L’électricité à Arcachon (1885-1891)

L’électricité à Arcachon

(1885-1891)

 

Le 21 juin 2003, la Ville d’Arcachon inaugurait trois lignes du bus électriques : « ého ! »

L’histoire de l’arrivée de l’électricité à Arcachon est très liée à celle des transports en commun, en particulier à celle du tramway. Cette dernière a fait l’objet d’un excellente étude due à notre collègue Claude Robin : Les transports sur rail, tramway et funiculaire au début du 20e siècle à Arcachon, parue dans le Bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, N° 112, 2e trimestre 2002 (pages 29 à 66). Il sera intéressant de s’y reporter.

La genèse fut longue pour arriver à la construction d’une usine et d’un réseau de distribution électriques inaugurés en 1911.

Il nous a semblé intéressant de mettre à disposition les documents sources concernant les différents projets, les hésitations du conseil municipal, les critiques de l’Avenir d’Arcachon, en se gardant de porter des jugements de valeur sur les actions des uns et des autres.

 Maires d’Arcachon pendant l’époque couverte par les documents

Jean-Emmanuel-Georges Méran du 23 janvier 1881 au 29 septembre 1886

François Grenier du 19 décembre 1886 au 28 juillet 1888

Jean-Eugène Ormières du 28 juillet 1888 au 16 février 1890

Commandant Eugène Ravaux du 27 mars 1890 au 15 mai 1892

Comte Charles-Denys de Damrémont du 15 mai 1892 à son décès le 7 mai 1897

Jean-Baptiste-James Veyrier-Montagnères du 26 juin 1897 à 17 juillet 1922

Conseillers généraux

Canton de La Teste

Léon Lesca du ? au 31 juillet 1898

Jean-Baptiste James Veyrier-Montagnères du 31 juillet 1898 au 31 juillet 1904.

Pierre Dignac à partir du 31 juillet 1904

Canton d’Arcachon (créé le 6 avril 1906)

Jean-Baptiste James Veyrier-Montagnères du 3 juin 1906 au 19 juillet 1925

Conseiller d’arrondissement

Docteur Aimé Bourdier

Député

René Cazauvieilh, réélu en 1902 et en 1910

Présidents de la République

Jules Grévy du 30 janvier 1879 au 2 décembre 1887

Sadi Carnot du 3 décembre 1887 au 24 juin 1894

Casimir Perier du 27 juin 1894 au 15 janvier 1895

Félix Faure du 17 janvier 1895 au 16 février 1899

Émile Loubet du 18 février 1899 au 17 janvier 1906

Armand Fallières du 17 janvier 1906 au 16 février 1913

Raymond Poincaré du 17 janvier 1913 au 18 février 1920

Population d’Arcachon

1886 : 8 034 habitants – 1891 : 7 910 habitants – 1896 : 8 212 habitants – 1901 : 8 259 habitants – 1906 : 9 135 habitants – 1911 : 10 266 habitants.

 

Quelques repères historiques

-550 – Constat que l’ambre jaune (élektron) attire les petits objets (Thalès de Milet)

1663 – Première machine électrostatique (globe de soufre tournant)  (Otto von Guericke)

1729   – Découverte de la conductibilité électrique (Gray)

1733  – Découverte de l’existence de l’électricité (du Fay)

1800  – Découverte de la pile électrique (Volta)

1825 – Construction du premier électro-aimant (Sturgeon)

1827 – Invention de la turbine hydraulique (Fourneyron )

1832 – Construction de la première machine tournante hétéropolaire  (Pixii)

1841 – Installation à Paris des premières lampes à arc (Foucault)

1851 – Premier câble sous-marin (de Douvres à Calais) (Breit)

1859 – Invention de l’accumulateur électrique (Planté)

1871 – Présentation à l’Académie des Sciences de la première dynamo  (Gramme)

1873 – Réalisation du premier transport de force par l’électricité, à Vienne, en utilisant le principe de réversibilité de la dynamo Gramme (Fontaine)

1876 – Invention de la bougie de Jablochkov (par arc électrique) (Jablochkov )

1877 – Seize bougies de Jablochkov sont installées à Paris, avenue de l’Opéra   

1878 – Invention de la lampe à incandescence (Edison et Swan)

 1878 – Invention de l’alternateur  (W. von Siemens)

1879 – Construction de la première locomotive électrique (W. von Siemens)

1881 – Premier tramway électrique (à Berlin)

1881 – Exposition de l’électricité à Paris                                                   

1882 – Découverte du phénomène du champ tournant (Tesla)

 1882 – Exploitation de la première centrale à vapeur (Pearl Street, 400 lampes, 59 clients) (Edison)

1883 – Transport de force entre Vizille et Grenoble (Deprez)

1883 – Invention de la première turbine à vapeur à action  (de Laval)  

1884 – Communication à la Société Internationale des électriciens, du principe du « générateur secondaire » dénommé plus tard « transformateur » (Gaulard et Gibbs)

1884 – L’exposition de Turin est reliée à la gare de Lanzo, éclairée grâce aux transformateurs (37 km) (Gaulard)

1884 – Création de la turbine à vapeur à réaction (Parson)

1885 – Réalisation d’un transport de force sur 56 km entre Creil et Paris (100 CV sous 6 200 V) (Deprez)

1885 – Installation du premier transformateur aux U.S.A, à Great Barrington (Massachusetts) (Stanley)

1886 – Aux U.S.A., premier réseau de distribution de courant alternatif, à Great Barrington (Stanley)

1888 – Réalisation (indépendante) des premiers moteurs d’induction industriels (Ferraris et Tesla)

1889 – Première usine électrique en France (rue des Dames à Paris)                   

1891 – Construction d’un câble de 10 000 V pour la centrale de Depford (Ferranti)                  

1900 – Première ligne du métropolitain de Paris (Bienvenüe)

1901 – Invention de la turbine multicellulaire à action (Rateau)

1901 – Invention de la lampe à vapeur de mercure (Hewitt)

1906 – Liaison en courant continu HT entre Moutiers et Lyon (Thury)

 

1885

(Avenir d’Arcachon N° 2918 du 08/11/1908)

11 janvier 1885, M. Colombier, qui possédait une scierie mécanique rue François Legallais, éclaira à l’électricité quelques particuliers, et sur la place Thiers une curée au sanglier faite par le vautrait[1], dont était master[2] le vicomte de Courcy.

 

1887

(Avenir d’Arcachon N° 856 du 20/11/1887)

Conseil Municipal – Nous publions ci-après le texte de la délibération prise par le Conseil Municipal, dans sa séance du 12 novembre courant, relativement à une demande ayant trait à l’éclairage électrique à établir à Arcachon, demande qui avait été adressée à l’Administration par MM. Buchin, Tricoche et Cie.

 » Au mois de juillet dernier, la Préfecture communiqua au Maire, pour avoir son avis, une demande de la Maison Buchin, Tricoche et Cie, de Paris, tendant à obtenir l’autorisation d’établir en ville un réseau de lumière électrique.

Dans le courant du même mois, la Société Immobilière, concessionnaire de l’éclairage au gaz, écrivit également au Maire pour lui rappeler les articles du traité du 22 juillet 1881, qui s’opposaient à ce que l’autorisation dont il s’agit fut accordée.

Saisi de la question, le Conseil décida que, avant de prendre une détermination, il y avait lieu de consulter le Conseil privé de la Ville.

En exécution de cette délibération, le dossier de l’affaire fut transmis à Me Peyrelongue, avoué honoraire qui, sous la date du 10 novembre, a remis la consultation dont le texte suit :

« Consultation – Vu le traité passé le 22 juillet entre la commune d’Arcachon et la Société Immobilière d’Arcachon pour l’éclairage et le chauffage au gaz et le monopole qui en résulte ;

Vu la lettre de M. le Président de la Société, en date du 21 juillet 1887, adressée à M. le Maire d’Arcachon, au sujet des essais d’éclairage à l’électricité faits à Arcachon ;

Vu la demande adressée à l’Administration par la Maison Buchin, Tricoche et Cie, pour être autorisée à établir à Arcachon une ligne à la lumière électrique d’intérêt privé ;

Vu la délibération prise à ce sujet par le Conseil municipal d’Arcachon le 9 septembre 1887 ;

Le Conseil privé de la ville d’Arcachon soussigné, avoué honoraire, sur la question qui lui est posée en vertu de ladite délibération, est de l’avis suivant :

« Considérant que de l’ensemble des dispositions du traité du 22 juillet 1881, il résulte que la Société Immobilière s’est réservé et qu’il lui a été accordé un monopole exclusif pour l’éclairage au gaz et même tout nouveau système d’éclairage, ce qui comprend évidemment l’électricité.

Qu’en effet, à des conditions prévues, la commune peut exiger tout nouveau système d’éclairage, et dès lors, d’électricité, ce qui exclut la possibilité de traiter avec d’autres pour cet éclairage.

Mais considérant que, par l’article 4 du traité, l’administration municipale s’est interdit de réclamer à la Société Immobilière, avant le 1er janvier 1890, soit l’application de procédés nouveaux, soit tout nouveau système d’éclairage et dès lors celui de l’électricité ;

Considérant qu’aux termes du même article 4 la ville ne pourra réclamer à partir du 1er janvier 1890 à la Société Immobilière soit un nouveau procédé de fabrication, soit un nouveau système d’éclairage, qu’autant que l’un ou l’autre auront été, depuis trois ans au moins, appliqué à l’éclairage public et particulier d’une grande ville de France et réalisant une économie d’au moins 25 % sur le prix de revient de l’unité de la lumière ;

Considérant que le traité précise les moyens d’appréciation convenus pour asseoir la base de cette économie ;

Considérant à la vérité que le susdit traité autorise l’administration à faire, à ses frais, toutes les expériences qu’elle jugera nécessaires, mais que ces expériences ne doivent être pratiquées que sur une longueur maximum de cinq cents mètres de voie publique par chaque essai et sans que les produits de ces essais puissent être l’objet d’aucun trafic ;

Considérant enfin que, de la lettre de la Société Immobilière il résulte que les essais, dont elle se plaint, auraient été pratiqués en contravention de cette double condition ;

Le Conseil soussigné est d’avis que la commune d’Arcachon n’a le droit de faire avec Buchin, Tricoche et Cie, ni avec qui que ce soit, aucun traité d’éclairage électrique ; qu’elle ne peut leur accorder aucune autorisation d’établir, même à leurs frais, leur système d’éclairage ; qu’elle doit tenir la main à ce que les essais restent limités aux conditions précisées au traité, et qu’enfin la ville ne peut exiger aucune modification avant le 1er janvier 1890 pour l’éclairage concédé à la Société Immobilière. Délibéré à Bordeaux, le dix-neuf novembre mil huit cent quatre-vingt sept. Signé : Ade Peyrelongue. »

En conséquence, le Conseil adoptant les conclusions qui précèdent, invite l’Administration à formuler un avis défavorable sur la demande de MM. Buchin, Tricoche et Cie, et à appuyer cet avis de la consultation qui vient d’être produite ainsi que la présente délibération. »

 

(Arcachon-Saison N° 75 du 21/02/1889)

Galvano-cautère – A l’une des dernières séances de la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, il a beaucoup été question de la construction des galvano-cautères : un des assistants a présenté la description suivante d’un instrument de cette nature, facile à construire, peu coûteux et permettant de faire des cautérisations aussi bien dans le fond de la gorge qu’à la surface du corps.

