L’électricité à Arcachon (1895-1903)

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L’électricité à Arcachon

(1895-1903)

 

1895

 

Lesparre : choisit l’électricité (R. Torlois, d’après A. Clary et P. Bodin, Histoire de Lesparre, 1912, page 400)

 

Conseil Municipal d’Arcachon du 12 février 1895

Éclairage électrique

Il est donné lecture de la lettre suivante :

Bordeaux, le 7 janvier 1895

Monsieur le Maire,

Dans la déposition que vous avez faite le 6 décembre dernier à l’enquête ouverte au sujet de l’utilité publique de la ligne de tramway d’Arcachon à Moulleau et au Sablonney, vous avez déclaré que, de l’établissement de l’usine électrique nécessaire à la marche du tramway, il pourrait résulter indirectement pour Arcachon une conséquence heureuse, l’éclairage électrique.

Permettez-nous de vous faire remarquer que la Société d’éclairage et de chauffage d’Arcachon à laquelle seule de par son traité avec la ville en date du 11 juillet 1881, pourrait incomber le soin de fournir cet éclairage, n’a pas attendu jusqu’à ce jour pour proposer de l’en doter et qu’elle ne saurait, par suite, être responsable des retards apportés à la solution de cette affaire.

En effet par lettre en date du 22 janvier 1892, notre Société se déclarait prête à étudier avec la Municipalité, la possibilité d’établir à Arcachon une station électrique pour l’éclairage des particuliers qui en feraient la demande.

Cette proposition renouvelée par acte extrajudiciaire le 23 février et par lettre le 5 mars 1892, donnant lieu le 8 mars suivant à l’ouverture d’une conférence dans laquelle notre Société indiquait, qu’à la condition de réunir un nombre d’abonnés suffisant pour justifier la construction d’une petite usine et de fixer pour les abonnements une durée convenable, elle était disposée à fournir l’électricité aux particuliers au prix proposé par la Municipalité elle-même dans sa lettre à la Société Immobilière en date du 30 décembre 1891.

Elle a confirmé cette acceptation du prix indiqué par la Municipalité dans ses lettres du 23 mars 1892, du 17 août 1892, du 21 février 1893 et dans la conférence ouverte en avril 1893, entre le Directeur des Travaux, délégué de la Ville, et un administrateur délégué de la Société.

Elle vous a enfin rappelé en dernier lieu, ses propositions antérieures par une lettre en date du 30 avril 1894 à laquelle vous avez répondu d’une manière dilatoire.

Cet exposé suffit pour démontrer, comme il a été dit ci-dessus, qu’il n’a pas dépendu de notre Société que la Ville d’Arcachon ne fut dotée, depuis longtemps déjà, dans les conditions de prix fixées par la Ville, de l’électricité, par la lettre de la Municipalité en date du 30 décembre 1891, de l’usine dont vous désirez voir la création et que la responsabilité du retard apporté à la solution de cette affaire ne saurait en aucune façon lui incomber.

J’ai d’ailleurs l’honneur de vous confirmer de nouveau les déclarations et propositions contenues dans les lettres rapportées ci-dessus et de vous informer que la Société que je représente est prête à traiter immédiatement cette affaire si, comme vous l’avez envisagé, vous le jugez utile aux intérêts de la ville d’Arcachon.

Je vous serais reconnaissant de me faire connaître, à ce sujet, les vues de votre administration.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’assurance de ma considération très distinguée.

Le Président du Conseil

Signé : Johnston

M. Ducos rappelle qu’à la suite de la lecture d’un rapport de M. le Directeur des travaux sur le projet d’éclairage électrique présenté par la Société d’éclairage , le Conseil, dans sa séance du 18 février 1894, avait prié l’administration de rechercher s’il ne serait pas possible d’obtenir des conditions de prix plus avantageuses.

M. le Maire a chargé un ingénieur électricien de l’étude de la question et l’administration est informée que dans quelques jours elle sera en possession du rapport de cet ingénieur spécialiste.

Il convient donc, dit M. Ducos, avant de prendre une détermination, de prendre connaissance de ce rapport.

Le Conseil est de cet avis.

 

Avenir d’Arcachon N° 2249 du 12/02/1895

Conseil MunicipalSéance du 12 février 1895 – Éclairage électrique. La Société d’éclairage et de chauffage confirme les offres faites dans ses lettres antérieures. M. le Maire avait chargé M. le Directeur des travaux de faire un rapport sur le prix de l’hectowatt. Le Maire a de plus demandé à un autre ingénieur une étude identique pour avoir un travail contradictoire.

 

Conseil Municipal du 20 mai 1895

Éclairage électrique

M. le Maire fait au Conseil la communication suivante :

Dans votre séance du 25 février 1893, vous avez adopté à l’unanimité  » 1° Que l’autorisation demandée par M. Hérard ne peut pas lui être accordée avant que les pourparlers avec la Compagnie du gaz aient abouti à une solution définitive, 2° Que l’administration reprendrait immédiatement les pourparlers avec la Cie du gaz. » Votre administration se mit aussitôt que possible en rapport avec le délégué de la Société anonyme d’éclairage. Ce délégué, Ingénieur de la Société, fit connaître qu’il acceptait le prix de 0,16 l’hectowatt qui avait servi de base à la demande de concession faite par un tiers en 1891, et visée par la délibération du Conseil en date du 26 septembre 1891 et consigna dans un rapport les observations et propositions examinées dans les entretiens qu’il eut avec nous. ce rapport fut annoté par le directeur des travaux dans un mémoire lu dans la séance du Conseil municipal du 18 février 1894.

À la suite de cette lecture vous avez décidé qu’un complément de renseignements sur l’éclairage électrique vous serait présenté afin de comparer le résultat de cette nouvelle étude avec celui donné dans les conclusions du rapport du directeur des travaux.

Je me suis lors adressé à M. Renous, Ingénieur électricien, directeur de la station centrale d’électricité des Chartrons Bacalan à Bordeaux et l’ai prié de vouloir bien répondre aux trois questions suivantes :

1° au prix de 0,16 l’hectowatt heure quel résultat économique obtiendrait-on en remplaçant l’éclairage au gaz par l’éclairage électrique ?

2° Les conditions qui nous sont faites pour l’installation d’une station électrque sont-elles justifiées et à quel prix cette station en se basant sur les chiffres indiqués, pouvait-elle produire l’énergie électrique pour l’éclairage ?

3° En supposant une usine déjà installée en vue d’un autre travail et disposant aux heures voulues de la force motrice nécessaire pour l’éclairage, à quel prix cette usine pourrait-elle fournir l’énergie électrique pour l’éclairage ?

M. Renous m’a adressé ces jours derniers le rapport technique et très détaillé que voici, dans lequel il résume comme il suit le résultat de son étude sur chacune des trois questions indiquées plus haut :

1° Au prix de 0,16 l’hectowatt heure ni la Ville ni les particuliers n’ont avantage à se servir d’électricité plutôt que le gaz au point de vue du prix de l’éclairage.

2° En supposant qu’une usine électrique s’installe sans avoir la fourniture du courant de l’éclairage public, il est juste de lui accorder des conditions lui permettant de faire face à ses dépenses.

Au pas où l’usine aurait la fourniture du courant pour la Ville, cette fourniture représenterait en elle-même un appoint suffisant pour qu’elle puisse faire face à ses dépenses et on pourrait supprimer la condition d’un minimum de dépense annuel par lampe. Tout autre combinaison ayant pour but de limiter la consommation de lampes installées à la force de production de l’usine aux moments les plus chargés serait beaucoup plus efficace et plus profitable aux intérêts de la station et de ses clients.

Dans tous les cas, une usine faite spécialement en vue de l’éclairage et avec l’importance indiquée ne saurait pas livrer le courant électrique à un prix tel que la Ville ou les particuliers y trouvent leur avantage.

3° Une usine déjà installée et ayant l’emploi de son matériel par un travail autre que l’éclairage pendant les heures où celui-ci ne fonctionne pas, pourra livrer, tant à la Ville qu’aux particuliers, le courant électrique dans des conditions avantageuses pour tous.

Comme vous le voyez, Messieurs, les conclusions du rapport de l’Ingénieur électricien sont sensiblement les mêmes que celles données dans le rapport du directeur des travaux du 22 novembre 1893.

