Un tire-au-flanc à Mios en 1793

Nicolas, maire de Mios, rend compte aux administrateurs du département de sa démarche auprès d’un militaire en absence illégale pour lui faire rejoindre son corps.

 

A Mios, le 27 février 1793, l’an 2 de la République Française.

Citoyens

Voulant me conformer à l’Arrêté du Directoire du Département de la Gi­ronde, en datte du quatre de ce mois que nous reçûmes dimanche dernier, je me suis transporté ches le nommé Paul Camin, dit Techoyres, habitant de cette parois­se où le nommé Boy fait son domicilie. Je l’ay invité par différentes fois à rejoin­dre ses drapeaux qu’il a si lâchement quité. Il m’a répondu qu’il les rejoindrait sitôt qu’il serait guéri, qu’il lui ferait plézir de partir.

Je lui ay répliqué qu’atendu qu’il avait la force de suivre un troupeau de chèvres, qu’il pouvait en avoir assés pour se rendre à Bordeaux, dotant mieux qu’il ne c’est pleint que d’avoir une fièvre cotidienne intermittente qui parait ne pas lui faire beaucoup de mal. D’ailleurs je lui ay dit qu’il trouverait plusieurs bouviers de cette paroisse qui le feraient porter sur leurs charrois jusques à Bor­deaux et que c’il était malade qu’il y serait soigné aux dépans de la Nation.

Cependant il a toujours persisté à ne vouloir partir pour rejoindre ses dra­peaux qu’il ne soit guéri à moins qu’on l’aille cherché.

Pour moy je ne vous dissimulle poin que je panse qu’il n’a pas bone volonté à joindre son bataillon. Sous peu je vous doneré avis s’il y aurait quelqu’autre déserteur dans cette municipallité et cy le dit Boy se cerait aporté lors de sa dé­sertion son uniforme et ses armes. En attendant vous pouvez faire part au Dépar­tement du résultat de mes démarches.

Les précédans officiers municipaux nous ont dit qu’il fallait vous envoyé le verbal de nomination de la nouvelle municipalité et ne sachant positivement quel est l’individu d’entre vous, citoyens, qui doit se charger de cette piesse, je prans la liberté de vous l’adresser, osant espérer que vous le ferois tenir à sa vrée destination. En attendant ce plaizir, je sellui d’être très respectueusement,

Citoyens Votre très humble et très obéissant serviteur

Nicolas maire

(A.D.G. : 4L 164)

 

Nicolas, maire de Mios, exerçait la profession de chirurgien. On l’espère plus doué en chirurgie qu’en orthographe. Ce compte rendu, il est vrai, a pu être rédigé par un secrétaire.

 

Extrait du Bulletin n° 18 de la Société historique et archéologique d’Arcachon et du Pays de buch.

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