L’incandescence du fil de platine est obtenue par le courant d’une pile Grenet de deux litres de capacité et comprenant deux charbons et deux zincs : ces derniers sont fixés à une monture mobile qui permet de les retirer ou de les plonger plus ou moins dans le liquide ; c’est ainsi que l’on réalise la graduation du courant.

Le manche, de la grosseur d’un porte-plume, est formé de deux lames de bois entre lesquelles sont placés deux gros fils de cuivre. Leurs extrémités inférieures sont mises en communication avec la pile par deux conducteurs souples et leurs extrémités supérieures dépassent le manche : c’est là que l’on fixe le fil de platine à cautériser, dont le diamètre, la longueur, la forme varient suivant les cas.

Comme il est souvent nécessaire de supprimer l’incandescence plusieurs fois au cours d’une même opération, l’un de ces fils de cuivre contenus dans le manche est formé de peux parties séparées ; il suffit d’appuyer sur un bouton extérieur pour fermer le circuit.

 

1890

(Arcachon-Saison N° 78 du 11/01/1890)

Éclairage électrique – En raison du débouché commercial offert au matériel d’éclairage, les efforts et les recherches ont été concentrés en grande partie sur la fabrication des machines, câbles, lampes, etc. La supériorité de la lumière électrique au point de vue de l’hygiène et de la sécurité sur les autres agents d’éclairage, est établie, dans le premier cas, par les rapports multiples des corps savants, et, dans le second, par les statistiques publiées dans les différentes parties du monde.

Au point de vue de l’hygiène, l’éclairage électrique est préférable, même au gaz, par la fixité de la lumière, l’absence presque totale de chaleur rayonnée et surtout de dégagement de gaz délétères.

Les Théâtres qui, au début de l’année 1889, possédaient l’éclairage électrique, ne figuraient que comme exception, mais aujourd’hui, il sont en majorité.

Le grand problème de l’éclairage des villes par stations centrales, timidement abordé, en France du moins, en 1888, peut être considéré maintenant comme résolu. Les obstacles créés au début, à Paris surtout, par les autorités municipales sont en partie disparus, et une expérience de six mois permet de juger ce que l’on est en droit d’attendre.

Paris qui, il y a un an, comptait une seule station centrale, en possède aujourd’hui six, et les commerçants des rues éclairées à l’électricité, remplacent peu à peu le gaz par des lampes à incandescence et même des régulateurs à arc.

L’une des principales installations effectuées dans le courant de l’année est sans contredit celle de la gare Saint-Lazare. Nous ne reviendrons pas sur son importance et l’heureux effet de la lumière électrique dans la nouvelle gare de l’Ouest, mais l’impulsion était donnée, et quelques mois plus tard, la gare de l’Est remplaçait à son tour le gaz par l’électricité.

Ces deux manifestations, jointes à l’adoption presque exclusive de l’électricité pour l’éclairage des théâtres, prouvent que le gaz a fait son temps et que son domaine sera bientôt réduit à des limites plus restreintes.

Les États-Unis sont en progrès sur nous, là-bas on fait très vite, mais pas toujours bien et les difficultés qui ont surgit dans le cours de l’année dernière entre les sociétés et les municipalités en sont la preuve. Néanmoins, il faut reconnaître que les Américains savent mieux que nous tirer partie d’une station centrale en multipliant pendant le jour et pendant la nuit les applications domestiques de l’électricité : ventilation, force motrice à domicile, etc.

L’Angleterre et l’Allemagne ont suivi la voie du progrès, et les villes possédant des stations centrales y sont nombreuses.

L’Italie et l’Espagne, jusqu’alors fort en retard, possèdent maintenant de nombreuses sociétés pour l’exploitation de l’électricité.

L’année 1889, si fertile en résultats industriels, ne se distingue pas de la précédente au point de vue scientifique. Les machines dynamo et les lampes n’ont reçu aucun perfectionnement important. Mais le point saillant des résultats acquis en 1889 est le développement pris par les courants alternatifs. Peu étudiés jusque là, et surtout rejetés à priori pour l’éclairage public, ils ont pris peu à peu la place qui leur est due. Les applications de plus en plus nombreuses qui en ont été faites pendant ces derniers temps, ont prouvé qu’un jour peut-être ils remplaceront le courant continu dans les stations centrales, car ils permettent de placer les récepteurs à une distance quelconque, sans entraîner de dépense exagérée de câbles.

Tel n’est pas l’avis d’Edison, mais on ne peut en vouloir à un fabricant de dynamos à courant continu, d’admettre la possibilité d’éclairer par courants alternatifs.

(à suivre)

En fait la suite ne viendra pas….

 

(Arcachon-Saison N° 84 du 22/02/1890)

Les applications de la foudre artificielle à la guerre – Un Américain, M. Grennell, écrit au journal Sun qu’il est en possession d’un procédé de foudre artificielle destiné à éteindre toute idée de guerre, par le fait même de sa puissance destructive. Dans ses expériences, il a réussi, par une seule décharge, à tuer toutes les mouches qui se trouvaient dans une chambre mesurant 6,5 x 6,5 mètres ; il suffisait d’après l’inventeur, d’employer des dynamos suffisamment puissantes pour exterminer une armée, à plusieurs kilomètres de distance.

M. Grennell estime à quelques millions le nombre des victimes de chaque décharge.

Le maniement de l’arme ne présenterait aucun danger pour les servants, mais son fonctionnement serait arrêté par la pluie ou l’humidité.

Nous serions désireux de connaître ce nouvel engin de guerre, mais M. Grannell est muet sur ce point : il attend l’opinion du directeur du Sun pour prendre un brevet et publier sa découverte.

 

(Arcachon-Saison N° 88 du 22/03/1890)

Électricité médicale – Deux cas nouveaux de guérison de tumeurs intestinales nous sont signalés par un article du docteur Keith, dans le British Medical Journal.

Le docteur Keith en fait suivre la description de considérations tout en faveur du traitement électrique ; absence de complications qui suivent souvent une opération chirurgicale et disparition de l’appréhension naturelle qu’éprouve le patient à la vue du bistouri.

Le traitement électrique des tumeurs s’opère à l’aide d’aiguilles d’une extrême finesse qui jouent le rôle de conducteurs du courant ; leur pénétration dans les tissus n’est pas plus douloureuse qu’une piqûre de morphine.

 

(Arcachon-Saison N° 93 du 26/04/1890)

Causerie médicale – De l’électrothérapie – Qu’est-ce que l’électricité ? Mystère.

De quelle manière l’électricité agit-elle sur l’organisme ? – That is the question.

Et c’est sur ces prémisses on ne peut plus incertaines que des théoriciens à outrance prétendent établir la base d’une thérapeutique rationnelle qui n’emprunterait rien à l’imprévu !

Cependant, il faut bien l’avouer, malgré les savantes recherches que cette science à provoquées particulièrement depuis ces dernières années, on n’en est encore qu’à la période des tâtonnements, de l’expérimentation, tranchons le mot, de l’empirisme.

Après tout, n’est-ce pas la meilleure méthode en cette matière ? L’ingénieur Chardin, l’électricien par excellence du monde médical, nous paraît avoir indiqué parfaitement le modus faciendi quand il conseille au praticien « dans le cas où le courant descendant (courant normal) ne lui donnerait aucun résultat d’essayer le courant ascendant ; et dans le cas où le courant indiqué par le raisonnement ou la logique ne lui donnerait aucun résultat, d’essayer d’autres courants » ce qui revient à dire que le mode opératoire importe peu pourvu que l’on guérisse son malade.

Est-ce à dire que l’électrologie médicale soit encore une science occulte, obscure et inconnue ? Si la légende qui attribuait à l’électricité une origine surnaturelle, aveugle et capable indifféremment du bien et du mal, n’est pas entièrement usée, on a du moins pris aujourd’hui l’habitude d’assimiler cette ressource thérapeutique à l’un quelconque des médicaments de notre pharmacien moderne. On sait que le médecin doit en surveiller les effets, et de même qu’il ne dira jamais à son malade : Prenez un kilo de sulfate de quinine et faites-en tel usage que vous voudrez, il ne doit pas livrer à son client un appareil électrique d’une certaine puissance, sans en surveiller toujours lui-même les applications.

Ce fait paraît en principe d’une logique enfantine, mais il ne faut pas avoir beaucoup d’expérience pour savoir que l’on est trop porté à accorder aux appareils électriques un … Comment pourrait-on dire ?… un semblant d’intelligence, de discernement et si dans un certain cas on considère les effets de l’électricité comme dangereux… dans d’autres cas on en ordonne l’emploi comme des pilules de mica panis. Cela vient d’abord de ce que les études médicales sont encore très incomplètes à cet égard et de ce que pendant son passage dans les hôpitaux le jeune médecin n’a considéré les applications d’électricité que comme une corvée, lorsqu’il n’a pas cherché, par un coup de pouce habilement donné, à se débarrasser de l’appareil, ce gêneur, dans lequel il ne trouve aucune compensation morale.

De là, mépris par ignorance et plus tard insuccès dans la pratique. L’escarre, enfin, cette terreur de tous les débutants, ressort en croquemitaine chaque fois que l’on écrit sur ce sujet. Voici une malade qui porte au bras six brûlures causées par … – Par qui, je vous le demande ? – … par l’électricité ? … non, par l’électricien. A lui seul toute la faute ; il fallait examiner l’état de la peau toutes les cinq minutes et déplacer les électrodes en se tenant dans la même région. Mais n’est-ce pas là un moyen trop facile d’éviter les escarres pour que l’on consente à l’employer !…

Il en est au contraire pour qui l’électricité est la panacée universelle : c’est ainsi que tout dernièrement on a vu préconiser son emploi, sous forme d’un bandeau frontal !

