La pêche au XVIIIe siècle – Le Masson du Parc (2)

La pêche dans le Bassin d’Arcachon au XVIIIe Siècle

 

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Après avoir analysé la pêche en mer ou « peugue »1, Le Masson du Parc, poursuivant son enquête, dresse un compte rendu complet des pêches à l’inté­rieur du Bassin. C’est dans cette seconde partie qu’il décrit longuement la pinasse, le palet et le palicot. Les huîtres font l’objet de deux paragraphes : l’un sur la pêche à la drague, l’autre sur leur récolte à la main, et Le Masson, homme du Nord, prend position en faveur des huîtres de Tréguier.

Les comparaisons faites par l’Inspecteur général des côtes du Ponant ont généralement pour but d’éclairer son analyse. Cet homme pondéré utilise une langue claire mais, comme il arrive souvent à l’époque, plus directe que celle d’aujourd’hui : « terrir », pour le poisson, c’est venir près de la terre ; « ren­verser une marchandise sur les campagnes voisines », c’est la répandre, au sens où on le comprend en économie. Quand il se laisse emporter par un mot du terroir, il l’adjoint souvent à un autre, qui l’éclaire, ou le reprend un peu plus loin dans un paragraphe qu’il développe. C’est pourquoi, j’ai voulu garder le vocabulaire original, ne changeant que l’orthographe, et la ponctuation souvent déficiente.

La troisième et dernière partie de ce procès-verbal concerne les paroisses. Le Masson du Parc fait le détail, port après port, des activités économiques et des problèmes locaux. C’est là qu’il mentionne pour La Teste le conflit opposant le captal aux pêcheurs et, pour Audenge, l’emploi de filets en dehors des normes réglementaires. Ce sera l’objet d’un troisième article.

Charles DANEY.

 0016 Bassin pêche Senne

PROCÈS-VERBAL DE LE MASSON DU PARC

(suite)

 

Le Bassin d’Arcachon, qui a trois passes ou entrées à la mer et qu’on peut regarder comme un lac d’eau salée, est des plus grands et presque le seul qui se trouve le long des côtes du ponant2. Il entre dans les terres par diffé­rents chenaux où la marée monte journellement de la hauteur de plusieurs pieds3. Les habitants de la baie nomment le bassin communément « la petite mer ». Il est un des plus poissonneux que l’on puisse voir. Toutes sortes de poissons s’y trouvent en abondance durant l’été, en sorte que la pêche s’y fait avec succès depuis le commencement d’avril jusqu’aux premiers jours d’octo­bre. La plupart des filets qui servent à la pêche du Peugue ou à la grande mer servent aussi à la pêche du même poisson dans la baie d’Arcachon (Arcasson) quand la saison de cette première pêche est cessée. On y en fait même de plusieurs espèces qu’on ne peut pratiquer à la mer. Ceux qui font la pêche du peugue ne la pratiquent jamais qu’à leur côte et ne la vont faire jamais le long de celles des provinces voisines.

Les pêches que l’on fait dans la baie commencent à Pâques et finissent à la saint Michel4. Pendant l’hiver, elles cessent toutes parce que les poissons s’en retirent. On y continue seulement la pêche des huîtres à la drague et à la main, ainsi que celle des autres espèces de coquillages dont nous ferons men­tion ci-après et qui sont sur les fonds de cette baie partout en fort grande abon­dance.

 

UNE PINASSE, SANS QUILLE NI GOUVERNAIL

Les chaloupes du peugue, comme nous l’avons observé, ne servent point à faire la pêche dans le bassin. Ce sont de petites espèces de tilloles (5) d’une construction bien différente de celle des tillolières de Bayonne qui servent à toutes les pêches qui se font durant l’été dans le lac. Cependant l’hiver, lors­que le temps est calme et le beau temps assuré, les pêcheurs se risquent aussi à aller en mer faire dans leurs pinasses, la pêche avec les bijarreres, les estoires et les petuts6. Mais pour peu que leurs petits bateaux soient surpris de gros vents à la mer, surtout de ceux qui sont contraires pour gagner la côte et franchir l’une des passes, les équipages des pinasses ainsi que ces petits ba­teaux sont perdus sans ressource. Et même en été si les vents sont dans le rum7 d’ouest, il leur est absolument impossible ainsi qu’à toute autre bâti­ment de sortir par aucune des passes du bassin.

 PinasseMassonduParc

Les pinasses, qui servent à faire la pêche dans la baie d’Arcachon, sont faites de la forme d’une navette8 avec leurs bouts un peu relevés. Une pinasse de 20 à 22 pieds de long9 de l’étrave à l’étambot10 a dans le milieu 5 pieds et demi de largeur ; à deux pieds des deux bouts, environ 10 pouces ; 2 pieds et demi de hauteur ou de bord dans le milieu, et 1 et demi à deux pieds du bout. Elle est à fond plat A 22 varangues11, le fond a dans le milieu 2 pieds et demi de large. Elle n’a ni quille ni gouvernail ; on fait cette manœuvre avec un aviron. Elle porte quelquefois un petit mât de 14 pieds de haut12 et une voile de 12 pieds carrés13. Les planches du bordage des pinasses sont placées à clin14 et jointes avec des chevilles de bois et n’ont aucun clou ni ferrure.

