Le cahier de doléances de Salles

LE CAHIER DE DOLÉANCES DE SALLES.

 

Le « Cahier des plaintes, dolances et remonstrances » que les habitants de la paroisse de Salles rédigent le 8 mars 1789 en présence de l’huissier royal Villetorte est particulièrement intéressant car il relate un épisode important de la vie de cette communauté à la fin de l’Ancien Régime.

Afin de laisser aux lecteurs tout le plaisir de la découverte, nous replacerons simplement ce document dans le contexte de l’époque et nous nous en tiendrons aux explications indispensables.

 

Les circonstances.

La plupart des cahiers furent, comme on sait, rédigés par les notables en collaboration parfois avec les seigneurs du lieu. A Salles, un premier cahier sortit d’une première délibération de ces autorités, début mars probablement, dans la forme la plus officielle et quatre députés, les sieurs Bédouret, Dubourg, Dumestre et Plantey emportèrent ces doléances à Bordeaux où ils siégèrent dans l’Assemblée du Tiers État de la sénéchaussée de Guyenne.

Le présent cahier a été élaboré postérieurement par un certain nombre de Sallois. C’est là son originalité car on ne voit guère d’initiative de cet ordre dans le royaume à cette époque. Il affirme la réfutation totale du premier cahier et conteste la légitimité de trois députés de la paroisse !

La note marginale, ajoutée par le greffier sur la demande des présents, mentionne le nombre des signataires (38) et révèle une autre péripétie : adressé au procureur du Roi, le cahier contestataire a abouti chez le sieur de Pichard, seigneur de Salles, Président à Mortier au Parlement de Bordeaux. Ainsi, les commissaires du Tiers n’ont pu examiner ces doléances.

L’hostilité que les rédacteurs de ce document manifestent à l’égard du Seigneur permet de penser que le parti des députés – à l’exception du sieur Plantey, peut-être, – était favorable à de Pichard et que les habitants étaient divisés au début de cette année 1789, alors que se déroulaient les élections aux Etats Généraux.

Notons que les signataires sont des chefs de familles, soumis aux impositions, gens aisés par conséquent, qui jouissent d’une certaine notoriété dans la paroisse. On est loin, ici, de ces cahiers élaborés suivant des modèles proposés que l’on rencontre assez souvent.

Ce cahier nous paraît résulter d’une initiative collective exceptionnelle et la véhémence des plaintes, la fermeté des paraphes apposés par les trente huit signataires traduisent leur colère et leur indignation.

 

La paroisse de Salles.

Nous rappellerons seulement que la paroisse bénéficiait de conditions géographiques très favorables. Des terres argilo-calcaires (affleurement des faluns de Salles) avaient fixé une paysannerie vaillante que les terroirs d’une fertilité insolite (céréales, vignes), mais assez éloignés parfois les uns des autres, dispersaient dans les nombreux quartiers autour du bourg. Les toponymes remontent à la nuit des temps. L’expression « Le paradis des Landes » également, ainsi qu’en témoigne l’Abbé Baurein dans ses « Variétés Bordeloises » (1786).

Au carrefour de la voie fluviale (l’Eyre et sa vallée) et d’une route qui reliait les Landes atlantiques à Bordeaux, le gros village (environ 400 feux) constituait une seigneurie de bon rapport. Les Sallois, privilégiés au plan agricole, élevaient dans leurs landes très étendues, à l’instar des Landais, de nombreux moutons qui fournissaient la laine, de la viande, mais surtout l’indispensable fumier. La renommée des apiculteurs avait atteint la grande ville, et celle des bouviers, connus pour leur disponibilité, le Pays Basque. L’activité des charbonniers et le gemmage constituaient une source importante de revenus.

Ces considérations économiques permettront de mieux saisir le caractère outrancier des doléances qui portent sur la présentation de la paroisse de Salles, « infertile »… On étend les paysages excessifs de la lande, noyée l’hiver, brûlée l’été, à tout le territoire.