Pour réparer des ans l’irréparable outrage.

Il n’est pas une lectrice de ce journal à laquelle je puisse faire allusion en parlant de « ces traces que la griffe du temps imprime sur les fronts », pour elles, les années ont en effet moins de douze mois. Quelle est celle d’entre elles, cependant qui ne consentirait à ceindre son front de cette couronne magnétique, pour garder à jamais l’émail immaculé d’une éternelle jeunesse ? Quel est le névrosé qui ne consentirait à porter au doigt l’anneau mystérieux qui rend invulnérable et inaccessible à la souffrance ? Hélas anneau et diadème pourraient retourner, sans parfaire à leur honneur et sans que les malades s’en portent ni mieux ni plus mal, à la cour du roi Midas et à la grotte de Gygès.

Le pis c’est que ces contes bleus se mêlent à la véritable science et lui font tort.

En résumé, excès de toutes parts dans le blâme comme dans l’enthousiasme, tel est l’état réel de la question de l’électricité en médecine. Il ne faut rein moins que les observations rigoureuses relevées chaque jour à l’actif de cette médication pour lui rallier les faveurs du monde savant. Or ces observations sont de nature à ne permettre aucun doute sur la valeur réelle de l’électrothérapie telle que nous la comprenons, pratiquée d’après des faits cliniques et non d’après une foule de théories dont le moindre défaut est d’être contradictoires et impraticables. Ainsi comprise, l’électricité se montre favorable dans un grand nombre de maladies, notamment dans les affections du système nerveux (électricité statique ou faradique) et de l’appareil locomoteur, paralysies, atrophie et fatigue musculaire, etc. (courants continus et courants d’induction). Quelle ressource la chirurgie ne trouve-t-elle pas dans l’électrolyse et la galvano-caustique thermique. La perfection et la rapidité incomparables qu’on peut obtenir grâce aux appareils introduits récemment dans cette pratique sont autant de points gagnés sur la douleur.

De cette chose inconnue, invisible, impondérable, immatérielle enfin, qui forge les tempêtes, déchire les nuages de ses traits de feu, roule, gronde et foudroie, le génie humain à su faire un agent docile qui suit à travers les espaces la route aérienne qu’il lui a tracée et transmet sa pensée de l’un à l’autre monde avec une vitesse incalculable. C’est par son industrie que l’homme, nouveau Prométhée, a su ravir aux éclairs leur éclatante lumière pour guider les navires dans leur route à travers les mers et illuminer jusqu’à ses plaisirs et ses fêtes. La science humaine a fait plus encore ; de ce fluide insaisissable elle a fait une élément de reconstitution organique qu’elle a emprisonné, comme une drogue quelconque, dans un récipient, pour la mesurer, la doser à sa guise.

Et les malades n’ont plus qu’à dire : « Délivrez-nous du mal. » – Ainsi soit-il.

Docteur Z…

 

(Arcachon-Saison N° 95 du 10/05/1890)

Le gaz et l’électricité – Voici deux arrêts de Conseils de Préfecture sur cette importante question :

En 1865 la ville de Montluçon (Allier) a concédé à une société gazière locale, pour une durée de 30 ans, l’entrepris de l’éclairage public et particulier des rues, places, boulevards, et le droit exclusif de placer dans les rues et terrains dépendant de la voie urbaine, les tuyaux destinés à l’éclairage. A la suite des travaux exécutés par la Société anonyme d’éclairage électrique de Montluçon pour l’établissement de la canalisation, la compagnie a intenté une action à la Ville.

Le Conseil de Préfecture de l’Allier a rendu le 2 avril dernier, l’arrêt dont voici les points principaux :

« Art. 1. – L’intervention de la Société électrique est admise ;

Acte est donné à la dite Société de toutes ses réserves.

Art. 2. – Le traité de 1865, est ainsi interprété : que la Compagnie du gaz a le droit exclusif de placer, dans les rues et places ne dépendant pas des voies nationales et départementales, des tuyaux et tous appareils servant à la fourniture et à la distribution de l’éclairage.

Art. 3. – Il sera, par trois experts désignés, l’un par le Conseil et les deux autres par la Compagnie du gaz et la Ville de Montluçon, dans le mois de la notification du présent arrêté, procédé en présence des parties ou elles dûment appelées, à une expertise ayant pour objet de déterminer le préjudice éprouvé par la Compagnie requérante, par suite de l’autorisation donnée à la Société électrique d’établir dans les rues et places désignées dans l’article 2 ci-dessus, les fils conducteurs de l’éclairage destiné aux particuliers. Ils fixeront la somme à allouer à la Compagnie du gaz, tant pour la privation des bénéfices qu’elle était en droit d’espérer de l’exploitation de l’éclairage des particuliers, que par tous les autres préjudices s’il y a lieu.

Ils fixeront également l’indemnité à accorder au concessionnaire par chaque jour de retard, à partir de l’expertise dans le cas où la Ville ne ferait pas disparaître la cause des préjudices. »

Voici maintenant un arrêt que le Conseil de Préfecture de La Rochelle vient de rendre dans une affaire analogue :

« La Compagnie du gaz de La Rochelle prétendait, d’après son traité, avoir le privilège de la canalisation urbaine pour l’éclairage, avec monopole, tant particulier que public, y compris celui des édifices communaux. En conséquence elle actionnait la Ville en dommages-intérêts pour avoir autorisé une Société à poser des fils conducteurs de l’électricité pour éclairer des particuliers et divers édifices communaux. Il y avait violation du traité et préjudice considérable, disait la Compagnie.

Le Conseil de Préfecture a rejeté ces prétentions en se basant principalement sur ce qu’une ville ne peut valablement concéder à une compagnie de gaz le seul monopole de l’éclairage particulier sur lequel elle n’a aucun droit, ni action. Le seul monopole qui puisse être concédé est celui de l’éclairage public, et le traité avec la ville de La Rochelle était distinct de celui des édifices communaux. En ce qui concerne les autorisations de voirie, elles ne peuvent faire l’objet d’un monopole ; il ne s’agirait que de la pose des tuyaux pour la conduite du gaz d’éclairage et non de la pose des fils conducteurs d’électricité, c’est pourquoi toutes les réclamations de la Compagnie du gaz ont été rejetées. »

Ces deux arrêtés vont être portés devant le Conseil d’Etat qui aura à se prononcer sur les réclamations des Compagnies gazières et sa décision fixera définitivement la jurisprudence à ce sujet.

 

(Avenir d’Arcachon N° 853 du 17/08/1890)

L’électricité – La conférence sur l’électricité que nous avions annoncée, a eu lieu mardi dernier dans une des salles de l’Aquarium.

Il est regrettable que l’auditoire fut aussi peu nombreux, car le savant conférencier, M. de Ferroul, a fait suivre sa causerie d’expériences pratiques et amusantes sur l’électricité et le téléphone qui ont vivement intéressé la salle et soulevé des applaudissements unanimes.

On nous dit que M. de Ferroul fera peut-être une deuxième conférence avant de quitter notre ville. Nous engageons nos lecteurs à y assister ; ce sera le moyen de passer deux heures d’une façon utile et agréable.

 

(Avenir d’Arcachon N° 855 du 31/08/1890)

Grand-Théâtre – Jeudi 4 septembre, à 8 heures précises du soir aura lieu au théâtre Deganne une soirée des plus intéressantes pour tous et à tous les points de vue.

M. de Ferroul dont les expériences à la salle de l’Aquarium ont été si applaudies dernièrement, en fera de nouvelles et des plus attrayantes sur l’électricité et les récentes inventions d’Edison.

La seconde partie sera tout entière consacrée à la reproduction par des procédés tout nouveaux d’œuvres choisies des peintres et des sculpteurs célèbres.

Ces reproductions d’un goût parfait constituent une véritable attraction.

Enfin, Monsieur Novelus, au moyen de splendides et uniques appareils de projection fera le tour du monde en 40 minutes, avec la reproduction des merveilles de la nature et de l’industrie, éruptions de volcans, phénomènes de l’atmosphère, bateaux à vapeur et chemins de fer.

Monsieur Novelus nous fera pénétrer au fond de la mer et des ondes, nous y verrons la vie des poissons et des insectes ; le quadrille des batraciens. Il terminera par des productions humouristiques (sic) et le kaléidoscope géant.

Nul doute que les familles ne viennent en foule assister à cette soirée aussi instructive que pleine d’attraits.

 

(Avenir d’Arcachon N° 856 du 07/09/1890)

Théâtre Deganne – M. de Ferroul nous prie d’annoncer que la soirée qui devait être donnée jeudi 4 septembre au Théâtre Deganne a été renvoyée au jeudi 11 septembre.

M. de Ferroul a cru devoir modifier le programme et le mieux approprier au public distingué qui fréquente le théâtre Deganne.

Le Tout du Monde de Novelus et les reproductions artistiques de nos musées, seront très avantageusement remplacées par des intermèdes artistiques et humouristiques (sic) du plus haut intérêt.

Les programmes qui seront déposés à la librairie Delamare boulevard de la Plage, au Théâtre Deganne et dans les principaux hôtels, cafés et magasins d’Arcachon, donneront les détails de cette brillante soirée.

 

(Arcachon-Saison N° 114 du 20/09/1890)

Soirée – Jeudi soir à 8 heures la salle coquette du Théâtre Deganne contenait une réunion choisie de spectateurs qui s’étaient donné rendez-vous à la soirée extraordinaire donnée par M. de Ferroul et dont l’Electricité avec un intermède musical et une séance de haute prestidigitation exécutée par M. Sberna, composaient le plus attrayant des programmes.

Lorsque, grâce à ce fluide insaisissable qui a déjà réalisé de si grandes merveilles, les hommes pourront, non seulement s’écrire et se parler mais se voir sans nul obstacle sur toute la surface de la terre, cette terre ne leur paraîtra-t-elle pas trop étroite et ne chercheront-ils pas le moyen de communiquer avec les autres planètes ?… et quand ce moyen sera trouvé ?… où s’arrêtera-t-on ?…

Telles sont les impressions et les pensées qui agitaient, sans nul doute, plus d’un auditeur de M. de Ferroul après avoir admiré ses nombreuses et curieuses expériences d’électricité : fleurs et bouquets électriques, les cahiers ou papiers chanteurs, le tele musical inventé par M. de Ferroul, merveille de l’acoustique ; les ardoises mystérieuses et par dessus tout le phonographe machine parlante du plus curieux effet.

La soirée s’est terminée par des détails originaux excessivement intéressants sur Edison, sa vie et ses inventions.