Quand ces pinasses sortent à la grande mer ou qu’elles vont à la grande côte, elles ont cinq ou six hommes d’équipage. Mais pour faire les pêches dans le bassin, elles n’en ont ordinairement que deux à trois seulement. L’usage de cette sorte de bateau était défendu par la déclaration du roi du 23 avril 1726, mais il a été toléré par un arrêt du conseil du 11 janvier 1727 avec défense néanmoins de s’en servir pour la pêche en mer et à la grande côte (côte de l’Océan).

Ces petites pinasses, nonobstant la faiblesse de leur construction sont néan­moins assez solides, et si légères que l’équipage la peut aisément porter sur ses épaules et le portage qui se fait avec sept à huit hommes est de la même manière que celui des Canadiens et des autres sauvages de l’Amérique pour le transport de leurs canots et pirogues d’un lieu à l’autre.

Les pêcheurs de la baie d’Arcachon font dans leurs pinasses ou tilloles, du­rant l’été, la pêche avec leurs rets, dénommés folles ou martramaux15, celle avec les filets nommés touillaux, les sardinières, les leojones, la pêche de la jagude, celle du carra16, la drague aux huîtres, la pêche à la seine ou traîne à la grande côte, dans le bassin et dans les chenaux, les tentes17 du palet et du palicot, la pêche de la houchine18 ou fouënne et celle des oiseaux marins, outre toutes ces pêches que les riverains font encore à pied : la pêche des chevrettes ou des esquires et celle des huîtres et des différentes espèces de coquillages.

La pêche des folles dans le bassin ne se fait pas d’autre manière que celle du peugue ou de la grande mer et on y prend aussi les mêmes espèces de poissons, mais les tentes ou tessures sont bien plus petites.

 

PÊCHE AUX TOUILLAUX

Les rets nommés touillaux sont les mêmes que les pécheurs picards nomment rieux et les pêcheurs bas-normands, grandes haussières et canières. Ils servent à faire la pêche des chiens de mer que l’on nomme touils et que l’on appelle à Bordeaux Créacs de Buch. Les pièces des filets ont environ 40 brasses de long20 et 9 mailles de chute ce qui leur donne environ quatre à cinq pieds de hauteur21 Ainsi que les folles, le filet est plombé par le pied. La pêche se fait dans les achenaux22 ou canaux qui sont en grand nombre autour de la baie. On joint seulement quatre pièces de touillaux pour en faire une petite chasse ou tessure qui est garnie par chaque bout d’un peyreau ou petite pierre du poids d’environ quinze à vingt livres pour faire tenir le filet sur les fonds où il est tendu et sur lesquels est aussi frappée23 une bouée pour relever la chasse. On tend les touillaux à pleine mer. On ne les laisse sur les fonds que durant une heure ou une heure et demie au plus et même durant ce temps, on les visite plusieurs fois pour en retirer le poisson qui s’y trouve pris et qui autre­ment, si on l’y laissait séjourner, trouverait moyen de s’échapper facilement

Cette pêche commence au mois de mai et dure jusqu’à celui d’octobre.

 

PÊCHE AUX SARDINIÈRES

Les pêcheurs de Buch nomment sardinières les rets qui servent à faire la pêche des sardines dans le bassin. Elle commence au mois de mai et finit aux premiers jours de juillet. Deux hommes dans une pinasse suffisent pour faire cette pêche. Les rets dont ils se servent ont ordinairement 20 à 22 brasses24 et chaque pièce a trois ou quatre brasses de chute. La tête du filet est fort garnie de liège pour le soutenir à fleur d’eau et le pied n’est chargé que d’au­tant de plomb qu’il est nécessaire pour le faire caler seulement de sa hauteur Les pêcheurs jettent leurs filets dans les achenaux où les sardines se retirent et se tiennent bien plus volontiers que dans les grandes eaux de la baie. L’achenal nommé Bounon est celui où il s’en trouve ordinairement la plus grande abon­dance. Il est situé à l’extrémité ouest-nord-ouest à nord-nord-ouest de la petite île qui est dans la baie. Les pêcheurs tendent leurs sardinières en les mettant debout au vent et s’il n’y en a point, ils les mettent debout au courant pour que le filet puisse toujours se tenir en droite ligne. Quand ce ret est tendu, l’un des deux hommes qui sont dans la pinasse nage son aviron pendant que l’autre, de temps en temps, ascare ou appâture la sardine avec de la rogue qu’il jette au-devant du filet pour faire monter la sardine et la faire donner dans la sardinière qui suit ce bateau et où le filet est amarré par un bout de la ligne. La resure, rove ou rogue dont ils se servent sont les œufs des morues et des maquereaux qu’on y apporte de Normandie ou de Bretagne. On tient le filet à l’eau, depuis la marée montante ou jusant. Les pêcheurs reconnaissent qu’il y a de la sardine dans leur filet lorsqu’ils voient sur la surface de l’eau des écailles qui se détachent des sardines par les efforts qu’elles font lorsqu’elles sont maillées dans la sardinière d’où elles tâchent inutilement de se dégager.

