ces familles. Il est nécessaire que je le reçoive sans perte de temps… » (A.D .C.298)

À remarquer le ton de chaleur humaine de ces corres­pondances officielles et le rôle social joué par le curé.

 

LA VIGNE

Toujours leurs vignes préoccupèrent les habitants du Captalat de Buch. En l’an 1500, le « recebadou » du Captal Gaston II de Foix-Candale, sans doute pour se faire bien voir de son maître, à coup sûr pour augmenter son pourcentage sur les rentrées d’impôts, se mit à exiger une taxe sur les vins, dite de « Tabernage », de 48 ardits par pipe de vin8.

Profitant d’un séjour du captal à La Teste, les représen­tants des habitants se « transportèrent » devant lui et lui remontrèrent « qu’ils étaient obligés de payer ce qu’ils n’avaient jamais été accoutumés de payer » et que cette taxe, qui n’était pas imposée du temps de Jean de Foix, de père de Monseigneur, était contraire à leurs libertés et leur causait un grand préjudice. Ils payaient déjà une rente annuelle pour leurs vignes qui, elle, leur avait été imposée par le père de Mon­seigneur, mais que leurs pères n’avaient jamais payée auparavant. Le Captal Gaston III leur donna satisfaction. Il décida qu’on reviendrait au régime en vigueur au temps de son grand-père Gaston Ier. Étant mort peu de temps après, ce n’est pas lui qui signa la Baillette, le 20 octobre 1500, au château de La Teste, mais sa femme, « la très illustre et très noble Isabelle d’Albret, Captalesse de Buch, comtesse de Kendale et de Benauges ».

Cent soixante douze ans plus tard, c’est de la concurrence que les vins étrangers faisaient aux vins de leurs vignes que les habitants du captalat se plaignirent au Parlement de Bor­deaux. Ils demandaient que « inhibitions et défenses » soient faites aux cabaretiers et autres particuliers de débiter aucun vin étranger dans le Captalat de Buch.

Par arrêt du Parlement du 29 janvier 1672, ils obtinrent gain de cause. Interdiction était faite aux cabaretiers de débiter aucun vin étranger dans le captalat de Buch. Mais en 1734, tout était à recommencer. Les habitants saisirent de nouveau le Parlement, disant « qu’il se recueille dans le dit pais une quantité de vin plus que suffisante pour la consommation qui se fait dans le dit pais, cependant les cabaretiers du dit païs se sont avisés d’acheter et de débiter des vins étrangers ,ce qui cause un préjudice notable aux habitants qui n’ont d’autres ressources que le produit de leur vin pour sub­venir à leur entretien et paiement des charges ».

Une nouvelle fois, le 24 août 1734, le Parlement prononça un arrêt en faveur des vins du captalat.

De ces vins, dans son rapport de 1725, le commissaire aux classes de la Marine à La Teste, le sieur de Rostan, nous donne quelque idée : « Dans les paroisses de La Teste et de Gujan — écrit-il — il y a quantité de terres à vigne, froment, seigle et prairies, mais le plus grand nombre est en vignes. Le produit desquelles se consomme dans le lieu même et partie en Bretagne où les habitants l’envoient, les vins qui sont noirs estant propres à résister à la mer. Il se fait aussi de bons vins blancs qu’on charge pour Bayonne et Saint-Jean de Luz. Lorsque les récoltes sont abondantes, on récolte dans les paroisses de La Teste et de Gujan, annuellement 800 tonneaux de vin ou environ… »

Le sieur de Rostan ajoute que seules les femmes tra­vaillent aux vignes.

Si la récolte du vin dépassait souvent les besoins, par contre, celle des céréales était toujours insuffisante « de sorte que les habitants sont obligés de faire venir de Bretagne, plus des trois quarts de leur provision ».