En conséquence, je propose de répondre à la demande de la Compagnie du gaz que pour le cas où des habitants de la Ville voudraient jouir de la possibilité d’employer l’éclairage électrique et ne pas attendre l’époque lointaine et indéterminée où les conditions qui permettraient à la municipalité d’imposer aux concessionnaires actuel de l’éclairage au gaz, l’établissement de l’éclairage électrique, de répondre, dis-je, que l’administration municipale examinera avec empressement tout projet de traité que la Compagnie du gaz aurait passé avec les dits habitants et demandera au Préfet s’il y a lieu, les permissions de voirie nécessaires pour l’établissement des conducteurs d’électricité conformément à la circulaire relative aux canalisations publiques du 15 août 1893 de Messieurs les Ministres de l’Intérieur et des Travaux publics, laquelle fait connaître « que le projet après avoir été voté par le Conseil municipal, est soumis par le Maire à l’approbation de l’autorité supérieure compétente. Une fois cette approbation intervenue, s’il y a lieu, les permissions de voirie à délivrer par le Préfet font l’objet d’arrêtés préfectoraux ; elles sont données à la Commune représentée par le Maire et non à l’entrepreneur du service de la distribution collective de lumière ».

Le Conseil décide de renvoyer l’étude de cette question à la Commission des travaux.

 

Avenir d’Arcachon N° 2263 du 23/05/1895

Conseil MunicipalSéance du 20 mai 1895 – Rapport et mémoire du Directeur des travaux sur l’éclairage électrique. Rapport dans le même sens, de M. l’Ingénieur Renous, directeur de la station centrale d’électricité à Bacalan Bordeaux.

M. le Maire donne lecture de la communication suivante :

(voir P-V de la séance ci-dessus)

(À la suite de cette communication de M. le Maire, vient le rapport de M. Renous, ingénieur électricien, en date du 1er mars 1895. Nous regrettons que l’exiguïté de notre format ne nous permettre pas de donner cet important travail, qui ne contient pas moins de 14 feuillets.)

 

Conseil Municipal du 14 juin 1895

Avertisseurs d’incendie – Transformation en postes téléphoniques complets

Des sonneries électriques pour être mises en mouvement en cas d’incendie partent de la Mairie, point central et aboutissent du côté de St-Ferdinand au poste de la douane, du côté de l’église Notre-Dame chez M. Robert boulanger, dans la Ville d’hiver au poste de police du Casino et enfin chez le lieutenant des pompiers à l’angle de la rue du Casino et du cours Lamarque de Plaisance. Ces installations n’ont jamais fonctionné d’une manière satisfaisante et elles sont d’ailleurs fort incomplètes.

Sur la demande de M. le Maire, le Directeur des travaux a établi un projet d’après lequel une somme de 1.198 francs serait nécessaire pour compléter ces installations et en faire des postes téléphoniques qui permettraient de converser de ces divers points avec la Mairie. Le rapport et projet portaient le déplacement du poste de la douane à l’octroi du Moueng.

Votre Commission, Messieurs, s’est rendue compte de la défectuosité des installations actuelles qui ne consistent qu’en une sonnerie et qui ne fonctionne même pas, elle est d’avis qu’il y a lieu d’établir des postes téléphoniques complets qui assureront la communication, qu’il convient de confier ce travail à une maison compétente, offrant des garanties pour la fourniture et le bon fonctionnement des appareils. Elle estime qu’à St-Ferdinand le poste est central et mieux placé qu’il ne le serait à l’extrémité à l’octroi du Moueng.

Pour toutes ces diverses considérations, la Commission propose au Conseil d’autoriser la transformation des sonneries électriques en postes complets téléphoniques : 1° au point central à la Mairie chez le concierge, 2° à l’avenue de la Chapelle chez M. Robert boulanger, 3° à la Ville d’hiver chez le garde et à St-Ferdinand chez les douaniers et d’ouvrir un crédit de 1.200 francs au budget de 1896 pour parer aux frais de cette dépense.

Le Conseil vote les conclusions du rapport.

 

Avenir d’Arcachon N° 2267 du 16/6/1895

Éclairage – Sans nous inquiéter des problématiques lumières que se promettent entre eux les chers confrères, à 15 centimes l’hectowatt d’électricité, nous nous permettons de rappeler au Conseil municipal, combien il serait urgent de reprendre le projet d’éclairer la nuit Arcachon au gaz, tout au moins aux carrefours ou intersections de rues. L’hiver prochain cela deviendra indispensables. On avait supputé une dépense de 4000 fr. On pourrait hardiment l’inscrire aux distractions pour les étrangers, cliché connu. La première distraction c’est d’éclairer la ville la nuit. L’électricité des feuilles locales, ne vaut pas quelques bons becs de gaz.

 

1896

 

Bordeaux : la compagnie du gaz concessionnaire exclusif depuis 1875, adopte l’électricité (R. Torlois d’après l’ouvrage de Ch. Bouneau, page 111)

Langon : cette ville est déjà équipée de 360 lampes Edison réparties entre les particuliers et l’éclairage public (R. Torlois d’après A. Sapaly, Langon à travers les siècles 1992, page 160). 

                                                                                              

1897

 

Avenir d’Arcachon N° 2354 du 04/04/1897

Éclairage – La commune de La Teste désire s’éclairer à l’électricité ; celle de La Tremblade à l’acétylène. Trahit sua quemque voluptas. Chacun prend du gaz où il le trouve.

 

1899

 

Avenir d’Arcachon N° 2442 du 30/07/1899

Phénomènes lumineux obtenus par les comprimés électriques – Une découverte scientifique qui intéressera certainement tout le monde et qui rendra de grands services dans les familles pour la question de l’éclairage, est celle qui consiste à assimiler le pétrole à l’électricité. C’est à ceux qui brûlent du pétrole que je m’adresse ; mon procédé est facile, sans danger et bon marché et promet d’obtenir une lumière éblouissante semblable à l’électricité. La dépense est de cinq centimes par jour.

Pour s’en convaincre, il suffira de demander à M. G. Veluet, 3, Passage des Soupirs à Paris, une boîte de comprimés électriques contenant une provision pour un mois d’éclairage, en joignant à la demande un mandat-poste de 1 fr. 70 pour recevoir franco de poste et d’emballage deux boîtes pour 2 fr. 50.

Le mode d’emploi accompagne chaque envoi, toutes les lampes à pétrole sont utilisables. 4 boîtes 4 fr 50.

 

1900

 

Avenir d’Arcachon N° 2505 du 09/12/1900

Société Anonyme d’éclairage et de Chauffage d’Arcachon au capital de 800.000 francs – L’Assemblée Générale des actionnaires du 30 octobre 1900 a ajouté à l’article 3 des statuts relatif à l’objet de la Société, le paragraphe ci-après :

« Elle peut enfin en vue de l’utilisation des souscriptions de ses usines, créer ou exploiter, soit directement, soit indirectement, toutes entreprises industrielles et tous établissements tels que fabrique de glace à rafraîchir et d’eaux distillées ou épurées, fabrique de briquettes, de chaux, d’énergie électrique, de force motrice, etc. ; et toutes autres entreprises quelconques, alors même qu’elles ne se rattacheraient pas directement à son objet principal. »

Une copie de cette décision a été déposée le 3 novembre 1900 au greffe du Tribunal de Commerce de Bordeaux et au greffe de la Justice de Paix du deuxième canton de la dite Ville et du même mois au greffe de la Justice de Paix du canton de La Teste (Gironde).

 

Arcachon, le 15 novembre 1900

Monsieur le Directeur

De l’Avenir d’Arcachon,

Monsieur,

Je vous serai obligé de publier, dans le prochain numéro de votre journal, l’avis suivant :

« Le Société d’Éclairage et de Chauffage d’Arcachon a l’honneur d’informer sa clientèle qu’à partir du 1er janvier 1901, le prix du gaz d’éclairage sera abaissé de quarante à trente-cinq centimes le mètre-cube. »

Recevez, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée.

L’Administrateur Délégué Directeur,

E.-A. Cazes

 

Avenir d’Arcachon N° 2507 du 23/12/1900

Société d’Éclairage et de Chauffage d’Arcachon – Émission d’Obligations de 500 fr. 4 % au prix de 480 francs – La Société à l’honneur d’informer le public qu’elle fait, au prix de 480 francs l’une, l’émission de 200 obligations de 500 francs 4 % avec jouissance au 1er janvier 1901, correspondant à un intérêt annuel de 20 francs, payable par semestre le 1er janvier et le 1er juillet de chaque année.

Ces obligations sont remboursables au pair ou 25 ans, à partir du 1er janvier 1902.