Il ne se fait aucune salaison des sardines ni d’aucune espèce de poisson que ce soit de ceux qui proviennent des pêches pratiquées dans le bassin d’Arcachon. Tout se porte dans les petits ports de La Teste et de Gujan où on le charge dans ce moment sur des chevaux qui les portent à Bordeaux où s’en fait la consommation, en sorte que souvent les habitants de La Teste ou des lieux circonvoisins n’en ont pas même ce qui leur serait nécessaire à leur pro­pre usage. Aussi si les pêcheurs du bassin cessaient ou étaient interrompus, on ne trouverait à Bordeaux aucune marée qui y est cependant très nécessaire.

 

PÊCHE AUX LEOJONES

La pêche que l’on fait dans le bassin avec les rets nommés léojones est la même que celle qui se pratique à la mer avec les mêmes filets excepté que la chasse ou tessure n’est composée ordinairement que de quatre pièces de filet et qui font ainsi une petite tente d’environ 80 à 90 brasses de longueur25. Ils s’en servent à faire la pêche du poisson plat durant l’été. Il y a à chaque bout de la chasse une grosse pierre qui y est frappée et dessus une gourde de courge pour servir de bouée.

 

PÊCHE A LA JAGUDE

La pêche de la jagude se pratique dans tous les achenaux qui sont à l’entour de la baie d’Arcachon. Le filet qui y sert se nomme leyreau. C’est la même ma­nœuvre que celle des trameaux à la mer. Les mailles sont d’environ un pouce26. On met à chaque bout du filet dont la pièce a quarante brasses27 de long sur une de large, une grosse pierre à chacun des bouts pour la tenir ferme et sédentaire sur les fonds comme les folles. Le bas du filet est, de même qu’aux trameaux à la mer, garni de plomb et la tête de liège. On tend ce filet à basse mer avec une double ligne de 8 à 10 brasses de long sur chacun des bouts du ret où est frappée une bouée de lièges ou de courges pour servir de signal aux pêcheurs qui reviennent à terre quand ils ont posé leur filet qu’ils viennent ensuite relever à mi-marée pour en retirer le poisson qui s’y trouve pris. Un seul pêcheur dans une pinasse suffit pour faire cette pêche.

 

PÊCHE DITE « CARRA »

La pêche que les pêcheurs de Buch nomment « carra », se fait avec un ret tramaillé, mais la manœuvre de faire cette pêche dans le bassin est bien diffé­rente de celle des autres trameaux qui servent à la pêche de la grande mer ou dans la baie. Les mailles de la carte de cette espèce de filet que les pê­cheurs nomment aumaillade ou tramail28 sont très serrées n’ayant au plus que 9 lignes au carré. Les pièces d’aumaillades ont environ 25 à 30 brasses de long. On en joint deux ensemble pouvant faire une petite tessure qui n’a au plus qu’une demi-brasse de hauteur. Cette pêche qui est celle des trameaux ou tramillons dérivants se fait en tous temps sur les achenaux. Il faut deux hommes sur une pinasse pour faire cette pêche. On jette le ret par le travers de l’achenal. Sur le bout forain29, est frappée une bouée de gourdes ou de lièges ; l’autre bout est amarré à la pinasse qui va à la dérive et entraîne avec elle le tramail qui roule sur le fond au gré de la marée. Les pêcheurs tâchent de faire toujours croiser l’achenal par le filet qui est chargé de plomb par le pied. Les pêcheurs le relèvent de temps en temps pour en ôter le poisson qui s’y trouve pris et ils remettent leur aumaillade à l’eau plusieurs fois chaque marée. On prend de cette manière des mêmes espèces de poissons qu’avec les trameaux sédentaires, mais en bien moindre quantité à ce qu’assurent les pêcheurs.