C’est en fonction de cette situation, qui était celle d’une bonne partie de la Guyenne, que l’Intendant de Tourny, dans le but de prévenir la famine en réservant le maximum de terres arables à la culture des céréales, avait interdit l’extension de la culture de la vigne et donné l’ordre d’arracher les vignes plantées depuis moins de cinq ans. Les habitants de La Teste, de Gujan et du Teich, en juin 1745, lui adressèrent une sup­plique : La Grande Montagne d’où ils tiraient la résine ayant été ravagée par un « affreux incendie », les prairies de La Teste étant de plus en plus recouvertes par les sables « poussés par l’impétuosité des vents », la vigne demeurait leur dernière ressource. D’autre part, les résiniers et les marins ne revenant chez eux « que le dimanche pour entendre /a messe, les vignes ne sont travaillées que par les femmes, qui, sans cette exception, seraient oisives9 et leurs familles misérables » principalement les veuves « nombreuses ici par tes accidents fréquents qui arrivent aux matelots… »

Pour toutes ces raisons, les suppliants priaient l’Intendant de ne pas ordonner l’arrachement des vignes qu’ils avaient plantées depuis moins de cinq ans. (A.H.G., Tome XLIII, p. 21).

L’année suivante, dans la transaction passée avec le captal de Ruat à propos principalement de la Forêt usagère et signée le 7 août 1746, les habitants firent inclure une clause précisant « comme un droit qui sera désormais invio­lable dans toute l’étendue de la Juridiction, qu’aucuns vins étrangers, de quelque espèce qu’ils soient, ne pourront y entrer pour y être vendus et débités sous quelque cause et prétexte que ce puisse être, ce à quoi les officiers du dit sei­gneur seront obligés de tenir la main ».

Profitant du monopole de leurs vins, certains viticulteurs en exagèrent le prix. Le 18 juin 1750, les paroissiens de La Teste protestèrent contre la clause de la Transaction de 1746. Ils demandaient que le vin blanc comme le vin rouge soit taxé et proposaient de payer le premier 35 écus, le second 25 écus, le tout quitte de courtage et de futaille. Le 4 août 1750, les paroissiens de Gujan formulaient la même requête. L’affaire fut réglée par la Transaction du 16 juin 1759. Les vins étrangers continuaient à être interdits tant que la production locale ne serait pas écoulée. Quant au prix, il fut décidé que les habitants de La Teste et de Gujan se réuniraient dans leur paroisse respective pour régler « les moyens qu’il y aura à prendre pour la fixation du prix des vins de chaque année eu égard à l’abondance ou à la disette ».

 

LES PONTS DE LAMOTHE

Les vins étaient exportés par bateaux, mais c’est par la route que les poissonniers portaient leurs poissons à Bordeaux.. Cette route était un chemin de sable avec un passage difficile de l’Eyre à Lamothe.

Dans une supplique à l’Intendant de Tourny (1743-1757), les habitants de Gujan et de La Teste prennent « la respec­tueuse liberté » de lui représenter que « l’unique et seulle ressource qu’ils ont pour subsister et fournir à l’entretien de leur famille consiste dans le plus ou moins de succès qu’il plaît à Dieu de leur donner dans les entreprises de la pesche qu’ils font au péril et risque de leur vie ».

Pour porter le poisson à Bordeaux, « ils sont obligés de partir à toute heure, la nuit comme le jour, suivant que celle de la marée le leur permet et souvent, quelque diligence qu’ils puissent faire, ils arrivent trop tard, surtout dans l’esté, que le poisson se corrompt de momant à autre… » Les chemins qui mènent à la rivière de Lamothe sont si mauvais parfois qu’ils sont obligés « de prendre un détour de deux grandes lieues ou de se retirer et jeter leur poisson ». Le marquis de Civrac qui a droit de péage à Lamothe et charge d’entretenir le passage, « a toujours esté sourd à leurs cris ». Ils deman­dent à l’Intendant d’user de son autorité. (A.D. C.1850)