Le tout, couronné par des applaudissements frénétiques à l’adresse du savant et très sympathique conférencier, ainsi que de l’habile et élégant prestidigitateur dont les tours cabalistiques ont émerveillé l’auditoire.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2918 du 08/11/1908)

24 décembre 1890, on annonce que le canal de Cazeaux (sic), creusé par M. Charavel, ingénieur, permettra d’actionner une usine électrique fournissant la force motrice à un tramway allant de La Teste à Moulleau. Il a été démontré que l chute d’eau était tout à fait insuffisante pour obtenir ce résultat.

 

(Arcachon-Saison N° 126 du 13/12/1890)

La lumière électrique et la vue – M. W.-H. Preece dans une récente conférence faite au Congrès du « Sanatary Institute » à Brighton, a établi la supériorité de la lumière électrique au point de vue de l’hygiène :

« Le grand avantage hygiénique de l’emploi de la lumière électrique dans nos demeures et dans les ateliers, est qu’il empêche l’air d’être vicié par les produits de la combustion, d’être affaibli par la soustraction d’une partie de son oxygène et d’être échauffé par la radiation et par le mélange de gaz chauds.

Tandis que notre législation prescrit des mesures sévères pour prévenir la falsification des denrées alimentaires et l’empoisonnement de l’eau, c’est à peine si elle a tourné son attention vers l’empoisonnement de l’air de nos demeures par des gaz nuisibles. L’oxyde de carbone est un poison mortel et le gaz d’éclairage en verse impunément des flots dans l’atmosphère de nos chambres. Si nos lois étaient logiques, elles proscriraient l’emploi de tout brûleur capable d’empoisonner l’air. De même l’acide carbonique ne peut pas entrer dans l’air dans la proportion de plus de 6 volumes sur 10.000 sans nuire à la santé, de 30 volumes sans causer des maux de tête. Une plus grande quantité détermine des rhumatismes, des bronchites, et. En fait 5 pieds cubes de gaz exigeraient 8.000 pieds cubes d’air par heure si on voulait rester dans de bonnes conditions de salubrité.

La lumière électrique est un puissant agent de santé. Non seulement tous ceux qui s’en servent se sentent mieux qu’auparavant, mais leur appétit augmente, leur sommeil devient meilleur, et les visites du médecin deviennent plus rares. Les ouvriers travaillent mieux et leurs absences pour cause de maladie sont moins fréquentes. A la Savings Bank » de Queen Victoria Street, à Londres, où 1.200 personnes sont employées, la diminution des absences a été assez grande pour que l’augmentation du travail fourni par le personnel payât le supplément de frais d’éclairage que comporte la lumière électrique. La même observation a été faite à Liverpool et en beaucoup d’autres lieux. »

 

(Arcachon-Saison N° 127 du 25/12/1890)

Sommaire des annales de l’électro-homéopathie de décembre 1890 – 1° le Dr mathieu à Estissac, ses guérisons, ses lettres et fac-similé – 2° Qui est le rél inventeur de l’électro-homéopathie. – 3° Observations cliniques ; surdité, phtisie, lèpre, goutte et rhumatisme. – 4° Consultations gratuites – Abonnement 3 fr. par an. Bureaux à Genève, Institut Électro-homéopathique.

 

1891

Arcachon-Saison N° 131 du 24/01/1891

La publication mensuelle de « l’Institut Électro-homéopathie » de Genève, les « Annales de l’Électro-Homéopathie » est du plus haut intérêt pour les médecins et surtout pour les malades.

Le dernier numéro contient : Qui est le réel inventeur de l’Électro-Homéopathie – Le Dr Koch et l’Électro-Homéopathie – Injections hypodermiques – Les ongles des mains – Observations cliniques et guérisons : ulcère de l’estomac, chlorose, bronchite capillaire, catarrhe du larynx, sciatique, consultations.

La Direction de l’Institut électro-homéopathique de Genève (Suisse) enverra gratis et franco le numéro à toute personne qui le demandera. On peut également se le procurer à Bordeaux, chez M. Caparroy Dulord, pharmacien, 121, rue de la Course.

 

Conseil Municipal du 19 février 1891

Éclairage Electrique – M. le Maire donne lecture d’une lettre de M. Granger relative à la lumière électrique.

Renvoyé aux Commissions.

M. le Maire est prié par M. Roumégous d’inviter M. Granger à assister à la réunion des Commissions.

 

Arcachon-Saison N° 135 du 21/02/1891

Conseil municipal – Au nombre des propositions soumises à nos édiles, figure celle de M. Granger qui demande l’autorisation d’établir une usine électrique avec installation de fils aériens destinés à l’éclairage de la ville et des particuliers à un prix moins élevé que l’éclairage au gaz de houille employé actuellement. Cette proposition a été renvoyée aux commissions réunies et reviendra devant le conseil lundi prochain.

 

Avenir d’Arcachon N° 878 du 22/02/1891

Conseil Municipal Séance du jeudi 19 février – …

– M. Granger demande à éclairer à l’électricité par voies aériennes. Il ne demande à la Ville aucun engagement à cause de ses traités avec la société du Gaz. Les Villes, dit-il, qui ont éprouvé un commencement de procès des compagnies du gaz ont toujours gagné. MM. Roumegous et Millien demandent qu’on entende M. Granger. M. Expert aussi. Le Conseil renvoie aux commissions.

 

Conseil Municipal du 7 mars 1891

Éclairage Electrique – Lecture est donnée par M. le Maire, d’une lettre de Mr Hérard, Ingénieur, qui propose l’Eclairage électrique pour remplacer d’Eclairage au gaz, affirmant une économie notoire par l’emploi de son système.

Les Commissions, réunies sans se préoccuper pour le moment du contrat qui lie la commune avec la Cie du Gaz, réclame à l’auteur de la proposition, avant de lui concéder l’autorisation qu’il sollicite pour l’édification des poteaux conducteurs, quel serait le prix de revient de ce nouveau genre d’éclairage ? afin de pouvoir apprécier l’économie qu’on pourrait constater par la comparaison du coût des deux systèmes, gaz ou électricité.

Les Commissions concluent ainsi à l’unanimité.

 

(Avenir d’Arcachon N° 886 du 11/04/1891)

Conseil Municipal Séance du 11 avril 1891 – …

– M. Cazeaux lit différents rapports. La proposition Erard pour l’éclairage électrique, rapport qui conclut à un plus ample informé. …

Lettre de M. Hérard au maire d’Arcachon

 

Paris le 4 mai 1891,

Monsieur le Maire de la Ville d’Arcachon,

J’ai l’honneur de vous adresser, ci-inclus, une proposition de convention entre la Ville d’Arcachon et moi au sujet de l’éclairage électrique.

J’ai étudié très attentivement et j’ai soumis à l’examen de personnes compétentes le traité passé entre la Ville d’Arcachon et la Cie du Gaz. Or, de l’avis de tous, absolument rien ne peut empêcher la Ville d’Arcachon, de donner une concession pour l’éclairage électrique des particuliers, du reste, il n’y a pas d’exemple qu’une compagnie gazière ait gagné un procès dans ces conditions, il y a cependant 152 villes en France qui ont des stations centrales d’électricité.

Comme vous le verrez dans les propositions que je vous adresse, j’ai (?) les responsabilités du procès que la Cie du Gaz pourrait tenter de faire en ce qui concerne l’éclairage électrique des particuliers.

Quant à l’éclairage municipal, le privilège accordé à la Cie du Gaz ne s’étend qu’aux distributions de gaz et non a l’éclairage en général. Il est vrai que la Ville d’Arcachon (par l’art. 4) se réserve le droit d’imposer à la Sté gazière tout nouvel éclairage, mais sous une série de réserves qui permet à cette dernière de pas en être gênée ; néanmoins, il y a lieu de remarquer que la Ville se réserve le droit d’imposer, mais qu’elle ne s’est pas engagée à imposer un nouvel éclairage à la Cie du Gaz.

La Ville n’a donc pris d’engagement que pour l’éclairage au gaz et non pour tout autre système d’éclairage et peut autoriser et donner une concession exclusive de voirie à qui elle voudra pour établir les canalisations soit aériennes, soit souterraines, pour l’éclairage et le transport de la force par l’électricité.

Néanmoins, désirant écarter toute difficulté, je viens vous demander seulement une autorisation de voirie exclusive pour établir les canalisations aériennes et souterraines pour l’éclairage électrique des particuliers et le transport de la force.

Si cependant la Ville d’Arcachon croit pouvoir s’éclairer à la lumière électrique, j’accepte d’avance l’éclairage municipal d’après la convention que je vous adresse.

Je vous serais donc obligé, Monsieur le Maire, de bien vouloir communiquer le projet de convention, ainsi que la présente lettre, aux membres du Conseil Municipal ; espérant que dans l’intérêt de la Ville, vous voudrez bien mettre toute la diligence possible à me donner une réponse favorable.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.

Signé : F. Hérard.

 

Annexe : projet de convention.

Entre Monsieur Ravaux, Chevalier de la Légion d’Honneur, Maire de la Ville d’Arcachon, agissant en cette qualité et au nom de la Ville, en vertu d’une délibération du Conseil Municipal en date du             et sous réserve de l’approbation préfectorale,

d’une part,

et Monsieur Fernand Hérard, Ingénieur, demeurant à Paris, (?) rue d’Assas, et faisant pour les présentes conventions, élection de domicile dans la Ville d’Arcachon,

d’autre part,

Il est convenu ce qui suit :

Article I

La Ville d’Arcachon désireuse de voir s’installer chez elle une station centrale destinée à distribuer l’énergie électrique pour l’éclairage, le chauffage et le transport de la force, et voulant rendre cette tâche plus facile à l’entrepreneur, donne à Mr Hérard une promesse de lui accorder une concession exclusive d’une durée d’au moins 25 ans, pour le passage des câbles soir aériennement, soit souterrainement, aux conditions ci-dessous énumérées et acceptées dès maintenant par Mr Hérard. Cet avantage s’explique par le fait que la Ville désirant une garantie de fonctionnement irréprochable, reconnaît que M. Hérard a déjà installé une usine, fonctionnant de la façon la plus parfaite, à Arcachon.

Art. II

L’électricité distribuée au compteur ou à forfait, sera payée sur la base de 11 centimes l’hectowatt heure pour l’éclairage payé par le budget municipal et 16 centimes pour les particuliers. Ces prix donnent une économie de 25 % sur ceux actuellement en vigueur à égalité d’éclairage.

Art III

Mr Hérard s’engage à prendre sur lui, toute responsabilité du procès qui pourrait être intenté par la Cie du Gaz en ce qui regarde la distribution électrique pour les particuliers.