Les souscriptions peuvent se faire par lettre adressée au Siège social de la Société, 18 cours du Pavé des Chartrons à M. H.-S. Jonhston, Président du Conseil d’administration.

Elles seront reçues jusqu’au 31 décembre 1900.

Le versement des fonds devra être fait du 1er au 8 janvier, à la Caisse de la Société Bordelaise de Crédit Industriel et Commercial, cours du Chapeau Rouge à Bordeaux.

 

1901

 

(Avenir d’Arcachon N° 2511 du 20/01/1901)

Électricité – Nous appelons l’attention de nos lecteurs, sur la note récente, qui paraît aujourd’hui en 4e page, à la suite de l’annonce relative à la Société d’Éclairage et de Chauffage d’Arcachon.

 

Annonce dans les numéros de l’Avenir d’Arcachon des années 1901, 1902 et 1903

La Société d’Éclairage et de Chauffage d’Arcachon à l’honneur d’informer sa clientèle que pour répondre au désir manifesté par un assez grand nombre de personnes, de pouvoir jouir, à Arcachon, de l’éclairage électrique, elle se dispose à construire incessamment une usine de production d’électricité, dont l’importance définitive sera fixée d’après le nombre de lampes électriques pour lesquelles il aura été contracté des abonnements.

La Société tient, en conséquence, à la disposition des personnes qui lui en feront la demande, son type de police d’abonnement et fournira aux intéressés tous les renseignements complémentaires qui pourront leur être utiles.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2512 du 27/01/1901)

Électricité – On lit dans la Petite Gironde du 20 janvier :

Le public arcachonnais apprendra avec plaisir que la Société d’éclairage et de chauffage d’Arcachon, pour répondre au désir manifesté par un assez grand nombre de personnes de pouvoir jouir de l’éclairage électrique, se dispose à construire incessamment une usine de production d’électricité, dont l’importance définitive sera fixée d’après le nombre de lampes électriques pour lesquelles il aura été contracté des abonnements. Depuis plusieurs années on se plaignait en ville de n’avoir d’autre mode d’éclairage que le gaz, nous ne pouvons donc qu’applaudir à la louable initiative prise par la Société d’éclairage. Cette innovation est appelée à rendre de grands services tant aux établissements publics qu’à nos importantes villas.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2516 du 24/02/1901)

La Teste – Dans sa dernière séance, le Conseil municipal a décidé que la section du Cap-Ferret aura comme celle de Cazeaux, un adjoint spécial. M. Garnung est élu.

Le Conseil a voté à l’unanimité une somme de 50.000 fr. destinée à la reconstruction de l’église qui menace ruines. Cette somme sera assurée au moyen d’un emprunt.

Une concession de cinquante ans a été consentie à M. Lebert, de Paris, qui s’engage à éclairer la ville à l’électricité et à installer un tramway électrique reliant La Teste à Moulleau, au Pilat et à La Salie. M. Lebert, en garantie de l’exécution de ses promesses, versera un cautionnement de 10.000 fr.

– L’Officiel d’Arcachon expliquera-t-il comment il se fait que les vieux Testerins auront bientôt des tramways, que l’on attend ici depuis 21 ans. Il n’y a pas besoin de remonter bien haut dans le Passé d’Arcachon, pour trouver que la Tribu de la Grande Mairie a dû faufiler ses tramways de travers.

 

(annonce dans Avenir d’Arcachon N° 2541 du 18/08/1901 et suivants)

Électricité – La Société d’Éclairage et de Chauffage, n’attendant pour commencer la construction de l’usine d’Éclairage électrique, qu’elle se propose d’établir à Arcachon, que d’avoir complété les abonnements déjà recueillis, de manière à arriver à un nombre de lampes suffisant, croit utile d’inviter les personnes qui seraient désireuses d’employer l’éclairage électrique à lui faire connaître leurs intentions le plus tôt possible ; elle tiendra à leur disposition tous les renseignements utiles sur les polices d’abonnement à souscrire.

 

(annonce dans l’Avenir d’Arcachon N° 2552 du 03/11/1901 et suivants)

Électricité – La Société d’Éclairage et de Chauffage ayant définitivement décidé de procéder à l’établissement de la station électrique dont elle a étudié le projet, se propose de le soumettre incessamment aux formalités administratives et procèdera ensuite aussitôt que possible, à la construction de l’usine.

Elle continuera pendant ce temps à recevoir les abonnements des personnes qui auraient le désir d’employer l’éclairage électrique.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2557 du 08/12/1901)

Promenade – J’étais allé voir à La Teste la nouvelle et belle usine d’électricité, située sur main droite à l’extrémité de la rue du Captalat, dans un terrain spacieux sur lequel est également bâti une scierie qui sera actionnée par l’électricité… à ses moments perdus. Il m’importait de me rendre compte du futur chemin en forêt, qui, partant du chef-lieu du canton, filera en droite ligne sur Moulleau, facilitant pour les travailleurs et le commerce les relations entre les deux communes, et offrant de plus à la riche colonie hivernale qui nous visite et se renouvelle chaque année, des promenades sous bois espérées depuis longtemps.

Cette usine d’électricité a deux moteurs d’une force de cinquante chevaux chacun, et sera peut-être la mère de quelque tramway de l’avenir.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2559 du 22/12/1901 mais aussi N° 2564 du 26/01/1902)

Société anonyme d’Éclairage et de Chauffage d’ArcachonCapital : 800 000 francs

La Société se proposant de construire incessamment, à Arcachon, une station électrique, vient de décider l’émission de 289 obligations de 500 francs, 4 % jouissance du 1er janvier 1902.

Ces obligations d’une valeur nominale de 500 francs rapportent 20 francs d’intérêt annuel, payable le 1er janvier, et le 1er juillet de chaque année, par coupons semestriels de 10 francs, le 1er coupon, pour l’émission actuelle, payable le 1er juillet 1902.

Elles sont émises au prix de 500 fr., payable savoir : 50 francs à la souscription et 450 francs dans la première semaine de janvier 1902, après la répartition.

Les souscriptions sont reçues à Arcachon, aux bureaux de la Société, Boulevard de la Plage, 217.

 

1902

 

(Avenir d’Arcachon N° 2568 du 20/02/1902)

Conseil MunicipalSéance du jeudi 20 février 1902

– La Société d’éclairage d’Arcachon va installer une usine d’électricité. Elle demande à la ville la permission d’établir sa canalisation aérienne. L’administration municipale demande le renvoi aux commissions des finances et travaux réunies. M. Festal regrette que les membres de la minorité soient exclus des commissions, et en conclut qu’il serait à souhaiter que dès les premières études le conseil soit informé du travail des commissions.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2580 du 18/05/1902

Électricité – Un Arcachonnais, qui se révèle comme un inventeur, M. Gaston Bellangé, a fait en électricité plusieurs découvertes pratique, dont nous entretiendrons nos lecteurs un jour ou l’autre.

Il s’agit actuellement d’un appareil de sécurité, pour les conducteurs électriques, dont l’invention fait le plus grand honneur à notre compatriote.

Au Béquet, sur la ligne de tramways électriques de Bordeaux à Léognan , ou plutôt à côté de cette ligne, à l’extrémité d’un garage, on exécute depuis quelques jours des travaux qui excitent vivement la curiosité des passants. Nous sommes en mesure de renseigner nos lecteurs à ce sujet.

La compagnie des tramways a autorisé un jeune inventeur, M. Gaston Bellangé, à brancher sur le fils conducteur principal un segment de ligne où l’on peut lancer le courant à volonté. Ce conducteur spécial est supporté par des poteaux et s’étend au dessus d’un terrain isolé de la voie par des clôtures ; il servira à expérimenter un appareil de sécurité destiné à empêcher les accidents en cas de rupture des fils de traction.

L’appareil se compose essentiellement d’une boîte de porcelaine placée en coupe circuit sur le conducteur. Il y en a une de part et d’autre de chaque poteau. Le courant passe tant que la boîte est horizontale, grâce au mercure qui la remplit à moitié. Si le fil vient à se rompre entre deux poteaux, les deux segments tombent sur le sol, et les boîtes de porcelaine s’inclinent de telle sorte que le mercure se rassemble dans la partie la plus déclive de chacune d’elles. Dès lors le courant est interrompu des deux côtés et les fils qui traînent sur le sol peuvent être touchés impunément.

Telle est la théorie de l’appareil ; les expériences que l’inventeur exécutera prochainement au Béquet et sur un autre champ d’expériences situé chemin de Lescure, auprès de l’usine de MM. Versein et Chantecaille, permettront d’apprécier la valeur pratique du système.