Dans une deuxième supplique au marquis de Tourny, les marchands poissonniers de Gujan et de La Teste reconnais­saient que les chemins « furent mis dans leur perfection par les ordres » de Sa Grandeur « il y a environ quatre à cinq ans ». Mais depuis les eaux ont fait « divers creux qui s’aggrandissent toujours ». Les ponts sont en si mauvais état « qu’on ne peut plus y passer sans courir le risque des acci­dents les plus funestes »… « celui du milieu qui est le plus grand tomba hier 25 octobre… »

« Quoique les suppliants deussent être déchargés de la contribution, ceux qui ont bateaux offrent de payer 10 livres par chaque bateau et ceux qui n’ont que des chevaux, trente sols ». Ils demandent que les réparations soient faites « sans nul retardement… à ce faire que les habitants des paroisses de La Teste, Gujan, Le Teich, Biganos, Argenteyres, Mios et Lamothe qui se servent des dits chemins » soient appelés en corvée, sous contrainte, et qu’en raison du cas urgent, « les possesseurs » voisins fournissent le bois « faute de ce, per­mettent de couper pour être employé à cette réparation ».

Les signataires étaient : Daisson, Daney, syndic de Gujan, Daisson Jean, Dehillotte, Daisson, G. Perrotteau Daisson Lagarde, Portié dit Nan. (A.D. C.1750)

 

LES ÉCOLES

Gujan va avoir une école. Le 15 juin 1672, en effet, Henry de Béthune, par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint Siège Apostolique, archevêque de Bordeaux et primat d’Aqui­taine, autorise le sieur Ducasse à « régenter et tenir escole » à condition qu’il jure sur les Saints Evangiles devant le Grand Vicaire « de bien exactement s’acquitter de sa charge, de conduire ou faire conduire les dimanches et fêtes de com­mandement les enfants à l’église, leur enseigner et apprendre a doctrine chrétienne ».

Les enfants devront apprendre « par cœur » le petit caté­chisme du Père Edmond Augier, de la Compagnie de Jésus, « sans autrement leur expliquer », Ils ne devront lire aucun livre « hérétique et prohibé ».

Le sieur Ducasse devra avoir soin « qu’aux quatre festes solennelles pour te moins, à scavoir Pasques, Pentecoste » La Toussaint et Noël, les enfants qui sont sous sa charge soient confessés et, ceux qui sont en âge, communies ». (A.D. G.761)

En 1691, l’école fonctionne ; elle est tenue par Jean Mauvinglane, clerc tonsuré, exerçant à Gujan depuis 15 ans. Le curé Combie est très satisfait de la manière de faire de ce maître d’école et n’a rien à objecter touchant sa conduite.

Au cours de son inspection canonique, accompagné du curé Combie, M. de Filhot va visiter l’école de Jean Mauvin­glane. Celui-ci lui explique que ses élèves étaient moins nombreux que les années précédentes, « parce que les habitants ne vendaient pas leurs denrées et ne peschaient pas à cause que les matelots sont obligés d’aller servir le roy sur les vais­seaux »10. Présentement Mauvinglane n’avait que 25 élèves, dont quatre à cinq filles âgées de moins de 6 ans « qu’il séparait toujours des garçons ». Interrogé sur ses livres de classe, Mauvinglane déclara « qu’il ne souffrait que ses escholiers lisent autre chose que « L’Introduction à la vie dévote » Il faisait le catéchisme tous les samedis « après disné »11 et un jour par semaine pendant l’Avent et le Carême.

Le curé Combie confirma, mais se plaignit de ne pas voir à son catéchisme les écoliers de Jean Mauvinglane, lesquels en outre, n’assistaient pas aux Vêpres les dimanches et jours de fête. (A.D. G.651)

 

LA COLLECTE DE LA TAILLE, EN 1779

La taille, impôt payé par les seuls non nobles, était collec­tée par des habitants choisis sur une liste déposée au greffe de l’Élection12, système analogue à celui utilisé de nos jours pour la désignation des membres du jury des tribunaux.