Art. IV

Si la Ville désire consommer de l’électricité pour ses voies publiques, Mr Hérard s’engage à faire face à cette consommation et à remplacer de ce chef, la Cie du Gaz si celle-ci venait à dénoncer son traité ou la Ville jugeait à propos d’adopter pour elle-même l’éclairage électrique.

Art. V

Monsieur Hérard sera exempté de tous droits d’octroi pour les matières de consommation employées dans l’usine pour la production du courant et les objets nécessaires à l’installation et à l’exploitation.

Art. VI

Monsieur Hérard se réserve le droit de constituer une Société soit locale, soit autre, qui accepte les présentes conditions et obtienne l’agrément de la Ville.

Art. VII

Lors de la constitution de cette société, un traité sera passé de gré à gré, les conditions ci-dessus servant de base à ce nouveau traité.

Art. VIII

La présente convention n’aurait de suite que si, dans le traité définitif l’accord a lieu entre la Municipalité et Mr Hérard qui s’engage dès à présent à se conformer à toutes lois, décrets et arrêtés concernant la distribution d’éclairage en France.

Art. IX

Si, dans une période de six mois, à dater du jour de la présente convention, les travaux n’étaient pas commencés, la déchéance pure et simple serait prononcée contre Mr Hérard.

 

Conseil Municipal du 5 mai 1891

Éclairage Electrique – M. le Maire donne lecture d’une lettre de M. Hérard, ayant trait à une proposition de convention au sujet de l’éclairage électrique.

Renvoyé aux Commissions.

 

(Avenir d’Arcachon N° 889 du 10/05/1891)

Conseil Municipal Séance du mardi 5 mai 1891 – …

– Demande de M. Erard pour éclairage à l’électricité. M. Erard propose une convention avec la Ville. Rien ne peut empêcher la Ville de concéder l’éclairage électrique pour des particuliers. M. Erard accepte les responsabilités du procès que la Compagnie gazière pourrait faire, relativement à l’éclairage des particuliers. M. Erard demande une autorisation de voirie exclusive, aérienne ou souterraine, pour l’éclairage des particuliers.

Une station centrale serait installée pour l’éclairage, le chauffage, l’expansion de la force. Durée du traité : 25 ans.

L’électricité distribuée au compteur ou à forfait sera payée 11 centimes pour les compteurs et 7 centimes pour les particuliers.

M. Erard au besoin traiterait pour l’éclairage de toute la ville.

Il sera exempté des droits d’octroi pour l’entrée des matières nécessaires.

Un traité de gré à gré relatera les conditions ci-dessus, et sera passé ultérieurement. Si dans 6 mois à dater de la convention, les travaux n’étaient pas commencés, la déchéance serait prononcée de plein droit.

Le Conseil renvoie aux commissions.

 

Conseil Municipal du 4 juillet 1891

Éclairage Electrique – M. le Maire donne lecture d’une lettre de M. Hérard relative à l’éclairage électrique. Elle est ainsi conçue :

Monsieur le Maire,

Messieurs les membres du Conseil municipal de la Ville d’Arcachon,

Je prends la respectueuse liberté de venir vous rappeler ma lettre du 4 mai dernier et les propositions qu’elle contenait relativement à l’éclairage électrique dans la ville d’Arcachon.

Dans l’espoir d’une prompte réponse favorable.

Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de mes respectueux sentiments.

Signé : Hérard

M. le Maire donne également lecture de la lettre du 4 mai dernier ainsi conçue :

(texte ci-dessus)

Les Commissions après discussion à laquelle prennent part tous les membres proposent au Conseil qu’une communication officielle soit faite à l’administration du gaz afin de connaître officiellement son sentiment sur la proposition et d’accord avec le traité de cette compagnie aviser des moyens à prendre pour arriver de concert avec celle-ci à avoir un éclairage satisfaisant équivalent à celui proposé.

De plus charger l’administration de consulter nos conseils, avocat & avoué, afin d’examiner les droits de la commune et d’assurer si les termes des conditions avec la compagnie du gaz permettant avec la certitude d’un droit acquis, de mettre à profit les offres de Mr Hérard.

Les Commissions adoptent ces conclusions à l’unanimité.

Le Conseil municipal vote également à l’unanimité les conclusions des commissions réunies.

 

(Avenir d’Arcachon N° 896 du 12/07/1891)

Conseil Municipal Séance du samedi 4 juillet 1891 – …

– Le Maire communique une lettre de M. Erard, proposant d’éclairer à l’électricité.

A St-Amand (Cher), le conseil municipal a gagné un procès contre la Compagnie du Gaz, qui se plaignait de l’installation de l’électricité.

M. Erard demande l’autorisation d’établir l’éclairage électrique pour les particuliers, et accepte de ce chef, la responsabilité d’un procès avec la Compagnie du Gaz. Il demande d’établir des canalisations aériennes ou souterraines ; offre un projet de traité ; concession de 35 ans pour les particuliers ; exemption des droits d’octroi pour les éléments employés dans l’usine.

La Société Immobilière répond qu’elle a la préférence sur toutes les demandes analogues. Dans le cas d’un changement d’éclairage, elle s’étonnerait qu’on donnât la préférence à un tiers, sans l’avoir loyalement consultée.

Les commissions proposent une communication officielle à la Compagnie du Gaz ; un appel aux Conseils, avocats et avoués de la Commune.

 

(Avenir d’Arcachon N° 898 du 26/07/1891)

Grand-Hôtel – Parmi les stations balnéaires dont les Courriers des eaux charment la vogue et le succès, Arcachon avec son bassin bleu et sa couronne de pins toujours verts, et un des rendez-vous de touristes et villégiaturistes les plus cités, tout au long de la côte océane.

Le high-life français – nous allions dire parisien – s’y côtoie avec l’aristocratie russe et le grand monde des deux Amériques.

D’autres encore, telle Madame la Comtesse de Flandre, née Princesse Marie-Louise-Alexandrine de Hohenzollern-Sigmaringen, mariée le 25 avril 1867 avec le frère du roi des Belges, est descendue au Grand-Hôtel d’Arcachon, dès le 12 juillet dernier, ainsi que la princesse Henriette sa fille aînée, la comtesse Cornet dame d’honneur, et le général comte Burnel aide de camp. La comtesse de Flandre nous quitte pour Lourdes et le Mont-Dore.

Toutefois, dans notre coquette citée, il ne s’agit plus des exploits cynégétiques d’hiver contre les sangliers et les renards de la vieille forêt du captalat de Buch.

Aux déplacements de chasse ont succédé les représentation du Casino, avec une troupe di primo cartetto, et toutes les émotions des régates et du Yachting, ce maître des sports.

Le Grand-Hôtel avec ses délicieux jardins situés au bord de la mer et éclairés à la lumière électrique, vient d’inaugurer une série de concerts où se presse la colonie étrangère, avide des prodiges de l’art, mariés à l’éternelle harmonie des flots.

Un orchestre, composé de quarante musiciens, est dirigé par M. Daulin, professeur au Conservatoire. Faut-il citer les solistes ? Pourquoi pas ? Le monde musical nous comprendra, et nous serons pardonnés du monde élégant.

Ce sont MM.

Léonce Dumas, violon solo de l’Opéra Comique et des Concerts Lamoureux.

  1. Laumont, professeur au Conservatoire, deuxième violon solo.

Graff, du Grand-Théâtre de Bordeaux deuxième violon solo.

Gravois, alto du Grand-Théâtre.

Jules Lasserre, violoncelle solo, premier prix du Conservatoire de paris.

Florus Blanc, première contrebasse, premier prix du Conservatoire de Paris, professeur au Conservatoire de Bordeaux.

Brunet, flûte solo, premier prix du Conservatoire.

Duverger, hautbois solo, lauréat du Conservatoire de Paris.

Auzenat, basson et saxophoniste, soliste des concerts populaires.

Brives, cor solo des Concerts Colonne, premier prix du Conservatoire de paris.

Fouville, piston solo du Grand-Théâtre.

F. Lauthier, trombone solo, prix du Conservatoire de paris, officier d’Académie, professeur au Conservatoire.

Les distractions chorégraphiques succèdent aux distractions musicales : Terpsichore entre en scène après Euterpe.

Les soirées dansantes, les bals d’enfants remplissent les brillants salons du Grand-Hôtel, pendant que sur la belle terrasse vitrée qui surplombe la mer, les fraîches toilettes de nos grandes mondaines semblent vouloir confondre les joyeux froufrous des dentelles blanches, avec les murmures imprécis des petites vagues plaintives sur la plage d’or.

Qu’importe la fatigue des nuits de plaisir ? Dès le lendemain matin, et sans quitter le Grand-Hôtel, les danseuses infatigables, les intrépides meneurs de cotillons, retrouveront de nouvelles forces sous une douche à l’eau douce, froide ou chaude, à l’eau de mer ou mitigée, en se plongeant dans le bain salutaire et vivifiant, dans les bras de Thétys, cette reine du monde, mère de Vénus, de la volupté et de toutes les fécondes jeunesses.

 

Arcachon-Saison N° 157 du 29/07/1891

Électricité – On installe en ce moment près du jardin du Grand-Hôtel une locomobile destinée à fournir l’éclairage électrique à cet établissement. Voilà enfin le premier pas fait vers ce genre d’éclairage et il faut espérer qu’avant peu les cafés, hôtels et magasins de notre ville adopteront ce système qui présente sur le gaz de sérieux avantages.

 

Conseil municipal d’août 1891

Éclairage Electrique.

Lecture est faite de la réponse de Me Habasque au sujet d’une demande de M. Hérard relative à l’éclairage électrique.

M. le Maire donne lecture d’une lettre de la Société Immobilière sur ce même sujet.

M. Cazeaux est d’avis d’accorder l’autorisation demandée.

M. Millien dit que la Société Immobilière n’est pas en mesure de nous donner la quantité de gaz qui nous revient.

M. Boy dit que vu les lettres de M. Hérard et de la Société Immobilière, il demande que cette affaire soit renvoyée aux commissions.

M. Expert dit qu’elle a été suffisamment étudiée et qu’il serait désireux de voir la ville éclairée par la lumière électrique, mais avant de donner satisfaction à M. Hérard, il serait prudent de s’entendre avec la Société Immobilière pour lui demander si elle veut éclairer la ville à la lumière électrique. Si cette société refuse, il y aura lieu de donner satisfaction au demandeur, en faisant toutefois cette réserve, qu’il serait entendu que M. Hérard donnerait un cautionnement de 25.000 fr. pour soutenir un procès, s’il venait à se produire.