Nous sommes tout heureux et tout fier qu’un arcachonnais se révèle inventeur.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2582 du 01/06/1902)

Conseil MunicipalSéance du 17 mai 1902

– Le Conseil et M. le Maire invitent M. l’Ingénieur, directeur de la Compagnie du gaz, à venir exposer en séance officieuse, le projet de l’éclairage électrique d’Arcachon.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2583 du 08/06/1902)

Le « Gabel », appareil de Sécurité pour les Conducteurs électriques – Nous avons parlé, il y a quelques jours, d’un interrupteur automatique de courant électrique destiné à empêcher tout accident lorsqu’un fil de traction vient à se rompre sur une ligne de tramways. Nous annoncions que cet appareil, nommé Gabel par son inventeur, M. Gaston Bellangé, serait présenté à des personnalités compétentes et soumis à des expériences publiques.

Ces expériences ont été faites jeudi matin à dix heures et demie, au garage du Béquet, sur la route de Léognan. En ce point et sur un terrain clos, deux poteaux soutiennent un fil de même diamètre que celui qui est employé sur la ligne. Au-dessous du fils se trouvent des rails qui sont reliés par un conducteur métallique aux rails du réseau ; enfin un commutateur permet de lancer le courant de la ligne sur le fil suspendu et de l’interrompre à volonté.

Lorsque le commutateur est fermé, les conditions réalisée sur ce segment de voie sont absolument les mêmes que celles qui existent sur la voie principale. On en a la preuve en branchant un voltmètre entre le fils suspendu et les rails ; l’instrument indique environ 500 volts.

L’appareil de sécurité est supporté par le premier poteau : c’est une boîte de porcelaine contenant du mercure et intercalée sur le fil de ligne, elle est suspendue au bras du poteau par un étrier grâce auquel cette boîte peut s’incliner dans un sens ou dans l’autre. Lorsque le fils est tendu de part et d’autre du poteau, la boîte est horizontale ; mais si on vient à couper le fil d’un côté ou de l’autre, il tombe sur le sol et la rupture de l’équilibre détermine une forte inclinaison de l’appareil. Le mercure se rassemble à ce moment dans la partie déclive de la boîte et le courant est immédiatement interrompu. On peut toucher impunément le fil qui git sur le sol, fil où le voltmètre n’indique plus aucun courant.

L’expérience que nous venons de décrire a été faite avec un plein succès devant un certain nombre de personnes s’intéressant à ces questions, notamment M. Strohl, ingénieur en chef départemental ; Prouhet, représentant M. le Préfet de la Gironde ; Fossecave, chef de gare ; Lavergne, ingénieur de la Compagnie des tramways de Léognan ; Tardy, Chabrat, Castel et des représentants de la presse. Tout le monde a touché, manié le fil, devenu absolument inerte ; un chien, placé entre le fil et le rail, n’a manifesté aucune sensation spéciale.

Ce résultat fait grand honneur à notre jeune compatriote, M. Bellangé, et nous souhaitons bien sincèrement que toutes facilités lui soient données pour continuer ses intéressantes études.

E. R.

Ces renseignements empruntés à la Petite Gironde sont aussi complétés par le journal la France :

« La Compagnie Thomson-Houston avait bien voulu se mettre, en cette occasion, à la disponibilité de M. Bellangé. Une dérivation avait été prise sur la ligne de Bordeaux à Léognan avec connexion sur les rails. Le courant ainsi obtenu accusait au voltmètre la charge foudroyante de 510 volts. Dès que le fil a été rompu, le même voltmètre accusait zéro et tout le monde pouvait être touché sans qu’aucun danger fut à craindre.

« Il est urgent que le nouvel appareil soit mis au plus tôt à l’essai sur les lignes actuelles des tramways desquelles il doit attendre sa consécration définitive. »

 

(Avenir d’Arcachon N° 2584 du 15/06/1902)

Électricité – Le mercredi 11 juin, a été tenue une séance officieuse municipale, pour étudier un projet d’Éclairage électrique proposé par la Société d’Éclairage et de Chauffage d’Arcachon.

Outre le Maire et les Conseillers, assistaient à cette réunion : MM. Johnston, président de la Société ; Cazes, ingénieur ; Lévy, ingénieur ; Pascaud, directeur des travaux de la Ville.

Diverses objections ont été formulées par l’administration municipale, auxquelles la Compagnie d’Éclairage s’est réservée de répondre ultérieurement.

Quoiqu’il en soit, nous faisons des vœux pour que ce projet d’éclairage électrque aboutisse.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2597 du 14/09/1902)

Quelques comparaisons – Il est bon d’émettre des idées personnelles quand elles sont le produit de la réflexion et qu’elles peuvent rendre service à des compatriotes ; il est meilleur encore d’appuyer toutes théories par des exemples, c’est la pratique qui confirme l règle et qui en démontre l’utilité. On peut comparer une ville d’eau à une autre, parce que leurs besoins sont sensiblement les mêmes, et de l’étude de cette comparaison, l’on déduira la meilleure méthode à appliquer, celle qui donne les résultats les plus satisfaisants.

Je choisis aujourd’hui une station marine et une station dans les Pyrénées, et je voudrais m’efforcer de tirer quelque profit de leurs procédés administratifs. Prenos Biarritz et Capvern, et voyons rapidement sur deux ou trois questions, la voirie, les travaux publics, la publicité, l’eau, l’éclairage, ce que font ces deux cités.

– L’eau et l’éclairage sont également des questions qui appellent à Biarritz comme à Capvern l’attention constante des municipalités.

Capvern va dériver les eaux de la Neste, ou plutôt y emprunter une canalisation, tant cette station estime qu’au point de vue de l’hygiène et des eaux potables, elle doit assurer l’excellence de ce service.

Biarritz, en fait d’éclairage, est dans la même situation que nous, que toutes les villes possibles : elle a contracté un traité pour l’éclairage au gaz, mais au lieu de se regimber contre une situation d’autant plus légitime, que ce qui a été convenu est la conséquence des sacrifices que s’imposait au début la Compagnie : la ville de Biarritz continue à s’éclairer au gaz, mais d’accord avec cette même Compagnie, elle a favorisé des installations électriques pour les particuliers.

Je ne pouvais m’empêcher de rire en lisant ces jours-ci, dans un confrère de Biarritz, une note que l’on aurait dit copiée dans l’Avenir d’Arcachon :

« Nous supplions instamment la municipalité de laisser les réverbères allumés un peu tard. Quand on revient du casino, on ne voit plus clair dans les rues. »

À Arcachon, il a été pourvu à cet inconvénient. Mais comme nous sommes une Ville d’Hiver, dont la saison est aussi vivante que la saison d’été, nous insistons pour que l’éclairage de toute la nuit soit accru, lors du vote du budget en octobre prochain. Gageons que l’on ne retiendra que ce vœu, et encore… car il est plus facile de voter une dépense, que de se livrer à une longue et consciencieuse étude, comme le demanderaient les desiderata qui ont trait à l’accroissement de la voirie, les chemins en forêt, les tramways.

Nous ne voulons pas insister sur la diminution de notre clientèle balnéaire ; encore moins augurer défavorablement de ce que sera la clientèle hivernale qui pour d’autres causes nous réserve peut-être des mécomptes. On nous reprocherait d’être enclin à la critique.

Nous estimons toutefois et d’une manière générale, que l’administration trop personnelle, peut entraîner d’aussi fâcheuses conséquences qu’une politique qui serait louvoyante, et qu’en général, dans l’intérêt de la station, en matière de publicité, comme de travaux publics, il est peut-être temps de songer à réagir.

E. G.

 

1903

 

(Avenir d’Arcachon N° 2625 du 29/03/1903 et suivants, annonce )

Plus d’allumettes. – M. Ch. Plisson, électricien à Poissy (Seine-et-Oise), actuellement : villa Suzette à Arcachon, à l’honneur d’informer MM. les villégiaturistes et commerçants qu’il se tient à leur disposition pour démontrer l’utilité de sa nouvelle invention :

« La Lumière Électrique de Poche ».

L’usage de ces appareils est nécessaire à tous les corps de métiers touchant aux matières inflammables, en supprimant toute cause d’incendie, la lumière électrique ne dégageant aucune chaleur.

 

Séance de Conseil Municipal d’Arcachon le 30/5/1903

Éclairage électrique – M. le Maire donne lecture de la lettre suivante de Monsieur Johnston, Président du Conseil d’Administration de la Société Anonyme d’éclairage et de chauffage d’Arcachon.