Un certain nombre d’habitants étaient exempts en raison de leur charge de figurer dans « la colonne des collecteurs ». Nous avons vu que c’était le cas de Martin Daisson, en 1724, que sa fonction de « père spirituel » de Gujan dispensait de la collecte de la taille.

Les collecteurs désignés pour la collecte de la taille de 1779 étaient : Bernard Dailleau, forgeron, Jean Castaing, laboureur, Pierre Fabas dit Soldat, laboureur, Jean Broustaut, laboureur.

Ils devront remettre à Jean Daney, habitant la paroisse de Gujan, soixante livres, et à Martin Bosmorin, dit Martineau, habitant la paroisse du Teich, quarante livres treizesols quatre deniers, en paiement des travaux que ces derniers ont effectué pour l’entretien des ponts en bois servant au passage des eaux de la grande craste13 qui sépare le pays cultivé de la lande, et dont ils ont été adjudicataires. (Rôle N° 436)

 

NICOLAS TAFFARD DEMANDE UN « MONITOIRE » À L’ARCHEVÊQUE

Avant la Révolution, quand une enquête à la suite d’une plainte contre inconnu était demeurée vaine, le plaignant avait la ressource de pouvoir demander au juge l’autorisation de déposer une requête en vue d’un « monitoire ». Si la réponse du juge était favorable, il adressait une demande de « moni­toire » à l’évêque du lieu.

Un « monitoire » était un mandement épiscopal qui devait être lu dans les paroisses intéressées, trois dimanches consé­cutifs au prône de la grand’messe paroissiale, faisant obliga­tion à tous ceux, de quelque qualité qu’ils fussent, sachant quelque chose des faits pour les avoir vu ou entendu faire, les avoir entendu conseiller, avoir entendu s’en vanter ou sim­plement avoir entendu en parler, de révéler tout ce qu’ils savaient sous peine d’excommunication.

De 1700 à 1789, plusieurs monitoires furent demandés à l’archevêque de Bordeaux à la suite d’incendies répétés dans les landes de Gujan dont on savait pertinemment que les auteurs étaient des bergers, qui considéraient que toute plan­tation de pins était une atteinte au droit de pacage accordé par le Captai Frédéric de Foix, en 1550, mais qu’on ne pouvait désigner nommément. (A.D. G.79)

À la suite d’un incendie de cette sorte mis dans un de ses pignadars, mais dont l’auteur avait été identifié, Nicolas Taffard avait assigné le coupable devant le juge ordinaire du captalat de Buch, à La Teste. L’homme avait alors supplié Nicolas de retirer sa plainte, ce à quoi celui-ci avait consenti, en exigeant toutefois une indemnité modique pour l’exemple. Le but cherché ne fut pas atteint puisqu’un jour, sortant de son domicile, Nicolas Taffard fut injurié par des inconnus qui lui crièrent qu’il aurait à se repentir d’avoir exigé une indem­nité.

Effectivement, dans la nuit du 24 janvier, vers onze heures du soir, on mit le feu à une bergerie qu’il possédait dans le quartier de Meyran. Le bâtiment fut entièrement consumé et le feu de propagea jusqu’à un pignadar qui aurait subi le même sort sans le secours apporté par la population.

« Comme le crime d’incendie, outre le dommage considé­rable qu’il a fait » intéressait « non seulement le public, mais encore la tranquillité des familles », Nicolas Taffard porta plainte devant le juge du Captalat. L’enquête n’ayant pas per­mis de découvrir les coupables, il demanda au juge de se pourvoir « par censure et fulmination ecclésiastiques », ce qui lui fut accordé par appointement, le 28 mars.