« Toutes les années précédentes », c’est-à-dire la décennie 1780/89, n’ont pas été mauvaises comme on l’affirme dès le début. Il est exact cependant que la rigueur de l’hiver de 1788 fut terrible et compromit dangereusement l’économie traditionnelle. Au printemps de 1789, la crise était réelle certes, mais on peut penser que la Basse Leyre souffrit moins que d’autres campagnes réellement démunies.

En dressant ce tableau catastrophique, en décrivant « l’état misérable » de leur paroisse, les rédacteurs souhaitaient donner plus de force aux doléances suivantes.

 

Le seigneur de Salles.

Le Sieur de Pichard, Président à Mortier au Parlement de Bordeaux, était l’un des parlementaires les plus en vue de l’Aquitaine. Jouissant d’une grande fortune, il avait notamment acheté le Château Lafite dans le Médoc pour un million de livres (record du temps !) et menait un train de vie très luxueux : somptueuse demeure à Bordeaux dans la maison ancestrale, grande influence sur les magistrats de la cité, table de vingt-cinq couverts toujours servie.

Il n’occupait pas son château de Salles mais comme les seigneurs grands propriétaires fonciers de l’époque, il gérait avec soin ses domaines et seigneuries. Il entretenait avec ses intendants des correspondances régulières où « les détails et l’exactitude » devaient rendre compte au sol (sou) près des revenus de son fief… spéculation, profit, exactions, rien ne devait échapper à son jugement.

Salles, Belin, Béliet où il possédait un minier d’hectares lui rapportaient probablement plus que les cinq mille livres qui apparaissent dans les comptes des régisseurs.

 

Les doléances.

Le sieur de Pichard est l’objet de la plupart des plaintes exprimées dans ce cahier. On découvrira l’âpreté des robins (magistrats) bordelais dont les plus éminents employaient à plein temps dans leurs seigneuries des feudistes (feudistes dans le texte). Ces spécialistes du droit féodal sévissaient alors dans les campagnes. Ainsi, le « lièvre ou terrier » que le « Nommé Grassiolet » constitue depuis 1775 remet au jour à Salles maintes redevances que les paysans avaient cessé d’acquitter (voir « les arrérages de rentes » dont il est question). Les ruses et les stratagèmes que permettait la mitoyenneté de deux seigneurs (les « Messieurs de Malte » et de Pichard) sont révolus. La constitution d’un cadastre avait essentiellement pour but de percevoir de nouveaux cens (impositions), plus élevés, et les exactions étaient d’autant plus faciles pour Grassiolet que le Président à Mortier était à la fois juge et partie dans l’affaire. La fable de La Fontaine « Le pot de terre contre le pot de fer » trouve là une cynique application.

L’importance de la lande environnante où le troupeau concourt à la fabrication du fumier apparaît bien dans le cahier. La remise en question des droits acquis sur les terres vaines en 1561 par la communauté est très courante à l’époque. De même le passage en franchise de la rivière qui se transforme en un péage annuel !

La confiscation des armes, particulièrement vexatoire, confirme l’existence d’un antagonisme profond entre le seigneur servi par ses créatures et les habitants. Par la violence de leurs attaques, les trente-huit signataires et leurs amis participent au grand courant de mécontentement qui s’exprime alors dans le royaume et conteste la féodalité.

Si l’on excepte la remontrance qui concerne le chemin royal, préjudiciable à ceux de Lavignolle car ils paient la taille (au Roi) et les cens (au Seigneur) pour des terres qu’ils n’exploitent plus, (l’évaluation des terres confisquées, « trente cinq journaux », soit un peu plus de onze hectares dans la mesure de Bordeaux, paraît un peu forte), toutes les doléances concernent la vie locale. Elles montrent l’existence d’un groupe important de contestataires dans ce gros village rural de la Basse Eyre. Ils s’unissent malgré les notables pour affronter un seigneur puissant, Président à Mortier au Parlement de Bordeaux de surcroit.

On mesurera leur colère et la confiance et l’espoir qu’ils plaçaient dans « la tendresse d’un Roy père Bien Aimé de ses peuples » en ce printemps de 1789.