 

PÊCHE DES HUÎTRES A LA DRAGUE

La pêches des huîtres au autres espèces de coquillages qui se fait le long des côtes et dans les achenaux dont cette baie est entrecoupée, est très consi­dérable. C’est une ressource pour la plupart des habitants des paroisses qui entourent la baie. Outre qu’ils en consomment pour leur nourriture, il s’en en­lève journellement pour porter à Bordeaux depuis la Toussaint jusqu’à Pâques des charrettes chargées et quantité de chevaux qui ne font point d’autre commerce durant l’hiver. Tous ces coquillages sont de bonne qualité. La pêche qui s’en fait à la drague avec une pinasse montée par deux hommes qui la traînent en ramant de la même manière que cette même pêche se fait sur les huîtrières des autres côtes, mais l’instrument est un peu différent.

La drague pour les huîtres des pêcheurs de la baie d’Arcachon a le couteau de 2 pouces de large, de 3 pieds de long. Les mailles du sac sont formées de grosse corde dont le fond est tenu au moyen d’un bâton rond d’environ 4 pieds de longueur. Une pinasse fait la pêche avec une seule drague.

Outre les huîtres qui se voiturent par terre à Bordeaux, on y en emporte aussi d’autres par mer avec une chaloupe ainsi qu’à Bayonne. Les huîtres du bassin sont de deux espèces. On porte vives dans leurs écailles les petites qui sont semblables à celles d’Angleterre et les grosses sont huîtrées ou dépouillées de leurs écailles et on Dorle toutes ces dernières à Bordeaux. On les écaille com­me on fait à Grandville ou à Cancale.

La pêche des huîtres à la drague ne se fait ordinairement dans le bassin que depuis la Toussaint jusqu’à Pâques. Cependant pour conserver les huîtrières et empêcher qu’on ne les défonce, il conviendra d’en défendre la pêche durant les chaleurs des mois de mai, juin, juillet et août30.

 

PÊCHE A LA SEINE HORS DE LA POINTE DES CAPS

La seine31 à la mer ou à la grande côte que font les pêcheurs de Buch, est celle qui se fait le long des côtes de la mer hors les pointes des capits32 des passes de la baie. Comme elle se fait avec les pinasses, nous avons rangé cette pêche au nombre de celles qui se font dans le bassin. On la pratique en tous temps et toutes saisons à condition que la mer soit calme et que les vents d’Ouest ne poussent point à la côte. En ce cas, il est impossible d’y aborder33. Les seines qui servent à la grande côte ont environ 70 brasses de long34. Elles ont au milieu trois brasses de profondeur35 et une sur leurs bouts où sont leurs bâtons que les pêcheurs nomment les bourdons de la seine ; et leurs cordages avec lesquels ils la hâlent à terre quand elle est tendue se nomment quarantiniers. Les pêcheurs qui s’occupent à cette pêche ont des cabanes au pied et entre les dunes de sable où ils se retirent et où ils font sécher leurs filets, car il y en a qui ne font guère d’autre pêche. Ils restent dans leurs cabanes pour pouvoir profiter du temps favorable pour la faire.

La manœuvre et l’opération de cette pêche ne diffèrent guère de celles que font les pêcheurs sur la côte. Le pied de la seine est garni de plomb. Plu­sieurs équipages de pinasses se joignent ensemble pour hâler la seine, ce qu’ils ne peuvent faire sans être au moins douze ou quinze personnes, tant dans la pinasse qui tend le ret que compris ceux qui sont à terre pour la hâler.

Quand on veut jeter la seine, quatre ou cinq hommes se mettent dans une pinasse avec le filet qui y est lové avec leurs deux quaranteniers qui ont cha­cun 70 brasses de long34 et qui sont frappés sur les bourdons de la seine. La pinasse suit la côte à quelques brasses du rivage. Le maître qui commande fait avec ceux qui sont à terre le même chemin que la pinasse. Ceux qui la montent et ceux qui sont à terre observent un profond silence et aussitôt que le maître a découvert qu’il y a du poisson à la côte, qu’il reconnaît aisément par celui qui se mêle souvent avec les ondes et la mer qui brisent aux bords de l’eau, il donne un coup de sifflet pour avertir qu’il faut tendre. Alors ceux qui sont dans la pinasse viennent à terre jeter le bout d’un des quaranteniers et poussent aussitôt droit au large jusqu’à la longueur du cordage. Alors la pinasse travers la côte36 à force de rames jusqu’à ce qu’un des hommes qui jettent le filet à la mer l’ait entièrement tendu. Aussitôt que cette manœuvre est finie, ils s’en reviennent aussi à terre. Un seul homme reste à la garde de la pinasse et tous ensemble, ils hâlent leurs quaranteniers de la seine en sorte que leurs deux bouts atterrissent ordinairement ensemble en se rejoignant pour empêcher que les muges et autres poissons ne la franchissent pour se sauver comme il est arrivé très souvent. La pinasse ou plusieurs vont au derrière de la seine battre l’eau pour les en empêcher et lever le haut du filet à mesure qu’il appro­che de terre. On prend à cette pêche des poissons ronds et des poissons plats. Elle se fait aux côtes de l’Océan, à l’ouest-sud-ouest et au nord-ouest de la baie.