La requête à l’archevêque ne fut pas formulée par lui, mais par son fils « faisant pour son père ». Sur la copie qui se trouve aux Archives Départementales (G.79) l’année n’est pas indiquée. On y lit : « Monseigneur… il vous plaise de vos grâces, vu l’appointement rendu en la dite juridiction du Cap­talat de Buch, le 28 mars dernier, accorder au suppliant, un monitoire en forme de droit, conformément aux articles énon­cés et… lui permettre de les faire publier… aux prosnes des églises paroissiales de La Teste et de Gujan et faire justice ».

Nicolas Taffard était conseiller du roi en la Cour des Aydes et Finances de Guyenne, et fils de Nicolas Taffard, commissaire de la Marine à La Teste et inspecteur des gardes-côtes.Il s’était marié le 27 février 1715, à Mios, avec Jeanne Garnung de la Lande. Son premier fils fut baptisé le 14 janvier 1716, à La Teste. En 1774, Nicolas Taffard n’était plus que conseiller honoraire à la Cour des Aydes. On peut penser que c’est aux environs de cette année que la demande de monitoire fut établie en son nom par son fils.

Les Taffard de La Teste étaient propriétaires dans la paroisse de Gujan, au moins depuis 1699. Cette année-là, en effet, un acte de vente fut passé entre Jean Daisson, dit Jean Miqueu (Jean-Michel), Pierre Daisson, son frère, dit du « hassit » (petite personne courte et grosse), d’une part, et Pierre Taffard, maître es arts, seigneur du fief noble de La Ruade, d’autre part.

 

LA GARDE-CÔTES

De temps immémorial, « les habitants de la Juridiction de La Teste de Buch et havre d’Arcasson, consistant es paroisses de La Teste, Gujan et Cazaux » avaient participé à la défense du littoral, ce qui était un honneur qu’ils revendiquèrent jusques dans les Cahiers de Doléances aux États Généraux, en 1789, mais aussi une servitude pénible, avec parfois des con­séquences désagréables comme on le verra plus loin.

Considérant les grandes charges auxquelles étaient tenus les habitants de la Juridiction, « comme de veiller soigneuse ment à faire le guet sur le rivage de la mer océane, empêcher aux navires de guerre l’abord et descente au dit havre, envoyer en poste, à leurs dépens, en notre ville de Bordeaux, et aux Jurats d’icelle, l’avis de l’arrivée des dits navires… faire fa garde au château du dit lieu à leur frais et dépens… », les prédécesseurs du roi Louis XIII les avaient « tenus quittes et déchargés de toutes aydes et taille en payant par forme d’abonnement, par chacun an, la somme de 13 livres tournois seulement » et autorisés à transporter « résine, poix, sel et toute sorte de marchandise es lieux de Maransin, Buch, Médoc, Born, Landes, Nérac, Bazas, Condom, Mezin, Roquefort, Caste/jaloux, Dax, et autres lieux circonvoisins jusques au dit lieu de La Teste » en franchise et sans payer d’autre droit que celui qu’ils étaient accoutumés à régler à leur seigneur.

Le roi Louis XIII confirma ces privilèges l’an de grâce 1615, au mois de décembre. L’édit Royal fut enregistré au Parlement de Bordeaux le 14 janvier 1616.

En 1721, le service de la garde-côtes fut réglementé. La Teste-de-Buch devint le siège d’une capitainerie qui, en 1757, comptait trois compagnies : La Teste, Gujan et Saint-Julien en Born. Chaque compagnie était à l’effectif d’un capi­taine, deux lieutenants, quatre sergents, quatre caporaux, quatre anspessades14, deux tambours, quatre-vingt-six fusi­liers dont vingt-cinq canonniers15.