Fernand LABATUT

 

Nota : la rédaction du texte est hachée mais la concision des propos, consignés sans doute au fil de la délibération, ajoute à la véhémence des plaintes.

Quant aux signatures, elles montrent que les vieilles souches familiales étaient vivaces. A travers les événements et les siècles, les patronymes qui se sont perpétués dans le pays en témoignent.

 

CAHIER DES PLAINTES, DOLANCES ET REMONSTRANCES QUE PRÉSENTENT LES HABITANS DE LA PARROISSE DE SALLES EN BUCH POUR SATISFAIRE A LA VOLONTÉ DE SA MAJESTÉ.

 

Disant 1° que cette parroisse accablée par tous les fléaux qu’elle éprouve, et qu’ont successivement éprouvés pendant tourtes les années précédantes touttes les espèces de récoltes, et principallement la danrée qui fait son unique ressource privée ; suit par les fléaux de la gellée, grélle, inondation des eaux pluvialles, de même que pour l’extrême disette, que par sa mauvaise quallité de ses productions non seullement de pouvoir retirer aucun produit pour satisfaire aux fraix des traveaux que la terre redemande dans l’instant, même de quoi s’alimenter ou du nécessaire pour vivre pauvrement, qu’un peu de tems dans l’année ? gémissant de tant d’événements funestes que de ceux que les grands froids viennent de causer nouvellement en ce lieu ; soit aux arbres de production, tels que les arbres pins, bétail et le peu de vignes qu’on regarde comme détruit ;

2° le terrain de la ditte parroisse de Salles n’est à proprement panser qu’un sable mouvant sur un lapa1 et seur la pierre, et infertiles, sujet comme n’étant qu’à une petite distance de la mer occeane près de La Teste de buch à être sumergée par les moindres eaux pluvialles et par les moindres challeurs le tout à être conssommé et brullé dans leurs saisons ;

Ce qui ne peut être douteux que cette parroisse ne ce soutient, ny ne vit que par ses intrigues journallières et à la sueur de son front : tel est l’état misérable de ce lieu qui jusques au moindre oragant2 qui ce passe détruit la plus belle fleur de ce lieu en terrassant les arbres de production cy dessus énoncés comme ne reposant que sur le tufs, et hors de deffense des injures de l’air de la mer.

Sa Majesté nous permet de faire à elle touttes les remonstrances convenables et en concorution3 des quelles un quartier de la parroisse, tel que celuy qu’on appelle Lavignolle, souffre un grand degat au sujet du chemin royal de Bordeaux à Bayonne, qui a été transmis seur leurs pocessions et terrains cultivatifs seur le nombre de trente cinq journeaux de fonds mesure de Bordeaux, lesquels propriaitères en payent de même la taille au roy et autres impositions, la rente au sieur de Pichard chaque année ; sans avoir été jamais dédomagés de la moindre chose quoi qu’ils se soient récriés aux agissants de la part de Sa Majesté ; ce qui dénotte que cette connoissance n’est jamais venue à icelle Majesté ?

Puis qu’il nous est permis d’exposer tous maux parmi lesquels nous posons pour principe 1 ° que le Sr de Pichard seigneur diréc de ce heu, inveu de tout ceux4, n’a pas été touché de commisération ; au contraire à tous égards, il n’a pas laissé d’expédiant qu’il n’est tante et mis en oeuvre pour rendre de plus en plus la ditte parroisse plus malheureuse ; soit en commettant pour la faction d’un lièvre ou terrier, un pillard tel que le nommé Grassiolet féodiste depuis quatorze ans, qu’il a été mis de la part de Sr de Pichard pour se faire reconnoitre seigneur de Salles, ce Ne Grassiolet fait faire des exploits à la requette de Sr de Pichard, pour des sommes immenses, dans un tems qu’il ne seroit deu qu’une modique somme, et quelques fois rien darrérages de rente. D’après cette action le sieur de Pichard comme magistrat, point de procureur ny avocat pour soutenir ou deffendre l’assigné, que les propriaitères des fonds fassent veriffier ces mêmes fonds par quelque autre Me féodiste de Bordeaux, dont il cy trouve une quantité d’erreurs, dont ont présente le mémoire de l’arpentage au Sr de Pichard, il n’écoute rien de sella, mais seullement le Ne Grassiollet ce qui a fait qui a tracassé et tracasse le pauvre, la veuve et l’orphelin et tout le peublicq5, et par lequel la parroisse a été vexée et pillée par cest abominable Rapineur comme dans un bois.