 

PÊCHE A LA SEINE EN DEDANS DE LA POINTE DES CAPITS

Les pêcheurs font encore en dedans de la pointe des capits de la baie cette même pêche et de la même manière. Ils la nomment seine à la pointe et au tourbillon. C’est la même que la pêche du coleret avec bateaux. On y prend fort communément des turbots et des poissons plats dans la saison qu’ils viennent terrir37 à la côte durant les temps des chaleurs. L’usage de ces deux sor­tes de seine nonobstant les dispositions de l’ordonnance et de la déclaration du roi se pourrait tolérer à cette côte sans aucun inconvénient à cause de la situation qui est semblable et exposée de même que celle du quartier du Maremme et du Marensin.

La pêche de la seine dans le bassin que les pêcheurs nomment la pêche du secau, se fait le long des côtes de la baie dans les achenaux et au long des crassats. On la tend de même que la seine à la côte avec une tillole. Le ret n’a que quarante brasses de long38 au plus. On la fait en tous temps depuis Pâques jusqu’à Toussaint, et même jusqu’au mois de décembre. Le ret au lieu de plomb n’est garni que de petits cailloux plats par le pied, qui sont chacun en poids d’une demi-livre au plus. Cette pêche se fait dans toutes les côtes et les achenaux du bassin où les pêcheurs peuvent observer par un mouvement particulier de l’eau qu’il y a du poisson. Cette pêche est la même que les folles, et défendue par l’ordonnance et la déclaration du 23 avril 1726 et le doit être de même. Le frai se forme dans les achenaux et la traîne le détruit d’autant plus avec le poisson du premier âge que les mailles du filet en sont très serrées et composées d’un gros fil.

Il n’y a aucune pêcherie exclusive39 établie autour des côtes de la baie. Les deux seules espèces de petites pêches sédentaires que l’on fait à la côte sont celles du palet et du palicot desquelles la première est la plus considérable.

 

PÊCHE DU PALET

Les pêcheurs pour faire cette pêche choisissent une espèce de petite anse dont les deux extrémités forment une hauteur et laissent un fond plus bas dans le milieu. Autour de cette anse, ils placent des perches ou piquets éloignés les uns des autres de deux brasses40 en deux brasses de la longueur d’environ huit à dix pieds41 en sorte qu’elles sortent du terrain de six à sept pieds42 ou plus. Elles sont placées en demi-cercle et forment de cette manière un circuit de 2 à 500 brasses de long43 ou environ). Ces perches ou pieux ne changent point et restent placés de même à la différence de ceux qui forment la petite pêcherie du palicot comme nous l’expliquerons ci-après.

Avant de rendre le ret pour faire la pêche du palet, les maîtres des pêcheurs qui y sont de part et qui, pour cet effort, fournissent chacun leur filet néces­saire à former le contour du palet viennent auparavant visiter le fond du ter­rain de l’enceinte de la pêcherie pour remarquer par les traces qui y restent si le poisson y fréquente, ce qu’ils reconnaissent encore sur le fond après que la mer s’en est retirée en distinguant même aisément les diverses espèces de poissons qui y peuvent venir paître et s’ils les y remarquent en quantité.

Quant le maître a reconnu qu’on peut y faire la pêche avec succès, tous les pêcheurs alors à leur tour, tous à basse mer, font un sillon ou petit fossé d’en­viron 2 pieds de large sur un ou plus de profondeur le long du contour des perches. Ils y étendent le ret du palet qui a environ une demi-brasse de hau­teur qui est ordinairement le même que celui de la seine à la côte, à la diffé­rence qu’il n’est pas flotté et qu’il n’est ni plomb ni pierre. Le bas du filet est arrêté au moyen de petits crochets de bois d’environ deux pieds de long pla­cés à une demi-brasse l’un de l’autre. Ensuite ils ramassent tout le filet dans le creux de la fosse et le recouvrent de sable ou de la vase sur lesquels la tente du palet est placée. D’espace en espace, on frappe22 sur la tête de la tente qui reste libre et posée en dedans des perches sept à huit petites lignes quo l’on arrête sur le haut d’autant de pieux. Tout ce travail se fait avant que la marée ait commencé à monter dans la tente du palet. A mesure qu’elle monte, elle recouvre ou plutôt efface le sillon qui a été fait, en sorte que le poisson qui est accoutume d’y venir ne trouve aucun obstacle pour y entrer ni aucun changement sur les fonds qui le puisse effaroucher. Pendant que la ma­rée monte, qui amène en même temps avec elle le poisson, les pinasses des pêcheurs restent un peu éloignées du palet. Dès qu’on a jugé que le poisson a monté, et qu’il est prêt à retourner, ce qui arrive immédiatement au plein de la marée, autant de pinasses ou de tilloles qu’on a amarré de lignes à la tête du ret viennent tout d’un coup le relever et arrêter le filet de la tente au haut de l’enceinte des perches, ce qui ferme ainsi exactement toute l’enceinte dont aucun poisson ne peut plus sortir, excepté les petits qui peuvent s’échapper au travers des mailles pendant que la marée se retire. Le poisson se tient dans le fond du palet où il y reste plus d’eau qu’aux côtés qui sont élevés, jusqu’à ce qu’elle soit écoulée et pour lors les pêcheurs ramassent tous les poissons qui se sont trouvés dans l’enceinte du palet.