Les gardes-côtes étaient convoqués pour des séances d’instruction les premier et troisième dimanches de mars, avril, mai et juin, et on ne badinait pas avec la discipline. M. de Ruât s’étant plaint au maréchal de Richelieu, gouverneur de Guienne, de ce que Pierre Vallet dit Grand Cap, résinier, de­meurant au lieu de Meyran, et Laguerre, associé au meunier de La Hume, avaient fait un mauvais usage de leur arme, le maréchal ordonna qu’ils soient arrêtés et conduits dans les prisons de l’hôtel de ville de Bordeaux où ils seraient détenus quinze jours à leurs frais. Ils devraient payer en outre dix livres d’amende. (A.D. C.3728)

 

PARTICIPATION DES MARINS DE GUJAN À LA GUERRE D’INDÉPENDANCE DES ÉTATS-UNIS

Le 4 juillet 1776, les colonies anglaises d’Amérique du Nord décidèrent de se séparer de leur Métropole et procla­mèrent leur indépendance. Le 17 octobre 1777, une importante armée anglaise fut obligée de capituler à Saratoga. Cette vic­toire des milices américaines décida la France à intervenir. Le 6 février 1778, Vergennes, ministre des Affaires Étrangères du roi Louis XVI, signa un traité d’alliance avec les États-Unis et la levée des marins commença sur les bords du Bassin.

Le 2 avril 1778, Martin Desgons, de Gujan, écrit de Toulon à sa femme : « Ma très chère épouse. Je vous écris la pré­sente pour m’informer de l’état de votre santé et vous dire en même temps que la mienne est des plus parfaittes et je serai bien aise d’apprendre des nouvelles de ma chère mère, aussi bien que de mes chers enfants. Je vous fait scavoir que le suis embarque sur « Le Protecteur » et que nous sommes en la grande rade et que nous ne scavons pas encore le moment de notre départ.

« Tu faira mes compliments à mes trois belles-sœurs aussi bien qu’à Bernard Dehillotte, dit Ramondin, et à son fils et à toute sa famiile. Tu les fairas aussi de ma part à tous mes parents et amis. Je te fais scavoir que nous sommes huit du pays embarqués sur le même bâtiment. Je finis en t’embrassant et mes chers enfants et ma chère mère et suis pour la vie ton fi délie époux »16.

Le même 2 avril, de Toulon également, Gérard Deycard écrit lui aussi à sa femme à Gujan :

« Ma chère femme. C’est pour te faire scavoir l’état de ma santé qui et for bonne, Dieu mercy, et j’en espère autant de la tienne et de mon enfans et pour te faire scavoir que je suis embarqué sur « Le Languedoc « commandé par le chef d’Escadre, M. le comte d’Estin17. Et je suis arrivé le vingt-neuf à Toulon et tu faira des complimands à ma mère, à mes deux frères, à mes oncles et touts couzins et couzines et à tous mé parans et à mon couzin Ramondin et à sa famille.

« Tu tachera de te faire (?) à ceux qui te doivent soit en argeant ou an marchandise. Nous ne savons pas encore si nous partirons, oui ou non. Je t’embrasse à toi, à mon anfan de tout mon cœur et à ma mère et à tous mes parans et amis. Je suis ton fidel mari.

« Et nous sommes vingt du même département ainsi que nous sommes : Christophe Dornon, Bertrand Dehillotte, Girard Ragnac, Simon Castandet, Jean Castan, dit Gayot. Nous sommes embarqués tous ensemble le 6 »1.

Ces deux lettres étaient expédiées à l’auberge de La Teste-Noire, rue des Aydes, à Bordeaux, pour y être confiées à Ramondin l’aîné, marchand poissonnier à Gujan, qui y des­cendait à l’occasion de ses fréquents voyages à Bordeaux et qui les remettrait aux destinataires.

Simon Castandet sera tué à bord du « Languedoc », lors de l’assaut donné à la ville de Newport.

À la bataille des Saintes, aux Antilles, le 12 avril 1782, sur « Le Brave », commandé par le comte d’Amblimont, il y cinq marins de Gujan, un de Certes, un d’Arès. Six moururent à l’hôpital de Boston. Jean Rue, de Certes, expira à l’hôpital du Cap Français, le 1er juillet 1782.