M. Boy maintient sa proposition qui est mise aux voix et adoptée.

 

(Avenir d’Arcachon N° 901 du 16/08/1891)

Conseil Municipal Séance du lundi 10 août 1891 -…

– Lettre de Me Habasque, conseil de la commune, sur la demande de M. Erard d’établir de l’électricité. Me Habasque estime que la Ville peut traiter avec M. Erard pour la concession que celui demande d’établir l’éclairage électrique des particuliers. Toutefois il lui paraît prudent de ne concéder que le passage aérien et non souterrain des câbles.

La Société Immobilière répond au Maire qui lui a communiqué les propositions Erard.

En 1881, la Société avait un traité avec monopole de 10 ans. Le Conseil demanda plus tard un abaissement de tarifs. La Société fit des concessions très importantes : rachat de tuyaux, canalisation aux frais de la Société, réduction sur les prix, construction d’une usine nouvelle. Un nouveau traité intervint qui permettait à la Société d’amortir à longues échéances les gros sacrifices qu’elle s’était imposés. La Ville se réservait le droit d’imposer au concessionnaire de nouvelles fabrications, tout en reconnaissant qu’elle ne pouvait l’obliger en présence de toutes les innovations à tort ou à travers qui se présenteraient, qu’il faudrait qu’une innovation fut sérieuse, et ait été appliquée dans une grande ville, pendant un laps de temps raisonnable et concluant.

La ville qui attribuerait à un tiers une concession, qui d’ailleurs serait onéreuse pour le contribuable, violerait pour ainsi dire son traité.

En 1887, une question analogue s’est produite. La Société demande qu’on arrêtât tout essai fait en violation du traité de 1881.

La Société prie le conseil de ne pas perdre de vue le respect dû à ses engagements, et rappelle qu’elle est toujours prête à aider Arcachon dans les voies du progrès d’accord et après entente avec la municipalité. Cette lettre est signée de M. Johnston.

M. Cazeaux répond que la demande de M. Erard c’est le progrès qui arrive dans notre pays.

M. Fouché demande que la Société Immobilière fasse une offre. M. Mano se plaint de la quantité et de la qualité du gaz.

M. Millien répond, qu’on mette la Société en demeure de fournir plus de gaz si l’on veut, mais qu’il ne faut pas la critiquer inutilement.

M. Boy demande le renvoi aux commissions.

M. Fouché dit qu’au Casino, on éclaire au pétrole.

M. Expert dit que l’affaire est étudiée ; que la ville a signé qu’elle ne pourrait pas s’éclairer à la lumière électrique si ce n’est après avoir offert le traité à la société immobilière que si celle-ci n’accepte pas, il faut se retourner vers M. Erard, et conclure avec lui un traité pour l’éclairage à l’électricité. Renvoyé aux commissions, à l’unanimité.

 

Nota – Comme c’est la première fois que le nom de Johnston est cité dans cette étude, quelques mots sur ce personnage tirés de Origine et descendance des JOHNSTON de Bordeaux – Nathaniel Armitage Lee – 1984 – Édition privée, tirage limité à 500 exemplaires – Rue Châteaubriand – Bertranot –33290 Blanquefort.

Nathaniel JOHNSTON est né à Bordeaux (Lescure) le 20 novembre 1804. Il est décédé à Bagnères-de-Bigorre (65) le 24 août 1870.

Elevé à Eton (Grande-Bretagne) pendant 4 ans, il devient négociant en vins (Maison Nathl Johnston et Fils), très doué pour les affaires, il donne une extension considérable à la maison de commerce, dont il avait pris la direction à la mort de son oncle Nathaniel en 1842.

Il siège au Conseil municipal de Bordeaux, il est membre du Conseil d’arrondissement de la Gironde de 1834 à 1840, il est membre du Conseil général de 1852 à 1860. membre de la Chambre de commerce de Bordeaux, dont il est un des fondateurs en 1843, il devient président du Conseil d’administration du Chemin de fer de Bordeaux à La Teste et administrateur du Chemin de fer du Midi. Il est un des fondateurs des courses de chevaux en Gironde. Chevalier de la Légion d’honneur en 1852. Il épouse le 11 août 1830 à Bordeaux (Caudéran) Charlotte Sophia SCOTT, née le 19 novembre 1813 à Craig-y-Don, Anglesea au Pays de Galles et décédée à Pau (64) le 23 octobre 1873, fille de Henry et Ann OGLE.

Ils ont 7 enfants,

–        William (1832-1893)

–        Harry Scott, qui suit

–        Nathaniel (1836-1914)

–        Arthur Henry (1840-1900), négociant en vins qui épouse Clara Sophia CUTLER, sans postérité.

–        Jacqueline

–        Fannie Georgina (1846-1865)

–        Mary

Harry Scott JOHNSTON est né à Bordeaux (Lescure) le 23 août 1834. Il est décédé à Bordeaux le 4 mars 1918. Il est négociant en vins et chef de la Maison Nathl Johnston et fils de 1874 à 1918. Il est administrateur de plusieurs sociétés industrielles, fondateur en 1866, puis directeur de la Société des pêcheries de l’Océan à Arcachon. Il crée en outre les premières courses nautiques sur le bassin. Chevalier de la Légion d’honneur en 1877. C’est le maréchal de Mac-Mahon, président de la République qui lui remit la croix lors de son passage à Bordeaux. Les chais de la Maison Nathl Johnston reçurent de nombreux autres visiteurs célèbres comme Louis du Portugal ou Edouard VII, roi de Grande-Bretagne.

Il épousa à Bordeaux le 22 avril 1857, Anna Daniella de GALZ de MALVIRADE, née à Bordeaux le 28 octobre 1834 et décédée dans la m^me ville le 6 janvier 1915, fille du baron et général Léonard et de Marie-Elisabeth PHELAN.

Ils ont 5 enfants

– Nathaniel né en 1858, décédé à 6 mois.

– Henry Charles Franck (1859-1942), négociant en vins qui épouse Georgina lund Mather WHITE. Tous deux donnent le jour à 4 enfants.

– Arabella Mary (1865-1930) qui épouse Eugène Daniel DOLLFUS, négociant en vins et propriétaire. Tous deux donnent le jour à 4 enfants.

– Wilhelmine Jacqueline (1867-1948) épouse de Edward Donald LAWSON, négociant, sans postérité.

– Marie-Antoinette                                                         

Les JOHNSTON étaient propriétaires de la villa Mogador, sur le bord du Bassin d’Arcachon. Celle-ci fut vendue après la seconde Guerre Mondiale par les héritiers d’Henry. Ce dernier dit L’Aveugle, perdit la vue progressivement après 1895.

 

(Avenir d’Arcachon N° 901 du 16/08/1891)

Grand-Hôtel – Les concerts-promenade avec leur éclairage électrique à giorno, avec l’excellent orchestre Daulin attirent tous les après-midi et tous les soirs le high-life des sportsmen et yachtsmen, les touristes, villégiaturistes, tout le mode élégant et distingué.

Parmi les noms des étrangers de marque descendus au Grand-Hôtel, nous signalerons cette semaine, l’arrivée de Madame la princesse de Beauvau, avec sa fille, une dame de compagnie et trois domestiques, venant de Luchon. On se souvient qu’il y a vingt ans, le prince de Beauvau, député de la Sarthe, était membre du Jockey-Club, et un des sportsmen les plus connus sur le turf.

Mais revenons aux concerts.

Mardi, on applaudissait l’ouverture de Manon Lescaut, une grande fantaisie sur le Trouvère, l’ouverture de Freychutz, et des bravos unanimes accueillaient les soli de MM. Dumas, Brunet et Duverger dans une fantaisie sur Mireille.

Mercredi, le triomphe des deux auditions de jour et de soir, ont été le solo de clarinette, par M. Damiani, dans la romance sans paroles de Mozart, le solo de hautbois par M. Duverger, et le ballet du Prophète, de Meyerbeer.

Jeudi, nous admirons le solo de cor par M. Brives, dans l’ouverture de Martha ; les soli par MM. Duverger, Damiani et Fonvielle, dans une fantaisie sur Mignon ; l’ouverture de la Muette et une fantaisie sur Si j’étais Roi.

Vendredi, l’admiration se partage entre l’ouverture du Calife de Bagdad de Boieldieu et la Dernière pensée de Weber. Les clous de la soirée sont : un solo de piston par M. Fonvielle et un solo de hautbois par M. Duverger.

L’ouverture de Ruy-Blas fait sensation.

En résumé les concerts-promenade ont un succès croissant et justifié.

 

Lettre de la Société Immobilière d’Arcachon au Préfet de la Gironde

Arcachon, le 17 août 1891

Monsieur le Préfet,

La Ville d’Arcachon est en ce moment saisie d’une demande de concession exclusive du droit de poser sur les voies publiques, des conducteurs souterrains et aériens pour la distribution de l’électricité.

La Société Immobilière a, d’autre part, passé avec la Ville d’Arcachon le 22 juillet 1881, un traité aux termes duquel celle-ci lui a concédé le droit exclusif de distribution et de vente du gaz d’éclairage et de chauffage, dans toute l’étendue du territoire de la commune.

Une clause spéciale de ce traité a assuré à la Ville la possibilité de profiter tant pour elle-même que pour les particuliers, de tous les avantages économiques qui pourrait amener pendant la durée de la concession, soit la mise en pratique d’un nouveau procédé de fabrication, l’application de tout nouveau système d’éclairage, en lui permettant d’imposer au concessionnaire l’application de ces nouveaux procédés de fabrication ou de ces nouveaux systèmes d’éclairage, mais en entourant toutefois l’usage de cette faculté de certaines conditions et de certaines réserves, destinées à donner une garantie suffisante aux intérêts de ce concessionnaire.

C’est sous la garantie de ces conditions et de ces réserves que la Société Immobilière a consenti à renoncer au bénéfice du traité antérieur dont elle jouissait en 1881 et dont elle devait jouir jusqu’en 1891 et lui substituer le traité actuel en acceptant les nouvelles charges qu’il lui imposait.

Dans cette situation, la Société Immobilière estime qu’une concession de la nature que celle qui est en ce moment demandée à la Ville d’Arcachon, ne saurait être accordée qu’en violation du traité passé entre elle et la Ville, le 22 juillet 1881, traité qui a été consacré par votre approbation.

On prétend, il est vrai, pour obtenir de ville qu’au mépris de ses engagements antérieurs, elle accorde la concession qui lui est demandée, que le traité de la Société n’a pas le sens que les parties ont entendu lui donner et l’on s’engage à couvrir la Ville contre les éventualités du procès qui pourrait résulter, pour elle, de l’inexécution de ses engagements.