Cette pêche est quelquefois si abondante qu’on a vu prendre d’une seule tente de palet jusqu’à cent charges de cheval de poissons de diverses espè­ces. On y pêche des bars, des loubines, des sardines, des mulets et de toutes les autres espèces de poissons, tant plats que ronds, qui viennent terrir à la côte surtout durant l’été, et même jusqu’à des marsouins. Cette pêche peut se faire avec des rets ayant leurs mailles de deux pouces en carré44 comme l’ordonnance la détermine pour les bars, parce que les pêcheurs n’en feront pas moins une bonne pêche et ne détruiront point le frai ni leurs plus petits pois­sons comme il arrive souvent.

Il y a autour du bassin, six tentes de palet où l’on fait la pêche de la même manière. Trois de ces tentes appartiennent aux pêcheurs de La Teste et sont placées au pied des dunes qui sont vers le cap Ferret et à la bande du nord de la baie. Les trois autres sont au Pila, à l’ouest du Ferret. Tous ceux qui veu­lent fournir des filets pour la tente le peuvent faire et y sont reçus à parts, ces pêcheries étant libres et non exclusives. Il faut un temps calme pour faire cette pêche avec succès parce qu’alors le poisson de tous genres monte en abon­dance et en troupe à la côte.

Avec des rets à larges mailles, cette tente, comme nous venons de l’obser­ver, ne peut être que très lucrative, et avantageuse à ces pêcheurs parce que les fonds de cette baie sont excellents ainsi que la quantité des poissons qui s’y prennent.

 

PÊCHE DU PALICOT

La pêche du palicot est très semblable à celle du palet dont nous venons de taire la description. Elle n’en diffère qu’en ce que les lieux et leurs fonds de terrain où les pêcheurs la pratiquent sont variables et que ceux qui la font plantent leurs petits pieux à chaque fois qu’ils veulent tendre leurs filets pour cet effet. Ils embarquent dans une tillole ou pinasse avec les filets qui doivent servir à la tessure du palicot et les pieux qui leur sont nécessaires. Cette petite tente se fait le long des canaux ou achenaux et dans les crassats ou petites gorges (45) dont la baie est toute bordée quand ils ont reconnu par les traces du poisson les lieux qu’il fréquente. Les pêcheurs plantent leurs pieux ou petits pieux en demi-cercle et comme c’est toujours dans les lieux unis et plats, ils forment au bout de la tente plusieurs tours de rets qui sont amarrés à la tête des pieux et arrêtés par le bas avec des crochets de bois de distance en dis­tance comme le filets du grand palet. Le poisson qui s’en retournerait par le bout de la tente se trouve ainsi retenu parce qu’en suivant toujours le filet pour sortir et trouver un passage, il y est insensiblement arrêté jusqu’à la basse mer et il reste alors à sec dans la pêcherie.

Cette pêche avec des rets de deux pouces en carré ne pourrait faire aucun tort, mais avec des petites mailles très serrées, il est certain qu’elle serait au moins aussi nuisible que la seine et le caleret. Comme elle se fait sur les fonds plats soit de sable soit de vase qui sont dans les fonds des gorges et des chenaux, elle y détruit tout le fretin et le poisson du premier âge qui y éclot et s’y multiplie d’autant mieux que les côtes de la grande mer et de la baie ont les bords en talus et les eaux si profondes que le petit poisson n’y peut séjourner et il est même souvent chassé et contraint de se réfugier dans le fond du bassin où les vents n’élèvent jamais les lames de la même manière qu’elles le font presque toujours à la côte et à l’entrée des passes — où les tentes du palicot ne se peuvent aucunement pratiquer.

La tente du palicot est la même que les cibaudières non flottées ou montées sur piquets des pêcheurs flamands et picards et les tessures, fressures et tesfonds des pêcheurs bretons. Les uns et les autres font à peu près leurs pêches de même, à la différence que les premiers ne se servent point de bateaux, qu’ils font leurs pêches à pied et qu’ils ne tendent leurs rets qu’aux bords de la grande côte et souvent même plus à la basse eau que ne sont placées les pêcheries exclusives construites sur les grèves et les sables de la mer.