Pendant que l’on se battait sur les côtes d’Amérique du Nord et aux Antilles, les corsaires anglais croisaient devant les passes du Bassin et prenaient en chasse les bateaux de pêche et les caboteurs. Ne pouvant lutter de vitesse avec leurs poursuivants, les patrons de barque se laissaient le plus souvent drosser à la côte, préférant un échouage périlleux à la capture. Cependant, en 1781, sept navires du quartier mari­time de La Teste furent pris ou coulés par les Anglais dans la Grande mer.

Jacques RAGOT

 

1. Un phénomène semblable se produisit en janvier 1924 pen­dant une tempête : Gujan-Mestras fut inondée jusqu’à la voie ferrée.

2. Proverbes de la Grande Lande. Félix Arnaudin.

Les « parcs » étaient couverts en tuiles, ce qui explique le phéno­mène optique. Les « bordes », elles, étaient couvertes de chaume.

3. Lou coup : limon déposé par la mer.

4. Le 2 avril 1714 et le 11 avril 1717, J.-B. Amanieu de Ruat, captal de Buch, concéda à fief nouveau deux pièces de terre, en lande rase, au quartier de Bergantade (au total 14 journaux), à Pierre Baleste-Martinon, de La Teste. Les terrains concédés confron­taient de toutes parts aux « vacants ». (A.D. H. Jésuites Collège 120) Rien n’indique mieux le caractère désertique de La Hume vers 1714-17.

Il y a toujours un lieu dit « Bergantade», sur le côté est de la route de Sanguinet, en face de l’aérodrome de Villemarie.

5. Péougue, mot gascon dérivant du latin pélagus : la haute mer.

6. L’abbé Butet, curé de Gujan, quelques années avant la Révolution, a laissé lui aussi un mémoire intitulé : « Détails sur les pesches qui se font dans le Bassin d’Arcachon et sur la Côte », qu’a utilisé l’Abbé Baurein dans ses « Variétés Bordelaises». Ce curé connaissait parfaitement ses paroissiens, leur vie, et leurs pro­blèmes.

7. Les filets dont se servaient les pêcheurs de Gujan et de La Teste étaient vendus à leurs armateurs par les pêcheurs de sau­mons et d’aloses de la Garonne « qui, leur pesche finie », les reven­daient. Les filets à vendre étaient exposés « sur les bords de la rivière. Chaque armateur les achetait et jamais le plus haut prix de ces sortes de filets n’avait excédé douze livres, souvent neuf ».

Une campagne de péougue de novembre jusqu’après Pâques consommait « ordinairement 120 filets». Dans les années qui précé­dèrent les Arrêts du Conseil du roi des 21 avril et 26 octobre 1739, des commerçants de Bordeaux accaparèrent cette vente et majorèrent les prix. Les Archives Départementales conservent une lettre de pro­testation des armateurs, signée : Meynié, Dejean cadet, Jean Lacaze, Daissoun jeune, Daisson esnay (sic), Cravey éné (sic), Cazenave, Deligey, Daussy, Dehillotte, Daisson Capaillan et Daisson la Verdure (C. 1850).

8. Pipe : futaille de capacité variable suivant le pays. Ardit : liard en français, soit le quart d’un sou.

9. En chômage.

10. La guerre de la Ligue d’Augsbourg a débuté en 1688. La flotte française de l’Amiral de Tourville sera défaite à La Hougue, en 1692.

11. Comprendre : « après-midi », le dîner étant le repas du milieu du jour.

12. Subdivision de la Généralité, elle-même division financière, siège d’un bureau de Trésoriers de France.

13. Il s’agit de la craste Baneyre.

14. Sorte de soldats de première classe.

15. André Rebsomen : Histoire militaire du Pays de Buch au XVIIIe et XIXe siècles

16. B.M.A. Fonds Rebsomen.

17. Il s’agit de l’amiral d’Estaing.

 

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Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch n° 8-9 des 2e et 3e trimestres 1976.

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