Sans nous arrêter à ce que l’exécution d’un tel marché aurait de contraire à la probité, permettez-nous, Monsieur le Préfet, d’appeler votre attention sur les clauses de notre traité sur lesquels se fondent les droits de la Société Immobilière : si vous voulez bien jeter les yeux sur la note ci-jointe, où se trouvent relatées avec quelques détails indispensables, les principales de ces clauses, ainsi que les conditions dans lesquelles a été passé le traité en vigueur, vous acquérez, nous en sommes certains, la conviction des droits incontestables de la Société Immobilière et vous pourrez en toute connaissance de cause, refuser votre approbation, comme nous vous le demandons, à tout traité qui serait de nature à porter atteinte à ces droits et apposer une fin de non recevoir absolue à toute demande d’autorisation de voirie qui tendrait indirectement au même but.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma haute considération.

Signé H.S. Johnston (Vice-président)

Pièces annexées :

Note sur le traité – 1ere annexe

Extraits du traité – 2eme annexe

 

Note sur le traité passé le 22 juillet 1881, entre la Ville d’Arcachon et la Société Immobilière d’Arcachon

1ere annexe à la lettre du 17 août 1891

Par un traité en date du 20 février 1869, approuvé par le Préfet de la Gironde, la ville d’Arcachon avait concédé à la Société Immobilière, le privilège de l’éclairage au gaz de cette ville pour une durée de 22 ans qui devait prendre fin le 22 février 1891.

Ce traité avait encore dix ans à courir quand, sur le désir manifesté par le Conseil municipal d’y apporter certaines modifications, il fut engagé des pourparlers à la suite desquels fut signé le 22 juillet 1881, le traité actuel, approuvé par le Préfet le 24 août suivant.

Par ce traité, la Société a consenti en faveur de la Ville et des Particuliers, sur le prix du gaz, tel qu’il était fixé par le traité de 1869, une réduction immédiate et des réductions éventuelles successives, dans des conditions déterminées d’accroissement de la consommation ; elle a assumé, de plus, diverses charges importantes, rachat d’une partie de la canalisation appartenant à la Ville, extension importante et rapide du réseau des conduites de distribution du gaz, exécution de travaux relativement considérables d’agrandissement de l’usine.

En échange de ces charges, la Ville a assuré à la Société, la jouissance des droits réservés à cette dernière par le contrat, pendant un temps assez long pour permettre un amortissement convenable des dépenses que devait entraîner l’exécution des obligations assumées.

Toutefois, ainsi qu’il a été indiqué dans la lettre à laquelle est annexée cette note, la Ville ne voulant pas priver la commune et les particuliers des avantages économiques éventuels que l’invention de nouveaux procédés de fabrication ou l’application de nouveaux systèmes d’éclairage pourrait amener pendant la durée du traité, s’est réservé le droit d’imposer au concessionnaire ces nouveaux procédés de fabrication ou ces nouveaux systèmes d’éclairage, et la Société a accepté ces nouvelles charges éventuelles sous un certain nombre de réserves formulées à l’article 4 du traité et destinées à tenir un compte équitable des divers intérêts engagés dans la question.

En effet de même que la Ville d’Arcachon avait admis qu’elle ne pouvait logiquement demander à la Société Immobilière que celle-ci renonçât aux avantages qu’elle tirait de son contrat de 1869 et acceptait de plus, des charges supplémentaires importantes, sans la dédommager par une compensation équitable, elle a également compris qu’elle ne pouvait exposer son concessionnaire à subir sans règles ni limites, les pertes résultant de l’inutilisation totale ou partielle du matériel déjà établi et les dépenses supplémentaires que pourraient entraîner de nouvelles installations et elle l’a couvert contre cette éventualité en stipulant qu’aucun nouveau procédé de fabrication, qu’aucun nouveau système d’éclairage ne pourrait être imposé à la Société, tant qu’il n’aurait pas fait ses preuves pendant un temps déterminé dans une grande ville de France et que la preuve ne serait pas faite d’un minimum d’économie réalisée par ces nouveaux moyens.

La Ville a encore couvert la Société contre l’éventualité indiquée en admettant que l’état de choses créé par le traité ne pourrait être modifié à une date quelconque, mais seulement à des dates fixées d’avance, de manière que les frais d’installation résultant des obligations de la Société une fois faites par elle, celle-ci ne fut mise en situation de s’en récupérer, au moins en partie, avant que de nouveaux frais de modification ne vissent la grever.

Comment pourrait-on logiquement concilier ces garanties données au concessionnaire avec un droit coexistant que l’on supposerait à la Ville, d’autoriser une concurrence qui aurait pour ce concessionnaire des résultants pires que les modifications que l’on s’est précisément interdit de lui demander, sinon dans des conditions spéciales et avant une époque déterminée.

Toutes les conditions et réserves dont a été entouré d’un commun accord, le droit éventuel pour la Ville d’imposer au concessionnaire une modification des procédés de fabrication du gaz ou du système d’éclairage, n’auraient en réalité aucun sens et aucune raison d’être si la ville eut, en même temps gardé, comme le prétendent les personnes intéressées à annuler les effets du contrat en vigueur, le droit de traiter avec une tierce personne et à des conditions quelconques, pour un nouveau système d’éclairage.

Dans cette hypothèse, en effet, les clauses réservant à la Ville les droits éventuels rappelés précédemment auraient été sans objet pour elle, puisqu’elles ne lui auraient donné aucun avantage réel et effectif dont elle ne jouit déjà, et, d’autre part, ces clauses auraient créé une charge sans compensation pour la Société Immobilière, qui n’aurait eu aucune raison sérieuse pour les accepter.

Aussi ne peut-il être contesté que la commune intention des parties a été, après avoir assuré, à la ville d’Arcachon, la possibilité de profiter et de faire profiter les particuliers de tous les avantages économiques que pourraient amener dans un système d’éclairage quelconque pendant la durée du traité, les découvertes de l’avenir, et d’interdire en même temps à celle-ci , d’accorder à un tiers pendant la même durée, aucune concession relative à un mode d’éclairage quelconque, même nouveau, nécessitant l’établissement d’un matériel de distribution empruntant les vies publiques.

La garantie résultant de cette interdiction donne à ce point, toute l’économie du contrat, qui sans elle, la Société Immobilière n’aurait eu aucune raison pour accepter les charges supplémentaires et importantes qu’elle a cru pouvoir assumer.

Ce serait donc contrairement à l’équité que, donnant aux clauses du traité un sens que les parties n’ont jamais eu ni pu avoir l’intention de leur donner, la Ville viendrait à faire indirectement ce qu’elle s’est formellement interdit de faire directement, en accordant une concession quelconque, exclusive ou non, pour l’établissement, sur les voies publiques, c’un matériel de distribution, en vue de l’éclairage électrique.

Arcachon, le 17 avril 1891,

H. S. Jonhston

(V. Président)

 

(Avenir d’Arcachon N° 905 du 13/09/1891)

Aujourd’hui, dimanche 13 septembre, concert-promenade à l’occasion des régates du Yachting-club ; magnifique coup d’œil du haut de la terrasse pour le départ et les manœuvres de course des yachts ; matinée à 3 heures de l’après-midi ; le soir à 8 heures ½ concert, lancement de ballons, flammes de bengale, feux d’artifices, éclairage électrique ; fête de jour et de nuit.

Prix d’entrée le jour, 50 centimes, le soir 50 centimes.

 

Délibération du Conseil Municipal d’Arcachon le 26 septembre 1891

Éclairage Electrique

* * *

Cette intéressante question est reprise par le Conseil et M. le Maire rappelle la situation de cette affaire.

Dès le jour où se sont produites les propositions de M. Hérard, elles furent envoyées à la consultation des conseils de la commune, Me Habasque avocat et Me Peyrelongue avoué, afin de rester dans les termes du contrat qui nous lie avec la Compagnie du gaz.

A la date du 29 juin, M. Hérard par lettre de rappel, réclamait que solution soit donnée à ses propositions en conservant toutes les garanties de la première lettre.

Aux termes de la décision du Conseil nos consultants ne s’étaient point prononcés à cette date du 29 juin, l’administration ne put reporter devant le Conseil la délibération de cette affaire encore en consultation. C’est le 22 juillet dernier que Me Habasque notre avocat écrivait : « Il ne peut y avoir de doute sur les droits que la commune d’Arcachon, d’accorder à Mr Hérard la concession pour l’éclairage électrique des particuliers, d’autant moins que ce dernier prend à sa charge tous les frais de tout procès pouvant résulter d’un partage d’avis en la compagnie du gaz et la commune.

Quant à l’éclairage public municipal il n’en saurait être de même, attendu que la Ville doit respect au contrat qui la lie avec la compagnie du gaz ; l’honorable avocat ajoute que toutefois, il serait prudent de ne concéder à la nouvelle entreprise qu’aériennement et non souterrainement. »

Cette consultation fut communiquée au Conseil qui décida de la porter à la connaissance de la Compagnie du gaz qui aurait à nous faire part de son appréciation. C’est le 29 juillet dernier que cette formalité fut remplie et le 8 août la Compagnie du gaz faisait connaître sa décision et ses objections, en rappelant les traités intervenus, le 2e passé en 1881, annulant le premier, consenti à des conditions plus douces, par des fins de non recevoir fort discutables pour certaines, mais réfutables sans aucun doute pour celles qui touchent à l’éclairage électrique des particuliers.

De ce qui précède, vos commissions s’inspirant des traités intervenus et de la plus stricte équité, vous proposent les conclusions suivantes :

1° Accorder à M. Hérard la concession sans monopole ni privilège de l’éclairage électrique à Arcachon mais pour les particuliers seulement avec le passage des câbles conducteurs par voie aérienne et non par voie souterraine avec cette condition que les concessionnaires prendront à leur charge tous les frais généralement quelconques incombant à cette innovation, de plus se rendent garants et prennent pour leur compte tous les procès pouvant résulter d’un partage d’avis entre la ville d’Arcachon et la Compagnie concessionnaire de l’éclairage au gaz ou tous autres dissidents.

2° Demander à MM. Hérard & Cie, en garantie des engagements qu’ils contractent, une caution, de l’agrément des parties, acceptée par l’administration municipale avec cette réserve qu’aux termes du contrat passé avec la Compagnie du gaz en 1881, la préférence de cette innovation sera donnée à cette compagnie du gaz aux conditions ci-dessus établies avec M. Hérard.