 

PÉCHE A LA FOUENNE ET A L’HAMEÇON

Les pêcheurs de la baie d’Arcachon se servent aussi de fouénnes qu’ils nomment houchis ou houchines. Il y en a à 5, 7 ou 9 branches ébarbelées des deux côtés.

La pêche des chevrettes ou sauterelles de mer que les pêcheurs de Buch font dans la baie n’est pas un objet, comme à quelque côte particulière du royaume, où les riverains en font un gros commerce. On les nomme ici des esquires.

Les pêcheurs de la baie d’Arcachon ne connaissent point l’usage de la pêche de la ligne à l’hameçon. Cependant elle s’y pourrait faire avec bien plus de succès que dans plusieurs des côtes du royaume. La baie, qui est couverte par le cap et la pointe d’Arcasson y laisse les eaux de cette petite mer bien plus tranquilles que celles de la baie de Cancale qui est plus ouverte et où la marée entre infiniment avec bien plus de rapidité.

 

PÊCHE AUX OISEAUX

Il se fait aux côtes de cette baie, depuis la Toussaint jusqu’au Carême46, une pêche fort considérable d’oiseaux marins et maritimes qui y est d’autant plus abondante que les froids sont grands Les pêcheurs qui font la pêche du peugue prennent alors une infinité de macreuses surtout lorsqu’ils tendent leurs tramaux près de la côte que ces sortes d’oiseaux longent ordinairement jusqu’à ce qu’ils s’en retournent au nord au commencement du printemps. Outre les macreuses47, il entre encore dans la baie d’autres oiseaux marins et mari­times qui se posent sur les petites mottes de terre qui bordent les achenaux. Il s’en fait tous les ans une pêche réglée et qui est fort avantageuse aux pêcheurs. Elle se pratique dans différents endroits de la baie.

On plante pour cet effet sur la terre qui est élevée ordinairement de 3 à 4 pieds au-dessus des achenaux, de longues perches de 4 à 5 brasses de haut, éloignées de 5 à 6 brasses l’une de l’autre, sur lesquelles on tend les rets de la marescayre qui a une brasse et demie à deux brasses de chute, et, la nuit, les oiseaux marins qui, à basse mer viennent paître sur ces mottes de terre et qui veulent ensuite aller boire dans les achenaux qui sont au pied, donnent dans les filets où ils s’embarrassent et se trouvent pris. Plus les nuits sont obscures et plus abondante est cette pêche qui est la même que celle de la chasse des bécasses à la passée et celle des fleurons des pêcheurs picards. Il y a autour du bassin 20 à 30 de ces sortes de pêcheries qui sont garnies chacune de 100 pièces de filets de marescayre ayant chaque pièce 8 brasses de long48. Tout le produit de cette pêche se porte à Bordeaux ainsi que la marée.

 

PÊCHE AUX COQUILLAGES

Nous avons déjà observé qu’il se faisait durant l’hiver une pêche considérable de diverses espèces de coquillages, outre celle des huîtres, des petits péton­cles et des varennes. On fait encore à pied sur tous les fonds de la baie qui découvrent toutes les marées la pêche des huîtres et des moules, celle des sourdons ou venets, des dilles ou couteaux, des coutoires ou clovisses, des oursins ou châtaignes de mer et des petits crabes ou chancres de toutes espèces ; ces derniers se prennent à la main sans avoir besoin d’aucun instrument.

Les huîtres les plus estimées de celles que l’on pêche dans le bassin sont celles qui se recueillent à la main et qui restent découvertes toute la marée. Mais il s’en faut beaucoup qu’elles ne soient de la qualité de celles de Tréguier. Celles qui se pèchent à la drague ne sont pas si délicates. Quant aux moules, la qualité n’en est pas autrement bonne ; cependant les riverains du bassin s’en servent pour leur nourriture et elles leur sont d’un grand secours pendant l’hiver et même durant l’été.

Les sourdons49 qui sont les mêmes coquillages que les pêcheurs des côtes de Basse Normandie connaissent sous le nom de venets, se recueillent à la main, de même que l’on fait les huîtres et les moules de pied de basse mer. Les sourdons se trouvent en grattant le terrain et la superficie. Les coutoires se trouvent un peu plus avant que les premiers.

Les couteaux ou dilles se pèchent dans les fonds de sable ordinairement vaseux qui sont aux bords des achenaux, des crassats ou petites gorges d’où on les tire avec une baguette de fer ou un espèce de tire-bouchon dont le bout est en forme d’hameçon. On connaît les fonds où il y a des couteaux par deux trous contigus qui les indiquent. Ces poissons sont ordinairement enfoncés d’un pied et demi dans le terrain. En passant la baguette dans ce trou, on trouve les coquillages que l’on traverse d’un bout à l’autre sans en endommager la coquille qui est ouverte aux deux bouts et on sort le poisson par le bout d’en haut.