Arcachon, le 11 mai 1903

Monsieur le Maire ,

Voilà dix-huit mois maintenant que nous vous avons demandé l’autorisation de placer des conducteurs électriques dans les voies de la Ville d’Arcachon.

Sur votre demande, nous vous avons ensuite adressé, comme suite à notre traité avec la Ville, un projet d’avenant qui a été l’objet de longues études.

En conséquences de ces études, nous avons modifié le tarif projeté pour la vente de l’électricité, dans un sens presque identique à ce que vous avez vous-même indiqué.

Dans une conférence ultérieure, en présence d’ingénieurs électriciens compétents, nous avons montré les erreurs qui avaient été commises dans les calculs qui vous avaient été présentés par vos conseils, erreurs provenant de données inexactes.

Nous vous avons enfin donné les renseignements complémentaires que vous nous avez demandés.

Vous avez donc actuellement en mains les éléments nécessaires pour résoudre la question d’une façon définitive.

Les personnes avec lesquelles nous avons pris des engagements en vue de cette affaire, comme celles à qui nous en avons demandés, nous pressent instamment de leur donner une solution.

Cette solution dépendant de celle que la Ville elle-même donnera à nos propositions, nous vous prions de nous faire connaître dans le plus bref délai possible, la suite que vous comptez donner aux pourparlers engagés.

Vous connaissez trop les affaires industrielles pour ne pas savoir que, sous peine d’insuccès, elles ne comportent pas de longs atermoiements.

Nous avons donc l’honneur de vous informer que si d’ici au 31 mai courant, vous ne nous avez pas fait connaître votre intention d’arriver à un accord, nous considèrerons votre silence comme un refus et nous renoncerons d’une manière définitive aux tentatives que nous avons faites pour arriver à ce que la Ville d’Arcachon soit, comme tant d’autres stations balnéaires dotée d’une station électrique.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre considération très distinguée.

Le Président du Conseil d’Administration,

signé : Johnston.

 

M. le Maire fait l’historique des différentes phases de la question ;

La Compagnie du Gaz nous avait tout d’abord demandé une simple autorisation de voirie pour la pose des fils conducteurs en vue de l’éclairage électrique, il lui fut répondu que cette autorisation ne pouvait lui être accordée que tout autant qu’elle aurait obtenu de la ville une concession dont l’acte déterminerait les conditions d’établissement et d’exploitation du nouveau système d’éclairage.

La Compagnie présenta alors des propositions sous forme d’un projet d’avenant au traité du gaz. Il fut successivement étudié par l’Administration, de concert avec le Directeur de travaux, puis par M. Lévy, ingénieur électricien.

À la suite de cette étude, le projet soumis par la Compagnie fut imprimé, et les observations auxquelles il donne lieu, furent consignés en regard de chaque article ; un exemplaire de ce document et un contre-projet furent remis à chaque conseiller et à la Cie du gaz.

Las Commissions et le Conseil municipal examinèrent ensuite les propositions et les observations et ils estimèrent que les conditions présentées par la Cie du gaz ne pouvaient être acceptées ; les pris, notamment leur parurent très élevés.

Ces appréciations furent communiquées à la Cie du gaz ; après une conférence qui eut lieu entre le Maire, Mr Johnston, président, et M. Cazes, Ingénieur directeur de la Société d’éclairage, conférence au cours de laquelle le Maire essaya mais inutilement, d’obtenir quelques compensations, principalement sou forme de diminution du pris du gaz en échange de la concession de l’éclairage électrique, la Société consentit à modifier sur certains points, quelques-unes de ses propositions, mais soutint que ses prix ne portaient aucune exagération, en raison des conditions spéciales de fonctionnement et d’exploitation de l’éclairage électrique à Arcachon, et elle demanda que cette question de prix fut soumise à l’appréciation d’un homme compétent, d’un commun accord, la Ville et la Compagnie choisirent M. Renous, Ingénieur électricien à Bordeaux. Celui-ci étudia la question, et une nouvelle conférence à laquelle assistaient MM. Johnston, Cazes, Lévy, ingénieur électricien, Renous, Ingénieur expert, le Maire et le Directeur des Travaux eut lieu à Bordeaux. Après une discussion contradictoire, il fut reconnu que les prix porté par la Cie du gaz, quoique élevés, ne présentaient aucune exagération et qu’ils se justifiaient par la situation particulière d’Arcachon, et les conditions peu avantageuses de l’exploitation.

Ces prix sont les suivants :

0,15 F l’hectowat pour les particuliers

0,125 F l’hectowat pour la Ville (15 % de rabais sur le prix des particuliers).

Voici maintenant un état comparatif du prix de revient de l’unité de lumière avec les différents appareils ou systèmes d’éclairage (gaz ou électricité).

 

* * *

État comparatif du prix de revient de l’unité de lumière, avec les différents appareils ou systèmes d’éclairage.

** *

Données :

1 Bec papillon brûlant 125 litres de gaz a un pouvoir éclairant de 1 Caral soient 9, 6 bougies

1 lampe électrique à incandescence consomme 3 à 4 wats par bougie soit 3,3 wats

1 Lampe à arc des plus petites qu l’on pourrait employer à Arcachon serait de 500 bougies (la dépense est la même pour 4 que pour 1)

***

Prix du gaz  – Service public – 0, 20 F le mètre-cube – service particulier – 0,35 F le mètre-cube

Prix de l’électricité – service public – 0,125 F l’hectowat (15 % de rabais) – service particulier      0,15 F l’hectowat

***

 

Désignation des appareils

Pouvoir éclairant en carals

Pouvoir éclairant en bougies

Consommation horaire par appareil

Dépense horaire par appareil

Dépense ramenée par unité de 10 bougies

pour la Ville

pour les particuliers

pour la Ville

pour les particuliers

Éclairage au gaz

 

 

 

 

 

 

 

Bec papillon

1

9,6

125 litres

0,025

0,043

0,026

0,044

Bec à incandescence N° 1

3,75

36

90

0,018

0,031

0,005

0,0086

Bec à incandescence N° 2

5,25

50

115

0,023

0,04

0,046

0,008

Bec à incandescence N° 3

10

96

150

0,030

0,052

0,0031

0,0054

Éclairage électrique

 

 

 

 

 

 

 

Lampe à incandescence de 10 bougies

1

10

33 wats

0,041

0,0495

0,041

0,0495

Lampe à incandescence de 16 bougies

16

16

52,8

0,067

0,0792

0,042

0,049

Lampe à arc de 500 bougies

50

500

0,64

0,75

0,012

0,015

 

 

Des indications qui précèdent, il dépense que la dépense par heure à unité de lumière égale à 10 bougies, serait avec le gaz et bec Auer N° 2 de 0,008 par les propriétaires.

Avec l’électricité, la dépense horaire serait pour un même pouvoir éclairant de 10 bougies, de 0,0495 pour les particuliers et de 0,041 pour la Ville.

Soit avec l’électricité à unité de lumière égale, pour le particulier, un prix six fois plus élevé qu’avec le gaz et neuf fois plus pour la Ville.

Si l’on voulait, par l’électricité avec le même pouvoir éclairant, que donne le bec Auer N° 2, soit 50 bougies, on devrait employer 5 lampes électriques de 10 bougies et la comparaison horaire des dépenses serait alors :

pour la Ville            gaz : 0,115 mètre-cube x 0,20 = 0,0230

                                      électricité : 5 lampes x 0,041 = 0,205

pour les particuliers      gaz : 0,115 mètre-cube x 0,35 = 0,04025

                                                   électricité : 5 lampes x 0,0495 = 0,2475

Soit une dépense 9 fois plus élevée pour la Ville et 6 fois plus forte pour les particuliers.

Il n’y a donc aucun avantage financier, ni pour la Ville, ni pour les particuliers, à employer l’éclairage électrique, à cause de son prix beaucoup trop cher, comparé à celui du gaz.

Néanmoins, comme certaines personnes ne regardent pas à la dépense et n’envisagent que la commodité et les avantages que présente, à d’autres points de vue, l’éclairage électrique, les pourparlers ont continué entre l’administration municipale et la Cie du gaz en vue d’arriver à une entente pour l’établissement d’une station électrique.

M. le Maire a insisté de nouveau pour obtenir en échange de la concession de l’éclairage électrique, quelques avantages pour la Ville, aussi bien que pour les particuliers, mais inutilement.