Un délai de deux mois à partir de la délibération du Conseil approuvée par l’autorité supérieure est accordé à la Compagnie du gaz pour l’application de la nouvelle innovation, ce délai expiré, MM. Hérard & Cie, dans le cas de non acceptation de la dite compagnie fu gaz, seront déclarés les concessionnaires.

Il sera accordé à l’une ou l’autre de ces deux Sociétés, l’autorisation pour la pose des poteaux conducteurs des câbles aériens devant servir à l’œuvre, les conduits souterrains restant réservés exclusivement à la Compagnie du gaz, pour servir à l’exécution du traité passé avec elle.

Ces conditions votées par vos commissions sont soumises par elles à votre approbation.

M. Expert dit qu’il est bien partisan de la lumière électrique, mais il ne veut pas que l’on accorde une concession mais bien une autorisation, il dit qu’il regrette à bon droit la concession accordée à la Compagnie des eaux et il ajoute que nous n’avons pas besoin de donner de privilège, nous ville, à une industrie qui ne doit servir qu’aux industriels de la ville.

M. Roy défend les termes de son rapport dont les conditions sont adoptées.

 

(Avenir d’Arcachon N° 907 du 27/09/1891)

Conseil MunicipalSéance du samedi 26 septembre – …

– Éclairage électrique. M. Expert voudrait accorder une autorisation, non une concession. M. Boy défend les termes de son rapport.

Le Conseil décide d’accorder l’éclairage électrique aux particuliers, avec un avantage de priorité d’installation pour la Société Immobilière. Que, si cette dernière refuse cet avantage, la concession est accordée à M. Hérard.

 

(Avenir d’Arcachon N° 908 du 04/10/1891)

Monsieur le Rédacteur,

Par sa délibération du 26 septembre dernier, le Conseil municipal a décidé d’accorder à M. Hérard la concession d’éclairage électrique pour les particuliers en cas de refus par la Société Immobilière de bénéficier du droit de priorité que lui donne son traité.

Dans l’intention où je suis de créer un poste électrique à Arcachon ; et ému de cette délibération ; je demande par la voie de votre journal de soumettre très humblement à la municipalité les observations suivantes :

Dans le cas où la Société Immobilière concessionnaire de l’éclairage au gaz, ne voudrait pas faire l’éclairage électrique que tous les arcachonnais désirent ; la municipalité a-t-elle le droit aux termes de son cahier des charges avec le concessionnaire, de donner un monopole à un entrepreneur ?

A mon avis, non !

Je me fonde sur le décret du 15 mai 1888 qui donne à tout entrepreneur le droit de transporter l’énergie électrique, soit comme force motrice, soit comme éclairage.

Si l’espace de vos colonnes vous le permet, je vous serai très obligé de vouloir bien donner les textes ci-dessous, qui règlent l’éclairage à l’électricité.

Voici les termes du décret du 15 mai 1888 relatifs aux installations de l’électricité :

Chapitre 1. De la déclaration préalable à l’établissement des conducteurs électriques.

Art. 1. Les conducteurs électriques destinés au transport de la force ou à la production de la lumière ne peuvent être établis qu’après une déclaration adressée deux mois à l’avance au préfet du département ou au préfet de police dans le ressort de sa juridiction. Cette déclaration est enregistrée à sa date ; il en est donné récépissé. Elle est communiquée sans délai au chef de service local des postes et télégraphes ; elle est transmise par ses soins à l’administration centrale chargée d’assurer l’exécution du décret du 27 décembre 1851.

En cas d’urgence et en particulier en cas d’installation temporaire, le délai de deux mois prévu au paragraphe précédent peut être abrégé par le préfet, sur la proposition du chef de service des postes et télégraphes.

Art. 2. Sont exemptés de la formalité de déclaration préalable les installations faites à l’intérieur d’une même propriété, lorsque la force électromotrice des générateurs, ne dépasse pas 60 volts pour les courants alternatifs, et 500 volts pour les courants non alternatifs.

Art. 3. La déclaration prévue à l’article 1 doit être accompagnée d’un projet détaillé de l’installation indiquant la nature du générateur d’électricité, le maximum de la différence de potentiel aux bornes de la machine, le maximum de l’intensité à distribuer dans chaque branche de circuit, la spécification des conducteurs employés et les précautions prises pour les isoler et les mettre hors de portée du public. Elle est également accompagnée d’un tracé de la ligne, et s’il y a lieu d’un tracé du dispositif de la distribution ; les parties distinctes de la ligne et de distribution sont désignées par une série régulière de lettres et de numéros d’ordre. Toute modification d’une installation déclarée donne lieu à une nouvelle déclaration dans les conditions prévues à l’article premier.

– Le chapitre II traite des règles générales pour l’établissement et l’exploitation des conducteurs électrique.

– Le chapitre III traite de la surveillance administrative des conducteurs électriques.

– Dans le décret du 27 décembre 1851 sur les lignes téléphoniques :

Art. 1. Aucune ligne téléphonique ne peut être établie ou employée à la transmission des correspondances que par le gouvernement ou avec son autorisation.

Agréez, etc.

Th. Granger

Constructeur-mécanicien

 

Arcachon-Saison N° 167 du 07/10/1891

Conseil Municipal – Nos édiles, dans leur réunion extraordinaire du 26 sept. écoulé, ont adopté diverses propositions qui méritent d’être signalées. De ce nombre l’éclairage électrique qui va modifier considérablement l’aspect de notre ville.

… (Voir plus loin le compte-rendu de la séance du conseil)

 

Conseil Municipal – …3ème affaire. Éclairage électrique : après discussion à laquelle prennent par MM. Expert et Boy, le conseil adopte les conclusions suivantes : accorder à M. Hérard et Cie la concession de l’éclairage électrique pour un temps et à des conditions qui seront déterminées au traité à intervenir. Cet éclairage électrique au profit des particuliers seulement, écartant l’éclairage municipal qui restera sous la protection du contrat intervenu en 1881 avec la compagnie du Gaz et la municipalité.

MM. Hérard et Cie devenant concessionnaires devront un cautionnement, qui sera déterminé au traité à intervenir et qui sera déposé à la Caisse des Dépôts et Consignations, ou tout au moins fournir une caution acceptée par l’administration… La pose des poteaux conducteurs sera autorisée et les câbles seront aériens et non souterrains.

La compagnie du gaz aura la préférence de cette innovation, deux mois de délai lui seront accordés pour présenter ses propositions et mettre les travaux en exécution.

Ces conclusions sont adoptées à l’unanimité.

 

Lettre du Maire d’Arcachon au Préfet de la Gironde

Arcachon, le 22 octobre 1891

Monsieur le Préfet,

En réponse à votre lettre du 19 Ct., j’ai l’honneur de vous faire connaître que je n’avais nullement perdu de vue votre demande du 20 août relative à la requête présentée au nom de la Société Immobilière d’Arcachon au sujet de la concession éventuelle par la municipalité, du droit de poser sur les voies publiques des conducteurs pour la distribution de l’électricité, en vue de l’éclairage électrique des particuliers.

Si je n’ai pas répondu plus tôt à votre demande, c’est que cette question de l’éclairage par l’électricité était à l’étude d’une commission et que le cahier des charges qui nous lie avec la Compagnie du gaz était soumis à l’examen des Conseils de la Commune. Je n’ai pas ru dès lors, devoir vous communiquer mes observations sur cette requête avant d’être moi-même complètement édifié sur le point de savoir si la Ville avait le droit de donner l’autorisation de poser les conducteurs d’électricité sur les voies publiques à une Compagnie autre que la Société Immobilière.

Je vous renvoie aujourd’hui le dossier de cette affaire accompagnée de la délibération prise par le Conseil et que je soumets à votre approbation.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.

Signé : Ravaud.

 

Lettre du Maire d’Arcachon au Préfet de la Gironde

Arcachon, le 18 novembre 1891

Monsieur le Préfet,

Par lettre du 6 Ct, vous me demandez, avant de prendre une décision au sujet de la requête présentée par la Société Immobilière relativement à la concession éventuelle par la municipalité du droit de poser sur les voies publiques des conducteurs pour la distribution de l’électricité, le projet de traité à intervenir entre les intéressés, je vous serai obligé, Monsieur le Préfet, de me faire connaître quel est le projet que vous désirez, est-ce celui de M. Hérard avec les particuliers ou celui que le demandeur avait soumis au Conseil et qui n’a pas été adopté ? Je vous envoie en tout cas ce dernier avec une copie de la lettre qui l’accompagnait.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma haute considération.

Signé : Ravaud.

 

Rapport de l’ingénieur des Ponts et chaussés, agent-voyer en chef de la Gironde

Bordeaux, le 15 décembre 1891

Ville d’Arcachon – concession éventuelle du droit de poser sur les voies publiques, des conducteurs électriques pour la distribution de l’électricité

M. le Préfet a communiqué pour avoir un dossier relatif à une concession éventuelle par la municipalité d’Arcachon du droit de poser, sur les vies publiques de cette ville, des conducteurs pour la distribution de l’électricité.

En ce qui concerne notre service, nous n’avons aucune objection de principe à formuler contre la pose des conducteurs dont il s’agit, étant entendu que les projets d’exécution devront être soumis à l’administration préfectorale et qu’aucun travail ne pourra être entrepris sur la voie publique qu’après une autorisation de voirie.

Nous n’avons pas à examiner quels peuvent être les droits et obligations réciproques de la Ville d’Arcachon et de la Société immobilière concessionnaire de l’éclairage de cette ville. Nous croyons cependant devoir appeler l’attention de M. le Préfet sur une circulaire de M. le Ministre des Travaux Publics en date du 22 juin 1882 relative à l’établissement de canalisations destinées à concurrencer des Compagnies déjà en possession d’une concession.

Signé : illisible.

 

Lettre du Maire d’Arcachon au Préfet de la Gironde

Arcachon le 19 décembre 1891

Monsieur le Préfet,

Mr Hérard, Ingénieur électricien, qui avait demandé l’autorisation de poser sur les voies publiques des conducteurs d’électricité pour l’éclairage des particuliers, me prie de lui faire connaître quelle suite a été donnée à sa demande. N’étant pas encore fixé moi-même, j’ai l’honneur de vous prier Monsieur le Préfet, de vouloir bien me dire quelle solution a reçu cette affaire.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.

Signé : Ravaux

(à suivre)

 

[1] Vautrait, d’un ancien verbe vautrayer, chasser avec les vautres (chiens de chasses), équipage de chiens courants spécialement destinés au courre du sanglier.

[2] Master, mot anglais signifiant monsieur, maître ou chef d’équipage de chasse à courre en société.

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