Soit en envahissant les fiefs de Mr de Malthe dans la sensive de ce seigneur, soit en augmentant à son gré les rentes, soit par la division d’une pièce en plusieurs articles, soit en recouvrant des droits qui n’etoient pas dheus, soit quoique le seigneur invu de tout cecy6, en exigeant de tous cottes ce qu’il lui a pleû et lui plait :

D’abord en revenant sur le point de principe, nous remonstrons que nous sommes rongés par le seigneur du lieu, d’une manière la plus cruelle, en exigeant de nous, et nous faisant payer pour l’emplacement d’un caban7 que nous construisons dans une mauvaise contraie de lande un boisseau bled pour loger un peu de bétail, dans le tems que le fonds ne vaut pas cinq sols : cette déduction meritte toutte attention, et pour s’en convincre il faut posé que un an et demy après qu’il a eu passé des bails en cabans, de nous il nous les a fait remetre et â au montée8 la rente comme il luy a pleû, n’est ce pas abominable :

Et de plus quiconque voudra deffricher et maitre en nature de production par urgente nécessité, il exige de nous et se fait payer un picotin de bled par journal, petite mesure de terrin, un sol argent un dixième poulie, et un charroy à Bordeaux distant de dix lieus, que perssonne ne peut faire quiconque que ce soit pour le moins, et à moins de quinze livres, de ce fait résulte que l’urgente nécessité nous subgère à travailler pour le seigneur et non pour nous, c’est à quoi le paire de famille est exposé, outre et par dessus une courvée annuelle que nous luy faisons avec boeufs sus de nous qui en avons, et les autres à bras et de payer pour ainsi dire chaque journal à la susdite raison que dessus :

Revenant en ce point de remonstrances le troisième novembre 1561 nous avons acquis le droit par acte de faire paccager les bestieaux et faire leurs coyallas dans toutte l’étendue de la seigneurie de Salles, couper bruc, brande, jaugue et faugère, et le droit de passer franc à la rivière de Lèvre audit Salles même de prendre les lapins et lièvres dans les biens domageables, de tous ses droits nous en sommes privés par le seigneur du lieu et en voicy le fait 1 ° il a commencé luy même pour nous rendre plus malheureux à nous faisant brullé la bruyère que nous avons coupé dans les lieux accoutumés, ou étendue de la seigneurie, pour l’engrais des terres, cella ne luy a pas parût suffisant, peu de tems après procède contre quelques uns de nous, et nous fait de suitte pour avoir coupé quelque peu de bruyère compter sept cent livres sans luy avoir fait aucun domage, et tante toujours à nous privé du paccage du peu de bestiaux qui nous restent :

Comme en effet nous détruit de même quoi que nous ayons été de tout tems dans le privilège de prendre de l’ardille9 dans la terre de Salles, appartenante au Sr de Pichard, dans les endroits où il y en a, pour l’uzage nécessaire et bâtir quelque peu de couvert, et pour y faire des sols pour y dépiquer le bled, cependant le Sr de Pichard nous en prive absolument, n’est ce pas encore toujours de plus en plus abominable.

Comme il est égallement abominable après nous avoir refusé la vollaile qu’il luy plait nous faire donner par année, de nous rendre assignés et nous la faire payer à sa volonté, sçavoir les poulies à raison de trois livres la paire, et les chapons, à quatre livre dix sols aussy la paire dans le tems que l’un et l’autre sont bien assés payer de vingt à trente sols la paire :

Comme de passer franc la ditte rivière d’Eyre ; loin de la, il afferme le bateau que nous faisons faire nous mêmes et nous fait payer annuellement un quart de bled à chacun, cela posé nous avons acquis tous ses droits en 1561 et nous n’avons rien.