Par une lettre du 27 mars dernier, et comme conclusions de la conférence du 14 mars, M. Johnston, président du Conseil d’Administration de la Société d’éclairage et de Chauffage d’Arcachon a informé M. le Maire :

1° – qu’il est prêt à donner satisfaction à la municipalité au sujet de la fixation de la consommation horaire des becs à incandescence (cette modification représenterait pour la commune une économie de 360 francs environ par an).

2° – qu’il ne peut pas diminuer le prix de verres.

3° – qu’il peut diminuer de 0,10 le prix des manchon (économie de 150 francs environ)

4° – que les transformations complètes des lanternes ordinaire pour l’emploi des becs Auer à incandescence peuvent être fixées à 21 francs par appareil.

Mais qu’il subordonne ces concessions,

1° – au règlement définitif des trois questions en souffrance : déplacement et replacement de la canalisation de la route de Moulleau, extinction supplémentaire, garantie de consommation du Boulevard Deganne.

2° – à l’autorisation définitive pour la pose des conduites électriques aériennes.

Tels sont les maigres avantages que la Cie du gaz serait disposée à faire, mais sous les réserves indiquées ci-dessus.

En ce qui concerne le règlement des trois questions en souffrance, M. le Maire fait connaître qu’au cours de la conférence du 14 mars dernier, il déclara à M. Johnston qu’il était inutile d’insister, au moins pour ce qui est de la canalisation de la route de Moulleau et de la deuxième extinction ; que pour la garantie de consommation du Boulevard Deganne, il serait peut-être possible d’arriver à un arrangement, mais il ne croyait pas que la Cie du gaz puisse, en droit, réclamer à la Ville le paiement de ces sommes, et que, quant à lui, il ne changerait d’avis qu’après interprétation du Cahier des Charges par l’autorité compétente, c’est à dire le Conseil de Préfecture.

Les explications annexées à sa lettre du 27 mars par M. Johnston ne sauraient modifier la manière de voir de l’administration sur les points en litige.

Quant à l’annexe au projet présenté à la municipalité d’un avenant au traité pour la fourniture de l’électricité, on pourra l’examiner si le Conseil municipal décide qu’il y a lieu d’accorder la concession demandée.

Après avoir donné ces explications, M. le Maire déclare qu’à son avis, il n’y a pas lieu d’accorder à la Cie du gaz qui ne propose que des conditions inacceptables et des avantages dérisoires pour la Ville, un monopole pour 23 ans.

M. Tisseyre se demande comment, à des prix aussi élevés, la Compagnie pourra trouver des abonnés pour l’éclairage électrique, elle a sans doute en vue quelque autre exploitation industrielle, car le produit de l’éclairage paraît devoir être faible.

M. le Maire répond que si la Compagnie faisait son tramway, elle utiliserait probablement l’électricité pour la traction, mais il est certain qu’aux prix demandés pour l’éclairage, il n’y aura aucun avantage économique pour la Ville ni pour les particuliers.

M. Lapègue serait d’avis d’accorder le monopole de l’éclairage si la Compagnie voulait diminuer la durée de sa concession.

M. le Maire dit que la Compagnie n’accepterait pas.

M. Bourdier serait au contraire d’avis de proroger la durée de la concession si la Cie voulait diminuer ses prix.

M. Tisseyre trouve excessifs les prix demandés, et il se demande s’il y a lieu d’accepter sans réserve l’opinion de M. Renous, ingénieur évidemment compétent, mais qui est en somme un vendeur d’électricité et ne trouve pas exagérés les prix proposés par la Compagnie.

M. le Maire répond que M. Renous est un ingénieur spécialiste dont l’opinion mérite confiance ; d’ailleurs, M. Lévy, l’ingénieur que la ville avait consulté en premier lieu ayant reconnu qu’ayant fait son étude d’après des données inexactes, les prix de revient devraient être plus élevés que ceux qu’il avait tout d’abord indiqués.

Ces observations échangées, le Conseil, à l’unanimité, rejette la demande de concession pour l’éclairage électrique, formée par la Société anonyme d’éclairage et de chauffage d’Arcachon.

Pour les trois questions en souffrance, le Conseil décide qu’il appartient à la Cie du gaz d’en faire opérer le règlement par l’autorité compétente ; l’Administration pourra cependant proposer à la Cie, une entente à l’amiable pour ce qui est de la garantie de consommation du Boulevard Deganne.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2635 du 07/06/1903)

Conseil MunicipalSéance du 30 mai 1903

Présents : MM. Veyrier-Montagnères, maire ; Fages et Fargeaudoux, adjoints ; Roumégous, Papot, Auschitzky, Aussant, Lagarde, Légat-Pinaud, Blanchy, Millien, Peseux, Michelet, Lafont, Tisseyre, Hazard, Lapègue, Bourdier.

– M. le Maire donne lecture d’une lettre de la Société d’éclairage qui demande à la municipalité de faire connaître si elle accepte ou non les propositions qui lui ont été faites au sujet de l’éclairage électrique. M. le Maire rappelle que M. Lévy, ingénieur à Bordeaux, n’étant pas d’accord sur les prix de revient avec M. Cazes, ingénieur de la Compagnie, la Ville prit un tiers-arbitre, ingénieur, M. Renoult. La concession demandée durerait 23 ans, soit jusqu’en 1926. L’éclairage électrique coûterait trois fois plus que l’éclairage au gaz. Comparé au bec Auer actuel, l’éclairage électrique coûterait 11 fois plus à la Ville, et 7 fois plus aux particuliers. Dans ces conditions, M. le Maire conclut au rejet des propositions ayant trait à l’éclairage électrique.

Aux concessions demandées la compagnie a offert l’avantage de 150 fr. par an sur les manchons, et 300 fr. sur un autre point. De plus, la Compagnie demandait le remboursement d’une dépense de 800 francs sur la route de Moulleau ; et aussi des frais pour l’extinction supplémentaire, enfin la garantie d’éclairage sur le boulevard Deganne. Encore une fois, dit M. le Maire, ces conditions sont inacceptables.

M. Tisseyre demande pourquoi la Compagnie demande une concession avec des conditions aussi draconiennes.

Le Maire répond que les abonnés eux-mêmes ne consentiraient pas de pareilles conditions.

M. Tisseyre en conclut que la Compagnie cherche probablement un monopole, surtout si un tramway venait à se faire.

M. le Maire revient sur le danger qu’il y aurait à engager la Ville dans des conditions aussi onéreuses. À Bordeaux les particuliers payent 7 centimes l’hectowat et non 15 centimes comme demande la Compagnie d’Arcachon.

M. Lapègue propose que la Compagnie diminue la longueur de sa concession. M. le Maire répond qu’il est inutile d’envisager cette hypothèse.

M. Bourdier propose au contraire de proroger la concession si la Compagnie diminue les prix.

M. Tisseyre trouve le prix de 15 centimes exagéré, et discute l’opinion de M. Renoult, celui-ci étant un vendeur d’électricité. Le Maire répond que M. Renoult ne trouve pas les 15 centimes exagérés pour Arcachon, étant donné l’étendue des voies et le prix du charbon ici.

Le Conseil rejette les propositions de la Compagnie, relativement à l’électricité, à l’unanimité.

Le Maire demande s’il faut maintenir les droits de la canalisation de la Ville sur la route de Moulleau, et attendre que la question soit portée devant le Conseil de Préfecture. Le Conseil maintient les droits de canalisation sur la route de Moulleau.

Sur la question de garantie de consommation boulevard Deganne, le Conseil s’en rapporte à ce que fera l’administration.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2639 du 05/07/1903)

Causerie – Ce matin, en allant à La Teste, j’ai constaté que sous la nouvelle administration le Chef-lieu du canton avait réalisé de notables progrès. Outre que M. Dignac a, paraît-il certains impôts et réalisé à son budget une dizaine de mille francs d’économies ; il a su dégager les abords de la Mairie à peu de frais, doter la maison commune d’une vaste place ombragée, et pourvues d’allées larges et bien gravées qui aboutissent sur la place Gambetta ; enfin éclairer sa ville à l’électricité.

Ces progrès invitent l’esprit, par une pente naturelle, à comparer la situation arcachonnaise ; et l’on se demande si M. Veyrier-Montagnères qui disposait de ressources bien plus considérables, puisqu’il a fait un emprunt de six cent mille francs, a su administrer nos finances d’une façon pratique. En d’autre termes, M. le Maire d’Arcachon s’est-il préoccupé de faire des travaux vraiment utiles ?

Nous parlons d’électricité. On en parlait à Arcachon en 1888. Depuis cette époque Le Teich, et dernièrement La Teste ont trouvé moyen d’appliquer ce mode d’éclairage.