On fait encore cette petite pêche d’une autre manière et qui est aussi curieu­se qu’industrieuse. Les pêcheurs mettent sur chaque trou que les couteaux marquent sur le sable un grain de sel. L’eau que le sel forme en fondant, tom­bant sur le poisson comme si c’était le retour de la marée, l’oblige de sortir du sable et de s’élever au-dessus de la surface, quelquefois de la hauteur de 3 à 4 pouces. Pour lors, ceux qui en font la pêche, voyant paraître le coquillage s’en saisissent précipitamment en enfonçant les doigts dans le sable pour leur fermer le trou par où ils sont montés et par où ils se renfonceraient aussi­tôt ainsi. Sans subtilité et sans promptitude, on ne les pourrait jamais prendre

Les pêcheurs de coutoires qui sont les mêmes coquillages que les clovisses des côtes de Provence se fait avec une espèce de bêche ou plutôt de houe semblable à celle dont on se sert pour travailler les vignes, les maïs et les millets. Ce sont ordinairement les femmes qui font ces petites pêches de coquillages dont il se faisait pendant le carême une extraordinaire consomma­tion. On en porte, comme nous l’avons observé, une grande quantité à Bor­deaux, outre ce qui s’en renverse50 dans les campagnes voisines de la baie. On transporte des coutoires en sacs et en barils quelquefois jusqu’à Tou­louse et en Languedoc, parce que pendant l’hiver, ces coquillages se peuvent conserver plus de quinze jours à trois semaines.

L’usage des appâts empoisonnés n’a point lieu dans toutes les eaux de cette baie qui est, comme nous l’avons observé, infiniment poissonneuse.

(à suivre)

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1. Occident, couchant ou ouest. Il s’agit ici des côtes françaises de l’Atlan­tique et de la Manche.

2. Pied : 0325 m.

3. Du printemps au début de l’automne. C’est la bonne saison.

4. Sorte de pinasse. Le mot est employé au Pays Basque.

5. Filets utilisés pour la grande pêche (cf. BSHAA n° 11).

6. Rum, rumb ou rhumb : l’une des directions portées sur le compas ou boussole marine.

7. Outil de tisserand.

8. 6,50 m à 710 m.

9. Étrave : pièce courbe et saillante placée à l’avant.

Étambot : pièce de construction à l’extrémité arrière du bateau.

10. Pièce de bois transversale à deux branches supportant les planches de la coque.

11. 4,55 m.

12. 1,5 m2.

13. Les bordages sont disposés «  à clin » quand chacun d’eux, au lieu d’être fixé à joints carrés sur celui qui est dessous, le recouvre d’environ trois centimètres.

14. Cf. BSHAA n° 11. La folle est la nappe simple en filet d’un maillage de 14 à 18 centimètres.

15. Voir plus loin le paragraphe qui lui est consacré

16. Tente ou tessure : assemblage de filets.

17. En dialecte de La Teste, fouënne pour pêcher les carrelets. Ailleurs, long fourchet pour retourner la litière.

18. Crevette en dialecte de La Teste, d’où « esquirey » : filets à crevettes.

19. 73 mètres.

20. 1,30 m à 1,60 m.

21. Grand chenal ayant de l’eau à marée basse ; bras de mer où passe un bateau.

22. Frapper : amarrer.

23. 36,50 m à 40 mètres.

24. 146 à 165 mètres.

25. 2,707 cm.

26. 73 mètres.

27. Tramail : cf Bulletin n° 11.

28. Qui est à l’extérieur, libre

30. Les fameux mois sans « R » où il convient de défendre la pêche des huîtres « pour conserver les huîtrières et empêcher qu’on ne les défonce » et non pour question de salubrité.

31. ou senne.

32. Dans les dialectes de la Gascogne maritime, « capit » signifie cime, tête, point culminant. Ici il s’agit des bancs de sable qui bordent les passes.

33. Sous entendu : sans catastrophe.

34. 130 mètres.

35. 5 m 50.

36. Va par le travers, c’est-à-dire perpendiculairement à la côte.

37. S’approche de la terre. Se dit pour un navire manœuvrant pour « l’at­terrage » : action de s’approcher de la terre pour la découvrir, la reconnaître et diriger sa route en conséquence.

38. 73 mètres.

39. Pêcherie monopolisée.

40. 3,60 m.

40. 2,50 m à 3,20 m.

42. 2 m à 2,25 m.

43. 7,30 à 9,20 m.

44. 14,65 cm2.

45. Crassat : Dans la zone de balancement des marées, banc vaseux ou sablo-vaseux, par opposition, à « banc », émergence uniquement sableuse.

Petites gorges : chenaux temporaires entre les crassats.

46. Pendant l’hiver.

47. Sorte de canard sauvage.

48. 14,64 m.

49. Nom gascon du coquillage appelé : coque, en français.

50. Ce qui se vend.

 

Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch n° 12 du 2e trimestre 1977

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