Patrick BOYER

Patrick BOYER (1951-2013)

Le 28 mars dernier, Patrick Boyer, administrateur de notre Société, est décédé à son domicile de Biganos à l’âge de 62 ans. Cela faisait des années qu’il luttait contre la maladie. Sans jamais ne rien laisser paraître et sans jamais ne s’être plaint une seule fois malgré les nombreuses interventions qu’il a subies, il a fait preuve d’un courage exemplaire. Toujours disponible et très dévoué, il s’est constamment efforcé malgré la maladie de répondre aux sollicitations diverses dont il a été l’objet. Sollicitations d’autant plus nombreuses, qu’étaient grandes ses connaissances historiques dans les domaines de l’aéronautique et de la Deuxième ou de la Première guerre mondiale.

Boyer
    Son entrée à l’École d’Enseignement Technique de l’armée de l’air à Saintes en 1968 l’avait conduit ensuite à l’École technique de Rochefort, avant d’intégrer le Groupe d’Entretien et de Réparation des Matériels Aéronautiques Spécialisés (GERMAS) à Aulnat en 1971. Une mutation en 1977 à Mérignac pour s’occuper du Noratlas fait revoir l’Aquitaine à ce Périgourdin d’origine. Ses promotions successives l’ayant fait repartir en 1986 à Reims, comme chef d’atelier moteur, il rejoint ensuite en 1992 avec le grade de Major un escadron à Strasbourg. De là il est envoyé dans le cadre de l’OTAN en Turquie et en Italie. De retour à Reims l’année suivante, sa passion de son métier, de l’aviation, de l’Histoire trouve son terrain d’expression dans la création, avec un groupe d’amis, du musée des opérations aériennes 1939-1945 de Condé-Vraux dans la Marne. Durant son séjour professionnel rémois, il part en mission à plusieurs reprises à Bangui au moment des événements de Centrafrique.
    Muté à Cazaux en 1998, il y termine sa carrière professionnelle en 2003. C’est pendant cette période, qu’en plus de ses compétences professionnelles pour lesquelles il sera par la suite rappelé à plusieurs reprises, il se penche sur l’histoire de la B.A. 120. Il coécrit pour la Société historique et archéologique d’Arcachon en 2002 un livre retraçant l’évolution de la base de Cazaux depuis son origine. En parallèle, sa passion de la reconstitution historique et ses différentes activités le font entrer en contact avec l’Association des véhicules militaires historiques de Vendée et à en devenir l’un des membres les plus actifs en apportant ses compétences à de nombreuses manifestations sur le territoire national. Il devient aussi au fil des années l’historien référent de la base de Cazaux et motive les différentes autorités pour que soient conservés sur place des témoignages du passé et du présent de cette base prestigieuse. La création en 2009 du Musée des Ailes du Lac dont il assumait la charge de conservateur représente la concrétisation de ce projet. Auteur de plusieurs articles sur l’aviation, ses contacts dans ce domaine, en France ou à l’étranger, étaient innombrables.
    Tout naturellement la proximité de lieux entre la base de Cazaux et la Nécropole Nationale du Natus, avait conduit Patrick Boyer à se pencher sur l’histoire méconnue du camp du Courneau et du passage des troupes sénégalaises, russes ou américaines qui s’y sont succédé. L’intérêt commun pour ce site m’a donné le privilège de croiser son chemin et de nos recherches conjointes est née une solide et profonde amitié sans faille jusqu’aux derniers instants. C’est ainsi que nous est venue, en 2007, l’idée de retracer l’épisode de la Première guerre mondiale sur le Bassin dans un livre intitulé 1914-1918 le Bassin d’Arcachon paru l’année suivante pour commémorer les 60 ans de la fin de la guerre. Cet ouvrage édité par la Société fut présenté pour la première fois symboliquement au Courneau, le 11 novembre 2008, devant des représentants de la communauté sénégalaise de Bordeaux.
    En complément de cette publication, Patrick Boyer se battait depuis des années pour que soient mentionnés à la Nécropole Nationale du Natus les noms des soldats décédés au camp du Courneau pour lesquels, après de longues recherches, nous avions retrouvé les noms et appartenances militaires et géographiques. Il avait pour cela notamment entrepris un certain nombre de démarches auprès des instances concernées. Son décès prématuré l’empêchera de voir l’aboutissement de ce travail qui semble être en vue. De nos recherches et de notre amitié étaient nés un certain nombre d’articles pour la Société, le dernier d’entre eux est dans ce Bulletin. Au moment de son départ, Patrick Boyer fourmillait d’activités pour la base de Cazaux, pour ses recherches, pour la Société historique. Il s’est battu jusqu’au bout pour que ses projets aboutissent. La Base de Cazaux perd son historien, notre Société un administrateur et un spécialistes et certains d’entre nous perdent un ami. Nos pensées vont à son épouse qui l’a toujours assisté fidèlement dans ses recherches, à ses enfants qui l’ont soutenu jusqu’au bout.

Jean-Michel MORMONE

Extrait du Bulletin n° 156 du Bulletin de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch


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