Chez nous, la Société d’éclairage a fait des offres ; MM. Veyrier-Montagnères et Millien se sont hâtés de se répandre en reproches amers contre cette Société ; et l’éclairage électrique a été abandonné.

Sans doute, on construit deux jetées qui, n’étant pas pleines mais ajourées, ne reconstitueront pas la plage. D’ailleurs ce n’est pas un promenoir au grand soleil et sur du ciment que demandent les étrangers et les baigneurs. Ils espéraient qu’on reconstituerait la promenade sur la plage, telle qu’on l’avait autrefois. C’est pour s’asseoir ou circuler sur le sable qu’on vient aux bains de mer. Nous le répétons, c’est une promenade que l’on cherche, et non pas un perchoir.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2643 du 02/08/1903)

Éclairage électrique – La lettre suivante a été adressée aux propriétaires auxquels avaient été faites des propositions, en vue de l’éclairage électrique :

« Par notre circulaire du 15 mars 1901, nous vous annoncions que, désireux de donner satisfaction au désir d’un certain nombre d’habitants de la ville, de pouvoir employer la lumière électrique, la Société d’Éclairage se préparait à installer une usine de production d’électricité, dès qu’elle aurait recueilli des abonnements en nombre suffisant.

« Vers la fin d’octobre 1901, les résultats obtenus permettaient de penser à l’établissement d’un premier groupe électrogène dont les projets se trouvaient préparés, et le 11 novembre 1901, la Société adressait à la Ville d’Arcachon la demande d’être autorisée à placer des conducteurs électriques sur les vies publiques.

« Nous avons le regret qu’après dix-neuf mois de pourparlers, le Conseil municipal, sur la proposition de M. le Maire, vient de rejeter la demande de la Société, qui se trouve ainsi dans l’impossibilité de donner satisfaction aux clients qui avaient bien voulu lui prêter leur concours.

« Le motif allégué est que la Société a refusé d’acheter, par des modifications onéreuses au traité en vigueur, ce que M. le Maire appelle le monopole d’une concession d’éclairage électrique pendant la durée restant à courir de ce traité.

« Pour juger de la valeur de cette allégation, il suffit d’exposer la situation réelle. Comme l’ont établi de nombreuses décisions du Conseil d’État, le monopole de l’emploi des vies publiques pour la distribution du gaz d’éclairage et de chauffage, dont notre Société jouit en vertu du traité du 22 juillet 1882, est exclusif de l’emploi de ces voies par une entreprise concurrente.

« Notre Société est donc seule à avoir le droit d’employer les vies publiques d’Arcachon pour la distribution d’électricité, sous réserve des autorisations de voirie nécessaires. Elle possède donc, en fait, le monopole dont M. le Maire suppose qu’elle demande la concession.

« Aussi n’a-t-elle, tout d’abord, demandé qu’une autorisation de voirie et n’a-t-elle présenté, ultérieurement, un projet d’avenant au traité en vigueur, que sur l’observation de M. le Maire que l’autorisation demandée ne pouvait être accordée par le Conseil municipal qu’en réglementant par un avenant de cette nature, les conditions d’exploitation du nouveau système d’éclairage.

« Des circonstances indiquées, il résulte que si les concessionnaires actuels de l’éclairage ne prenaient pas l’initiative de doter Arcachon, comme le sont déjà diverses stations rivales, d’une distribution d’électricité, cette ville s’en trouverait privée jusqu’à l’expiration du traité en vigueur.

« C’est parce qu’ils étaient persuadés que la création d’une station électrique pourrait contribuer au développement et à la prospérité d’Arcachon, que les concessionnaires de l’éclairage avaient, dès 1892, fait, à plusieurs reprises, des propositions restées sans solution, et qu’ils ont, en 1900, repris l’étude de la question et tout préparé pour la faire aboutir.

« En assurant la responsabilité d’une exploitation difficile, dans un pays de villégiature, où l’intermittence du séjour des étrangers rend nécessairement la vente faible et irrégulière, la Société ne pensait pas demander une faveur, mais faire, à ses risques et périls, une œuvre utile au pays et lui rendre un service.

« La décision prise par le Conseil municipal, sur la proposition de M. le Maire, a fait échouer ce projet, et les polices contractées envers la Société, par un certain nombre d’abonnés, en vue de l’installation de l’éclairage électrique dans leurs immeubles, se trouvent, par le fait, annulées.

« La Société espère que le public saura rendre justice à ses efforts et attribuer, à qui de droit, la responsabilité d’une solution qui privera, pour longtemps, les habitants d’Arcachon de la possibilité de demander à une station centrale l’électricité dont ils pourraient désirer se servir.

« Veuillez agréer, M         , l’expression de notre considération distinguée.

« Le Président du Conseil d’Administration

« H.-S. JOHNSTON. »

 

(Avenir d’Arcachon N° 2644 du 09/08/1903)

Quelques dates – En 1886, l’Avenir d’Arcachon demandait qu’il fut fait un second Casino. Vers 1890 Royan, et vers 1895 Biarritz construisaient un second Casino.

Et d’un !

– En 1886, l’Avenir d’Arcachon demandait qu’on éclairât la ville à l’électricité. En 1903, La Teste s’éclairait à l’électricité.

Et de deux ! !

– En 1886, l’Avenir d’Arcachon demandait qu’on fit un champ de courses. En 1900, Facture faisait un champ de courses. En 1903, La Teste fait un champ de courses.

Et de trois ! ! !

– En 1886, l’Avenir d’Arcachon demandait l’établissement d’un tramway. Vers 1899, Royan établissait un tramway de Royan à Pontaillac.

Et de quatre ! ! ! !

– En 1886, l’Avenir d’Arcachon demandait qu’on fit un chemin de fer du littoral. En 1903, Mimizan se faisait un chemin de fer littoral. En 1904, Cap-Breton aura son chemin de fer littoral

Et de cinq ! ! ! ! !

Nous sommes fatigués de faire des commentaires, et de demander à M. le Maire des quatre colonnes[1] de quel côté croit-il qu’il y ait progrès ?

Pauvre Arcachon !

 

(Avenir d’Arcachon N° 2647 du 30/08/1903)

Correspondance – Nous recevons la communication suivante avec prière d’insérer :

Arcachon, 20 août 1903

Monsieur le Rédacteur en Chef

de la Vigie Républicaine d’Arcachon

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Dans le numéro de votre journal en date du 9 août courant, vous avez inséré une critique de la circulaire que la Société d’éclairage d’Arcachon a dernièrement adressé à sa clientèle pour dégager sa responsabilité du résultat négatif des efforts qu’elle à faits pour arriver à doter la Ville d’une station électrique.

Cette critique nous paraît appeler diverses rectifications que nous vous saurons obligés d’accueillir dans votre journal.

Nous ne nous arrêterons pas aux appréciations émises sur notre Société ; beaucoup de personnes n’ignorent qu’elle a déjà, deux fois, spontanément abaissé par anticipation le prix du gaz, et qu’elle a fait des dépenses considérables tant pour faciliter l’emploi du gaz dans les petits logements par des installations gratuites, que pour arriver à ce développement de consommation qui lui a permis de faire jouir ses abonnés de prix plus bas.

L’article du 9 août critique, tout d’abord, un passage de notre circulaire du 20 juillet, ainsi conçu :

« Le motif allégué est que la Société a refuser d’acheter, pour des modifications onéreuses au traité en vigueur, ce que M. le Maire appelle le monopole d’une concession d’éclairage électrique pendant la durée restant à courir de ce traité. »

Or, on lit dans le compte-rendu officiel de la séance du Conseil municipal, en date du 30 mai dernier : « Le Maire essaya, mais inutilement, d’obtenir quelques compensations principalement sous forme de diminution du prix du gaz, en échange de la concession de l’éclairage électrique. » Et plus loin : « M. le Maire a insisté à nouveau pour obtenir, en échange de la concession de l’éclairage électrique, quelques avantages aussi bien pour la Ville que pour les particuliers, mais inutilement. » Et enfin : « M. le Maire déclare qu’à son avis, il n’y a pas lieu d’accorder à la Compagnie du gaz, qui ne propose que des conditions inacceptables et des avantages dérisoires pour la Ville, un monopole de 23 ans. »

En présence de ces différents textes, nous cherchons vainement en quoi notre circulaire n’a pas exactement traduit les déclarations faites au Conseil par M. le Maire.