2° Sa Majesté saura que le Sr de Pichard dit qu’il est un pot de fair et qu’un de terre ne doit pas buter contre luy et qu’il le faira pourrir dans les cachots, et qu’il est juge magistrat de tant de ressorts et qu’il jugera comme il luy plaira, par la raison qu’il voit notre indigeance et de laquelle il triomphe dans touttes ocasions et ce fait connoitre jusques à la perssonne qui auroit acquis pour vingt quatre livres, de suitte ce fait assigner pour payer le huitième de cette acquisition sans relâche.

3° le Sr de Pichard possède par luy même le tiers du fonds le plus revenable10 de toutte la parroisse outre et ensus des rentes ordinaires fixées à sa volonté :

Il nous reste maintenant à mètre sous les yeux de Sa Majesté que nous avons été mainte fois frapés de coups d’authorité par le Sr de Pichard tout comme nouvellement le premier février dernier, et jours suivants de la présente année 1789, en envoyant une troupe de sattelites11 du grand prévôt, nous désarmer dans les maisons, et nous constraindre à un chacun à dix livres d’amende sous peine d’emprisonnement.

Un abus aussy barbare que nuisible exercé contre des fidelles sujets de Sa Majesté, combien ce désarmement ne paroit-il pas révoltant et répréhensible surtout à considérer les ravages causés par les loups, les chiens enragés, les vols qui se commettent dans les pays de toutte spèce par les volleurs qui y dessendent, les courbeaux et les pies qui ravagent les semences, la venaison12 qui la détruit tottallement dans des cantons, n’est ce pas assés démontré l’indispensable nécessité des armes dans touttes ocasions de même que pour faire peur à des brigans dans leurs desseins prémédités :

En présentant notre misère, nous nous offrons même avec nos plaintes, doléances et remonstrances à la tandresse d’un Roy père Bien Aimé de ses peubles cy capables d’interresser la Bienfaisance de son coeur.

Fait et dressé le présent cahier par seconde délibération à Salles en buch le huit mars mil sept cent quatre vingts neuf* pour faction de ce cahier attendeu que la plus principale et majeure partie des habitans de Salles n’aprouvent en rien le contenu du cahier des députés ny leur nomination Excepté de celle du Sr Plantey.

Suivent les signatures de : Villetorte, Lanvu, Jovere, Villetorte, Dubouyer, Dufilh, Cameleyre, Cameleyre, Lalande, Hazera, Loche, Laville, Jacques Hazera, Lafon, Jean Courbin, Bassibey, Raynaud, Tujurmeau, Grégoires, Pierre Camel Cameleyre, Villetorte, Bourrieu, Lassoupe, Bernaits, Dupuy, Raynaud, Dumora, Hazera, Deycard, Cavernes, Talleyrons, Lalande, Villetorte, Hazera, Boyrie, Dupin, Antoine Mages, Villetorte (huissier ?) royal.

 

Nota * Coppie signée de trente huit habitans du présent cahier envelopé et cachette a été adressé à Mr le procureur du roy le landemain qu’il feut fait pour être produit à la semblée ce qui n’a peu ce faire à cause que le né Jean Frapié marchd de Salles s’ent étoit chargé ; ne s’est point acquitté de cette commission et ayant remis le paquet aud Sr de Pichard que ce dr a en mains.

 

NOTES

 

1. Lapa : alios

2. Oragant : ouragan

3. en concorution : à propos

4. inveu de tout ceux : informé de tout ce qui précède

5. peublicq : puplic = peuple

6. invu de tout cecy : cf. renvoi 4

7. caban : cabane

8. â au montée : a augmenté (phon.)

9. ardille : argile

10. le plus revenable : le plus rentable (qui fournit le plus de revenus)

11. sattelites : gardes, soldats

12. venaison : gibier

 

Nous remercions M. Jean VALETTE, Directeur des Archives Départementales de la Gironde, d’avoir bien voulu nous communiquer copie de ce cahier retrouvé aux Archives Nationales (cote B III 173).

 

Extrait du Bulletin de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch n° 58 du 4e trimestre 1988.

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