Les mots importent peu, ce qui ressort incontestablement des déclarations consignées dans le procès-verbal de la séance du 30 mai, c’est que pour remplir les formalités nécessaires à l’obtention de l’autorisation de poser des conducteurs électriques sur les voies de la Ville, M. le Maire ne trouvait pas suffisante la charge assumée par la Société, de la dépense considérable à faire pour la construction de l’usine projetée, mais exigeait de plus ce qu’il appelait des compensations.

On lit encore dans l’article du 9 août : « Les conditions présentées par la Compagnie n’offraient aucun avantage ni pour les particuliers ni pour la Ville et c’est surtout sur la cherté des prix que le Conseil basa sa décision. »

Le compte-rendu de la séance du 30 mai dernier expose qu’après une discussion contradictoire devant deux ingénieurs électriciens, dont l’un avait été pris comme conseil par la Ville en 1902, et l’autre avait été antérieurement consulté par la Ville en 1895, sur la question électrique, « il fut reconnu que les prix proposés par la Compagnie du gaz, quoique élevés, ne présentaient aucune exagération et qu’ils se justifiaient par la situation particulière d’Arcachon et les conditions peu avantageuses de l’exploitation. »

D’ailleurs antérieurement à la discussion contradictoire du 4 décembre 1902, visée par le texte qui précède, M. le Maire d’Arcachon avait, par lettre du 23 juin 1902, proposé à la Société pour les abonnements, un tarif établissant une échelle de prix de 15, 14, 13 et 12 centimes l’hectowatt-heure et la société avait répondu par un projet de tarif se rapprochant beaucoup, par ses résultats, du tarif proposé par M. le Maire, sans toutefois accepter la réduction du minimum de consommation annuelle à garantir par les abonnés, minimum fixé d’après celui que les secteurs de la Ville de Paris avaient jugé nécessaire d’introduire dans leurs polices, avant que le développement de la consommation leur permit d’y renoncer.

Pour ce qui regarde l’éclairage public, l’échelle de tarif proposé s’étendant selon la consommation annuelle, entre 12 cent. 75 et 10 cent. 20 l’hectowatt-heure et comme la durée de l’éclairage public dépasse 1200 heures par an c’est un chiffre intermédiaire qui aurait été appliqué.

Ce n’est donc pas la cherté des prix reconnus non exagérés et peu différents d’ailleurs de ceux de Biarritz et ce ceux qu’avait proposé M. le Maire lui-même, qui a pu déterminer le Conseil municipal à refuser de laisser établir une station électrique à Arcachon.

En ce qui concerne les chiffres comparatifs présentés au Conseil dans la séance du 30 mai, pour le prix de revient de divers modes d’éclairage, ils sont erronés en ce qui concerne les lampes à arc, la dépense indiquée pour une seule lampe étant, sans tenir compte des charbons, celle qui correspond à plusieurs lampes alimentées par le même courant, et par suite très différente de la dépense réelle.

L’article du 9 août suppose, d’autre part, que notre Société avait perdu de vue l’article 4 du traité qui stipule, au profit de la Ville et des particuliers, l’application éventuelle de nouveaux systèmes d’éclairage et qu’elle aurait voulu lier la Ville pour toute la durée de concession par un prix exagéré d’unité électrique.

Non seulement elle n’a pas perdu du vue l’article 4, mais dans une annexe au projet d’avenant, elle a, le 27 mars 1903, prévu le cas où de nouveaux procédés de fabrication viendraient à abaisser le prix de revient de l’électricité, et établi, sur le modèle de cet article 4 du traité en vigueur, les conditions dans lesquelles un abaissement du prix de l’électricité pourrai être demandé.

Le procès-verbal de la séance du Conseil ne mentionne d’ailleurs cette annexe malgré son importance, que pour indiquer qu’on pourra examiner ultérieurement si la concession est accordée.

Il a été enfin supposé que l’emploi de l’électricité amènerait une diminution fatale de la consommation du gaz, au préjudice des arcachonnais qui devraient abandonner à jamais l’espérance de voir diminuer le prix du gaz.

La consommation du gaz aurait pu diminuer si, comme la Ville le demandait, la Société eut admis la substitution éventuelle de l’électricité au gaz pour l’éclairage public ; mais elle s’est refusée à l’admettre. Comme d’ailleurs, l’électricité est plus chère que le gaz pour l’éclairage particulier et ne saurait se substituer à lui pour la cuisine, il est difficile d’admettre que la possibilité donnée à ceux qui l’aurait désiré, d’employer un éclairage du luxe, comme dans les cités balnéaires rivales, eût pu nuire aux consommations de gaz.

En résume, le 11 novembre 1901, la Société d’éclairage était prête à installer une usine de production d’électricité, des polices passées avec un certain nombre d’abonnés devaient en assurer le fonctionnement ; tout étant prêt, la Société a demandé à la Ville et aux autorités compétentes, l’autorisation indispensable pour la pose des conducteurs dans les voies de la Ville et donné à cette demande la forme qui lui a été indiquée.

C’est cette autorisation qui lui a été refusée après dix-huit mois de pourparlers.

Nous cherchons vainement quel intérêt la Ville a pu avoir à empêcher ceux des habitants qui avaient déjà traité pour l’éclairage électrique de leurs immeubles, de se servir du nouveau mode d’éclairage qui leur était offert et à priver Arcachon du nouveau projet qui lui était gratuitement offert de lutter contre les concurrences des cités balnéaires rivales.

Le Président du Conseil d’Administration,

H.-S. JOHNSTON

 

(Avenir d’Arcachon N° 2649 du 13/09/1903)

La Teste – Dans la séance du 23 août, M. le Maire soumet au Conseil municipal un projet de construction de tramways électriques présenté par M. Bussy, électricien ? Ce dernier d’après le dit projet, aurait l’intention d’établir une ligne de tramways allant de la place Jean-Hameau à l’octroi d’Arcachon.

Nous parions un cigare d’un sou à M. Veyrier-Montagnères, que La Teste qui a eu : 1° L’électricité avant Arcachon, 2° L’agrandissement de sa mairie avant Arcachon, 3° Un champ de course avant Arcachon ; aura 4° Un tramway avant Arcachon.

 

(Avenir d’Arcachon N° 2662 du 13/12/1903)

L’électricité à l’Hôtel des Pins – À l’Hôtel des Pins et Continental (en forêt), j’ai eu la bonne fortune d’être invité à dîner par un ami. En entrant, j’ai été soudainement et très agréablement surpris de me trouver entouré de toutes parts d’un étincelant éclairage électrique, chose rarissime dans notre ville.

Désireux de me rendre compte si je n’étais pas le jouet d’une hallucination, je demandai l’autorisation, et je constatai que dans toutes les chambres, couloirs, salons, etc., l’installation de l’électricité était merveilleuse et complète depuis le rez-de-chaussée jusqu’au quatrième étage.

Je savais de longue date que M. Ferras, l’aimable directeur du Grand-Hôtel et de l’Hôtel des Pins, a toujours été des premiers initiateurs dans tous les progrès arcachonnais. Téléphone, ascenseur, salles de cercle, bals et concerts, auditions musicales pour nos hivernants, rien en un mot de ce qui pouvait être utile ou agréable à nos visiteurs ne lui est demeuré étranger.

En présence de l’obstruction créée par la municipalité à l’installation de l’électricité urbaine, M. Ferras n’a pas hésité à s’imposer les plus lourds sacrifices personnels, et est lui-même producteur des forces électriques nécessaires pour l’éclairage électrique de son établissement. Nous croyons même savoir que des voisins habitant le même îlot que lui ont fait des démarches pour bénéficier aussi de son installation, offres qu’il a déclinées, ne voulant pas sortir du cercle de ses intérêts personnels.

Quoiqu’il en soit, nous ne pouvons qu’applaudir à ce progrès, comblant de joie nos hivernants qui le réclamaient depuis longtemps. Car il est vraiment très agréable, et rien qu’en ouvrant la porte, d’éclairer subitement a giorno l’appartement où l’on entre, et de trouver dans un hôtel, à toute heure de nuit, les couloirs et toutes leurs dépendances illuminés.

Il serait à souhaiter que cette belle initiative fut suivie.

Nous n’entendrions plus cette raillerie d’un boyard russe, qui s’écriait, il y a quelque temps : « Dans cette bonne ville d’Arcachon, il n’y a des lumières qu’au conseil municipal, et de l’électricité que dans l’année électorale du premier magistrat ! »

(à suivre)

 

[1] Celles ornant la façade de la mairie et qui venaient d’être construites.

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